LA CONTROVERSE DE SION par DOUGLAS REED – in french

LA CONTROVERSE DE SION par DOUGLAS REED 

 

http://ia351404.us.archive.org/1/items/LaControverseDeSion/REEDfrsion.pdf

 

« Car c’est un jour de vengeance pour Yahvé, une année de 

revanche dans la controverse de Sion » Isaïe 34:8. 

« Un événement a eu lieu, dont il est difficile de parler et qu’il est 

impossible de taire » Edmund Burke, 1789. 

 

NOTE DE L’AUTEUR 

Toutes les italiques présentes dans ce livre ont été ajoutées par 

l’auteur, dans le but de diriger l’attention sur un mot ou un passage 

qu’il tient pour être d’une importance particulière. 

Lorsqu’une citation est faite sans mentionner sa source, elle est issue 

de la dernière source précédemment citée. 

 

UNE PREFACE 

par Ivor Benson 

L’Auteur  : en Europe, durant les années qui précédèrent et 

suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, le nom de 

Douglas Reed était sur toutes les lèvres  ; ses livres se vendaient par 

dizaines de milliers, et il était extrêmement connu au sein du monde 

anglophone, par une immense foule de lecteurs et d’admirateurs. 

Ancien correspondant pour le Times de Londres en Europe Centrale, il 

avait acquis une grande renommée grâce à des livres comme Insanity 

Fair, Disgrace Abounding, Lest We Regret, Somewhere South of Suez, 

Far and Wide et plusieurs autres, chacun d’eux élargissant au 

centuple les possibilités qui lui étaient offertes alors en tant que l’un 

des principaux correspondants mondiaux à l’étranger. 

La disparition de Douglas Reed et de toutes ses œuvres dans un 

oubli presque total fut un retournement que le temps seul n’aurait pu 

provoquer  ; à vrai dire, la justesse de son interprétation du 

déroulement de l’histoire des époques trouva confirmation dans ce qui 

lui arriva alors qu’il était au sommet de sa gloire. 

Après 1951, avec la publication de Far and Wide, où il plaçait 

l’histoire des États-Unis d’Amérique dans le contexte de tout ce qu’il 

avait appris en Europe sur la politique internationale, Reed se retrouva 

banni des librairies, tous les éditeurs lui fermèrent leurs portes, et les 

livres déjà publiés se trouvèrent sous la menace d’être retirés des 

rayons, « perdus » et jamais remplacés. 

Sa carrière publique en tant qu’écrivain désormais (en apparence) 

terminée, Reed était au moins libre d’entreprendre un grand projet 

pour lequel tout ce qui s’était passé auparavant n’avait été qu’une 

sorte de préparation et d’éducation qu’aucune université n’aurait pu 

fournir et que seuls quelques rares chanceux et surdoués auraient pu 

utiliser à bon escient : ses années en tant que correspondant à 

l’étranger, ses voyages en Europe et en Amérique, ses conversations et 

contacts avec les grands leaders politiques de son temps, ajoutés à son 

absorption avide, par la lecture et l’observation, de tout ce qu’il y avait 

de mieux dans la culture européenne. 

Les expériences que d’autres hommes auraient acceptées comme 

des défaites ne servirent qu’à concentrer les facultés de Douglas Reed 

sur ce qui deviendrait son entreprise la plus importante – rechercher et 

re-raconter l’Histoire des deux derniers millénaires et plus, d’une 

manière à rendre intelligible une grande partie de l’Histoire moderne, 

 5 

qui de nos jours reste pour les masses plongée dans les ténèbres et 

étroitement gardée par la terreur d’un système de censure invisible. 

Le Livre  : l’ayant commencé en 1951, Douglas Reed passa plus de 

trois ans – pour la plupart loin de sa femme et de ses jeunes enfants – 

à travailler à la Bibliothèque centrale de New York, ou à taper sur sa 

machine à écrire dans des logements spartiates à New York ou à 

Montréal. Avec un zèle de professionnel, le livre fut réécrit – ses 

300 000 mots – et l’épilogue seulement ajouté en 1956. 

L’histoire même du livre – les circonstances inhabituelles dans 

lesquelles il fut écrit, et comment le manuscrit, après être resté caché 

pendant plus de 20 ans, est apparu à la lumière et est enfin devenu 

publiable – fait partie de l’Histoire de notre siècle, jetant la lumière sur 

un combat dont les foules ne savent rien : celui mené continuellement 

et avec acharnement sur le champ de bataille de l’esprit humain. 

Il fallait une source inhabituelle de pouvoir et de motivation 

spirituels pour arriver à terminer un si gros livre, exigeant une 

recherche et un travail de recoupement si laborieux  ; de plus, un livre 

qui semblait n’avoir pratiquement aucune chance d’être publié du 

vivant de l’auteur. 

Même si la correspondance prouve que le titre fut brièvement 

discuté avec un éditeur, le manuscrit ne fut jamais soumis, restant à 

l’écart pendant 22 ans, rangé dans trois fichiers attachés ensemble au 

dessus d’une armoire dans la maison de Reed à Durban, en Afrique du 

Sud. 

Détendu et en paix avec lui-même, dans la certitude qu’il avait 

mené son grand projet aussi loin que possible dans les circonstances 

du moment, Douglas Reed accepta sa retraite forcée de journaliste et 

d’écrivain, laissa derrière lui tout ce qui appartenait au passé et 

s’adapta joyeusement à un mode de vie différent, dans lequel la 

plupart de ses nouveaux amis et connaissances, charmés par son 

esprit vif et son sens de l’humour savoureux, restèrent des années à 

ignorer qu’il était en fait le Douglas Reed de renommée littéraire. 

Il était sûr d’une chose, que cela arrive ou non de son vivant : un 

temps viendrait où les circonstances permettraient, et où l’on 

trouverait les moyens de communiquer au monde son message de 

l’Histoire réécrite, et le message central du christianisme réaffirmé. 

Interprétation : car le reste, La Controverse de Sion, parle de lui- 

même  ; en fait, c’est un travail d’Histoire révisionniste et d’exposition 

religieuse dont le message central est révélé à pratiquement chaque 

page, compréhensif et compatissant envers les peuples mais 

sévèrement critique des ambitions démesurées et dangereuses de leurs 

dirigeants. 

 6 

Dans le dernier chapitre, sous le titre Le Climatère, Douglas Reed 

fait remarquer que s’il avait pu tout planifier quand il commença à 

écrire son livre en 1949, il n’aurait pu choisir un meilleur moment que 

les derniers mois de 1956 pour réviser la longue histoire du sionisme 

talmudique et la réexaminer avec en toile de fond ce qui se passait 

alors sur la scène politique mondiale. 

Car 1956 fut l’année d’une autre élection présidentielle américaine 

durant laquelle, une fois encore, les sionistes démontrèrent leur 

pouvoir décisif d’influence sur la politique occidentale  ; ce fut l’année 

durant laquelle les nations occidentales restèrent en spectateurs 

impuissants tandis que les forces soviétiques étaient utilisées pour 

écraser une révolte spontanée et réinstaller un régime judéo- 

communiste en Hongrie ; et ce fut l’année où la Grande-Bretagne et la 

France, sous la pression sioniste, furent entraînées dans le fiasco 

désastreux d’une tentative pour s’emparer du canal de Suez – une 

aventure à l’issue de laquelle, une fois encore, seule Israël en tira un 

quelconque avantage.  

Tout ce qui s’était passé depuis que Reed avait écrit ces dernières 

phrases en 1956 avait continué à appuyer la justesse de son 

interprétation de plus de 2000 ans d’Histoire mouvementée. 

Le Moyen-Orient demeura une zone d’intense activité politique et 

de falsification maximale des informations et de suppression d’un 

véritable débat, et seuls les quelques rares informés du rôle du 

sionisme talmudique et du communisme auraient pu avoir la moindre 

chance de résoudre le problème d’événements successifs d’importance 

majeure, tels que la prétendue Guerre de Six Jours de 1967 et 

l’invasion massive israélienne du Liban en 1982. 

Ceux qui ont lu La Controverse de Sion ne seront pas surpris 

d’apprendre qu’il y eut des signes évidents de connivence entre l’Union 

soviétique et Israël dans la précipitation de l’attaque israélienne envers 

l’Égypte, car c’était seulement parce que le colonel Nasser avait été 

averti par les patrons du Kremlin qu’Israël était sur le point d’attaquer 

l’allier syrien de l’Égypte, qu’il déplaça toutes ses forces armées à la 

frontière nord de son pays, où elles devinrent une proie facile pour 

l’armée israélienne largement supérieure. 

Il semblait que rien n’avait changé quand en 1982 Israël lança 

une attaque massive des plus impitoyables sur le Sud Liban, 

prétendument dans le but de déraciner l’Organisation de Libération de 

la Palestine, mais en réalité pour servir une politique expansionniste à 

propos de laquelle les dirigeants juifs ont toujours été d’une franchise 

remarquable. 

Cependant à la même période, la mythologie pro-sioniste générée 

par les politiciens et les média occidentaux, dans laquelle Israël était 

 7 

toujours représentée comme une nation minuscule et vertueuse en 

besoin constant d’aide et de protection, commençait visiblement à 

perdre une grande partie de sa crédibilité, si bien que peu furent 

étonnés quand l’Institut britannique d’études stratégiques annonça 

qu’Israël pouvait maintenant être regardée comme la quatrième 

puissance militaire mondiale, après les États-Unis, l’Union soviétique 

et la République populaire de Chine – loin devant des nations comme 

la Grande-Bretagne et la France. 

Encore plus profondément significative fut la réaction du peuple 

juif, en Israël et à l’extérieur, à un triomphe apparent des forces 

sionistes au Liban. Tandis que les politiciens et les média occidentaux 

montraient une timide retenue dans leurs commentaires, même après 

l’annonce du massacre d’un nombre estimé à 1500 hommes, femmes 

et enfants dans deux camps de réfugiés de Beyrouth, 350 000 

habitants de Tel Aviv organisèrent une manifestation publique contre 

leur gouvernement, et la presse juive rapporta que la controverse sur 

la guerre du Liban avait ébranlé l’armée israélienne et affecté tous les 

rangs. 

De cela aussi, Douglas Reed semble avoir eu quelque 

pressentiment, car parmi les derniers mots de son livre figurent ceux- 

ci : « Je crois que les juifs du monde entier commencent eux aussi à 

voir l’erreur du sionisme révolutionnaire, le jumeau de l’autre 

mouvement destructeur, et à la fin de ce siècle, ils décideront enfin de 

se mêler au commun des mortels. 

IVOR BENSON 

 

 

Chapitre 1 

LES DEBUTS DE L’AFFAIRE 

Le véritable début de cette affaire prit place un jour de l’an 458 av. 

J.-C., date que ce récit atteindra au chapitre six. Ce jour-là, 

l’insignifiante tribu palestinienne de Juda (précédemment désavouée 

par les Israélites) produisit une doctrine raciste, dont l’effet 

perturbateur sur les affaires humaines postérieures dépassa peut-être 

celui des explosifs ou des épidémies. Ce fut le jour où la théorie de la 

race supérieure fut mise en place en tant que « Loi ». 

En ce temps-là, Juda était une petite tribu parmi les peuples- 

sujets du roi de Perse, et ce qu’on connaît aujourd’hui comme 

« l’Occident » n’était même pas concevable. Maintenant, l’ère 

chrétienne a presque deux mille ans, et la « civilisation occidentale » 

qui en est issue est menacée de désintégration. 

C’est la doctrine née en Juda il y a 2500 ans qui, de l’opinion de 

l’auteur, a principalement amené cela. Le procédé, de la cause 

originelle à l’effet actuel, peut être assez clairement retracé, parce que 

cette période est pour l’essentiel historiquement vérifiable. 

La doctrine qu’un groupe de fanatiques produisit ce jour-là s’est 

montrée d’un grand pouvoir sur les esprits humains tout au long de 

ces vingt-cinq siècles ; d’où son exploit destructeur. Pourquoi elle est 

née à ce moment particulier, ou même jamais, cela rien ne peut 

l’expliquer. Cela fait partie des plus grands mystères de notre monde, à 

moins que la théorie comme quoi chaque action produit une réaction 

égale opposée ne soit valide dans le domaine de la pensée 

religieuse ; de sorte que l’impulsion qui, en ces temps reculés, lança de 

nombreux hommes à la recherche d’un Dieu aimant et universel 

produisit cette contre-idée violente d’une divinité exclusive et 

vengeresse. 

Le juda-ïsme était rétrograde même en 458 av. J.-C., quand les 

hommes du monde connu commencèrent à détourner leurs regards 

des idoles et des dieux tribaux et à rechercher un Dieu de tous les 

hommes, un Dieu de justice et d’amitié entre voisins. Confucius et 

Bouddha avaient déjà montré ce chemin et l’idée d’un Dieu unique 

était connue parmi les peuples voisins de Juda. De nos jours on clame 

souvent que l’homme de foi, chrétien, musulman ou autre, doit 

présenter ses respects au judaïsme – quelles que soient ses erreurs – 

sur un terrain incontestable : ce fut la première religion universelle, si 

bien que dans un sens, toutes les religions universelles descendent de 

lui. On apprend cela à chaque enfant juif. En vérité, l’idée d’un Dieu 

unique de tous les hommes était connue bien avant que la tribu de 

 9 

Juda n’ait même pris forme, et le judaïsme était par dessus tout la 

négation de cette idée. Le Livre des Morts égyptien (dont les 

manuscrits furent trouvés dans les tombes des rois de 2600 av. J.-C., 

plus de deux mille ans avant que la « Loi » judaïque ne soit achevée) 

contient ce passage : « Tu es l’unique, le Dieu des tout premiers 

commencements du temps, l’héritier de l’immortalité, par toi seul 

engendré, tu t’es toi-même donné naissance ; tu a créé la terre et a fait 

l’homme. » Inversement, les Écritures produites dans la Juda des 

Lévites demandent, « Qui est comparable à toi, Ô Seigneur, parmi les 

Dieux ? » (l’Exode). 

La secte qui rejoignit et mata la tribu de Juda prit ce concept 

émergent d’un Dieu unique de tous les peuples et l’inclut dans ses 

Écritures uniquement pour le détruire et pour dresser la doctrine 

basée sur sa négation. Ce concept est nié subtilement, mais avec 

mépris, et comme la doctrine est basée sur la théorie de la race 

supérieure, cette négation est nécessaire et inévitable. Une race 

supérieure, s’il doit y en avoir une, doit elle-même être Dieu. 

La doctrine qui avait acquis la force de la justice en vigueur en 

Juda en 458 av. J.-C. était alors et est toujours unique au monde. Elle 

reposait sur l’assertion, attribuée à la divinité tribale (Jéhovah), que 

« les Israélites » (en fait, les Judaïtes) étaient son « peuple élu » qui, s’il 

accomplissait toutes ses « lois et jugements » serait placé au dessus de 

tous les autres peuples et établi sur une « Terre promise ». De cette 

théorie, que ce soit par anticipation ou nécessité imprévue, naquirent 

les théories pendantes de la « captivité » et de la « destruction ». Si 

Jéhovah devait être adoré, comme il le demandait, dans un certain 

lieu, sur une terre précise, tous ses adorateurs devaient vivre là-bas. 

À l’évidence, tous ne pouvaient vivre là-bas, mais s’ils vivaient 

ailleurs, que ce soit contraints ou par leur propre choix, il devenaient 

automatiquement « captifs » de « l’étranger » qu’il devaient « chasser » 

« terrasser » et « détruire ». Étant donné ce principe de base de la 

doctrine, cela ne faisait aucune différence que les « géôliers » soient des 

conquérants ou des hôtes accueillants ; leur destinée décrétée devait 

être la destruction ou l’esclavage. 

Avant qu’ils soient détruits et réduits en esclavage, ils devaient 

être pendant un temps les « géôliers » des Judaïtes, pas de leur propre 

fait, mais parce que les Judaïtes, ayant échoué à « l’observance » 

méritaient d’être punis. De cette manière-là, Jéhovah se révélait comme 

le Dieu unique de tous les peuples : même s’il ne « connaissait » que le 

« peuple élu », il utilisait les païens pour les punir de leurs 

« transgressions » avant d’« infliger » la destruction précédemment 

décrétée de ces païens. 

 10 

Les Judaïtes s’étaient vu imposer cet héritage. Ce n’était même 

pas le leur, car leur « alliance » selon ces Écritures, avait été faite entre 

Jéhovah et « les enfants d’Israël », et en 458 av. J.-C., les Israélites, 

rejetant les Judaïtes non-israélites, avaient depuis longtemps été 

absorbés par les autres hommes, emportant avec eux la vision d’un 

Dieu de tous les hommes, aimant et universel. Les Israélites, de toute 

évidence, ne connurent jamais cette doctrine raciste qui devait être 

transmise tout au long des siècles en tant que religion juive, ou 

judaïsme. De tous temps, elle se présente comme le produit de la Juda 

des Lévites. 

Ce qui se passa avant 458 av. J.-C. est en grande partie 

tradition, légende et mythologie, par opposition à la période suivante, 

dont les événements principaux sont connus. Avant 458 av. J.-C., par 

exemple, il n’y avait principalement que des « traditions orales » ; la 

période documentaire commence dans les deux siècles menant à 458 

av. J.-C., quand Juda fut désavouée par les Israélites. C’est à ce stade 

que la perversion eut lieu, quand la tradition du bouche-à-oreille 

devint L’Écriture. Les paroles qui sont restées des anciens Israélites 

montrent que leur tradition était ouverte sur l’extérieur, amicale 

envers ses voisins, sous la guidance d’un Dieu universel. Cela fut 

changé en son opposé par les prêtres itinérants qui isolèrent les 

Judaïtes et établirent le culte de Jéhovah comme dieu du racisme, de 

la haine et de la vengeance. 

Dans la tradition ancienne, Moïse était un grand chef de tribu 

qui entendit la voix d’un Dieu unique lui parler depuis un buisson 

ardent et qui redescendit d’une montagne en apportant au peuple les 

commandements moraux de ce Dieu unique. Cette tradition prit forme 

durant une période où l’idée de la religion évoluait d’abord dans les 

esprits humains et où les peuples s’empruntaient aux uns et aux 

autres leurs traditions et pensées. 

On a déjà montré d’où l’idée d’un Dieu unique a pu venir, bien 

que les anciens Égyptiens aient pu la recevoir d’autres qu’eux-mêmes. 

Le personnage de Moïse lui-même, et sa Loi, furent tous les deux tirés 

de sources qui existaient déjà. L’histoire de la découverte de Moïse 

dans les joncs a manifestement été empruntée à la légende (à laquelle 

elle est identique) bien plus ancienne d’un roi de Babylone, Sargon 

l’Ancien, qui vécut entre un et deux mille ans avant lui ; les 

Commandements ressemblent beaucoup aux anciens codes de loi des 

Égyptiens, Babyloniens et Assyriens. Les anciens Israélites 

échafaudèrent sur des idées en cours, et de cette façon ils se 

trouvaient apparemment sur le chemin d’une religion universelle 

quand l’humanité les engloutit. 

Alors Juda renversa le processus, si bien que l’effet est celui d’un 

film passé à l’envers. Les maîtres de Juda, les Lévites, pendant qu’ils 

 11 

rédigeaient leur Loi, s’emparèrent aussi de ce qu’ils pouvaient utiliser 

dans l’héritage d’autres peuples et l’incorporèrent à l’étoffe qu’ils 

étaient en train de tramer. Ils commencèrent avec le Dieu unique de 

tous les hommes, dont la voix avait été brièvement entendue depuis le 

buisson ardent (dans la tradition orale) et en l’espace de cinq livres de 

leur Loi écrite, le transformèrent en un Jéhovah raciste et 

marchandeur qui leur promettait terre, trésor, sang et pouvoir sur les 

autres en retour d’un rituel sacrificiel, qui devait être tenu en un lieu 

précis sur une terre spécifique. 

Donc, ils fondèrent le contre-mouvement permanent à toutes les 

religions universelles et assimilèrent le nom de Juda à la doctrine du 

retranchement du reste de l’humanité, de la haine raciale, du meurtre 

au nom de la religion, et de la vengeance. 

Cette perversion ainsi accomplie peut être retracée dans l’Ancien 

Testament, où Moïse apparaît d’abord en porteur des commandements 

moraux et en bon voisin, et finit en boucher raciste, les 

commandements moraux ayant été transformés en leurs opposés entre 

l’Exode et les Nombres. Au cours de cette même transmutation, le Dieu 

qui commence par commander au peuple de ne pas tuer ou convoiter 

les biens ou les femmes de ses voisins, finit en ordonnant un massacre 

tribal d’un peuple voisin, dont seules les vierges auraient la vie sauve  ! 

Donc, l’exploit des prêtres itinérants qui se rendirent mettre de la 

tribu de Juda il y a si longtemps, fut de détourner un petit peuple 

captif de l’idée grandissante d’un Dieu de tous les hommes, afin de 

réintégrer une divinité tribale assoiffée de sang et une loi raciste, et 

d’envoyer les disciples de cette doctrine à travers les siècles, porteurs 

d’une mission destructrice. 

La doctrine, ou révélation de Dieu telle qu’elle est présentée, était 

basée sur une version de l’Histoire, dont chaque événement devait se 

conformer à, et confirmer l’enseignement. 

Cette version de l’Histoire remontait à la création, dont le moment 

exact était connu ; comme les prêtres prétendaient aussi posséder 

l’avenir, c’était une Histoire et une théorie complètes de l’univers du 

début à la fin. La fin devait être l’apogée triomphale à Jérusalem, où la 

domination du monde serait établie sur les ruines des païens et de 

leurs royaumes. 

Le thème de la captivité de masse, se terminant en vengeance 

jéhovienne (« tous les premiers-nés d’Égypte »), apparaît quand cette 

version de l’Histoire atteint la phase égyptienne, menant à l’exode 

massif et à la conquête massive de la Terre promise. Cet épisode était 

nécessaire pour que les Judaïtes soient organisés en une force 

pertubatrice permanente au sein des nations, et il fut manifestement 

 12 

inventé pour cette raison ; les érudits judaïstes conviennent que rien 

ne ressemblant au récit de l’Exode n’est en fait arrivé. 

L’existence même de Moïse est contestée. « Ils vous racontent », 

disait le feu rabbin Emil Hirsch, « que Moïse n’a jamais existé. 

J’acquiesce. S’ils me disent que l’histoire venue d’Égypte est de la 

mythologie, je ne protesterai pas ; c’est de la mythologie. Ils me disent 

que le livre d’Isaïe, tel que nous le connaissons maintenant, est 

composé d’écrits d’au moins trois et peut-être quatre périodes 

différentes ; je le savais avant même qu’ils ne me le disent ; avant 

qu’ils ne le sachent, j’en étais convaincu. » 

Que Moïse ait existé ou non, il ne peut avoir mené d’exode massif 

d’Égypte jusqu’en Canaan (Palestine). Aucune tribu israélite clairement 

définie n’existait (d’après le rabbin Elmer Berger) à un quelconque 

moment durant la période où quiconque se faisant appeler Moïse était 

censé avoir emmené quelques petits groupes de personnes hors de 

l’esclavage égyptien. Les Habiru (Hébreux) étaient alors déjà établis en 

Canaan, et y étaient arrivés de l’autre côté par Babylone, longtemps 

auparavant : leur nom, Habiru, ne dénotait aucune identité raciale ou 

tribale ; il signifiait « nomades ». Bien avant qu’un quelconque petit 

groupe conduit par Moïse n’ait pu arriver, ils avaient envahi de larges 

territoires canaanéens, et le gouverneur de Jérusalem avait rapporté 

au pharaon d’Égypte : « Le Roi n’a plus aucun territoire, les Habiru ont 

dévasté tout le territoire du Roi ». 

Un historien sioniste des plus zélés, le Dr Josef Kastein, est tout 

aussi précis à ce sujet. Il sera souvent cité tout au long de ce récit 

parce que son livre, comme celui-ci, couvre la durée entière de la 

controverse de Sion (exceptés les derniers vingt-deux ans – il fut publié 

en 1933). Il nous dit : « D’innombrables autres tribus sémites et 

hébraïques étaient déjà installées sur la Terre promise qui, dit Moïse à 

ses adeptes, était à eux par droit ancien de succession ; qu’importe si les 

conditions réelles en Canaan avaient depuis longtemps effacé ce droit et 

l’avaient rendu illusoire. » 

Le Dr Kastein, un fervent sioniste, maintient que la Loi établie 

dans l’Ancien Testament doit être appliquée à la lettre, mais il ne 

prétend pas prendre au sérieux la version de l’histoire sur laquelle 

cette Loi est basée. En cela il diffère des polémistes chrétiens de l’école 

« chaque mot est vrai ». Il maintient que l’Ancien Testament était en 

fait un programme politique, rédigé pour répondre aux conditions 

d’une époque, et fréquemment révisé afin de répondre aux conditions 

changeantes. 

Historiquement, donc, la captivité égyptienne, le massacre de 

« tous les premiers-nés d’Égypte », l’exode et la conquête de la Terre 

promise sont des mythes. L’histoire a été inventée, mais la leçon, celle 

 13 

de la vengeance sur les païens, a été implantée dans les esprits 

humains et son effet profond se prolonge de nos jours. 

Cela fut de toute évidence inventé pour détourner les Judaïtes de 

la tradition ancienne du Dieu qui, depuis le buisson ardent, dicta une 

simple loi de conduite morale et d’amitié entre voisins ; par l’insertion 

d’un incident imaginaire et allégorique présenté comme une vérité 

historique, cette tradition fut convertie en son opposé et la « Loi » de 

l’exclusion, de la haine et de la vengeance fut établie. Avec cela comme 

religion et comme héritage, attesté par le récit historique qui lui était 

annexé, on envoya un petit groupe d’êtres humains vers l’avenir. 

Une fois arrivé au temps de cet accomplissement de l’année 458 

av. J.-C., plusieurs siècles après toute période possible durant laquelle 

Moïse avait pu vivre, beaucoup de choses s’étaient passées en Canaan. 

Les nomades Habiru, évinçant les natifs canaanéens par pénétration, 

intermariage, installation ou conquête, s’étaient débarrassés d’une 

tribu du nom de Ben Yisrael, ou les Enfants d’Israël, qui avait éclaté 

en plusieurs tribus, très vaguement confédérées et se faisant souvent 

la guerre. La plus grosse de ces tribus, les Israélites, possédait le nord 

de Canaan. Au sud, isolés et entourés par les peuples canaanéens 

d’origine, une tribu du nom de Juda avait pris forme. C’était la tribu 

d’où la doctrine raciste et les mots tels que « judaïsme » et « juif » 

émergèrent au cours des siècles. 

Dès le moment où elle apparaît pour la première fois en tant 

qu’entité, cette tribu de Juda a l’air étrange. Elle était toujours isolée, 

et ne s’entendait jamais avec ses voisins. Ses origines sont 

mystérieuses. Depuis le début elle semble, avec son nom de mauvais 

augure, quelque peu avoir été mise à l’écart – plutôt qu’avoir été 

« élue ». Les Écritures lévitiques l’incluent parmi les tribus d’Israël, et 

comme les autres tribus s’étaient mêlées à l’humanité, cela en faisait 

la dernière prétendante aux récompenses promises par Jéhovah au 

« peuple élu ». Cependant, même cette prétention semble être fausse, 

car l’Encyclopaedia Juive dit objectivement que Juda était « selon toute 

probabilité une tribu non-israélite ». 

Cette tribu à l’aspect curieux fut celle qui se mit en route vers 

l’avenir, emportant sous son bras la doctrine formulée par les Lévites, 

à savoir qu’elle était le « peuple élu » de Jéhovah et que, quand elle 

aurait accompli « toutes mes lois et jugements », hériterait d’une Terre 

promise et de la domination sur tous les peuples. 

Parmi ces « lois et jugements » tels que les Lévites les éditèrent 

finalement, apparaissaient de manière répétée les commandes 

« détruire totalement », « terrasser », « chasser ». Juda était destinée à 

produire une nation ayant pour but la destruction. 

 

 

Chapitre 2 

LA FIN D’ISRAËL 

Environ cinq cents ans avant l’événement de 458 av. J.-C., soit 

pratiquement trois mille ans avant aujourd’hui, l’association brève et 

mouvementée entre Juda et les Israélites (« les enfants d’Israël ») prit 

fin. Israël rejeta la doctrine du peuple élu qui commençait à prendre 

forme en Juda, et partit de son côté. (L’adoption du nom « Israël » par 

l’État sioniste mis en place en Palestine en 1948 était un faux prétexte 

flagrant). 

Les événements qui menèrent à cette union courte et 

malheureuse remontent aux siècles précédents. La période 

mythologique ou légendaire de Moïse fut suivie par une période en 

Canaan durant laquelle « Israël » fut l’entité forte, cohésive et 

reconnaissable – la confédération nordique des dix tribus. Juda (que la 

très petite tribu de Benjamin avait rejointe) était un petit royaume 

insignifiant du sud. 

Juda, dont descend le sionisme d’aujourd’hui, était une tribu de 

mauvaise réputation. Juda vendit son frère Joseph, le fils préféré de 

Jacob-dit-Israël, aux Ismaélites pour vingt deniers d’argent (comme 

bien plus tard Judas, le seul Judéen parmi les apôtres, trahit Jésus 

pour trente deniers d’argent), et fonda ensuite la tribu dans l’inceste 

(La Genèse 37-38). Les scribes religieux, qui écrivirent ce compte 

rendu biblique des siècles plus tard, s’étaient rendus les maîtres de 

Juda, et comme il altéraient la tradition orale à chaque fois que cela 

leur convenait, la question se pose : pourquoi se donnèrent-ils la peine 

de préserver, ou même peut-être d’insérer, cette attribution de 

commencements incestueux et cette nature perfide au même peuple 

qui, disaient-ils, était l’élu de Dieu ? La chose est mystérieuse, comme 

bien d’autres choses dans les Écritures lévitiques, et seuls les cercles 

fermés de la secte pourraient fournir une réponse. 

Quoiqu’il en soit, ces Écritures et les autorités actuelles 

s’accordent sur la séparation d’« Israël » et de « Juda ». Dans l’Ancien 

Testament, Israël est souvent appelée « la maison de Joseph », 

distinguée sans équivoque de « la maison de Juda ». L’Encyclopaedia 

Juive dit : « Joseph et Juda représentent deux lignages distincts » et 

ajoute (tel que déjà cité) que Juda était « selon toute probabilité une 

tribu non-israélite ». L’Encyclopaedia Britannica dit que le judaïsme se 

développa bien après que les Israélites se furent mélangés à l’humanité, 

et que la véritable relation entre les deux peuples est le mieux 

exprimée dans cette phrase : « Les Israélites n’étaient pas des juifs ». 

Historiquement, Juda devait survivre pendant un petit moment et 

 15 

amener le judaïsme, qui engendra le sionisme. Israël devait disparaître 

en tant qu’entité, et tout arriva de cette manière : 

La petite tribu du sud, Juda, se retrouva identifiée à la tribu 

sans terre, celle des Lévites. Ces prêtres héréditaires, qui prétendaient 

que leur fonction leur avait été conférée par Jéhovah sur le Mont Sinaï, 

étaient les vrais pères du judaïsme. Ils erraient parmi les tribus, 

prêchant que la guerre de l’un était la guerre de tous – et la guerre de 

Jéhovah. Leur but était le pouvoir et ils luttaient pour une théocratie, 

un État dans lequel Dieu est le souverain, et la religion est la loi. 

Durant la période des Juges, ils atteignirent leur but dans une 

certaine mesure, car ils étaient naturellement les Juges. Ce dont eux- 

mêmes, ainsi que Juda isolée, avaient le plus besoin était l’union avec 

Israël. Israël, qui se méfiait de ces prêtres législateurs, ne voulait pas 

entendre parler d’unification, à moins qu’elle ne se fasse sous l’autorité 

d’un roi ; tous les peuples environnants avaient des rois. 

Les Lévites se saisirent de cette opportunité. Ils virent que si un 

roi était nommé, la classe dirigeante désignerait le candidat, et ils 

étaient la classe dirigeante. Samuel, à leur tête, mit en place une 

monarchie fantoche, derrière laquelle les prêtres exerçaient le véritable 

pouvoir ; cela fut accompli en stipulant que le roi règnerait seulement 

pour la vie, ce qui signifiait qu’il ne serait pas capable de fonder une 

dynastie. Samuel choisit un jeune paysan benjaminite, Saül, qui s’était 

fait un nom dans les guerres tribales et dont on pensait, sans doute, 

qu’il avait toutes les chances d’être malléable (le choix d’un 

benjaminite suggère qu’Israël refusait de songer à tout homme de Juda 

pour la royauté). Ce fut alors le début du royaume unifié d’Israël ; en 

vérité, il ne survécut qu’à ce seul règne, celui de Saül. 

Dans le destin de Saül (c’est-à-dire dans le compte rendu qui en 

fut donné dans les Écritures postérieures), on peut discerner la nature 

sinistre du judaïsme, tel qu’on devait lui donner forme. On lui ordonna 

de commencer la guerre sainte en attaquant les Amalécites « et de 

détruire complètement tous leurs biens, et de ne pas les épargner ; mais 

de massacrer homme et femme, enfant et nourrisson, bœuf et mouton, 

chameau et âne ». Il détruisit « homme et femme, enfant et 

nourrisson » mais épargna le roi Agag et les meilleurs des moutons, 

bœufs, jeunes chevaux et agneaux. Il fut excommunié pour cela par 

Samuel, qui choisit secrètement un certain David, de Juda, comme 

successeur de Saül. Par la suite, Saül s’évertua en vain à exercer son 

zèle à la « destruction totale » afin d’apaiser les Lévites, puis essaya 

d’attenter à la vie de David afin de sauver son trône. Finalement, il mit 

fin à ses jours. 

Il est possible que rien de tout ceci ne se soit passé ; ceci est le 

compte rendu donné dans le livre de Samuel, que les Lévites 

produisirent des siècles plus tard. Que cela soit vrai ou allégorique, 

 16 

l’importance réside dans l’évidente implication : Jéhovah exigeait une 

obéissance absolue quand il ordonnait la « destruction totale », et la 

miséricorde ou la pitié étaient des crimes capitaux. Cette leçon est 

soulignée dans de nombreuses autres descriptions d’événements qui 

furent peut-être historiques ou peut-être imaginaires. 

Ce fut vraiment la fin, il y a trois mille ans, du royaume uni, car 

Israël refusa d’accepter pour roi David, l’homme de Juda. Le Dr 

Kastein raconte que « le reste d’Israël l’ignora » et proclama roi le fils de 

Saül, Ishbosheth, sur quoi la re-division entre Israël et Juda « eut 

vraiment lieu ». Selon Samuel, Ishbosheth fut tué et sa tête envoyée à 

David, qui là-dessus restaura une union nominale et fit de Jérusalem 

sa capitale. Il ne réunifia jamais véritablement le royaume ou les 

tribus ; il fonda une dynastie qui survécut un règne de plus. 

Le judaïsme officiel maintient à ce jour que l’apogée messianique 

se produira sous un roi mondial de « la maison de David » ; et 

l’exclusion raciale est le premier principe du judaïsme officiel – et la loi 

de la terre dans l’État sioniste. Les origines de la dynastie fondée par 

David sont donc en rapport direct avec ce récit. 

La discrimination et la ségrégation raciales étaient clairement 

inconnues des tribus, en ces temps de l’association entre Israël et 

Juda, car l’Ancien Testament raconte que David, le Judaïte, du haut 

de son toit, vit « une très belle femme » en train de se baigner, lui 

ordonna de venir vers lui et lui fit un enfant, puis fit envoyer son mari, 

un Hittite, se battre en première ligne, en ordonnant qu’il soit tué. 

Quand il fut mort, David ajouta la femme – Bethsabée – à ses épouses, 

et son second fils devint le prochain roi – Salomon (cette histoire de 

David et Bethsabée telle que relatée dans l’Ancien Testament est sortie 

en version expurgée dans un film hollywoodien de notre époque).  

Ainsi était l’origine raciale de Salomon, le dernier roi de la 

confédération déchirée, selon les scribes lévitiques. Il commença son 

règne par trois meurtres, incluant celui de son frère, et chercha 

vainement à sauver sa dynastie par la méthode des Habsburg – le 

mariage, bien que sur une plus grande échelle. Il épousa des 

princesses venues d’Égypte et de nombreuses tribus voisines, et eut 

des centaines de concubines, si bien qu’en son temps aussi la 

ségrégation raciale devait être inconnue. Il construisit le Temple et 

établit une haute caste de prêtres héréditaires. 

Ainsi fut l’histoire, terminée en 937 av. J.-C., de la brève 

association entre Israël et Juda. Quand Salomon mourut, les associés 

incompatibles se séparèrent finalement, et au nord Israël reprit sa vie 

indépendante. Le Dr Kastein raconte : 

« Les deux États n’avaient pas plus en commun, en bien ou en mal, 

que deux pays quelconques ayant une frontière commune. 

 17 

Occasionnellement, ils se faisaient la guerre ou signaient des traités, 

mais ils étaient entièrement séparés. Les Israélites cessèrent de croire 

qu’ils avaient une destinée différente de celle de leurs prochains, et le 

roi Jéroboam établit la séparation totale d’avec Juda aussi bien 

religieusement que politiquement ».  

Puis, le Dr Kastein ajoute à propos des Judaïtes :  

« ils décidèrent qu’ils étaient destinés à évoluer en tant que race à 

part… ils exigeaient un état d’existence fondamentalement différent 

de celui des gens autour d’eux. Ces différences n’admettaient aucun 

procédé d’assimilation aux autres. Elles exigeaient la séparation, la 

différenciation absolue. » 

Ainsi, la cause de la rupture et de la séparation devient-elle claire. 

Israël croyait que sa destinée était celle de la participation à 

l’humanité, et rejeta Juda sur les bases mêmes qui, de manière 

récurrente dans les trois mille ans qui suivirent, incitèrent d’autres 

peuples à se détourner du judaïsme avec inquiétude, ressentiment et 

rejet. Juda « exigeait la séparation, la différenciation absolue ». 

(Toutefois, le Dr Kastein, bien qu’il dise « Juda », veut parler des 

« Lévites ». Comment, à ce stade, les membres de la tribu de Juda 

auraient-ils même pu exiger « la séparation, la différenciation 

absolue », alors que Salomon avait eu un millier d’épouses ?) 

C’étaient les Lévites, avec leur doctrine raciste, qu’Israël rejetait. 

Les deux cents ans qui suivirent, durant lesquels Israël et Juda 

existèrent séparément, et souvent en ennemis mais côte à côte, sont 

remplis des voix des « prophètes » hébraïques accusant les Lévites et la 

doctrine qu’ils étaient en train d’élaborer. Ces voix continuent 

d’interpeller l’humanité depuis les ténèbres tribales qui obscurcissent 

une grande partie de l’Ancien Testament, car elles éreintaient la 

doctrine qui était en cours d’élaboration tout comme Jésus l’éreinta 

sept ou huit cents ans plus tard – alors qu’elle était établie depuis 

longtemps – au Temple de Jérusalem. 

Ces prophètes étaient presque tous des Israélites ; la plupart 

d’entre eux étaient des Joséphites. Ils étaient en route vers le Dieu 

unique de tous les peuples et la participation à l’humanité. En cela, ils 

n’étaient pas les seuls : bientôt, le Bouddha en Inde devait opposer à 

Bénarès son Sermon et ses Cinq Commandements de Droiture, à la 

doctrine de Brahma – le créateur de la ségrégation des castes – et à 

l’adoration des idoles. Ces hommes étaient des Israélites protestant 

contre les enseignements lévitiques qui seraient plus tard identifiés au 

nom de Juda. Le terme « prophètes hébraïques » est inadapté, parce 

qu’ils ne prétendaient pas au pouvoir de la divination, et étaient irrités 

par cette description (« Je n’étais pas prophète, je n’étais pas non plus 

fils de prophète », Amos). C’étaient des protestataires de leur époque et 

ils donnaient un simple avertissement contre les conséquences 

 18 

calculables de la doctrine raciale ; leurs avertissements restent valides 

aujourd’hui. 

Les prétentions des prêtres lévites les conduisirent à ces 

protestations, en particulier la prétention des prêtres aux premiers-nés 

(« Ce qui ouvre le sein maternel est à moi », l’Exode), et l’insistance des 

prêtres sur les rites sacrificiels. Les protestataires israélites (pour qui 

cette « soit disant loi de Moïse » était inconnue, selon M. Montefiore) ne 

voyaient aucune vertu dans les bains de sang des prêtres, le sacrifice 

sans fin d’animaux et les « holocaustes », dont le « parfum suave » était 

censé plaire à Jéhovah. Ils reprochaient à la doctrine des prêtres le 

massacre et l’asservissement des « païens ». Dieu, criaient-ils, désirait 

une conduite morale, un comportement amical et la justice envers les 

pauvres, l’orphelin, la veuve et l’opprimé – et non les sacrifices 

sanglants et la haine envers les païens. 

Ces protestations amenèrent les premières lueurs de l’aube qui 

arriva quelque huit cents ans plus tard. Ils se trouvaient en étrange 

compagnie parmi les injonctions au massacre dont l’Ancien Testament 

regorge. Ce qui est étrange est que ces protestations aient survécu à la 

compilation – alors qu’Israël était partie et que les Lévites, suprêmes en 

Juda, rédigeaient les Écritures.  

Le chercheur d’aujourd’hui ne peut expliquer, par exemple, 

pourquoi le roi David tolère que Nathan le réprimande publiquement 

pour avoir pris la femme d’Uriah et avoir fait assassiner Uriah. Il est 

possible que parmi les scribes suivants qui compilèrent le récit 

historique, bien après le départ d’Israël et des protestataires israélites, 

il y en eût quelques-uns qui étaient du même esprit, et qui 

s’arrangèrent pour continuer leurs protestations de cette manière. 

Inversement, ces passages bienveillants et éclairés sont souvent 

suivis par des passages fanatiques – attribués au même homme – qui 

annulent les passages précédents ou y mettent à la place leur opposé. 

La seule explication raisonnable est que ce sont des interpolations 

faites plus tard, pour aligner les hérétiques sur le dogme lévitique. 

Quelle que soit l’explication, ces protestations israélites contre 

l’hérésie de Juda ont un attrait intemporel et constituent le monument 

à Israël disparue. Elles forcent leur chemin, telles de petites lames de 

vérité, entre les sombres pierres de la saga tribale. Elles montrent la 

voie vers la route qui monte et s’élargit, la route de la participation 

commune à l’humanité – loin de l’abîme tribal. 

Élie et Élisée officiaient tous les deux en Israël, et Amos parlait 

uniquement aux Joséphites. Ce dernier, en particulier, attaqua les 

sacrifices sanglants et les rites des prêtres : « Je hais, je méprise vos 

fêtes et je ne prends aucun plaisir à vos assemblées solennelles. En 

vérité, même si vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je 

 19 

ne les accepte pas ; Et les veaux engraissés que vous sacrifiez en 

actions de grâces, je ne les regarde pas. Éloignez de moi le bruit de vos 

chants » (les liturgies psalmodiées des Lévites) « et épargnez-moi le son 

de vos luths. Mais que la justice soit comme un courant d’eau, et la 

droiture comme un torrent puissant ». Puis vient le reproche éternel 

envers la doctrine du « peuple particulier » : « N’êtes-vous pas pour moi 

comme les enfants des Éthiopiens, Ô enfants d’Israël ? dit l’Éternel ». 

Osée, un autre Israélite, dit : « Je désirais la miséricorde et pas le 

sacrifice, et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes ». Osée 

exhorte à la pratique de « la justice et de la droiture », de « la charité, 

de la compassion et de la loyauté », et non de la discrimination et du 

mépris. 

Du temps de Michée, les Lévites exigeaient apparemment toujours 

le sacrifice de tous les premiers-nés à Jéhovah : 

« Avec quoi me présenterai-je devant l’Éternel, et me prosternerai- 

je devant le Dieu très haut ? Me présenterai-je devant lui avec des 

holocaustes, avec des veaux d’un an ? L’Éternel agréera-t-il de milliers 

de béliers ou de dix mille fleuves d’huile ? Donnerai-je pour mes 

transgressions mon premier-né, pour le péché de mon âme le fruit de 

mes entrailles ? On t’a fait connaître, Ô homme, ce qui est bien et ce 

que l’Éternel demande de toi : seulement que tu pratiques la justice, 

que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton 

Dieu ». 

Ces hommes luttèrent pour l’âme des membres des tribus 

pendant les deux siècles où Israël et Juda co-existèrent – quelquefois à 

couteaux tirés. Pendant cette période, les Lévites, disséminés 

auparavant parmi les douze tribus, furent amenés de plus en plus à se 

rassembler au sein de la minuscule Juda et à Jérusalem, et à 

concentrer leurs énergies sur les Judaïtes. 

Puis, en 721 av. J.-C., Israël fut attaquée et conquise par l’Assyrie 

et les Israélites furent emmenés en captivité. Juda fut épargnée sur le 

moment, et pendant encore un siècle demeura un vassal insignifiant, 

de l’Assyrie d’abord et ensuite de l’Égypte, ainsi que le bastion de la 

secte lévitique. 

À ce moment, les « enfants d’Israël » disparaissent de l’histoire, et 

si les promesses qui leur ont été faites doivent être acquittées, cette 

rédemption devra de toute évidence se faire depuis les rangs de 

l’humanité, à laquelle ils se mirent à participer et à laquelle ils se 

mélangèrent. Étant donné que l’ouest fut la destination prédominante 

dans les mouvements de populations durant les derniers deux mille 

sept cents ans, il est probable que beaucoup de leur sang coule dans 

les veines des peuples européens et américains. 

 20 

La prétention judaïste, d’autre part, fut qu’Israël était totalement 

et à juste titre « perdue », parce qu’elle rejetait la doctrine lévitique et 

choisit le « rapprochement avec les peuples voisins ». Le Dr Kastein, 

dont voici les paroles, se réjouissait ardemment – presque vingt-sept 

siècles plus tard – de leur chute, pour cette raison précise :  

« Les dix tribus du Nord, avec leur développement à part, s’étaient 

tellement éloignées de leur famille du Sud que la chronique de leur 

chute prend la forme d’une brève et simple déclaration factuelle 

dénuée de toute expression de chagrin. Aucun poème épique, aucun 

hymne funèbre, aucune condoléance ne marquèrent l’heure de leur 

chute ». 

Celui qui étudie la controverse de Sion doit chercher 

laborieusement avant de commencer à dévoiler ses mystères, mais très 

vite il découvre qu’en toutes choses, elle parle en deux langues : une 

pour « les païens », et une pour les initiés. 

Les Lévites de cet ancien temps ne croyaient pas, de même que les 

sionistes d’aujourd’hui, que les Israélites « avaient disparu sans laisser 

de trace » (pour reprendre les termes du Dr Kastein). On les déclara 

« morts », de la même manière qu’aujourd’hui un juif se mariant hors 

de la communauté est déclaré mort (comme par exemple le Dr John 

Goldstein) ; ils furent excommuniés, et seulement dans ce sens ils 

« disparurent ». 

Les peuples ne disparaissent pas comme ça ; les Indiens 

d’Amérique du Nord, les Blackfellows d’Australie, les Maoris de 

Nouvelle-Zélande, les Bantous d’Afrique du Sud et d’autres en sont la 

preuve. D’ailleurs, les Israélites n’auraient pas pu être « emmenés 

prisonniers » s’ils avaient été exterminés physiquement. Leur sang et 

leur pensée survivent dans l’humanité, quelque part, aujourd’hui. 

Israël resta séparée de Juda de sa propre volonté et pour les 

raisons mêmes qui depuis ont suscité la méfiance et l’appréhension de 

la part des autres peuples. Les Israélites « n’étaient pas des juifs » ; les 

Judaïtes étaient « en toute probabilité non-israélites ».  

On trouve la véritable signification de l’assertion qu’Israël 

« disparut » dans le Talmud – plus récent – qui affirme : « Les dix tribus 

n’ont pas de rôle à jouer dans le monde à venir ». Donc, « les enfants 

d’Israël » sont bannis du paradis par la secte dirigeante de Juda parce 

qu’ils refusèrent de s’exclure de l’humanité terrestre. 

En 1918, le Grand rabbin de l’Empire britannique – le très 

révérend J.H. Herz, en réponse à une question sur ce point répondit 

explicitement :  

« Le peuple connu présentement en tant que Juifs est le descendant 

des tribus de Juda et de Benjamin, avec un certain nombre de 

descendants de la tribu de Lévi ». 

 21 

Cette déclaration fait bien comprendre qu’« Israël » n’eut aucun 

rôle dans ce qui devint plus tard le judaïsme (aucune autorité, judaïste 

ou autre, ne soutiendrait la prétention de descendre de Juda par le 

sang, pour les juifs d’aujourd’hui, mais cela importe peu). 

Par conséquent, l’utilisation du nom « Israël » par l’État sioniste 

créé en Palestine durant ce siècle est de la nature de la falsification. 

Une raison sérieuse doit avoir imposé l’utilisation du nom d’un peuple 

qui n’était pas juif et qui n’acceptait aucune doctrine émanant de ce 

qui est devenu depuis le judaïsme. Une théorie défendable vient à 

l’esprit. L’État sioniste a été mis en place avec l’accord tacite des 

grandes nations de l’Occident – qui est aussi le territoire de la 

chrétienté. Le calcul fut peut-être que ces peuples seraient soulagés 

dans leurs consciences si on pouvait les amener à croire qu’ils 

accomplissaient la prophétie biblique et la promesse de Dieu à 

« Israël », quel que soit le coût de la « destruction » de peuples 

innocents. 

Si telle était la motivation pour l’usage abusif du nom « Israël », 

l’expédient a sans doute, pour l’heure, été couronné de succès ; la 

multitude a été plus que facilement « convaincue » ? Cependant, la 

vérité finira par sortir, comme les protestations survivantes des 

prophètes israélites le montrent. 

Si l’État sioniste de 1948 pouvait prétendre à quel que nom que ce 

soit tiré de la haute Antiquité, cela ne pourrait être que celui de 

« Juda », comme ce chapitre vient de le montrer. 

 

 

Chapitre 3 

LES LEVITES ET LA LOI 

Durant les cent ans qui suivirent la conquête assyrienne d’Israël, 

les Lévites de Juda commencèrent à compiler la Loi écrite. En 621 av. 

J.-C., ils produisirent le Deutéronome et le lurent au peuple au Temple 

de Jérusalem. 

Ce fut la naissance de la « loi mosaïque », que Moïse – s’il a jamais 

vécu – ne connut jamais. On l’appelle la loi mosaïque parce qu’elle lui 

est attribuée, mais les autorités s’accordent sur le fait qu’elle était le 

produit des Lévites, qui à l’époque et par la suite, firent sans cesse dire 

à Moïse (et donc, à Jéhovah) ce qui les arrangeait. La description 

correcte serait « la loi lévitique » ou « la loi judaïque ». 

Le Deutéronome est au judaïsme et au sionisme officiels ce que le 

Manifeste communiste fut à la révolution destructrice de notre siècle. 

Il est le fondement de la Torah (« la Loi ») contenue dans le 

Pentateuque, qui lui-même forme la matière première du Talmud, qui 

donna naissance aux « commentaires » et aux commentaires-des- 

commentaires qui ensemble constituent la « loi » judaïque. 

Par conséquent, le Deutéronome est aussi la base du programme 

politique de domination mondiale sur les nations spoliées et asservies, 

programme qui fut largement réalisé en Occident durant ce XXe siècle. 

Le Deutéronome est en rapport direct avec les événements actuels, et 

beaucoup de la confusion qui entoure ces événements se dissipe si on 

les étudie à sa lumière.  

Le Deutéronome fut lu, en 621 av. J.-C., à un si petit auditoire, 

dans un si petit endroit, que ses conséquences énormes pour le monde 

entier, durant les siècles qui suivirent jusqu’à notre époque, sont par 

contraste des plus frappantes. 

Avant que le Deutéronome ne soit compilé, seule la « tradition 

orale » des paroles de Dieu à Moïse existait. Les Lévites prétendaient 

être les gardiens consacrés de cette tradition et les tribus devaient les 

croire sur parole (leur prétentions à cet égard provoquaient 

particulièrement la colère des « prophètes » israélites). Si quoi que ce 

soit avait été rédigé avant qu’on ait lu le Deutéronome, de tels 

manuscrits étaient fragmentaires et sous la garde des prêtres, et aussi 

peu connus des membres des tribus que les poètes grecs ne le sont 

des paysans des collines du Kentucky aujourd’hui. 

Que le Deutéronome fût différent de tout ce qu’on avait connu ou 

compris auparavant est implicite de par son nom, qui signifie 

« seconde Loi ». En fait, le Deutéronome était du judaïsme lévitique, 

 23 

révélé pour la première fois ; les Israélites (tel qu’on l’a déjà montré) 

« n’étaient pas des juifs » et n’avaient jamais connu cette « Loi ».  

De manière significative, le Deutéronome qui apparaît en tant que 

cinquième livre de la Bible actuelle, avec l’air d’être naturellement issu 

des livres précédents, fut le premier livre à être terminé en entier. 

Même si la Genèse et l’Exode fournissent un contexte historique et 

l’accentuent, ils furent rédigés plus tard par les Lévites, et le Lévitique 

et les Nombres, les autres livres de la Torah, furent compilés encore 

plus tard. 

Le Deutéronome prenait le contre-pied de la tradition ancienne, si 

celle-ci était en accord avec les commandements moraux. Toutefois, 

les Lévites étaient dans leur droit auto-accordé de faire tous les 

changements qu’ils souhaitaient, car ils déclaraient qu’ils pouvaient, 

par autorisation divine, modifier la Loi telle que révélée oralement par 

Dieu à Moïse, afin de répondre aux « conditions d’existence en 

perpétuelle évolution, dans l’esprit de l’enseignement traditionnel » (le 

Dr Kastein). 

À cet égard, ils prétendaient aussi que Moïse avait reçu au Mont 

Sinaï une Torah orale secrète, qui ne devait jamais être consignée par 

écrit. Au vu de l’inclusion postérieure de l’Ancien Testament en un 

seul volume avec le Nouveau Testament chrétien, et la supposition du 

gentil [non-juif, païen – NdT] moyen qu’il a donc devant lui la « loi 

mosaïque » dans son intégralité, ce qualificatif est définitivement 

intéressant. 

Le Talmud, tel que cité par le Dr Funk, dit : « Dieu a prévu qu’un 

jour viendrait où les païens s’empareraient de la Torah et diraient à 

Israël, “Nous aussi sommes fils de Dieu”. Alors l’Éternel dira : “Seul 

celui qui connaît mes secrets est mon fils”. Et quels sont les secrets de 

Dieu ? Les enseignements oraux ». 

On dit aux quelques personnes qui entendirent le Deutéronome tel 

que lu en 621 av. J.-C., et qui ensuite apprirent les premiers ce que 

serait « la loi mosaïque », que les manuscrits avaient été « découverts ». 

Les autorités judaïstes actuelles rejettent cela et s’accordent sur le fait 

que le Deutéronome fut l’œuvre indépendante des Lévites dans la Juda 

isolée après le rejet de Juda par les Israélites et la conquête d’Israël. Le 

Dr Kastein explique l’affaire ainsi : 

« En 621 av. J.-C., un manuscrit recouvert par la poussière des 

siècles fut découvert parmi les archives. Il contenait une étrange 

version des lois qui avaient été codifiées jusqu’alors, une sorte de 

répétition et de variation de ces lois, donnant une foule d’instructions 

concernant le devoir de l’homme envers Dieu et envers son prochain. 

Il était rédigé sous la forme de discours censés avoir été délivrés à 

Moïse juste avant sa mort de l’autre côté du Jourdain. Qui en était 

l’auteur, cela est impossible à dire ». 

 24 

Ainsi, le Dr Kastein, un zélote en attente de l’accomplissement 

littéral de « la loi mosaïque » dans chaque détail, ne croit pas que son 

auteur fût Jéhovah ou Moïse. Cela lui suffit qu’elle fût produite par les 

prêtres législateurs, qui pour lui sont l’autorité divine. 

Nul aujourd’hui ne peut dire jusqu’à quel point le Deutéronome tel 

que nous le connaissons ressemble au Deutéronome tel qu’il fut lu en 

621 av. J.-C., car les livres de l’Ancien Testament furent sans cesse 

modifiés jusqu’à l’époque de la première traduction, où d’autres 

modifications diverses furent faites, sans doute pour éviter une 

agitation excessive parmi les gentils. Nul doute que quelque chose fut 

supprimé alors, si bien que le Deutéronome dans sa forme originelle 

devait être vraiment violent, car ce qui demeure est déjà bien assez 

brutal. 

L’intolérance religieuse est la base de cette « seconde Loi » 

(l’intolérance raciale allait suivre plus tard, dans une autre « nouvelle 

Loi »), et le meurtre au nom de la religion est son principe 

caractéristique. Cela nécessite la destruction des Commandements 

moraux, qui sont en fait mis en place pour mieux être démolis. 

Seulement ceux se rapportant à la vénération exclusive du Jéhovah 

« jaloux » sont laissés intacts. Les autres sont enterrés sous un grand 

monticule de « lois et jugements » (règlements institués pour ainsi dire 

sous une Loi dirigeante) qui les annulent de fait. 

Ainsi, les commandements moraux contre le meurtre, le vol, 

l’adultère, la convoitise, la haine du prochain et autres du même 

genre, sont-ils viciés par une multitude de « lois » enjoignant 

expressément à massacrer les autres peuples, assassiner les apostats 

individuellement ou communautairement, prendre des concubines 

parmi les femmes captives, « détruire totalement » en ne laissant « rien 

en vie », « exclure l’étranger » de la remise de dettes, et autres exemples 

du même acabit. 

Quand on arrive à la fin du Deutéronome, les commandements 

moraux ont été invalidés de cette manière, dans le but d’installer, sous 

l’apparence d’une religion, l’idée politique grandiloquente d’un peuple 

envoyé spécialement dans le monde pour détruire et « posséder » les 

autres peuples et pour dominer la Terre. L’idée de destruction est 

essentielle au Deutéronome. Si elle est enlevée, nul Deutéronome, ou loi 

mosaïque, ne subsiste. 

Ce concept de destruction en tant qu’article de foi est unique, et 

son apparition en pensée politique (par exemple, dans la philosophie 

communiste) pourrait à l’origine provenir de l’enseignement du 

Deutéronome, car il n’y a pas d’autre source vérifiable. 

Le Deutéronome est avant tout un programme politique complet : 

l’histoire de la planète, créée par Jéhovah pour ce « peuple spécial », 

 25 

doit se terminer par le triomphe de ce peuple et la ruine de tous les 

autres. Les récompenses offertes aux fidèles sont exclusivement 

matérielles : massacres, esclaves, femmes, butins, terres, empires. La 

seule condition imposée pour ces récompenses est l’observance des 

« lois et jugements » qui commandent essentiellement la destruction 

des autres. La seule culpabilité définie réside dans la non-observance 

de ces lois. L’intolérance est spécifiée en tant qu’observance, la 

tolérance en tant que non-observance – par conséquent, culpabilité. Les 

châtiments prescrits sont de ce monde et matériels, non spirituels. La 

conduite morale, pour peu qu’elle soit exigée, est requise uniquement 

envers les coreligionnaires, et les « étrangers » en sont exclus. 

Cette forme unique de nationalisme fut présentée pour la première 

fois aux Judaïtes dans le Deutéronome, en tant que « Loi » de Jéhovah 

et parole littérale, adressée par ce dernier à Moïse. La notion de 

domination mondiale par la destruction est introduite au début 

(chapitre 2) de ces « discours censés avoir été délivrés » par un Moïse 

agonisant : 

« L’Éternel m’adressa la parole, et dit… À partir d’aujourd’hui, je 

répandrai la terreur et la crainte de toi parmi les peuples qui sont 

sous tous les cieux, qui entendront parler de toi, et trembleront, et 

seront dans l’angoisse à cause de toi ». En témoignage de cela, le 

destin de deux peuples est en même temps montré. Le roi de Sihon et 

le roi de Bashân « sorti[ren]t se battre contre nous, lui et tout son 

peuple », sur quoi ils furent « totalement détruits, les hommes et les 

femmes et les petits enfants », seul le bétail fut épargné et « le butin » 

emporté « en guise de proie pour nous » (l’insistance sur la 

destruction totale est un thème récurrent et significatif de ces 

anecdotes illustratives). 

Ces premiers exemples du pouvoir de Jéhovah à détruire les 

païens sont suivis par le premier des nombreux avertissements 

stipulant qu’à moins que « les lois et jugements » ne soient observés, 

Jéhovah punira son peuple spécial en le dispersant parmi les païens. 

L’énumération de ces « lois et jugements » suit les Commandements, 

dont la validité morale est détruite en même temps par une promesse 

de massacre tribal : 

« Sept nations plus grandes et plus puissantes que toi » doivent être 

livrées aux mains des Judaïtes, et : « Tu les détruiras entièrement ; tu 

ne feras aucune alliance avec elles, et tu ne leur montreras aucune 

pitié… tu détruiras leurs autels… car tu es un peuple saint pour 

l’Éternel ton Dieu ; l’Éternel ton Dieu t’a choisi pour que tu sois un 

peuple spécial à ses yeux, entre tous les peuples qui sont sur la 

surface de la terre… Tu seras béni entre tous les peuples… Et tu 

consumeras tous les peuples que l’Éternel ton Dieu te livrera ; tes 

yeux seront sans pitié envers eux… l’Éternel ton Dieu enverra les 

frelons contre eux, jusqu’à ce que ceux qui restent et qui se cachent 

de toi, soient détruits… Et l’Éternel ton Dieu expulsera ces nations 

 26 

devant toi petit à petit… Mais l’Éternel ton Dieu te les livrera, et les 

détruira par une destruction puissante jusqu’à ce qu’il soient 

détruits… Et il livrera leurs rois entre tes mains, et tu détruiras leur 

nom de dessous les cieux ; aucun homme ne sera capable de se tenir 

devant toi, jusqu’à ce que tu l’aies détruit… »  

Arrivés au XXe siècle de notre ère, les peuples de l’Occident, dans 

l’ensemble, avaient cessé d’attacher toute signification actuelle à ces 

incitations, mais les peuples directement concernés ne pensaient pas 

la même chose. Par exemple, la population arabe de Palestine fuit en 

masse sa terre d’origine après le massacre de Deir Yassin en 1948, 

parce que cet événement signifiait pour eux (tel que ses auteurs 

l’avaient voulu) que s’ils restaient, ils seraient « entièrement détruits ». 

Ils savaient que les dirigeants sionistes, en train de palabrer avec 

les politiciens britanniques et américains du lointain Occident, avaient 

déclaré à plusieurs reprises que « la Bible est notre Mandat » (le Dr 

Chaim Weizmann), et ils savaient (si les populations occidentales ne le 

réalisaient pas) que l’allusion se référait à des passages tels que ceux 

ordonnant la « destruction totale » des populations arabes. Ils savaient 

que les dirigeants occidentaux avaient soutenu et continueraient à 

soutenir les envahisseurs et ainsi, ils n’avaient même pas l’espoir 

d’une simple survie, sinon dans la fuite. Ce massacre de 1948 ap. J.- 

C. se rapporte directement aux « loi et jugements » stipulés au chapitre 

7 du livre de la Loi, que les Lévites terminèrent et lurent en 621 av. J.- 

C. 

Les incitations et la séduction du Deutéronome continuent : « … Va 

prendre possession des nations plus grandes et plus puissantes que 

toi… l’Éternel ton Dieu ira lui-même devant toi ; tel un feu dévorant il 

les détruira, et il les terrassera devant toi ; alors tu les chasseras, et les 

détruiras promptement, comme l’Éternel te l’a dit… Car si tu observes 

avec zèle tous ces commandements que je t’ordonne… alors l’Éternel 

chassera devant toi toutes ces nations, et tu posséderas des nations 

plus grandes et plus puissantes que toi-même… même les côtes de la 

mer occidentale seront tiennes. Aucun homme ne sera capable de se 

tenir devant toi : car l’Éternel ton Dieu répandra la crainte et la terreur 

de toi sur toute terre que tu fouleras… » 

Ensuite, Moïse, dans ce compte rendu, énumère les « lois et 

jugements » qui doivent être « observés » si l’on veut que toutes ces 

récompenses soient obtenues, et une fois encore « la Loi » est de 

détruire : 

« Voici les lois et jugements, que tu observeras et pratiqueras… Tu 

détruiras entièrement tous les lieux dans lesquels les nations que tu 

posséderas ont servi leurs dieux… Quand l’Éternel ton Dieu aura 

exterminé les nations devant toi, où tu iras pour les posséder, que tu 

prendras leur place, et t’installeras sur leur terre : prends garde à ne 

 27 

pas tomber dans le piège en les suivant… et ne t’enquiers pas de 

leurs dieux. » 

Ce principe de « la Loi » exige du fidèle qu’il détruise les autres 

religions. Impartiale quand elle fut promulguée, elle acquit une 

application spécifique dans les siècles qui suivirent, du fait que la foi 

chrétienne se répandait, et la majorité des juifs à l’époque évoluait 

dans la même zone géographique : l’Occident. (Cela faisait de la 

chrétienté l’objectif premier de l’ordre de « destruction totale des 

lieux… », et le dynamitage des cathédrales russes, l’ouverture des 

« musées anti-Dieu »,  la canonisation de Judas et autres actions des 

premiers gouvernements bolchevistes, qui étaient constitués aux neuf 

dixième de juifs de l’Est, furent à l’évidence des actes d’« observance » 

sous cette « loi » du Deutéronome). 

Les idées d’inquisition des hérétiques et des dénonciateurs, que 

l’Occident utilisa dans ses périodes rétrogrades et renia dans ses 

périodes éclairées, trouvent aussi leur source originelle (à moins que 

quelqu’un puisse en localiser une plus ancienne) dans le Deutéronome. 

De peur qu’un tel hérétique ne remette en question la Loi de la 

destruction, résumée dans les paragraphes précédents, le Deutéronome 

stipule ensuite que « si parmi vous s’élève un prophète ou un rêveur de 

rêves… (il) sera mis à mort » ; la crucifixion de Jésus (et la mort de 

nombreux protestataires contre le judaïsme littéral) tombent sous le 

coup de cette « loi ».  

La dénonciation des proches qui s’attirent la suspicion d’hérésie 

est exigée. Ce fut le moyen terroriste introduit en Russie par les 

bolchevistes en 1917 et copié en Allemagne par les nazis en 1933. À 

l’époque, le monde chrétien exprima son horreur devant ces 

innovations barbares, mais la méthode est clairement stipulée dans le 

Deutéronome, qui exige que quiconque déclare « Allons servir d’autres 

dieux » soit dénoncé par ses frères, sœurs, fils, filles, épouses et ainsi 

de suite, et lapidé à mort. 

De manière caractéristique, le Deutéronome ordonne que la main 

du parent génétique ou de l’épouse soit « la première levée » sur la 

victime de la dénonciation au moment de la mise à mort, et seulement 

ensuite, « la main de tous ». Cette « ordonnance de la Loi » est toujours 

observée de nos jours, dans une certaine mesure dictée par les 

conditions locales et autres circonstances. Les apostats ne peuvent 

être publiquement lapidés à mort dans l’environnement de 

communautés étrangères, où la loi de « l’étranger » pourrait considérer 

cela comme un meurtre, si bien qu’une déclaration officielle de « mort » 

et de cérémonie de deuil remplace symboliquement la peine judiciaire ; 

voir le compte rendu du Dr John Goldstein sur le rite symbolique et la 

tentative récente d’exiger la peine littérale, qui durant des siècles fut 

 28 

souvent infligée à l’intérieur de communautés juives fermées où la loi 

de « l’étranger » n’avait pas prise. 

La Loi ordonne aussi que des communautés entières soient 

massacrées sous l’accusation d’apostasie : « Tu châtieras avec 

assurance les habitants de cette ville avec le tranchant de l’épée, la 

détruisant totalement, et tout ce qui s’y trouve ». 

Concernant la destruction des villes, le Deutéronome fait la 

distinction entre les villes proches (c’est-à-dire palestiniennes) et les 

villes lointaines. Quand une « ville lointaine » a été prise, « tu en 

châtieras tous les mâles avec le tranchant de l’épée, mais les femmes, 

et les petits enfants, et le bétail, et tout ce qui se trouve dans la ville, 

même tout le butin, tu les prendras pour toi… ». Cette incitation 

concernant les femmes faites prisonnières est un thème récurrent, et 

le Deutéronome décrète la loi selon laquelle un ravisseur judaïte qui 

voit parmi les prisonnières « une belle femme » a le droit de l’emmener 

chez lui, mais que s’il n’en avait « aucune jouissance », il aurait le droit 

de la renvoyer. 

Le cas d’une ville proche est différent ; la loi de destruction totale 

(que Saül transgressa) prévaut. « Mais à propos des villes de ces gens 

que l’Éternel ton Dieu te donne en héritage, tu ne laisseras en vie rien 

qui respire ; Mais tu les détruiras entièrement… comme l’Éternel ton 

Dieu te l’a ordonné ». (Ce verset 16 du chapitre 20, une fois encore, 

explique la fuite massive des Arabes palestiniens après Deir Yassin, où 

rien de ce qui respirait ne fut épargné. Ils virent que cet 

accomplissement littéral de la Loi de 621 av. J.-C. était à l’ordre du 

jour en 1948 ap. J.-C., et que les puissances occidentales étaient 

derrière cet accomplissement de la Loi de « destruction totale »). 

La Seconde Loi continue : « Tu es un peuple saint pour l’Éternel 

ton Dieu, et l’Éternel t’a choisi pour être un peuple cher à ses yeux, 

entre toutes les nations qui sont sur la terre ». D’autres « lois et 

jugements » stipulent ensuite que « tout ce qui meurt de lui-même »,  

étant impur, ne peut être mangé, mais « tu le donneras à l’étranger… 

ou tu pourras le lui vendre ; car tu es un peuple saint pour l’Éternel 

ton Dieu ». 

Tous les sept ans, un créancier devra remettre la dette de son 

« voisin », mais « celle d’un étranger, tu pourras encore l’exiger ». Le 

chapitre 10 (étonnamment dans ce contexte) dit : « Tu aimeras donc 

l’étranger ; car tu étais toi-même étranger en terre d’Égypte », mais le 

chapitre 23 apporte l’annulation habituelle : « Tu ne prêteras pas avec 

intérêt à ton frère… à un étranger tu pourras prêter avec intérêt » (et 

des exemples plus graves de cette discrimination légale entre le 

« voisin » et « l’étranger » apparaissent dans les livres postérieurs, 

comme on le verra). 

 29 

Le Deutéronome se termine par le thème prolongé, houleux et 

rageur de la-malédiction-ou-la-bénédiction. Moïse, sur le point de 

mourir, exhorte une fois de plus « le peuple » à choisir entre les 

bénédictions ou les malédictions, et les deux sont énumérées. 

Les bénédictions sont exclusivement matérielles : la prospérité par 

l’augmentation de la famille, des récoltes et du bétail ; la défaite des 

ennemis ; et la domination mondiale. « l’Éternel ton Dieu t’élèvera au 

dessus de toutes les nations de la terre… l’Éternel fera de toi un 

peuple saint pour lui… Et tous les peuples de la terre verront que tu es 

appelé du nom du Seigneur ; et ils te craindront… tu prêteras à de 

nombreuses nations, et tu n’emprunteras pas. Et l’Éternel fera de toi la 

tête, et pas la queue ; et tu seras uniquement au dessus, et pas en 

dessous… » 

Ces bénédictions s’étendent sur treize versets ; les malédictions 

sur quelque cinquante ou soixante. La divinité au nom de laquelle les 

malédictions sont clairement prononcées était considérée comme 

capable de faire le mal (en fait, cela est explicitement mentionné dans 

un livre postérieur, Ézéchiel, comme on le montrera). 

Le judaïsme littéral est en définitive basé sur la terreur et la peur, 

et la liste des malédictions exposées au chapitre 23 de la seconde Loi 

montre l’importance que les prêtres attachaient à cette pratique de la 

malédiction (dont les judaïstes littéraux considèrent l’usage efficace 

jusqu’à ce jour). Ces malédictions, qu’on s’en rappelle, sont les peines 

pour non-observance, pas pour transgression morale  ! « Si tu ne prêtes 

pas l’oreille à la voix de l’Éternel ton Dieu, si tu n’observes pas et 

n’appliques pas tous ses commandements et lois… toutes ces 

malédictions s’abattront sur toi… » 

Les villes et les habitations, les enfants, les récoltes et le bétail, 

seront maudits « jusqu’à ce que tu sois détruit et que tu périsses 

entièrement ». La peste, la lèpre, les inflammations, le mildiou, les 

ulcères, les hémorroïdes, les croûtes, les démangeaisons, la démence, 

la famine, le cannibalisme et la sécheresse sont spécifiés. Les épouses 

des hommes coucheront avec d’autres hommes ; leurs enfants 

mourront en esclavage ; tout ceux qui resteront chez eux seront 

dévorés par leurs parents, le père et la mère se disputant leur chair et 

refusant que les enfants encore en vie y touchent. (Ces malédictions 

étaient inclues dans le Bannissement ultime quand il était prononcé 

contre les apostats jusqu’à une époque relativement récente, et sont 

probablement en usage aujourd’hui dans les places fortes de la 

communauté juive talmudique). 

Les maladies et les catastrophes devaient punir le peuple « si tu 

n’observes pas et ne mets pas en pratique toutes les paroles de cette 

loi qui sont écrites dans ce livre, dans la crainte de ce nom glorieux et 

 30 

redoutable, l’Éternel Ton Dieu… J’en appellerai au ciel et à la terre 

pour témoigner contre toi, j’ai mis devant toi la vie et la mort, la 

bénédiction et la malédiction ; alors choisis la vie, afin que toi et ta 

progéniture viviez à jamais ». 

Telles étaient la vie et la bénédiction que les Judaïtes, rassemblés 

au Temple en 621 av. J.-C., furent exhortés par leur chef de clan 

Josias – le porte-parole des prêtres – à choisir, au nom de Jéhovah et 

de Moïse. Le but et la signification de l’existence, sous cette « Loi 

mosaïque », étaient la destruction et l’asservissement des autres par 

amour du pillage et du pouvoir. À compter de ce moment-là, Israël dut 

sans doute s’estimer heureuse d’avoir été déclarée morte et d’avoir été 

exclue d’un tel monde à venir. Les Israélites s’étaient mêlés au courant 

plein de vie de l’humanité ; les Judaïtes restèrent échoués sur ses 

rives, aux mains du pouvoir de prêtres fanatiques qui leur 

ordonnaient, sous peine de « toutes ces malédictions », de détruire. 

À la terreur inspirée par « toutes ces malédictions », les Lévites 

ajoutèrent aussi la séduction. Si « le peuple répondait et obéissait à la 

voix du Seigneur et accomplissait tous ses commandements… », alors 

« toutes ces malédictions » seraient transférées à leurs « ennemis » (non 

parce qu’ils avaient péché, mais simplement pour gonfler la mesure de 

la bénédiction accordée aux Judaïtes réhabilités !) 

Dans ce principe, le Deutéronome révélait on ne peut plus 

clairement le statut attribué aux païens par la seconde Loi. En 

dernière analyse, « les païens » n’ont pas d’existence légale sous cette 

Loi ; comment pourraient-ils en avoir une, quand Jéhovah ne 

« connaît » que son « peuple saint » ? Pour autant que leur existence 

réelle soit admise, elle l’est seulement pour des raisons telles que celles 

mentionnées au verset 65, chapitre 28 et au verset 7, chapitre 30 : à 

savoir, accueillir les Judaïtes quand ils sont dispersés pour leurs 

transgressions et ensuite, quand leurs hôtes se repentent et sont 

pardonnés, hériter des malédictions levées de sur les Judaïtes 

régénérés. Il est vrai que le second verset cité donne le prétexte que 

« toutes ces malédictions » seront transférées aux païens parce qu’ils 

« haïssaient » et « persécutaient » les Judaïtes, mais comment pourrait- 

on les blâmer pour cela, quand la seule présence des Judaïtes parmi 

eux n’était que le résultat de « malédictions » punitives infligées par 

Jéhovah ? Car Jéhovah lui-même, selon un autre verset (64, chapitre 

28), s’attribuait le mérite d’infliger la malédiction de l’exil sur les 

Judaïtes : 

« Et l’Éternel te dispersera parmi tous les peuples, d’un bout à l’autre 

de la terre… et parmi ces nations, tu ne trouveras aucun réconfort, et 

la plante de ton pied ne trouvera pas le repos… »  

Le Deutéronome emploie ce double language – pour utiliser un 

idiome moderne – d’un bout à l’autre : l’Éternel prive le peuple spécial 

 31 

de foyer, et le met parmi les païens, à cause de ses transgressions ; les 

païens, qui ne sont à blâmer ni pour cet exil ni pour ces 

transgressions, sont ses « persécuteurs » ; par conséquent, les païens 

seront détruits. 

On comprend mieux l’attitude judaïste envers le reste de 

l’humanité, la création et l’univers en général, quand on considère ce 

point et les passages qui s’y rapportent – tout particulièrement la 

plainte constante que les juifs sont « persécutés » partout, plainte qui 

dans une tonalité ou dans une autre se retrouve dans quasi toute la 

littérature juive. Pour quiconque acceptant ce livre comme la Loi, la 

simple existence des autres est en fait persécution ; le Deutéronome 

laisse clairement entendre cela. 

Le juif le plus nationaliste et le juif le plus éclairé s’accordent 

souvent sur une chose : ils ne peuvent réellement considérer le monde 

et ses affaires que sous un angle juif, et vu de cet angle, « l’étranger » 

semble insignifiant. Ils le pensent, donc c’est vrai ; ceci est l’héritage de 

vingt-cinq siècles de pensée juive ; même les juifs qui se rendent 

compte de l’hérésie ou de l’illusion ne sont pas toujours capables de se 

défaire totalement de ce cauchemar jeté sur leurs esprits et leurs 

âmes. 

Le passage du Deutéronome cité en dernier montre que la secte 

dirigeante décrivit l’absence de terre en même temps que la loi décrétée 

par le dieu du peuple spécial, et comme une persécution commise par 

les ennemis du peuple spécial, méritant « toutes ces malédictions ». 

Pour des esprits d’un égotisme aussi extrême, un attentat politique 

dans lequel 95 gentils et 5 juifs perdent la vie ou leurs biens est tout 

bonnement une catastrophe anti-juive, et en cela ils ne sont pas 

consciemment hypocrites. Au XXe siècle, ce critère de jugement a été 

propulsé dans les vies des autres peuples et appliqué à tous les 

événements majeurs, concernant les épreuves de l’Occident. Ainsi, 

vivons-nous au siècle de l’illusion lévitique. 

Ayant entrepris de jeter « toutes ces malédictions » sur des 

innocents, si les Judaïtes devaient revenir à l’observance de « toutes 

ces lois et jugements », le Moïse ressuscité du Deutéronome promit une 

bénédiction de plus : « l’Éternel ton Dieu viendra devant toi, et il 

détruira ces nations devant toi, et tu les posséderas… », et enfin, on lui 

permit de mourir en terre de Moab. 

C’est dans « la Loi mosaïque » que l’idée destructrice a pris forme – 

idée qui devait menacer la civilisation chrétienne et l’Occident (qui 

étaient tous les deux inconcevables à l’époque). Durant l’ère 

chrétienne, une assemblée de théologiens décida que l’Ancien et le 

Nouveau Testament devaient être réunis dans un seul livre, sans 

aucune différenciation, tels la tige et la fleur, et non tels un objet 

 32 

immobile et une puissance irrésistible. L’encyclopédie que j’ai sous les 

yeux au moment où j’écris déclare laconiquement que les églises 

chrétiennes acceptent l’Ancien Testament comme étant « d’autorité 

divine égale » à celle du Nouveau Testament. 

Cette acceptation inconditionnelle couvre la totalité du contenu de 

l’Ancien Testament et pourrait être la source originelle de beaucoup de 

confusion au sein des églises chrétiennes et de beaucoup d’affolement 

parmi les masses qui recherchent le christianisme, car le dogme exige 

la croyance simultanée en des choses contraires. Comment le même 

Dieu, par commandement à Moïse, peut-il avoir ordonné aux hommes 

d’aimer leur prochain et de « détruire totalement » leur prochain ? Quel 

rapport peut-il y avoir entre le Dieu universel et aimant de la révélation 

chrétienne et la divinité maudissante du Deutéronome ? 

Mais si en réalité, tout l’Ancien Testament – y compris ces 

commandements ainsi que d’autres – est « d’autorité divine égale » au 

Nouveau Testament, alors l’Occidental d’aujourd’hui a le droit de 

l’invoquer pour justifier les actes par lesquels la chrétienté s’est reniée 

le plus : l’importation d’esclaves africains en Amérique par les colons 

britanniques, le traitement des Indiens d’Amérique du Nord par les 

colons américains et canadiens, et la domination sévère des Afrikaners 

sur les Bantous d’Afrique du Sud. Il peut à juste titre faire directement 

porter la responsabilité de toutes ces choses à son curé ou à son 

évêque chrétien, si ce dernier enseigne que l’Ancien Testament, avec 

son injonction continuelle à massacrer, asservir et piller est 

« d’autorité divine égale ». Aucun ecclésiastique chrétien ne peut 

s’estimer irréprochable s’il enseigne cela. La décision théologique qui 

mit en place ce dogme projeta sur la chrétienté et sur les siècles à 

venir l’ombre du Deutéronome tel qu’il retomba sur les Judaïtes eux- 

mêmes quand on le leur lit en 621 av. J.-C. 

Seul un autre écrit eut jamais un effet comparable sur les esprits 

des hommes et sur les générations futures ; si l’on s’autorise quelque 

simplification, la plus tentante est de voir l’histoire entière de 

l’Occident, et en particulier de ce XXe siècle décisif, comme une bataille 

entre la Loi mosaïque et le Nouveau Testament et entre les deux corps 

de l’humanité qui se rangent derrière l’un ou l’autre de ces deux 

messages respectifs de haine et d’amour. 

Dans le Deutéronome, le judaïsme est né, mais il serait mort-né, et 

on aurait peut-être plus jamais entendu parler du Deutéronome, si 

cette question n’avait dépendu que des Lévites et de leurs Judaïtes 

prisonniers. Ils n’étaient pas nombreux ; et une nation cent fois plus 

nombreuse n’aurait jamais pu espérer imposer cette doctrine barbare 

au monde par la force de son seul pouvoir. Il n’y avait qu’une façon 

pour que « la Loi mosaïque » puisse gagner en vie et en puissance et 

devenir une influence perturbatrice dans la vie des autres peuples 

 33 

durant les siècles à venir. C’était si un « étranger » influent (parmi tous 

ces étrangers qu’il fallait encore maudire), un roi puissant de ces 

« païens » qu’il fallait encore détruire, la défendait avec armes et 

richesses. 

Justement, cela était sur le point d’arriver quand Josias lut la 

seconde Loi au peuple en 621 av. J.-C., et cela devait se répéter 

continuellement au cours des siècles jusqu’à nos jours : 

l’invraisemblance gigantesque de la chose se confronte au fait tout 

aussi important et démontrable que c’est pourtant bien ce qui se 

passa ! À maintes reprises, les dirigeants de ces « autres nations » qui 

devaient être dépossédées et détruites épousèrent la doctrine 

destructrice, firent les volontés de la secte dominante, et au détriment 

de leur propres peuples l’aidèrent à servir son étrange ambition. 

Environ vingt ans après la lecture du Deutéronome à Jérusalem, 

Juda fut conquise par le roi babylonien, en 596 av. J.-C. environ. À 

l’époque, l’affaire avait tout l’air d’être terminée, et à vrai dire c’était 

une affaire insignifiante en elle-même, parmi les grands événements de 

cette période. Juda n’exista plus jamais en tant qu’État indépendant, 

et n’étaient les Lévites, leur seconde Loi et l’aide étrangère, les 

Judaïtes – comme les Israélites – auraient fini par s’impliquer dans 

l’humanité. 

Au lieu de cela, la victoire babylonienne fut le début de l’affaire – 

ou de ses conséquences énormes pour le monde. La Loi, au lieu de 

mourir, devint plus forte à Babylone, où pour la première fois un roi 

étranger lui donna sa protection. Le permanent État-dans-les-États, 

nation-dans-les-nations fut projeté – une première – dans la vie des 

peuples ; la première expérience d’usurpation de pouvoir et de contrôle 

sur eux fut acquise. Beaucoup de souffrance pour les autres peuples 

se tramait alors. 

Concernant les Judaïtes, ou les judaïstes et les juifs qui en 

émergèrent, il semble qu’ils héritèrent de l’avenir le plus malheureux 

qui soit. En tous les cas, ce n’est pas un homme heureux (même s’il 

s’agit d’un écrivain juif actuel, M. Maurice Samuel) qui, 2500 ans plus 

tard, écrivit : « … nous les juifs, les destructeurs, resteront les 

destructeurs à jamais… rien de ce que les gentils feront ne répondra à 

nos besoins et nos exigences »  

À première vue cela semble railleur, venimeux, éhonté. L’étudiant 

appliqué de la controverse du sionisme découvre que cela ressemble 

plus à un cri de désespoir, tel que la « Loi mosaïque » doit en arracher 

à tout homme qui sent qu’il ne peut échapper à son impitoyable 

doctrine de destruction. 

 

 

Chapitre 4 

LA FORGE DES CHAINES 

L’épisode babylonien fut décisif dans ses conséquences, à la fois 

pour l’insignifiante tribu de Juda à l’époque et pour le monde 

occidental aujourd’hui. 

Au cours de cette période, les Lévites accomplirent des choses qui 

devaient affecter définitivement la vie des peuples. Ils ajoutèrent quatre 

livres au Deutéronome et élaborèrent une Loi d’intolérance racialo- 

religieuse qui, si elle pouvait être imposée, couperait à tout jamais les 

Judaïtes de l’humanité. Par l’expérience de Babylone, ils trouvèrent 

des manières d’imposer cette Loi, c’est-à-dire de maintenir leurs 

adeptes isolés de ceux parmi lesquels ils vivaient. Ils acquirent de 

l’autorité parmi leurs géôliers, et finalement ils « abattirent » et 

« détruisirent entièrement » la maison de ces derniers ; ou, si cela 

n’arriva pas réellement, ils transmirent du moins cette version de 

l’Histoire à une postérité qui l’accepta, et qui avec le temps commença 

à voir en ce peuple une force destructrice irrésistible. 

La première « captivité » (l’égyptienne) semble avoir été 

complètement légendaire ; en tout cas, ce que l’on sait sur le sujet 

réfute cette captivité, et comme la rédaction de l’Exode fut terminée 

après l’incident babylonien, les scribes lévitiques ont pu imaginer 

l’histoire de l’ancienne « captivité » et de la punition des Égyptiens par 

Jéhovah pour soutenir la version de la période babylonienne qu’ils 

étaient en train de préparer. 

En tous les cas, ce qui se passa vraiment à Babylone semble avoir 

été considérablement différent de l’image d’une captivité de masse, 

plus tard suivie d’un retour en masse, qui fut transmise par les 

écritures lévitiques. 

Aucun exode massif de captifs de Jérusalem jusqu’à Babylone ne 

peut avoir eu lieu, parce que la majorité du peuple judaïte, d’où une 

nation juive émergea plus tard, s’était déjà dispersée de tous côtés 

dans le monde connu (c’est-à-dire, autour de la Méditerranée, dans les 

terres à l’ouest et à l’est de Juda), étant allée partout où les conditions 

pour le commerce étaient les plus favorables. 

À cet égard, le tableau était dans ses proportions très semblable à 

celui d’aujourd’hui. À Jérusalem, il y avait juste un noyau, 

comprenant surtout les dévots les plus zélés du culte du Temple et des 

gens dont les activités les liaient à la terre. Les autorités s’accordent 

sur le fait que seulement quelques dizaines de milliers de personnes 

 35 

furent emmenées à Babylone, et qu’elles représentaient une petite 

fraction de l’ensemble. 

Les Judaïtes n’étaient pas non plus les seuls dans cette Diaspora, 

même si la littérature des lamentations le laisse entendre. Les Parsis 

d’Inde représentent un cas presque identique et sur la même période. 

Eux aussi survécurent à la perte d’un État et d’un pays, en tant que 

communauté religieuse en dispersion. Les siècles suivants offrent de 

nombreux exemples de la survie de groupes raciaux ou religieux loin 

de leur contrée d’origine. Au fil des générations, de tels groupes 

raciaux en viennent à penser à la terre de leurs ancêtres simplement 

comme « le vieux pays » ; ceux qui sont religieux tournent leurs yeux 

vers une ville sainte (par exemple, Rome ou la Mecque), alors qu’ils se 

trouvent à un endroit différent sur la terre. 

La différence dans le cas des Judaïtes était que vieux pays et ville 

sainte étaient la même chose ; que le Jéhovisme exigeait un retour 

triomphant et le rétablissement de l’adoration du Temple, par-dessus 

les corps des païens détruits ; et que cette religion était aussi leur loi 

de vie quotidienne, de sorte qu’une ambition politique mondiale, du 

genre tribal ancien ou nationaliste, était aussi un acte de foi premier. 

D’autres doctrines semblables des temps primitifs se sont fossilisées ; 

celle-ci a survécu pour troubler la vie des peuples au cours des siècles 

jusqu’à aujourd’hui, où elle a atteint son effet le plus perturbateur. 

C’est le résultat direct des essais menés et de l’expérience acquise 

par les Lévites à Babylone, où ils purent d’abord tester la doctrine 

dans un environnement étranger. 

Le comportement bienveillant des conquérants babyloniens envers 

leurs prisonniers judaïtes fut l’exact opposé de celui ordonné aux 

Judaïtes, dans des circonstances inverses, par la seconde Loi qu’on 

leur avait lue juste avant leur défaite : « Ne laisse en vie rien qui 

respire… » Le Dr Kastein dit que les captifs « bénéficiaient d’une liberté 

totale » de résidence, de culte, d’activité et d’autogestion. 

Cette libéralité permit ainsi aux Lévites de rendre prisonniers des 

gens qui étaient en grande partie libres ; sur l’insistance des prêtres, 

ils furent contraints de s’installer en communautés fermées, et ce fut 

ainsi la naissance du ghetto et du pouvoir des Lévites. La domination 

talmudique de l’ère chrétienne, qui décrétait l’excommunication des 

juifs s’ils vendaient sans permission « des biens de leurs prochains » à 

des « étrangers » est issue de cette première expérience dans l’auto- 

ségrégation, à Babylone. 

Le soutien du dirigeant étranger était nécessaire pour ce parcage 

des expatriés par leurs propres prêtres, et il fut donné à cette première 

occasion, comme à d’autres innombrables occasions depuis lors. 

 36 

Avec leur peuple fermement sous leur coupe, les Lévites 

entreprirent alors d’achever la compilation de « la Loi » Les quatre 

livres qu’ils ajoutèrent au Deutéronome constituent la Torah, et ce mot, 

qui à l’origine signifiait doctrine, est maintenant reconnu comme 

signifiant « la Loi » Toutefois, « achèvement » est un mot des plus 

trompeurs à ce sujet. 

Seule la Torah (au sens des cinq livres) a été achevée. La Loi n’a 

pas été achevée à l’époque et ne pourra jamais l’être, étant donné 

l’existence de la « Torah secrète » rapportée par le Talmud (qui lui- 

même n’était que la continuation postérieure de la Torah), et la 

prétention des prêtres au droit divin d’interprétation. En fait, « la Loi » 

fut constamment modifiée, souvent pour combler quelque lacune qui 

aurait pu permettre à « l’étranger » de jouir d’un droit revenant 

seulement à « un prochain ». Des exemples de ce procédé continu de 

révision ont déjà été donnés, et d’autres suivront dans ce chapitre. La 

conséquence était habituellement de faire que la haine ou le mépris 

pour « l’étranger » soient partie intégrante de « la Loi » par la prévision 

de peines discriminatoires ou d’immunités .  

Quand la Torah fut achevée, une grande clôture, unique en son 

genre mais toujours inachevée, avait été construite entre tout être 

humain qui – peu importe quand – acceptait cette « Loi » et le reste de 

l’humanité. La Torah n’autorisait aucune distinction entre cette Loi de 

Jéhovah et celle de l’homme, entre la loi religieuse et la loi civile. La loi 

de « l’étranger », théologiquement et juridiquement, n’avait pas 

d’existence, et toute prétention à en faire valoir une était de la 

« persécution » puisque la loi de Jéhovah était la seule loi. 

Les prêtres prétendaient que la Torah gouvernait chaque acte de 

la vie quotidienne, jusqu’au plus trivial. Toute objection selon laquelle 

Moïse ne pouvait avoir reçu de Jéhovah, sur la montagne, des 

instructions détaillées concernant toutes les actions imaginables 

accomplies par l’homme, rencontrait le dogme selon lequel les prêtres, 

tels des messagers-relais, transmettaient de génération en génération 

« la tradition orale » de la révélation de Jéhovah à Moïse, et le pouvoir 

infini de la réinterprétation. Toutefois, de telles objections étaient 

rares, puisque la Loi ordonnait la peine de mort pour les sceptiques. 

M. Montefiore fait remarquer fort justement que l’Ancien 

Testament est « la législation révélée, et non la vérité révélée » et dit 

que les prophètes israélites ne peuvent avoir connu quoi que ce soit de 

la Torah, puisque les Lévites l’achevèrent à Babylone. Les paroles de 

Jérémie : « la plume des scribes est vaine », se réfèrent de toute 

évidence à ce procédé de la révision lévitique et à l’attribution 

d’innombrables nouvelles « lois et jugements » à Jéhovah et Moïse. 

 37 

Le « péché » n’était pas un concept de la Torah au moment où 

celle-ci prenait forme. C’est logique, car dans la loi il ne peut y avoir de 

« péché », juste des crimes ou des infractions. La seule offense connue 

de cette Loi était la non-observance, ce qui voulait dire le crime ou 

l’infraction. Ce qui est généralement compris comme le « péché », à 

savoir la transgression morale, était quelquefois expressément ordonné 

par la Loi, ou bien rachetable par le sacrifice d’un animal. 

L’idée du « retour » (avec les idées apparentées de destruction et de 

domination) était fondamentale au dogme, qui tenait ou tombait par 

elle. Aucune impulsion puissante de départ de Babylone avec un 

retour à Jérusalem n’existait au sein du peuple (pas plus 

qu’aujourd’hui, où l’instinct de la vaste majorité des juifs est 

totalement contre le « retour », si bien qu’il est beaucoup plus facile 

pour l’État sioniste de trouver de l’argent que des immigrants, à 

l’étranger). 

L’accomplissement littéral était le principe suprême, et cela voulait 

dire que la possession de la Palestine, le « centre » de l’empire 

dominant à venir, était essentielle (comme elle l’est toujours) ; son 

importance dans le schéma global était politique, pas résidentielle. 

Ainsi, les Lévites à Babylone ajoutèrent-ils l’Exode, la Genèse, le 

Lévitique et les Nombres au Deutéronome. La Genèse et l’Exode 

fournissent une version de l’Histoire façonnée pour correspondre à « la 

Loi » que les Lévites avaient à l’époque déjà promulguée dans le 

Deutéronome. Cela remonte tout droit à la création, dont les scribes 

connaissaient la date exacte (bien que les deux premiers chapitres de 

la Genèse donnent des comptes rendus quelque peu différents de la 

création ; et l’influence lévitique, ainsi que le pensent les érudits, est 

plus visible dans le second chapitre que dans le premier). 

Tout ce qui a survécu de l’ancienne tradition israélite se trouve 

dans la Genèse et l’Exode, et dans les passages éclairés des prophètes 

israélites. Ces passages plus bienveillants sont invariablement 

neutralisés par des passages postérieurs fanatiques, qui sont sans 

doute des interpolations lévitiques. 

L’énigme est de deviner pourquoi les Lévites permirent que 

demeurent ces aperçus d’un Dieu aimant de tous les hommes – 

puisqu’ils invalidaient la Nouvelle Loi et qu’ils auraient pu être retirés. 

Une théorie défendable pourrait être que la tradition ancienne était 

trop bien connue des tribus pour être simplement supprimée, si bien 

qu’on a dû la conserver et la neutraliser par des épisodes allégoriques 

et des modifications. 

Bien que la Genèse et l’Exode aient été produits après le 

Deutéronome, le thème du tribalisme fanatique est faible dans ces deux 

livres. La montée et le crescendo arrivent avec le Deutéronome, le 

 38 

Lévitique et les Nombres, qui portent l’empreinte manifeste des Lévites 

de la Juda isolée puis de Babylone. 

Ainsi, dans la Genèse le seul écho avant-coureur du bruit et de la 

fureur ultérieurs est : « Et je ferai de toi une grande nation et je te 

bénirai, et ton nom sera grand ; et tu seras une bénédiction ; et je 

bénirai ceux qui te bénissent, et maudirai celui qui te maudit ; et en 

toi toutes les familles de la terre seront bénies… et l’Éternel apparut à 

Abraham, et dit : Je donnerai cette terre à ta progéniture… » 

L’Exode n’est pas bien différent : par exemple, « Si tu fais 

vraiment… tout ce que je dis, alors je serai un ennemi pour tes 

ennemis… et je les exterminerai » ; et même ces passages pourraient 

être des interpolations lévitiques. 

Mais dans l’Exode une chose de première importance apparaît : 

cette promesse est scellée dans le sang, et à partir de là le sang coule 

comme une rivière tout au long des livres de la Loi. Moïse est décrit 

comme « prenant le sang et en aspergeant le peuple » en disant : « Voici 

le sang de l’alliance que l’Éternel a faite avec vous concernant toutes 

ces paroles ». L’office héréditaire et perpétuel des prêtres aaronites est 

fondé sur ce rituel de sang : Jéhovah dit à Moïse, « Et prends avec toi 

Aaron ton frère et ses fils avec lui, pour qu’il me serve dans la 

prêtrise ». 

La manière de consacrer un prêtre est alors exposée en détails par 

Jéhovah lui-même, d’après les scribes lévitiques : 

Il doit prendre un bœuf et deux béliers « sans imperfection », les 

faire égorger « devant l’Éternel », et sur l’autel brûler un bélier et les 

entrailles du bœuf. Le sang du second bélier doit être mis « sur le bout 

de l’oreille droite d’Aaron et sur le bout de l’oreille droite de ses fils et 

sur le pouce de leur main droite et sur le gros orteil de leur pied droit » 

et aspergé « sur l’autel de manière circulaire… et sur Aaron, et sur ses 

vêtements , et sur ses fils et les vêtements de ses fils ». 

L’image de prêtres éclaboussés de sang qui nous est donnée 

mérite contemplation. Même après tout ce temps, la question se pose : 

pourquoi cette insistance appuyée sur le sacrifice de sang dans les 

livres de la Loi produits par les Lévites ? La réponse semble se trouver 

dans l’aptitude extraordinaire et troublante de la secte à faire naître la 

peur par la terreur ; car la mention même du « sang » dans un tel 

contexte faisait trembler le Judaïte fidèle ou superstitieux pour son 

propre fils ! 

Cette revendication des prêtres fanatiques aux premiers-nés de 

leurs disciples est entièrement expliquée dans l’Exode : 

 39 

« Et l’Éternel s’adressa à Moïse, et lui dit : Consacre-moi tous les 

premiers-nés, tout ce qui ouvre le sein maternel parmi les enfants 

d’Israël, tant de l’homme que de l’animal : cela est à moi ». 

D’après le passage de Michée cité plus tôt, cette pratique du 

sacrifice des premiers-nés humains continua pendant longtemps, et la 

vue d’un Lévite ensanglanté dut avoir un impact terrible sur l’humble 

homme de tribu, car dans les paroles attribuées à Dieu citées ci- 

dessus, les premiers-nés « de l’homme et de l’animal » sont mis 

ensemble. Cet impact demeura longtemps après que les prêtres (d’une 

manière des plus ingénieuses qui sera décrite plus tard) eurent trouvé 

le moyen d’abandonner les sacrifices humains tout en maintenant 

leurs prérogatives. Même là, pour l’assemblée des fidèles, le sang qui 

était aspergé sur le prêtre, même si c’était celui d’un animal, était 

symboliquement toujours celui de sa propre progéniture !  

De plus, dans les places fortes talmudiques de la communauté 

juive, ce bain de sang rituel a continué jusqu’à notre époque ; ce n’est 

pas une réminiscence de l’Antiquité. Vingt-quatre siècles après que 

l’Exode eut été compilé, les Reform Rabbis of America1 (à Pittsburgh, 

en 1885) déclarèrent : « Nous n’espérons ni un retour en Palestine, ni 

un culte sacrificiel sous l’administration des fils d’Aaron ; ni la 

restauration d’aucune des lois concernant l’État juif ». L’importance de 

cette déclaration se trouve dans le besoin, qui était ressenti en 1885, 

de la faire publiquement ; elle montre que l’école rivale de la 

communauté juive pratiquait toujours l’observance littérale, y compris 

le rituel du « culte sacrificiel ». (Dans les années 1950, les Reform 

Rabbis of America avaient perdu beaucoup de terrain et battaient en 

retraite devant les forces du chauvinisme sioniste). 

La paternité lévitique de la Torah est indiquée, une fois encore, 

par le fait que plus de la moitié des cinq livres est consacrée à des 

instructions extrêmement détaillées, attribuées directement à l’Éternel, 

concernant la construction et l’aménagement des autels et des 

tabernacles, le tissu et la conception des vêtements sacerdotaux, des 

mitres, des ceintures, le genre de chaînes en or et de pierres 

précieuses avec lesquelles le prêtre baptisé de sang doit être revêtu, 

ainsi que le nombre et l’espèce des bêtes à sacrifier pour les diverses 

transgressions, les usages à faire de leur sang, le paiement de la dîme 

et du sicle, et en général les privilèges et avantages annexes des 

prêtres. Un grand nombre de chapitres est consacré au sacrifice de 

sang, en particulier. 

Dieu n’accorde probablement pas autant d’importance au sang 

des animaux ou aux vêtements raffinés des prêtres. C’était la chose 

même contre laquelle les « prophètes » israélites avaient protesté. 

                                                

1 

 Les rabbins non orthodoxes d’Amérique – NdT 

 40 

C’était la momification d’une religion tribale primitive ; et pourtant,  

c’est toujours la Loi de la secte dirigeante et elle a un grand pouvoir 

dans notre monde actuel. 

Quand ils compilèrent ces Livres de la Loi, les scribes lévitiques 

inclurent de nombreux épisodes allégoriques ou illustratifs des 

terribles résultats de la « non-observance ». Ce sont les paraboles de 

l’Ancien Testament, et leur morale est toujours la même : la mort pour 

le « transgresseur ». L’Exode contient la plus connue de ces paraboles, 

celle du veau d’or. Alors que Moïse était sur la montagne, Aaron 

fabriqua un veau d’or ; quand Moïse redescendit et le vit, il ordonna 

aux « fils de Lévi » de traverser le campement « et de massacrer chaque 

homme son frère, et chaque homme son compagnon, et chaque homme 

son voisin », ce que ces Lévites consciencieux firent, si bien que « parmi 

le peuple ce jour-là, trois mille homme tombèrent ». 

La chrétienté a également hérité de cette parabole du veau d’or 

(puisqu’elle a hérité de l’Ancien Testament) et la considère comme un 

avertissement contre le culte des idoles. Toutefois, une raison tout à 

faite différente a pu provoquer quelque tendance parmi le peuple, qui 

décida les Lévites à inventer cette parabole. À cette époque, de 

nombreux Judaïtes, et peut-être aussi des prêtres, ont pu penser que 

Dieu serait plus satisfait de l’offrande symbolique d’un veau d’or que 

du bêlement permanent d’animaux égorgés, de l’aspersion de leur 

sang, et du « parfum suave » de leurs carcasses brûlantes. Les Lévites 

luttaient sans cesse avec acharnement contre de tels affaiblissements 

de leur rituel, ainsi toutes ces paraboles sont-elles toujours dirigées 

contre quiconque cherche à le modifier dans quelque détail que ce soit. 

Un exemple similaire est la « révolte de Koré » (les Nombres), où 

« deux cent cinquante princes de l’assemblée, célèbres parmi la 

congrégation des fidèles – des hommes de renom – se rassemblèrent 

contre Moïse et Aaron et leur dirent : Vous en faites trop, en voyant 

que toute l’assemblée des fidèles est sainte, chacun d’eux l’est, et 

l’Éternel est parmi eux ; alors pourquoi vous placez-vous au dessus de 

l’assemblée des fidèles de l’Éternel  ? » 

Les « prophètes » israélites s’étaient plaints de la même chose, à 

savoir que les Lévites en faisaient trop, et la parabole des Nombres est 

clairement destinée à décourager tout autre opposant : « Alors la terre 

s’ouvrit et avala Koré et ses deux cent cinquante hommes de renom » 

(cependant, l’assemblée « continua à grommeler», sur quoi l’Éternel la 

punit en lui envoyant la peste, et quand Aaron intercéda, « quatorze 

mille sept cents » d’entre eux gisaient morts.) 

La leçon de ces paraboles – le respect envers les prêtres – est 

renforcée immédiatement après cette anecdote, par l’énumération, 

selon les paroles attribués à l’Éternel, des avantages annexes des 

 41 

Lévites : « Le meilleur de l’huile, le meilleur de la vigne et du blé, dont 

ils offrent les premiers fruits à l’Éternel, je te l’ai donné ». 

Peut-être parce que la tradition ancienne imposait certaines 

restrictions dans l’écriture de l’Histoire, la Genèse et l’Exode sont 

relativement contenus. La note fanatique, qui résonne fortement pour 

la première fois dans le Deutétonome, devient ensuite de plus en plus 

forte dans le Lévitique et les Nombres, jusqu’à la fin, où une parabole 

de conclusion décrit un massacre racialo-religieux comme un acte de 

la plus haute piété dans « l’observance », choisi pour être récompensé 

par Dieu ! Ces deux derniers livres, comme le Deutétonome, sont 

censés avoir été laissés par Moïse et rapporter ses communions avec 

Jéhovah. En ce qui les concerne, aucune déclaration ne fut faite 

qu’ « un manuscrit recouvert par la poussière des siècles » avait été 

découvert ; ils furent simplement publiés. 

Ils montrent le développement du fanatisme de la secte à cette 

période, et la fougue grandissante de ses exhortations à la haine 

raciale et religieuse. Le Deutéronome avait d’abord décrété : « Tu 

aimeras donc l’étranger » et avait ensuite annulé ce « jugement » (qui 

venait probablement de la tradition ancienne israélite) par le jugement 

postérieur qui excluait l’étranger de l’interdit concernant l’usure. 

Le Lévitique alla beaucoup plus loin. Il commence lui aussi par 

l’injonction à aimer : « L’étranger qui demeure avec vous sera pour toi 

comme s’il était né parmi vous, et tu l’aimeras comme toi-même » 

(chapitre 19). Le renversement arrive au chapitre 25 : « Les enfants de 

l’étranger qui séjournent parmi vous, tu les achèteras, et leurs familles 

qui sont parmi vous, qu’ils ont engendrées sur ta terre, elles seront ta 

propriété. Et tu les prendras comme héritage pour tes enfants après 

toi, pour qu’ils en héritent comme propriété ; ils seront tes esclaves à 

jamais : mais pour tes frères, les enfants d’Israël, vous ne régnerez pas 

les uns sur les autres avec dureté ». 

Cela faisait du servage héréditaire des « étrangers » et de la 

possession d’esclaves un principe de la Loi (qui est toujours valide). Si 

l’Ancien Testament est « d’autorité divine égale » au Nouveau 

Testament, les chrétiens évangélistes du genre pionnier, homme de la 

Frontière ou Voortrekker, étaient en droit à leur époque d’invoquer de 

tels passages quant à l’esclavage en Amérique ou en Afrique du Sud. 

Le Lévitique a introduit (dans tous les cas par insinuation claire) 

ce qui est peut-être la plus significative de toutes les discriminations 

que la Loi ait faites entre « ton prochain » et « l’étranger ». Au début, le 

Deutéronome avait rapporté (chapitre 22) que « si un homme trouve 

une jeune fille fiancée dans les champs, et l’homme la force à coucher 

avec lui : alors seul l’homme qui a couché avec elle mourra ; mais à la 

jeune fille rien ne sera fait ; il n’y a dans la jeune fille aucun péché qui 

 42 

mérite la mort ; car il en est de même quand un homme s’élève contre 

son prochain, et le tue ». C’est le genre de clause, concernant le viol, 

qu’on aurait probablement trouvé dans n’importe quel code de loi qui 

était en train de prendre forme alors, et d’ailleurs il trouverait sa place 

dans quasi n’importe quel code de loi aujourd’hui, hormis pour la 

nature extrême de la peine. Ce passage, une fois encore, pourrait très 

bien représenter l’attitude ancienne israélite envers cette transgression 

particulière ; elle était impartiale et ne variait pas selon l’identité de la 

victime. 

Puis, le Lévitique (chapitre 19) rapporta qu’un homme qui 

« connaît charnellement » une esclave fiancée peut s’acquitter de sa 

faute en apportant un bélier au prêtre « comme offrande pour son 

offense », où « le péché qu’il a commis lui sera pardonné » mais la 

femme « sera châtiée ». Sous cette Loi, la parole d’une femme esclave 

contre celle de son maître ne comptait absolument pas, pour une 

accusation de viol, si bien que ce passage semble être une modification 

d’ordre discriminatoire apportée à la clause du Deutéronome. Certaines 

allusions du Talmud soutiennent cette interprétation, comme nous le 

montrerons. 

Le Lévitique contient aussi sa part de parabole décrivant les 

conséquences terribles de la non-observance, et cet exemple particulier 

montre jusqu’à quelles extrémités les Lévites sont allés. La 

transgression commise par les deux personnages allégoriques dans cet 

exemple (eux-mêmes deux Lévites : Hadab et Abihu) était simplement 

qu’ils avaient brûlé la mauvaise sorte de feu dans leurs encensoirs. 

C’était un crime capital sous « la Loi » et ils furent immédiatement 

dévorés par l’Éternel ! 

Les Nombres, le dernier des cinq livres à avoir été produit, est le 

plus extrême. Dans ce dernier, les Lévites trouvèrent un moyen de 

laisser tomber leur première prérogative (la revendication du premier- 

né) tout en perpétuant « la Loi », son principe suprême. Ce fut une 

manœuvre politique de génie. La revendication du premier-né était de 

toute évidence devenue une source d’embarras sérieux pour eux, mais 

ils ne pouvaient décemment pas abandonner le premier article d’une 

Loi littérale qui n’admettait aucune latitude quelle qu’elle fût dans 

« l’observance » ; abandonner cela aurait été une transgression 

majeure en soi. Par une nouvelle réinterprétation de la Loi, ils se 

rendirent les mandataires du premier-né, et ainsi revendiquèrent le 

droit permanent à la gratitude du peuple sans aucun risque pour eux- 

mêmes : 

« Et l’Éternel s’adressa à Moïse, et lui dit : Voici. J’ai pris les Lévites 

parmi les enfants d’Israël au lieu de tous les premiers-nés qui ouvrent 

le sein maternel parmi les enfants d’Israël : par conséquent les 

Lévites seront à moi ; parce que tous les premiers-nés sont à moi… »  

 43 

(Comme le nombre des premier-nés rachetés de cette manière 

dépassait leurs rédempteurs Lévites de 273, le paiement de cinq sicles 

pour chacun de ces 273 fut requis, l’argent devant être remis « à Aaron 

et ses fils »). 

Procédant selon ce nouveau statut de rédempteurs, les Lévites 

rédigèrent encore plus de « lois et jugements » dans les Nombres. Ils 

gouvernaient par la terreur et concevaient de manière ingénieuse de 

nouvelles façons d’instiller celle-ci ; un exemple est leur « épreuve de 

jalousie ». Si « l’esprit de la jalousie » s’abattait sur un homme, il était 

légalement obligé (par « l’Éternel s’adressant à Moïse et lui disant ») de 

traîner sa femme devant le Lévite, qui, devant l’autel, lui présentait 

une préparation « d’eau amère » qu’il avait faite, en disant : « Si aucun 

homme n’a couché avec toi et si tu ne t’es pas détournée et rendue 

impure avec un autre que ton mari, tu ne subiras pas l’effet de cette 

eau qui cause la malédiction. Mais si tu t’es tournée vers un autre 

homme que ton mari, et si tu t’es souillée, et qu’un homme autre que 

ton mari a couché avec toi… l’Éternel fera de toi une calamité et une 

injure au milieu de ton peuple, quand l’Éternel fera flétrir ta cuisse, et 

enfler ton ventre. » 

Ensuite la femme devait boire l’eau amère et si son ventre enflait , 

les prêtres « appliquaient la loi » : la mort pour elle. Le pouvoir qu’un 

tel rite plaçait entre les mains des prêtres était évident ; attribué au 

commandement direct de Dieu, il évoque les pratiques des sorciers 

d’Afrique. 

La touche finale est donnée à « la Loi » dans les derniers chapitres 

des Nombres – le dernier livre à avoir été compilé. Elle est apportée par 

la parabole de Moïse et des Madianites. Le lecteur aura remarqué que 

la vie et les actes de Moïse, tels que relatés dans l’Exode, en font à 

plusieurs reprises un transgresseur majeur de la « seconde Loi » du 

Deutéronome et des nombreuses autres modifications du Lévitique et 

des Nombres. En se réfugiant auprès des Madianites, en épousant la 

fille du Grand prêtre madianite, en recevant de lui des instructions 

concernant les rites sacerdotaux, et en commettant d’autres actes, 

Moïse était « parti se prostituer auprès d’autres dieux », avait « pris 

femme parmi leurs filles » et ainsi de suite. Comme la structure entière 

de la Loi reposait sur Moïse, au nom de qui les commandements 

contre ces actes furent dictés dans les livres postérieurs, quelque 

chose devait de toute évidence être fait à son sujet avant que les Livres 

de la Loi ne soient achevés, sans quoi toute la structure s’écroulerait. 

La courte dernière partie des Nombres montre comment les scribes 

surmontèrent la difficulté. Dans ces derniers chapitres de « la Loi », on 

fit en sorte que Moïse se conforme à « toutes les lois et jugements » et 

soit racheté de ses transgressions en massacrant toute la tribu 

madianite, excepté les vierges ! Par ce qu’on appellerait dans le langage 

 44 

idiomatique moderne une fantastique « distorsion », Moïse fut 

ressuscité afin qu’il puisse déshonorer ses sauveurs, sa femme, ses 

deux fils et son beau-père. À titre posthume, on le fit « revenir de sa 

méchanceté » pour valider le dogme racialo-religieux que les Lévites 

avaient inventé, et par la transfiguration totale du patriarche 

bienveillant de la légende ancienne, il devint le père fondateur de leur 

Loi de haine et de meurtre ! 

Dans le chapitre 25, on fait raconter à Moïse que « la colère de 

l’Éternel s’enflamma » parce que le peuple se tournait vers d’autres 

dieux. L’Éternel lui ordonne : « Prends tous les chefs du peuple et 

pends-les devant l’Éternel au soleil », sur quoi Moïse ordonne aux 

juges : « Tuez ceux de leurs gens qui ont rejoint Baal Peor » (le culte de 

Baal était beaucoup pratiqué dans tout Canaan, et la compétition de 

ce culte avec celui de Jéhovah était un sujet de plainte particulier chez 

les Lévites). 

Le thème de la haine religieuse est ainsi introduit dans le récit. 

Celui de la haine raciale lui est joint quand, dans la suite immédiate, 

un homme amène « une femme madianite sous les yeux de Moïse ». 

Phinées (le petit-fils d’Aaron, frère de Moïse) les attaque « et les 

transperce tous les deux, l’homme d’Israël, et la femme par le ventre ». 

À cause de cet acte, « la peste fut enrayée » et « l’Éternel s’adressa à 

Moïse, et lui dit : Phinées a détourné ma colère des enfants d’Israël, en 

faisant preuve de zèle pour moi… Et pour cette raison, je dis : Voici, je 

lui offre mon alliance de paix ! » 

Ainsi, l’alliance entre Jéhovah et les prêtres héréditaires aaronites 

fut-elle à nouveau scellée (par les prêtres lévitiques) dans le sang, cette 

fois le sang d’un meurtre racialo-religieux, que « l’Éternel » décrit alors 

comme « une expiation pour les enfants d’Israël ». L’Éternel ordonne 

alors à Moïse, le témoin du meurtre : « Provoque les Madianites et 

frappe-les. » Le symbolisme est évident. Il lui est ordonné, dans sa 

résurrection, de porter atteinte de la même manière aux « autres 

dieux » (le dieu du Grand prêtre Jéthro, de qui il avait reçu des 

enseignements) et aux « étrangers » (la race de sa femme et de son 

beau-père). 

Les Lévites firent même du massacre qui suivit le dernier acte de 

Moïse sur terre ; il fut réhabilité à deux doigts de l’éternité ! « Et 

l’Éternel s’adresse à Moïse, et lui dit : Venge les enfants d’Israël des 

Madianites ; ensuite tu seras réuni à ton peuple ». Ainsi, sur ces 

ordres, les hommes de Moïse « firent la guerre aux Madianites comme 

l’Éternel l’ordonnait à Moïse ; et ils tuèrent tous les hommes… et 

emmenèrent toutes les femmes de Madian prisonnières, et leurs petits 

enfants, et prirent le butin de leurs villes, et tous leurs troupeaux, et 

tous leurs dieux, et brûlèrent leurs villes ». 

 45 

Ça ne suffisait pas. Moïse, époux d’une femme madianite aimante 

et père de ses deux fils, se mit en « colère » contre ses officiers parce 

qu’ils avaient « laissé la vie sauve à toutes les femmes madianites. 

Voyez, ce sont elles qui ont incité les enfants d’Israël… à commettre 

des offenses envers l’Éternel dans l’affaire de Peor, et il y a eu la peste 

parmi les communautés de l’Éternel. Ainsi donc maintenant, tuez 

chaque mâle parmi les petits enfants et tuez chaque femme qui ait connu 

un homme en couchant avec. Mais tous les enfants femelles, qui n’ont 

pas connu d’homme en couchant avec, gardez-les en vie pour vous- 

mêmes.» (La liste du butin est ensuite dressée ; après l’énumération 

des moutons, des bœufs et des ânes suivent « trente-deux mille 

personnes en tout, de femmes qui n’ont pas connu d’homme en 

couchant avec ». Elles furent partagées entre les Lévites, les soldats et 

la communauté ; « l’or » fut apporté aux Lévites « pour l’Éternel ».) 

Avec ça, il fut finalement permis à Moïse de reposer et les Livres 

de la Loi furent achevés. On n’aurait guère pu donner forme plus 

démoniaque à l’incitation. Les chapitres 25 et 31 des Nombres ont 

besoin d’être comparés aux chapitres 2, 3 et 18 de l’Exode pour 

qu’apparaisse la pleine portée des actes imputés à Jéhovah et Moïse 

par les Lévites. C’était un avertissement clair au peuple spécial de ce 

que le Jéhovisme devait signifier pour eux ; il demeure aujourd’hui un 

avertissement pour les autres. 

La Loi se conclut sur cette note. Ses auteurs étaient une petite 

secte à Babylone, avec quelques milliers d’adeptes là-bas. Toutefois, la 

puissance de leur idée perverse devait se révéler très grande. En 

donnant à l’ambition matérielle la forme la plus large qu’elle puisse 

avoir sur terre, ils se sont à jamais identifiés à la plus vile des deux 

forces qui luttent perpétuellement pour l’âme humaine : l’attraction 

vers le bas que représentent les instincts charnels, en guerre contre 

l’élan inspirateur de l’esprit. 

Les théologiens de la chrétienté se réclament plus de cette Loi que 

les érudits de la communauté juive. J’ai devant moi une Bible 

chrétienne publiée récemment, avec une note explicative qui dit que 

les cinq livres de la Torah sont « reconnus comme vrais », et à cet égard 

les livres historiques, prophétiques et poétiques également. Ceci 

découle logiquement du dogme, cité plus tôt, que l’Ancien Testament 

est « d’autorité divine égale » au Nouveau Testament. 

Les érudits judaïstes ne disent pas la même chose. Le Dr Kastein, 

par exemple, dit que la Torah était « le travail d’un compilateur 

anonyme » qui « produisit une œuvre historique pragmatique ». Cette 

description est exacte ; le scribe ou les scribes rapportèrent une 

version de l’Histoire, écrite subjectivement pour soutenir le 

compendium de lois qui était fondé dessus ; et à la fois l’Histoire et les 

lois furent conçues pour servir un « but politique ». « Une idée 

 46 

unificatrice sous-tendait l’ensemble », rapporte le Dr Kastein, et cette 

idée unificatrice était le nationalisme tribal, dans une forme plus 

fanatique que le monde ait par ailleurs connue. La Torah n’était pas 

une religion révélée mais, comme le remarqua M. Montefiore, « la 

législation révélée » promulguée dans un but précis. 

Alors que la Loi était en train d’être compilée (elle ne fut pas 

achevée avant la fin de la « captivité » babylonienne), les deux derniers 

protestataires, Isaïe et Jérémie, faisaient entendre leurs voix. 

L’influence des Lévites peut être retrouvée dans les interpolations qui 

furent faites dans leurs livres, afin de les aligner sur « la Loi » et sa 

« version corroborante de l’Histoire ». La falsification apparaît le plus 

clairement dans le livre d’Isaïe,  qui est le cas le plus connu parce qu’il 

est le plus facilement démontrable. Quinze chapitres du livre furent 

écrits par quelqu’un qui connaissait la captivité babylonienne, alors 

qu’Isaïe avait vécu quelque deux cents ans plus tôt. Les érudits 

chrétiens contournent cela en appelant l’homme inconnu « Deutéro- 

Isaïe », ou le second Isaïe. 

Cet homme laissa les paroles célèbres (souvent citées hors de leur 

contexte) : « l’Éternel a dit… Je te donnerai aussi comme lumière pour 

les gentils, pour que tu sois mon salut jusqu’au bout de la terre ». Cela 

était hérésie sous la Loi qui était en préparation, et apparemment le 

Lévite rajouta (puisque le même homme ne l’aurait sans doute pas 

écrit) les passages prédisant que « les rois et reines » des gentils 

« s’inclineront devant toi la face contre terre et lécheront la poussière 

de tes pieds… Je ferai manger à ceux qui t’oppriment leur propre chair 

et ils seront enivrés avec leur propre sang, comme avec le vin doux ; et 

toute chair saura que je suis l’Éternel ton Sauveur et ton Rédempteur » 

(cela sonne comme du Ézéchiel, qui fut le vrai père de la Loi lévitique, 

comme on le verra). 

Le livre de Jérémie semble avoir reçu la modification lévitique au 

début, car le passage d’introduction habituel présente une forte 

dissonance avec d’autres pensées de Jérémie : « Vois, je t’ai en ce jour 

placé au-dessus des nations et au-dessus des royaumes, pour les 

chasser, et les terrasser, et les détruire… » 

Cela ne ressemble pas à l’homme qui écrivit, au chapitre suivant : 

« La parole de l’Éternel est venue à moi en disant, Va et crie à l’oreille 

de Jérusalem, Ainsi dit l’Éternel : Je me souviens de toi, la bonté de ta 

jeunesse, l’amour de tes épousailles, quand tu me suivis dans le 

désert, sur une terre inculte… Quelle iniquité tes pères ont-ils trouvée 

en moi, pour qu’ils soient partis loin de moi… mon peuple m’a 

abandonné, moi la source des eaux vives… » 

Jérémie identifiait alors la coupable, Juda (et à cause de cette 

offense, il trouva probablement la mort) : « Israël l’infidèle s’est 

 47 

montrée plus juste que Juda la perfide ». Israël était tombée en 

disgrâce, mais Juda avait trahi ; c’est à l’évidence une allusion à la 

nouvelle Loi des Lévites. Ensuite vient la protestation passionnée, 

commune à tous les protestataires, contre les rites et sacrifices des 

prêtres : 

« Ne faites pas confiance aux paroles mensongères, en disant : Le 

Temple du Seigneur, le Temple du Seigneur, le Temple du 

Seigneur…» (les incantations rituelles répétitives) « … mais réformez 

complètement vos habitudes et vos faits et gestes, n’opprimez pas 

l’étranger, l’orphelin et la veuve, et ne répandez pas de sang innocent 

dans ce lieu » (le rituel du sacrifice de sang et le meurtre ordonné des 

apostats)… « ne volez-vous pas, n’assassinez-vous pas, ne 

commettez-vous pas l’adultère, et ne prêtez-vous pas de faux 

serments ?… et vous venez, et vous vous tenez devant moi dans cette 

maison, qui est appelée de mon nom, et dites : “Nous sommes 

envoyés pour commettre toutes ces abominations (l’absolution 

rituelle après le sacrifice animal). « Est-ce que cette maison, qui est 

appelée de mon nom, est devenue un repaire de bandits à vos 

yeux ?… Je n’ai pas parlé à vos pères, ni ne leur ai donné d’ordre, le 

jour où je les emmenés hors de la terre d’Égypte, concernant des 

holocaustes ou des sacrifices… » 

Par ces paroles, Jérémie, comme Jésus plus tard, protestait contre 

la « destruction » de la Loi au nom de son accomplissement. Il semble 

probable que même au temps de Jérémie, les Lévites exigeaient 

toujours le sacrifice des enfants premiers-nés, car il ajoute : « Et ils ont 

construit le haut lieu… pour brûler leurs fils et filles dans le feu ; ce 

que je n’ai pas ordonné, et qui n’est pas venu à mon cœur non plus ».  

À cause de ces « abominations » mêmes, continuait Jérémie, 

l’Éternel ferait « cesser dans les villes de Juda, et dans les rues de 

Jérusalem, les cris d’allégresse, les cris de joie, les voix du fiancé et de 

la fiancée ; car le pays sera désolé ». 

Ceci est le célèbre pronostic politique, qui fut confirmé ; les 

Lévites, avec leur génie de la perversion, l’invoquèrent plus tard pour 

soutenir leur déclaration que Juda était tombée parce que leur Loi 

n’avait pas été observée, alors que l’avertissement de Jérémie était que 

leur Loi détruirait « Juda la perfide». Si Jérémie sortait de terre 

aujourd’hui, il pourrait utiliser ces mots exacts à propos du sionisme, 

car la situation est similaire et la conséquence ultime semble tout 

aussi prévisible. 

Quand Juda tomba, Jérémie transmit son message le plus célèbre 

de tous, celui vers lequel les populations juives se tournent souvent 

instinctivement aujourd’hui, et dont la secte dirigeante leur interdit de 

temps à autre de tenir compte : « Recherchez la paix de la ville où je 

vous ai faits emmener prisonniers, et priez l’Éternel pour cela ; car 

 48 

dans sa paix vous aurez la paix ». Les Lévites donnèrent leur réponse 

pleine de colère dans le 137ème Psaume : 

« Près des eaux de Babylone nous nous sommes assis et nous avons 

sangloté… Nos tourmenteurs nous ont demandé de les réjouir : 

Chantez-nous un des cantiques de Sion. Comment pouvons-nous 

chanter le cantique du Seigneur dans une terre étrangère ? Si je 

t’oublie, Ô Jérusalem, laisse ma main droite oublier son adresse, 

laisse ma langue se fendre jusqu’à la voûte de mon palais… Ô fille de 

Babylone, qui doit être détruite, bienheureux celui qui te 

récompensera comme tu nous as servis. Bienheureux celui qui 

prendra tes petits enfants et les fracassera contre les pierres.»  

Dans l’avertissement de Jérémie et la réponse des Lévites se 

trouve toute l’histoire de la controverse de Sion et de ses conséquences 

pour les autres, jusqu’à nos jours. 

Jérémie, qui fut apparemment mis à mort, serait aujourd’hui 

attaqué comme « cinglé », « paranoïaque », « anti-Sémite » et autres 

noms du même genre ; l’expression utilisée alors était « prophète et 

rêveur de rêves ». Il décrit les méthodes de diffamation utilisées contre 

de tels hommes, dans des termes qui s’appliquent exactement à notre 

époque et à de nombreux hommes dont les vies publiques et les 

réputations furent détruites par ces méthodes (tel que ce récit le 

montrera quand il atteindra le siècle actuel) : « Car j’en ai entendus 

beaucoup diffamer, la peur de tous côtés. Rapporte, disent-ils, et nous 

le rapporterons. Tous mes familiers guettaient ma faiblesse, se disant : 

d’aventure il se laissera entraîner, et nous aurons l’avantage sur lui, et 

nous nous vengerons de lui ».  

Alors que Jérémie s’était réfugié en Égypte, le Second Isaïe, à 

Babylone, écrivit ces mots bienveillants qui brillent comme la dernière 

lueur du jour sur le fond ténébreux de l’enseignement qui était sur le 

point de triompher : « Ainsi dit l’Éternel, Garde le jugement, et sois 

juste… ne laisse pas le fils de l’étranger, qui a rejoint l’Éternel, dire : 

l’Éternel m’a complètement séparé de son peuple… Les fils de 

l’étranger, qui rejoignent l’Éternel, pour le servir, et pour aimer le nom 

de l’Éternel, pour être ses serviteurs… même eux je les amènerai à ma 

montagne sainte, et les réjouirai dans ma maison de prière… car ma 

maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples ». 

Les protestations s’achèvent sur cet aperçu d’un Dieu aimant de 

toute l’humanité. Les Lévites et leur Loi gardèrent le pouvoir suprême 

et à partir de là, la vraie captivité « des juifs » commença, car leur 

asservissement à la loi de la haine raciale et religieuse est la seule 

véritable captivité dont ils aient souffert. 

Jérémie et le Second Isaïe, comme les anciens protestataires 

israélites, parlaient pour l’humanité, qui avançait lentement à tâtons 

vers la lumière quand les Lévites retournaient aux ténèbres. Avant 

 49 

même que la Loi ne fût achevée, le prince Siddhartha Gautama, le 

Bouddha, avait vécu et était mort, et avait fondé la première religion de 

toute l’humanité, basée sur sa Première Loi de l’Existence : « Du bien 

vient le bien, et du mal vient le mal ». C’était la réponse à la seconde 

Loi des Lévites, même s’ils n’en entendirent probablement jamais 

parler. C’était aussi la réponse inévitable du temps et de l’esprit 

humain au brahmanisme, au racisme hindou et au culte de la 

perpétuelle caste dominante (qui ressemble fortement au judaïsme 

littéral). 

Cinq cents ans plus tard apparaîtrait une seconde religion 

universelle, et cinq cents ans après cela, une troisième. La petite 

nation de Juda fut retenue par les chaînes de la Loi, hors de ce 

mouvement de l’humanité ; elle s’arrêta au stade fossile de l’évolution 

spirituelle, et pourtant sa doctrine tribale primitive resta vivante et 

vigoureuse. La Loi lévitique, toujours puissante au XXe siècle, est de 

par sa nature un vestige des temps engloutis. 

Une telle Loi était destinée à provoquer la curiosité d’abord, et 

l’inquiétude ensuite parmi les peuples avec lesquels les Judaïtes 

cohabitaient, ou parmi leurs voisins, s’ils vivaient seuls. Quand les 

Judaïtes quittèrent Babylone pour retourner à Jérusalem, en 538 av. 

J.-C. environ, cet impact sur les autres peuples commença. À ce stade,  

il fut seulement ressenti par les petits clans et tribus, les voisins 

immédiats des Judaïtes rapatriés à Jérusalem. Il continua depuis à se 

répandre en cercles excentriques, à être ressenti par un nombre de 

plus en plus important de peuples, et au cours de notre siècle il causa 

ses plus grands troubles parmi ces derniers. 

 

 

Chapitre 5 

LA CHUTE DE BABYLONE 

Avant que les autres peuples n’aient pu ressentir ce premier 

impact de « la Loi mosaïque », l’événement de 536 av. J.-C. eut lieu, qui 

établit le schéma pour le XXe siècle ap. J.-C. : la chute de Babylone. 

La ressemblance entre le schéma des événements actuels (c’est-à- 

dire la forme prise par l’issue des deux Guerres mondiales) et celui de 

la chute de Babylone est trop grande pour être accidentelle, et peut en 

fait maintenant se révéler comme ayant été délibérément créée. Les 

peuples occidentaux de notre siècle, encore eût-il fallut qu’ils s’en 

rendent compte, furent gouvernés sous « la Loi judaïque », pas sous 

une quelconque loi qui leur fût propre, mais par les puissances qui 

contrôlaient les gouvernements. 

Le groupement des personnages et le dénouement final sont 

similaires dans les trois cas. Sur un côté de la scène, se trouve le 

potentat étranger qui a opprimé et outragé les Judaïtes (ou 

aujourd’hui, les juifs). À Babylone, c’était le « Roi Balthazar » ; dans la 

Première Guerre mondiale, c’était le tsar russe ; dans la Seconde, 

c’était Hitler. En face de ce « persécuteur », on trouve l’autre potentat 

étranger, le libérateur. À Babylone, c’était le roi Cyrus de Perse ; dans 

le deuxième cas, c’était un certain M. Balfour ; dans le troisième, 

c’était un certain président Truman. 

Entre ces adversaires, se tient le prophète jéhovien triomphant, le 

grand homme à la cour du dirigeant étranger, qui prédit, et survit au 

désastre qui est sur le point d’arriver au « persécuteur ». À Babylone, 

c’était Daniel. Dans les Première et Seconde Guerres mondiales de 

notre siècle, c’était un certain Dr Chaim Weizmann, le prophète 

sioniste des cours étrangères. 

Voilà pour les personnages. Ensuite, vient le dénouement, une 

vengeance jéhovienne sur « les païens » et un triomphe juif sous forme 

de « restauration » symbolique. Le « roi Balthazar », après que Daniel 

lui eut prédit sa ruine, est tué « la même nuit » et son royaume tombe 

aux mains de l’ennemi. Les ravisseurs juifs qui assassinèrent le tsar 

russe et sa famille, à la fin de la Première Guerre du XXe siècle, 

citèrent ce précédent dans un distique « écrit sur le mur » de la 

chambre où le massacre eut lieu ; les dirigeants nazis, à la fin de la 

Seconde Guerre du XXe siècle, furent pendus le Jour juif du Grand 

pardon. 

 51 

Ainsi, les deux Guerres mondiales de ce siècle se conformèrent- 

elles dans leurs issues au schéma de la guerre babylo-perse de 

l’Antiquité telle que dépeinte dans l’Ancien Testament. 

Peut-être que les peuples qui firent cette guerre antique pensaient 

que quelque chose de plus que la cause des Judaïtes était en jeu, et 

qu’ils luttèrent pour quelque but ou intérêt propres. Mais dans le récit 

qui a traversé les siècles, tout le reste a été supprimé. Les seules 

conséquences significatives, dans l’image qui fut gravée dans l’esprit 

des peuples, sont la vengeance jéhovienne et le triomphe judaïte, et les 

deux guerres mondiales de ce siècle suivirent le même modèle. 

Le roi Balthazar survit seulement en tant que « persécuteur » 

étranger symbolique des Judaïtes (même si c’est Jéhovah qui les a fait 

ses prisonniers en guise de punition, il est néanmoins leur 

« persécuteur », et par conséquent doit être détruit cruellement). Le roi 

Cyrus, de la même manière, n’est que l’instrument d’accomplissement 

de la promesse de Jéhovah d’infliger « toutes ces malédictions » à « tes 

ennemis » une fois qu’ils auront accompli leur rôle de ravisseurs (il n’a 

donc aucun mérite propre, en tant que conquérant ou en tant que 

libérateur ; il n’est pas vraiment mieux que le roi Balthazar, et sa 

maison sera à son tour détruite).  

Le roi Cyrus, d’après ce que nous raconte la véritable histoire, 

semble avoir été un homme éclairé, ainsi que le fondateur d’un empire 

qui s’étendit sur toute l’Asie occidentale. D’après les encyclopédies, « il 

laissa les nations qu’il avait soumises libres d’observer leurs religions 

et de maintenir leurs institutions ». Ainsi, les Judaïtes purent-ils 

profiter d’une politique qu’il appliqua impartialement pour tous, et 

peut-être le roi Cyrus, s’il pouvait revenir sur terre aujourd’hui, serait- 

il surpris de découvrir que son portrait historique est celui d’un 

homme dont le seul exploit notable et durable fut de rendre quelques 

milliers de Judaïtes à Jérusalem. 

Toutefois, si par hasard il considérait cette question particulière 

comme étant d’importance cruciale parmi ses actions (tels que les 

politiciens du XXe siècle le pensent manifestement), il serait très 

satisfait à son retour sur terre aujourd’hui, car il découvrirait que par 

cet acte, il exerça probablement une influence plus grande sur les 

événements humains dans les 2500 ans qui suivirent, que n’importe 

quel dirigeant temporel de n’importe quel siècle. Aucun autre fait de 

l’Antiquité n’a eu de conséquences actuelles aussi grandes ou aussi 

évidentes à retracer. 

Au XXe siècle ap. J.-C., deux générations de politiciens 

occidentaux en quête de soutien juif rivalisèrent entre elles pour jouer 

le rôle du roi Cyrus. Le résultat fut que les deux Guerres mondiales 

produisirent seulement deux résultats durables et significatifs : la 

 52 

vengeance jéhovienne envers le « persécuteur » symbolique et le 

triomphe juif sous forme de nouvelle « restauration ». Ainsi, la légende 

symbolique de ce qui se passa à Babylone avait au XXe siècle acquis la 

puissance de la « Loi » suprême – outrepassant toutes les autres lois – 

et celle de la vérité et de l’Histoire. 

La légende elle-même semble avoir été au deux tiers fausse, ou ce 

que l’on appellerait aujourd’hui de la propagande. Le roi Balthazar lui- 

même fut apparemment inventé par les Lévites. Le livre historique qui 

rapporte la chute de Babylone fut compilé plusieurs siècles plus tard 

et attribué à un certain « Daniel ». Le livre déclare que ce dernier était 

un captif judaïte à Babylone, qui s’y éleva à la place la plus haute à la 

cour et « se tint à la porte du roi » (Nabuchodonosor) par sa faculté à 

interpréter les rêves. La tâche lui fut dévolue d’interpréter « l’écriture 

sur le mur » (Daniel, 5). 

Le roi « Balthazar, fils de Nabuchodonosor » est ensuite décrit 

comme faisant un affront aux Judaïtes en utilisant « les vases d’or et 

d’argent » rapportés par son père du temple de Jérusalem, pour un 

banquet avec ses princes, épouses et concubines. Suite à cela, les 

doigts d’une main d’homme écrivent sur le mur les mots « Mene, Mene, 

Tekel, Upharsin ». Daniel, appelé pour en faire l’interprétation, dit au 

roi qu’ils signifient : « Dieu a compté ton royaume, et y a mis fin ; tu es 

pesé dans la balance et tu es insuffisant ; ton royaume sera divisé et 

donné aux Mèdes et aux Perses ». De là, le roi Balthazar est assassiné 

« la même nuit », et le conquérant perse arrive, qui doit « restaurer » les 

Judaïtes.  

Ainsi, la fin d’un roi et d’un royaume est en rapport direct avec un 

affront commis envers Juda et prend l’apparence d’un châtiment 

jéhovien et d’une vengeance juive. Qu’importe si Daniel et le roi 

Balthazar n’ont jamais existé : par son inclusion dans les écritures 

lévitiques, cette anecdote gagna le statut de précédent judiciaire ! 

Quand le meurtre du tsar Russe, de sa femme, de ses filles et de son 

fils en 1918 fut directement mis en rapport avec cette légende à cause 

de mots qui en étaient tirés, gribouillés sur un mur éclaboussé de 

sang, ce fut en même temps un aveu de la paternité de l’acte, et une 

citation de l’autorité légale pour cet acte. 

Quand une légende ancienne peut produire de tels effets, vingt- 

cinq siècles plus tard, il n’y a guère d’avantage à démontrer sa 

fausseté, car les politiciens tout comme les masses qu’ils manipulent 

aiment leurs légendes plus que la vérité. Toutefois, des trois 

protagonistes de cette version de la chute de Babylone, seul le roi 

Cyrus exista certainement ; le roi Balthazar et Daniel semblent être 

des personnages issus de l’imagination lévitique ! 

 53 

L’Encyclopaedia Juive, qui fait remarquer que le roi 

Nabuchodonosor n’eut aucun fils du nom de Balthazar et qu’aucun roi 

du nom de Balthazar ne régnait à Babylone quand le roi Cyrus la 

conquit, déclare impartialement que « l’auteur de Daniel n’avait 

simplement pas les données correctes sous la main », et donc elle ne 

croit pas que Daniel ait écrit Daniel. De toute évidence, si un favori 

judaïte important à la cour, et nommé Daniel, avait écrit ce livre, il 

aurait au moins su le nom du roi dont il prédit la fin, et aurait donc eu 

« les données correctes ». 

Manifestement, le livre de Daniel, comme les livres de la Loi 

attribués à Moïse, était le produit des scribes lévitiques, qui par lui 

continuèrent patiemment à rendre l’Histoire conforme à leur Loi, qui 

était déjà établie. Si un roi Balthazar a pu être inventé dans un but 

d’illustration et de précédent, alors un prophète Daniel aussi. Ce 

Daniel apparemment mythique est le prophète le plus populaire 

d’entre tous chez les sionistes fervents d’aujourd’hui, qui se 

réjouissent de l’anecdote de la vengeance et du triomphe judaïtes 

prédits sur le mur, et voient en elle le précédent judiciaire pour tous 

les temps à venir. L’histoire du siècle présent a fait plus qu’aucune 

autre histoire des siècles précédents pour les renforcer dans cette 

croyance, et pour eux Daniel, avec son « interprétation » accomplie « la 

même nuit », donne la réponse concluante et accablante aux anciens 

prophètes israélites qui avaient eu la vision d’un Dieu aimant de tous 

les hommes. La chute de Babylone (telle que dépeinte par les Lévites) 

donnait la preuve concrète de la vérité et de la puissance de la Loi 

« mosaïque ». 

 

Cependant, cela n’aurait rien donné sans le roi Cyrus, qui fut le 

seul parmi les trois protagonistes à vraiment exister et à vraiment 

autoriser – ou contraindre – quelques milliers de Judaïtes à retourner à 

Jérusalem. À ce moment de l’histoire, la théorie politique des Lévites, 

dont le but était l’exercice du pouvoir par l’acquisition de la 

domination sur les souverains étrangers, fut appliquée concrètement 

pour la première fois et avec succès. 

Le roi perse fut le premier d’une longue succession d’oracles 

gentils manipulés par la secte dirigeante, qui à travers lui démontra 

qu’elle avait trouvé le secret pour d’abord infester, puis diriger les 

actions des gouvernements étrangers. 

Arrivée à notre siècle, cette domination des gouvernements avait 

atteint un tel degré de pouvoir que ces derniers étaient tous, dans une 

large mesure, soumis à un contrôle suprême, pour que leurs actions, à 

la fin, servent toujours l’ambition de ce parti suprême. Vers la fin de ce 

livre, le lecteur verra comment les oracles gentils furent manipulés afin 

 54 

que les antagonismes des peuples soient déclenchés et amenés à 

entrer en collision pour ce but supranational.  

Toutefois, le lecteur devra regarder au fond de sa propre âme pour 

découvrir, s’il le peut, la raison pour laquelle ces oracles, ses propres 

dirigeants, se soumirent. 

Le roi Cyrus était le premier d’entre eux. Sans son soutien, la 

secte n’aurait pas pu se réinstaller à Jérusalem et convaincre les 

masses judaïtes incrédules – qui observaient depuis toutes les régions 

du monde connu – que la Loi raciale était puissante et serait accomplie 

de manière littérale. La succession de causes et d’effets s’est déversée 

directement et clairement depuis la chute de Babylone jusqu’aux 

grands événements de ce siècle ; l’Occident d’aujourd’hui doit ses 

déboires successifs et son déclin encore plus au roi Cyrus, le premier 

des pantins gentils, qu’aux ingénieux et furtifs prêtres eux-mêmes. 

« Le judaïsme a pris naissance par le roi perse et par l’autorité de 

son Empire, ainsi les conséquences de l’Empire des Achéménides se 

répercutent avec beaucoup de force, pratiquement comme à nulle 

autre pareille, directement sur notre époque », déclare le professeur 

Eduard Meyer, et la conclusion de cette autorité en la matière est 

manifestement vraie. Cinq cents ans avant même la naissance de 

l’Occident, les Lévites mirent en place la Loi, et ensuite par le roi 

Cyrus, établirent le précédent et le schéma pour l’effondrement de 

l’Occident lui-même. 

Les cinq livres de la Loi n’étaient toujours pas achevés quand le 

roi Cyrus entra dans Babylone et la conquit. La secte de Babylone était 

encore en train d’y travailler, ainsi qu’à la version corroborante de 

l’histoire qui, par des exemples tels que celui du « roi Balthazar », 

devait rendre crédible l’incroyable et fournir le précédent à des actes 

barbares commis vingt-cinq siècles plus tard. La population des 

Judaïtes ne savait encore rien de la Loi d’intolérance raciale qui était 

en train de leur être préparée, même si l’intolérance religieuse leur 

était devenue familière à cette époque. 

La secte devait encore achever la Loi, et ensuite l’appliquer à son 

propre peuple. Quand cela arriva en 458 av. J.-C., sous un autre roi 

perse, la controverse de Sion prit finalement la forme sous laquelle elle 

continue encore de défier implacablement son propre peuple et le reste 

de l’humanité. Le cordon ombilical entre les Judaïtes et les autres 

hommes fut alors finalement rompu. 

Ces gens isolés, devant lesquels les prêtres brandirent tel un 

étendard leur version de la chute de Babylone, furent alors mis en 

route vers un avenir qui les affronterait comme une force compacte au 

sein des autres peuples, à la perte desquels leur Loi les avait voués. 

 

 

Chapitre 6 

LA FOULE PLEURAIT 

Le premier peuple à ressentir l’impact de cette « Loi mosaïque » 

que les Lévites étaient en train de développer à Babylone fut les 

Samaritains, qui en 538 av. J.-C. accueillirent chaleureusement les 

Judaïtes de retour à Jérusalem et en gage d’amitié leur offrirent leur 

aide pour reconstruire le Temple, détruit par les Babyloniens en 596 

av. J.-C. Sur ordre des Lévites, les Samaritains furent repoussés avec 

rudesse, et suite à cet affront devinrent hostiles, si bien que la 

restauration du Temple fut retardée jusqu’en 520 av. J.-C. (la querelle 

avec les Samaritains a traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui, alors 

qu’ils sont maintenant réduits à quelques dizaines ou vingtaines 

d’âmes). 

Leur approche amicale montre que la nouvelle « Loi » des Judéens 

était inconnue de leurs voisins, qui furent surpris par cette rebuffade. 

La Loi semblait à cette période être aussi peu connue ou comprise des 

Judéens eux-mêmes. Les livres de la Loi étaient encore en cours de 

compilation à Babylone, et, malgré tout ce que les prêtres pouvaient 

leur dire, ils ne réalisaient pas du tout à cette époque qu’ils allaient 

être racialement, aussi bien que religieusement, exclus de leurs 

semblables. 

La rebuffade envers les Samaritains donnait le premier aperçu de 

ce qui allait suivre. Les Samaritains étaient des Israélites, 

probablement de sang mêlé. Ils pratiquaient le culte de Jéhovah, mais 

ne reconnaissaient pas la suprématie de Jérusalem, et pour cette seule 

raison se seraient attiré la haine des Lévites, qui voyaient 

probablement en eux le danger d’une renaissance et d’une absorption 

israélites de Juda. Aussi, les Samaritains furent-ils placés sous 

Bannissement majeur ; même en prenant un morceau de pain à un 

Samaritain, un Judaïte enfreignait toutes les lois et jugements des 

Lévites et se souillait d’une manière abominable. 

Après cette première rupture avec leur voisins, les Judéens 

contemplèrent autour d’eux Jérusalem en ruine et dépeuplée. Aucun 

d’entre eux, hormis les anciens, ne pouvait l’avoir connue avant. Ils 

étaient peu nombreux : ceux qui étaient « revenus » étaient à peu près 

quarante mille, ce qui était peut-être un dixième ou un vingtième du 

total, qui s’était dispersé depuis des siècles sur d’autres terres. 

Ce n’était pas un retour heureux ou triomphant pour ces gens, 

bien que ce fût un succès politique majeur pour les prêtres. Les Lévites 

rencontrèrent la même difficulté que les sionistes en 1903, 1929 et 

1953 : le peuple élu ne voulait pas aller sur la Terre promise. De plus, 

 56 

les chefs n’avaient pas l’intention de prendre la tête du « retour » : ils 

souhaitaient rester à Babylone (de même que les dirigeants sionistes 

d’aujourd’hui souhaitent rester à New York). 

La solution trouvée en 538 av. J.-C. fut similaire à celle trouvée en 

1946 : les fanatiques étaient prêts à partir, et quelques infortunés qui 

étaient trop pauvres pour avoir le choix furent rassemblés pour les 

accompagner. Ceux qui souhaitaient avoir le privilège de rester à 

Babylone (sous leur propre prince, l’exilarque, dans sa propre 

capitale !) furent frappés d’amendes (tout comme aujourd’hui, les juifs 

fortunés d’Amérique sont poussés à fournir des fonds pour l’État 

sioniste). 

La nation juive était déjà, et définitivement, dispersée ; de toute 

évidence, elle ne pourrait jamais plus être rassemblée en Canaan. 

C’était un fait, certain et permanent ; « d’exil, la nation n’est pas 

revenue, mais seulement une secte religieuse », déclare le professeur 

Wellhausen. Mais ce « retour » symbolique était de la plus haute 

importance pour les prêtres afin d’asseoir leur pouvoir mystique sur 

les masses éparpillées. Il pouvait être brandi comme la preuve que « la 

Loi » était vraie et valide, et que la destinée du « peuple spécial » était 

de détruire et de dominer. 

Le « retour » signifiait des choses bien différentes pour le petit 

nombre qui était revenu, et pour les nombreux autres qui observaient 

depuis leur Diaspora. Pour le petit nombre, il signifiait la possibilité de 

pratiquer le culte de Jéhovah de la manière et à l’endroit prescrits par 

« la Loi ». Pour les nombreux autres, c’était un triomphe du 

nationalisme judaïte et le présage du triomphe final prévu par la Loi. 

Cette foule qui observait avait vu les moyens par lesquels le 

succès avait été atteint, le conquérant défait et vaincu, et la 

« captivité » transformée en « retour ». La ségrégation s’était avérée 

efficace, et les méthodes-clés pour imposer cette ségrégation étaient le 

ghetto et la synagogue. Le ghetto (un concept essentiellement lévitique) 

avait été testé à Babylone, sous la forme de la communauté fermée 

dans laquelle les Judaïtes vivaient. 

La lecture collective de la Loi s’était aussi révélée un substitut 

efficace au rituel du culte qui, sous la Loi, ne pouvait être accompli 

qu’au Temple de Jérusalem (ce fut le début de la synagogue). Les 

institutions du ghetto et de la synagogue furent adoptées par les 

communautés de la Diaspora ; cela leur donnait un sentiment d’union 

avec les Judaïtes exilés et les Judéens revenus. 

Ainsi, la « secte religieuse » qui était « de retour » dans une 

Jérusalem inconnue était-elle aussi le noyau de la nation-dans-les- 

nations et de l’État-dans-les-États. Les prêtres s’étaient montrés 

capables de maintenir leur théocratie sans territoire propre et sous un 

 57 

roi étranger. Ils avaient gouverné leurs disciples sous leur propre Loi ; 

et de cette Loi telle qu’elle fut d’abord imposée en exil aux Judaïtes de 

Babylone, le Dr Kastein nous dit : « Au lieu de la constitution de l’État 

défunt, une autonomie communautaire fut établie et, au lieu du 

pouvoir de l’État, un autre pouvoir prit naissance, plus sûr et plus 

durable : le régime sévère et inexorable imposé par l’obligation de rendre 

obéissance absolue aux règles du rituel. » 

Ces mots méritent un examen attentif ; beaucoup des « règles du 

rituel » ont été citées dans ce livre. Les Lévites avaient réussi, en 

« captivité » et sur une terre étrangère, à « imposer » un « régime sévère 

et inexorable ». L’exploit est unique, et il a continué depuis cette 

époque jusqu’à aujourd’hui.  

Les « étrangers » ont souvent du mal à imaginer les moyens par 

lesquels la secte dirigeante a pu maintenir une poigne aussi ferme sur 

une communauté dispersée de par le monde. Ce pouvoir est basé, en 

définitive, sur la terreur et la crainte. Ses mystères sont tenus cachés 

de l’étranger, mais par un examen minutieux, ce dernier peut s’en faire 

une idée. 

L’arme de l’excommunication est une arme redoutable, et la 

crainte qu’elle inspire repose dans une certaine mesure sur la 

croyance littérale judaïte en l’efficacité matérielle des malédictions 

énumérées dans le Deutéronome et d’autres livres ; l’Encyclopaedia 

Juive témoigne de cette croyance continue. À cet égard, il y a une forte 

ressemblance avec la croyance de l’indigène africain qu’il mourra s’il 

est « tagati’d », et avec la peur du Noir américain des sortilèges 

vaudous. Le bannissement de la communauté est une peine très 

redoutée (et jadis était souvent fatale), dont on peut trouver des 

exemples dans la littérature actuelle. 

De plus, pour les judaïstes pieux (ou à cet égard superstitieux) la 

Torah-Talmud est la seule Loi, et s’ils se soumettent officiellement aux 

lois des pays dans lesquels ils vivent, c’est avec cette réserve en leur 

for intérieur. Sous cette seule Loi, les prêtres exercent tous les 

pouvoirs judiciaires et de la magistrature (et souvent se les sont fait 

déléguer officiellement par les gouvernements), et littéralement la Loi 

inclut la peine capitale pour de nombreux chefs d’accusation ; en 

pratique, les prêtres au sein des communautés fermées de la Diaspora 

ont souvent exigé cette peine.  

La Jérusalem où un petit nombre retourna était loin de Babylone, 

en ces temps, et après leur premier coup (le rejet de l’offre d’amitié des 

Samaritains), les Lévites se trouvèrent apparemment incapables, à 

distance, de réfréner les élans normaux du genre humain. Les 

Judaïtes, sur leur lopin de terre appauvri, commencèrent à s’adapter 

et à se marier avec leurs voisins, malgré tout. Ils ne violèrent aucune 

 58 

loi qu’ils comprenaient. Les livres de la Loi étaient encore en cours de 

compilation à Babylone ; ils étaient au courant pour les centaines 

d’épouses de Salomon et le beau-père madianite de Moïse, mais ils ne 

savaient pas encore que Moïse avait été ressuscité pour exterminer 

tous les Madianites excepté les vierges. Par conséquent, ils se 

marièrent avec les fils et les filles de leurs voisins et ce mélange 

continua pendant à peu près quatre-vingts ans après leur retour. 

Durant cette période, les Lévites de Babylone achevèrent la Loi, 

dont l’impact continue d’être ressenti par toutes les nations. Ézéchiel, 

de la famille du Grand prêtre, en fut l’architecte en chef, et 

probablement la totalité des cinq livres de la Loi, tels qu’ils furent 

transmis, porte sa marque. Il fut le père fondateur de l’intolérance, du 

racisme et de la vengeance en tant que religion, et du meurtre au nom 

de Dieu. 

Le livre d’Ézéchiel est le plus significatif de tous les livres de 

l’Ancien Testament. Il est encore plus significatif que le Deutéronome, 

le Lévitique et les Nombres, car il semble être la source d’où les idées 

obscures des livres de la Loi surgirent d’abord. Par exemple, celui qui 

étudie les malédictions énumérées dans le Deutéronome ne peut que 

soupçonner que la divinité au nom de laquelle elles étaient proférées 

était de nature diabolique et non divine ; le nom « Dieu », dans le sens 

qu’on lui a donné, ne peut être associé à de telles menaces. Dans le 

livre d’Ézéchiel, le chercheur trouvera ce soupçon expressément 

confirmé. Ézéchiel met dans la bouche même de Dieu la déclaration 

qu’il a créé des lois malfaisantes afin d’inspirer la souffrance et la 

crainte ! Cela apparaît dans le chapitre 20 et donne la clé du mystère 

entier de « la Loi mosaïque ». 

Dans ce passage, Ézéchiel semble répondre à l’attaque de Jérémie 

contre les Lévites sur la question du sacrifice du premier-né : « Et ils 

ont construit les hauts lieux pour brûler leurs fils et filles dans le feu ; 

ce que je n’ai pas ordonné, et qui n’est pas venu à mon cœur non plus ». 

Ézéchiel ne fait pas grand cas du sort des fils et filles, mais il est 

manifestement mis en rage par l’accusation que l’Éternel n’a pas 

ordonné le sacrifice du premier-né, alors que les scribes lui avaient à 

plusieurs reprise attribué ce commandement. Sa riposte n’a que le 

souci de montrer que Dieu avait ordonné cela et donc de justifier les 

prêtres ; l’admission que le commandement était malfaisant est 

désinvolte et nonchalante, comme si cela n’avait aucune importance : 

« Je suis l’Éternel ton Dieu ; suis mes lois et observe mes jugements, 

et applique-les… Mais les enfants se sont rebellés contre moi ; ils 

n’ont pas suivi mes lois, ni n’ont gardé mes jugements pour les 

appliquer… ainsi j’ai dit que je déverserais ma fureur sur eux, pour 

épuiser ma colère contre eux dans le désert… C’est pourquoi je leur ai 

aussi donné des lois qui n’étaient pas bonnes et des jugements par 

 59 

lesquels ils ne pouvaient vivre ; Et je les ai souillés dans leurs propres 

offrandes, en ce qu’ils passèrent par le feu tout ce qui ouvrait le sein 

maternel, de sorte que je pus les affliger, afin qu’ils sachent que je suis 

l’Éternel. » 

Le jugement des théologiens chrétiens selon lequel l’Ancien 

Testament est « d’autorité divine égale » au Nouveau Testament inclut 

sans doute ce passage ! Ézéchiel, à son époque, interdit toute 

protestation en ajoutant rapidement : « Et je me laisserais consulter 

par toi, Ô maison d’Israël ? Moi vivant, a dit l’Éternel, je ne serai pas 

consulté par toi ».  

Ézéchiel a connu la chute de Juda et la déportation de la secte à 

Babylone, si bien que son livre est à certains endroits le récit d’un 

témoignage oculaire des événements. Les autres parties – les parties 

« prophétiques » – montrent que ce père fondateur du judaïsme littéral 

fut un homme d’obsessions noires, voire démoniaques ; à vrai dire, 

certaines parties du livre d’Ézéchiel ne pourraient probablement pas 

être publiées publiquement en tant qu’autre chose que les Écritures. 

Au début du livre, il dépeint (dans des termes qu’il attribue aussi 

au Seigneur Dieu) un siège de Jérusalem durant lequel il lui est donné 

l’ordre, à lui, Ézéchiel, afin d’expier « l’iniquité du peuple », de manger 

des excréments humains cuits devant ses yeux. À la supplication selon 

laquelle il a toujours observé scrupuleusement les lois alimentaires et 

n’a jamais rien mis d’abominable dans sa bouche, cela est atténué par 

de la bouse de vache. Puis il menace les transgresseurs de 

cannibalisme, une malédiction sur laquelle les Lévites mettaient 

l’accent : 

 « .. les pères mangeront les fils en ta présence et les fils mangeront 

leurs pères… et une troisième partie tombera par l’épée… et je 

disperserai une troisième partie à tous les vents… famine et bêtes 

sauvages… peste et sang… » 

Tout ceci est censé être le châtiment pour la non-observance, non 

pour les actes malfaisants. Des pages d’imprécations suivent, et 

Jéhovah promet d’utiliser les gentils comme bâton de correction : 

« Ainsi j’amènerai les pires des païens… et ils posséderont vos 

maisons » . 

En dressant le portrait de ce qui arrivera à ceux qui adorent 

« d’autres dieux », Ézéchiel, dans une vision caractéristique, « les voit 

qui attaquent la ville » (Jérusalem) « s’approchent, chaque homme avec 

son arme destructrice à la main ». L’un d’eux, avec un cornet d’encre 

d’écrivain à son côté, est exhorté par l’Éternel : « traverse le centre de 

Jérusalem et marque les fronts des hommes qui soupirent et qui 

pleurent pour toutes les abominations qui y sont faites » (ces hommes 

sont les fanatiques en « observance »). Les fronts ayant été marqués, 

Ézéchiel cite l’Éternel, « en ma présence » disant aux hommes : 

 60 

« Parcours la ville et frappe ; que ton œil n’épargne pas, n’aie pas de 

pitié non plus ; tue, détruis vieux et jeunes, jeunes filles et petits 

enfants et femmes ; mais n’approche aucun homme sur lequel se 

trouve la marque… et ils partirent et assassinèrent dans la ville ».  

Après l’époque d’Ézéchiel les hommes trouvèrent sans doute sage 

d’être vus en train de soupirer et de pleurer à Jérusalem ; d’où, peut- 

être, le Mur des Lamentations. Des chapitres et des chapitres de 

menaces suivent, toujours avec la condition séduisante que si les 

transgresseurs reviennent de leur méchanceté et se tournent vers 

l’observance, des choses encore pires seront alors infligées aux 

païens : 

« Je vous enlèverai d’entre les païens, et vous rassemblerai de tous 

les pays, et vous amènerai sur votre propre terre… Et vous vivrez sur 

cette terre que j’ai donnée à vos pères, et vous serez mon peuple, et je 

serai votre Dieu… Réunissez-vous, et venez ; rassemblez-vous de tous 

côtés pour le sacrifice que j’accomplis pour vous, c’est même un 

grand sacrifice pour vous, un grand sacrifice sur les montagnes 

d’Israël, où vous mangerez de la chair et boirez du sang. Vous 

mangerez la chair des puissants, et boirez le sang des princes de la 

terre… Et vous mangerez de la graisse à satiété, et boirez du sang 

jusqu’à en être ivre… et je mettrai ma gloire parmi les païens, et tous 

les païens verront mon jugement, que j’ai exécuté, et ma main, que 

j’ai mise sur eux. » 

Pendant que les écoles de scribes fondées par Ézéchiel 

continuaient à compiler leur Loi (cela prit quatre-vingts ans) à 

Babylone, les Judaïtes rapatriés à Jérusalem se mettaient à développer 

graduellement des relations normales avec leurs voisins. Ils n’avaient 

jamais connu le régime de fanatisme et d’exclusion qui était en cours 

de préparation pour eux à Babylone. Beaucoup parmi le peuple 

priaient toujours « d’autres dieux » pour la pluie, les récoltes, le soleil 

et les troupeaux, et Jéhovah dans les fiefs tribaux. 

Alors, en 458 av. J.-C., les Lévites frappèrent. 

Leur Loi était prête, ce qui n’avait en soi pas grande importance. 

Le Roi Perse était prêt à l’imposer pour eux, et cela était des plus 

important alors, et encore actuellement. Pour la première fois, la secte 

dirigeante accomplit le prodige qu’ils ont depuis réussi à maintes 

reprises : par quelque moyen, ils persuadèrent un dirigeant étranger, 

qui était leur prétendu maître et selon toutes apparences extérieures, 

un potentat puissant par lui-même, à mettre ses soldats et son argent 

à leur disposition. 

En ce jour de 458 av. J.-C., les Judaïtes de Jérusalem furent 

finalement coupés de l’humanité et asservis d’une manière qu’ils 

n’avaient jamais connue à Babylone. Ce fut le véritable « début de 

l’affaire ». L’histoire est racontée dans les livres d’Esdras et de 

 61 

Néhémie, les émissaires lévitiques de Babylone qui furent envoyés à 

Jérusalem pour imposer la loi d’Ézéchiel. 

Esdras, de la haute-prêtrise, alla de Babylone à Jérusalem avec 

quelque 1500 disciples. Il venait au nom du roi perse Artaxerxès à-la- 

longue-main, avec des soldats perses et de l’or perse. Il arriva 

exactement comme le Dr Chaim Weizmann arriva en Palestine en 

1917, soutenu par les armes britanniques et l’or britannique, et en 

1947, soutenu par l’argent et la puissance américains. Juridiquement, 

Esdras était un émissaire perse (juridiquement, le Dr Weizmann, un 

juif né russe, était un émissaire britannique en 1917). 

Quels moyens la secte trouva-t-elle pour plier le roi Artaxerxès à 

sa volonté, nul ne pourrait le découvrir actuellement ; après le roi 

Cyrus, il était le second potentat à jouer le rôle du pantin, et à notre 

époque cet empressement est devenu un critère de sélection rigoureux 

pour les affaires publiques.  

Esdras avait emporté la nouvelle Loi raciale avec lui. Il l’imposa 

d’abord à ses propres compagnons de voyage, n’autorisant à 

l’accompagner que ceux qui pouvaient prouver qu’ils étaient de 

descendance judaïte, ou Lévites. Quand il arriva à Jérusalem, il fut 

« rempli d’horreur et de désarroi » (nous dit le Dr Kastein) en voyant la 

prédominance des mariages mixtes. Les Judaïtes étaient en train de 

trouver le bonheur à leur manière ; « en tolérant le croisement avec les 

tribus voisines, ils avaient établi des relations paisibles basées sur les 

liens familiaux ». 

Le Dr Kastein (qui était tout aussi horrifié par ce tableau de 

nombreux siècles plus tard) doit admettre que les Judaïtes, par ces 

mélanges, « observaient leur tradition telle qu’elle était comprise à 

l’époque » et ne violaient aucune loi connue d’eux. Esdras apporta la 

nouvelle Loi d’Ézéchiel, qui une nouvelle fois supplanta la « tradition » 

ancienne. Dans son statut d’émissaire du roi de Perse, il fit rassembler 

les Jérusalémites et leur dit que tous les mariages mixtes devaient être 

dissous ; dès lors, les « étrangers » et tout ce qui était étranger devaient 

être rigoureusement exclus. Une commission de sages fut mise en 

place pour défaire tous les liens maritaux qui avaient été forgés, et 

donc pour détruire les « relations paisibles basées sur les liens 

familiaux ».  

Le Dr Kastein nous dit que « la mesure d’Esdras était sans aucun 

doute réactionnaire ; elle conférait la dignité d’une loi à un décret qui à 

cette époque n’était pas inclus dans la Torah » (que les Lévites, à 

Babylone, étaient encore en train de rédiger). L’utilisation du mot 

« dignité » par le Dr Kastein présente un intérêt à ce propos ; son livre 

fut publié à Berlin l’année où Hitler promulgua exactement le même 

genre de loi, vingt-quatre siècles plus tard ; elle fut à l’époque qualifiée 

 62 

d’ « infâme » par les sionistes, et les armées occidentales, prenant le 

rôle inverse des soldats perses de 458 av. J.-C., furent mobilisées pour 

la détruire ! 

La conséquence de cet acte était naturelle, en 458 av. J.-C. 

comme en 1917 ap. J.-C. : les peuples voisins furent outragés et 

alarmés par cette innovation inouïe. Ils virent la menace que cela leur 

posait, et ils attaquèrent Jérusalem, démolissant le symbole de 

l’infériorité dont on les avait affublés – à savoir, les murs de cette ville. 

Entre-temps, Esdras, comme n’importe quel sioniste du XXe siècle, 

était manifestement retourné chez lui à l’étranger, car une fois de plus 

la structure artificielle commença à s’écrouler et les tendances 

naturelles resurgirent : les intermariages reprirent et menèrent de 

nouveau à des « relations paisibles basées sur les liens familiaux ». 

Seul l’usage de la force peut empêcher que ce genre de choses n’arrive. 

Treize ans plus tard, en 445 av. J.-C., les sages de Babylone 

frappèrent encore. Néhémie était un autre personnage, aussi typique 

de notre siècle que de cette époque à Babylone. Il était de descendance 

judaïte et était haut placé dans les faveurs du roi perse (de même 

qu’aujourd’hui, les « conseillers » sionistes se tiennent habituellement 

à la droite des Premiers ministres britanniques et des présidents 

américains ; le parallèle ne pourrait être plus étroit). Il était l’échanson 

d’Artaxerxès lui-même. Il arriva de Babylone à Jérusalem muni du 

pouvoir dictatorial et avec assez d’hommes et d’argent pour re-fortifier 

la ville (aux frais des Perses ; le parallèle avec aujourd’hui continue), et 

ainsi elle devint le premier véritable ghetto. C’était un ghetto vide, et 

quand les murs furent prêts, Néhémie ordonna qu’un dixième des 

Judaïtes soit tiré au sort pour y résider. 

La race devint donc le principe suprême de la Loi, même si ce 

principe n’était pas encore rédigé. Les adorateurs de Jéhovah qui ne 

purent convaincre les officiels perses et les sages lévites qu’ils 

descendaient de Juda par Benjamin ou Lévi furent rejetés « avec 

horreur » (le Dr Kastein). Chaque homme dut établir « la pureté 

incontestable de sa souche » d’après les registres des naissances (le 

décret hitlérien du XXe siècle sur les grands-mères aryennes était 

moins extrêmiste). 

Puis, en 444 av. J.-C., Néhémie chargea Esdras de formuler 

l’interdit sur les mariages mixtes dans la Torah, pour qu’enfin ce qui 

avait été accompli fasse partie de la « Loi » aux multiples modifications 

(et David et Salomon furent sans doute bannis à titre posthume). Les 

chefs de clans et de familles furent rassemblés et enjoints de signer un 

pacte selon lequel eux-mêmes et leurs gens observeraient toutes les 

lois et jugements de la Torah, avec un accent particulier sur cette 

nouvelle loi. 

 63 

Dans le Lévitique, on fit l’insertion nécessaire : « Je t’ai coupé des 

autres peuples pour que tu sois à moi ». Dès lors, aucun Judaïte ne 

pourrait se marier en dehors de son clan, sous peine de mort ; tout 

homme se mariant à une femme étrangère commettait un péché contre 

Dieu (Néhémie, 13:27 ; ceci est la loi de l’État sioniste aujourd’hui). Les 

« étrangers » furent défendus d’entrer dans la ville, afin que les 

Judaïtes « puissent être purifiés de tout ce qui était étranger ». 

Néhémie et Esdras furent tous les deux des témoins oculaires. 

Néhémie est le narrateur idéal et incontestable : il était là, il était le 

dictateur, ses actes étaient l’acte. Il raconte que quand Esdras lut pour 

la première fois cette nouvelle Loi aux Jérusalémites : 

“Toute la foule pleura quand elle entendit les paroles de la Loi »  

Ces douze mots empreints de journalisme contemporain portent la 

scène aux yeux du lecteur d’aujourd’hui aussi clairement que si elle 

avait eu lieu vingt-quatre heures, et non vingt-quatre siècles, plus tôt. 

Il voit la foule en pleurs et ghettoïsée de 444 av. J.-C. par les yeux de 

homme qui, les guerriers perses à ses côtés, leur imposa leur première 

véritable captivité, la captivité spirituelle qui par la suite devait 

enfermer tout homme qui se prononcerait « juif ». 

Néhémie resta treize ans à Jérusalem et retourna ensuite à la cour 

babylonienne. Immédiatement, la structure artificielle qu’il avait mise 

en place à Jérusalem commença à se désintégrer, si bien que quelques 

années plus tard, il envahit de nouveau la ville, où une fois encore des 

mariages mixtes avaient eu lieu. Il « défit » ceux-ci « par la force » et mit 

aussi en place « les peines les plus sévères » pour d’autres 

transgressions du même genre. Ensuite, « avec en vue l’application 

rigoureuse du principe de sélection, il réexamina attentivement les 

registres des naissances » et expulsa tous ceux, y compris même les 

familles aaronites, dont le moindre défaut dans la descendance pouvait 

être détecté. Enfin, il « purgea sans pitié » la communauté de tous ceux 

qui avaient failli à « l’allégeance absolue et immédiate à l’ordre établi et 

à la Loi » et fit renouveler son pacte au peuple entier. 

Cela est connu comme « la Nouvelle Alliance » (tout comme le 

Deutéronome était la seconde Loi ; ces qualificatifs sont les jalons de 

cette hérésie usurpatrice). Elle dut être signée, sur ordre des Lévites et 

sous la contrainte perse, par chaque homme à Jérusalem, séparément, 

comme pour un contrat d’affaire. Puis, Néhémie repartit enfin à 

Babylone, chez lui, ayant « accompli la tâche d’isolation », et « laissa 

derrière lui une communauté qui, s’accordant dorénavant sur toutes 

les questions fondamentales, était capable de se débrouiller toute 

seule. Il avait organisé pour eux leur vie quotidienne et édifié leurs 

fondations spirituelles ». Ces mots sont du Dr Kastein ; le lecteur vient 

juste de voir, également dans les mots de ce dernier, par quels moyens 

 64 

on amena ces Jérusalémites à « s’accorder sur toutes les questions 

fondamentales » . 

À cette époque, environ quatre cents ans avaient passés depuis la 

répudiation de Juda par Israël, et trois cents depuis la conquête 

assyrienne d’Israël. Les Lévites avaient utilisé cette période de temps 

pour achever la perversion de la tradition ancienne, pour mettre leur 

Loi racialo-religieuse par écrit, et enfin pour l’attacher, comme des 

fers, aux Judaïtes dans la petite province perse de Judée. Ils avaient 

réussi à installer leur croyance tribale et invraisemblable et à établir 

leur petite théocratie. Ils avaient mis en route l’agent catalyseur pour 

qu’il effectue son voyage à travers les siècles. 

Depuis plus de cent générations, depuis ce jour où la Nouvelle 

Alliance fut imposée par les armes perses et où la foule qui avait 

pleuré fut contrainte de signer à nouveau cette dernière, une 

multitude d’êtres humains, d’un sang différent mais étroitement ou 

lâchement pris dans les liens de cette Loi, porte le fardeau et l’héritage 

de cette Loi, dans l’isolation spirituelle du reste de l’humanité. Ce 

singulier paradoxe demeure : bien que leur emprisonnement fût 

imaginé par les Lévites, les chaînes étaient perses. À ce jour et 

continuellement depuis lors, bien que ce soit la secte fanatique qui 

exigeât leur captivité ininterrompue, ce sont des armes étrangères et 

de l’argent étranger les ont maintenus captifs. 

À qui incombe la responsabilité, entre ceux qui incitent à une 

action et ceux qui la commettent ? Si la réponse est que la 

responsabilité finale, la plus importante, incombe à l’auteur de 

l’action, alors le verdict de l’histoire est incontestablement, bien 

qu’étrangement, que la responsabilité de l’hérésie du judaïsme 

incombe aux gentils, qui depuis l’époque des rois perses jusqu’à notre 

siècle, font la volonté de la secte qui l’ont conçu. 

C’était une hérésie : le jour où les soldats du roi Artaxerxès 

obligèrent les Jérusalémites à signer la Nouvelle Alliance d’Ézéchiel, la 

perversion de la tradition ancienne israélite fut achevée et l’affirmation 

de Dieu fut supplantée par la négation de Dieu. 

Aucune ressemblance ne subsista entre le Dieu des 

commandements moraux et la divinité malveillante d’Ézéchiel qui se 

vantait d’avoir ordonné à des hommes de tuer leurs premiers-nés afin 

de les maintenir dans la crainte de lui ! Cela n’était pas Dieu révélé, 

mais une divinité créée par l’homme, l’incarnation du tribalisme 

primitif. Ce que cet ancien peuple signa sous la contrainte, dans la 

Nouvelle Alliance, fut la négation officielle de Dieu ou la déclaration 

officielle que Dieu était Juda, et cela est en fait ce qui est affirmé 

expressément dans de nombreuses déclarations sionistes à notre 

époque, aussi l’hérésie est-elle ouvertement proclamée : 

 65 

 « Dieu est absorbé dans le nationalisme d’Israël. Il devient l’éthique 

nationale… Il créé le monde dans la langue hébraïque. Il est le Dieu 

National » (rabbin Solomon Goldman). 

 

« Nous et Dieu avons grandi ensemble… Nous avons un Dieu 

national… Nous croyons que Dieu est un Juif, qu’il n’y a aucun Dieu 

anglais ou américain » (M. Maurice Samuel). 

 

“Ce n’était pas Dieu qui voulait ce peuple et ce qu’il signifiait. C’était 

ce peuple qui voulait ce Dieu et cette signification » (le Dr Kastein). 

 

Ces déclarations sont explicites, et on peut facilement écrire de 

telles expressions à notre époque, à New York ou Chicago, à Londres 

ou Berlin. Mais au début de cette affaire, ainsi que le rapporta 

Néhémie : 

« Toute la foule pleura quand elle entendit les paroles de la Loi ». 

Et depuis ce jour, la Loi a donné bien des raisons de pleurer. 

 

 

Chapitre 7 

LA TRADUCTION DE LA LOI 

L’événement le plus important (tel qu’il se révéla être) des 

quatre cents ans qui suivirent fut la première traduction des écritures 

judaïques – qui seraient connues plus tard comme l’Ancien Testament 

– dans une langue étrangère, le grec. Cela permit, et permet encore, 

« aux païens » de connaître partiellement la Loi qui décrétait leurs 

propres asservissement et destruction et la suprématie de Juda. N’eût 

été cette traduction, la nature du judaïsme littéral serait sûrement 

restée sujette à conjecture, alors que la traduction la rendit évidente et 

probante. 

Pour cette raison, il est à première vue surprenant que la 

traduction fût jamais réalisée (d’après la tradition, par soixante-douze 

érudits juifs, à Alexandrie, entre 275 et 150 av. J.-C.). Le Dr Kastein 

explique qu’elle fut entreprise « avec un but précis en vue, celui de la 

rendre compréhensible aux Grecs ; cela mena à la déformation et à la 

distorsion de mots, aux modifications de sens, et au fréquent 

remplacement d’idées et de termes purement locaux et nationaux par 

d’autres plus généraux ». 

Si l’intention du Dr Kastein était de dissimuler ce qui se passa, les 

mots employés dans cet exemple ont été choisis négligemment : un 

sujet n’est pas rendu « compréhensible » aux autres en le déformant et 

en le distordant, en en changeant le sens, et en remplaçant des termes 

précis par des termes ambigus. Qui plus est, un érudit judaïque aussi 

savant que lui devait savoir ce que l’Encyclopaedia Juive rapporte, qui 

est que le Talmud postérieur « interdisait même l’enseignement de la 

Torah à un gentil, quiconque l’enseignant “méritant la mort” ». En fait, 

le Talmud voyait un tel danger dans l’acquisition par les païens de la 

connaissance de la Loi, qu’il mit en place la Torah orale en tant que 

dernier dépositaire des secrets de Jéhovah, à l’abri de tout œil gentil. 

Si à l’époque les écritures judaïques furent traduites en grec, ce 

n’était pas dans l’intérêt des Grecs (le Dr Kastein écrivait pour un 

public en majorité gentil). La raison, très certainement, était que les 

juifs eux-mêmes avaient besoin de la traduction. Les Judaïtes avaient 

perdu leur langue hébraïque à Babylone (par la suite, elle devint un 

mystère sacerdotal, « un des liens spirituels secrets grâce auquel les 

judaïstes de la Diaspora sont restés unis », selon le Dr Kastein), et 

parlaient l’araméen. Or, le plus grand groupe homogène de juifs se 

trouvait à Alexandrie, où le grec devint leur langue quotidienne ; 

nombre d’entre eux ne comprenaient plus l’hébreu et une version 

 67 

grecque de leur Loi était nécessaire en tant que base pour les 

interprétations rabbiniques de cette dernière. 

Surtout, les anciens ne pouvaient pas prévoir que des siècles plus 

tard, s’élèverait une nouvelle religion dans le monde, qui reprendrait 

leurs écritures comme faisant partie de sa propre Bible, et porterait 

ainsi « la Loi mosaïque » au regard de toute l’humanité. Si cela avait été 

anticipé, la traduction grecque aurait bien pu ne jamais être réalisée. 

Néanmoins, les prêtres rappelèrent manifestement aux 

traducteurs que leur travail soumettrait « la Loi » pour la première fois 

au regard scrutateur des gentils ; d’où les distorsions, déformations, 

modifications et remplacements mentionnés par le Dr Kastein. Un 

exemple de cela est apparemment donné par le Deutéronome 32:21 ; la 

traduction qui a été transmise aux païens fait vaguement allusion à 

« une nation insensée », alors que dans l’original hébreu, d’après 

l’Encyclopaedia Juive, il est fait référence aux « infâmes et vicieux 

gentils ».  

Qu’est-ce qui fut traduit ? D’abord, les cinq livres de la Loi – la 

Torah. Après que la « Nouvelle Alliance » eut été imposée par la force 

sur les Jérusalémites par Esdras et Néhémie, les prêtres à Babylone 

avaient encore apporté une autre révision : « Une fois encore, des 

éditeurs anonymes prêtèrent à leur histoire passée, leurs traditions, lois 

et coutumes, une signification totalement conforme à la théocratie et 

applicable à ce système de gouvernement… La forme que la Torah 

reçut alors était la forme finale et concluante qui ne devait pas être 

altérée d’un iota ; pas une seule pensée, un seul mot ou une seule 

lettre ne devait en être changé. » 

Quand, à maintes reprises, des hommes mortels « prêtent un 

sens » à quelque chose qui est déjà censé être immuable, et font entrer 

de force toute la tradition spirituelle dans le cadre de leur ambition 

politique mondiale, ce qui reste ne peut être une révélation originelle 

de Dieu. Ce qui s’était passé était que la tradition ancienne israélite 

avait été supprimée et annulée, et à sa place la loi raciale judaïque 

avait adopté une « forme finale et concluante ». 

La même méthode fut suivie pour la compilation des autres livres, 

historiques, prophétiques ou lyriques. Le livre de Daniel, par exemple, 

fut achevé à peu près à ce moment-là, c’est-à-dire environ quatre cents 

ans après les événements qui y sont rapportés ; pas étonnant que 

l’auteur anonyme se soit trompé sur tous les faits historiques. Le Dr 

Kastein est franc sur la manière dont ces livres furent produits : 

« Les éditeurs qui donnèrent la forme finale aux livres de Josué, des 

Juges, de Samuel et des Rois rassemblèrent chaque fragment » (des 

anciens enseignements et traditions) et « les interprétèrent de manière 

créative… Il était impossible, une fois pour toutes, d’attribuer des 

 68 

paroles spécifiques à des personnes spécifiques, car elles avaient 

travaillé de manière anonyme tellement souvent, et, comme les 

éditeurs, étaient plus concernées par le sujet que par l’exactitude 

philologique, qu’elles se contentèrent d’enchaîner les dires des 

prophètes du mieux qu’elles le purent. » (Cette méthode pourrait 

expliquer l’attribution de la même prophétie « messianique » à deux 

prophètes, Isaïe 2, 42-4, et Michée 4, 1-4, et les nombreuses 

répétitions qu’on trouve dans les autres livres). 

Le sujet, alors, était ce qui importait, et non la vérité historique ou 

« l’exactitude philologique », ou la parole de Dieu. Le sujet était le 

nationalisme politique dans la forme la plus extrémiste que l’homme 

ait jamais connue, et la conformité à ce dogme était la seule règle qui 

devait être observée. La manière dont ces livres furent compilés, après 

qu’Israël se fut affranchie de Juda, et les raisons de cela, sont 

évidentes pour quiconque étudie leur origine. 

Ce qui en sortit, le développement sur cinq ou six cents ans et le 

travail de générations de prêtres politiques, fut le livre traduit en grec 

aux alentours de 150 av. J.-C. Après la période où vécut Jésus, ce livre 

et le Nouveau Testament furent traduits en latin par saint Jérôme, 

quand tous les deux « en vinrent à être considérés par l’Église comme 

étant d’égale autorité divine et comme faisant partie d’un seul Livre . » 

(d’après une encyclopédie moderne typique) ; une affirmation 

philosophique qui fut officiellement confirmée par le Concile de Trente 

au XVIe siècle de notre ère et adoptée par presque toutes les églises 

protestantes, bien que sur ce sujet elles auraient pu trouver des 

raisons valides de protester. 

Au vu des changements apportés dans la traduction (voir les dires 

du Dr Kastein cités plus haut), nul hormis des érudits judaïstes ne 

pourrait aujourd’hui dire dans quelle mesure l’Ancien Testament dans 

l’original hébeu-araméen se rapproche de la version transmise, à partir 

de la première traduction en grec, comme l’une des deux parties de la 

Bible de la chrétienté. Des modifications nettement considérables 

furent apportées, et outre cela, il y a la « Torah orale » et la 

continuation talmudique de la Torah, si bien que le monde gentil n’a 

jamais connu toute la vérité de la Loi judaïque.  

Néanmoins, toute son essence se trouve dans l’Ancien Testament 

tel qu’il a été transmis à la chrétienté, et cela est une chose 

surprenante. Quoi qu’on ait pu supprimer ou modifier, la divinité 

tribale et vengeresse, la doctrine sauvage et la loi de la destruction et 

de l’asservissement restent évidentes pour tous, suffisamment pour 

être sujet à réflexion. Le fait est qu’aucun montant de déformation, de 

distorsion, de modification ou autre subterfuge ne put dissimuler la 

nature de la Loi judaïque, une fois traduite ; même si du vernis y fut 

déposé, l’écriture en dessous reste claire, et ceci est la meilleure 

 69 

preuve que, quand la première traduction fut autorisée, le public 

universel qu’elle atteindrait finalement n’était pas prévu. 

Avec cette traduction, l’Ancien Testament, tel que nous l’appelons 

et le connaissons maintenant, pénétra en Occident, son enseignement 

de haine raciale et de destruction quelque peu mitigé par les 

corrections. C’était avant que l’histoire de l’Occident n’ait même 

véritablement débuté. 

Quand l’âge de l’Occident (et du christianisme) atteignit dix-neuf 

siècles et demi, ses dirigeants politiques, craignant fortement la secte 

centrale du judaïsme, avaient déjà commencé à parler de l’Ancien 

Testament de manière craintive et pieuse, comme s’il était la meilleure 

moitié du Livre selon lequel ils professaient de vivre. Néanmoins, ce 

Livre était, comme il l’avait toujours été, la Loi de la destruction et de 

l’asservissement de leurs propres peuples, et tous leurs actes, sous la 

servitude qu’ils acceptaient, menaient vers ce but. 

 

 

Chapitre 8 

LA LOI ET LES IDUMEENS 

Tandis que les écritures judaïques, ainsi compilées et ainsi 

traduites, faisaient leur chemin depuis les juifs alexandrins, en 

passant par les Grecs, jusqu’aux autres païens, les chefs suprêmes 

perses, grecs et romains se succédaient dans la petite Judée. 

Ces siècles chaotiques amenèrent dans leur sillon le second 

événement significatif de cette période : la conversion forcée des 

Iduméens au jéhovisme (« judaïsme » est un mot apparemment utilisé 

pour la première fois par l’historien judéen Josèphe pour indiquer la 

culture et le mode de vie en Judée – tout comme « l’hellénisme » 

décrivait ceux de la Grèce – et n’avait à l’origine aucune connotation 

religieuse. À défaut d’un terme plus approprié, il sera dorénavant 

utilisé dans ce livre pour identifier la religion raciale installée par les 

Lévites dans leur perversion de la « Loi mosaïque » ). 

Seule une autre conversion de masse au judaïsme est attestée par 

l’Histoire, elle eut lieu huit ou neuf siècles plus tard, et fut 

d’importance immédiate pour notre génération actuelle, comme on le 

montrera. La conversion individuelle, d’autre part, était fréquente à 

cette époque, et apparemment encouragée même par les rabbins, car 

Jésus lui-même, selon saint Matthieu, dit aux scribes et aux 

pharisiens, sur un ton de réprimande, qu’ils « parcour[ai]ent terre et 

mer pour faire un prosélyte ». 

Ainsi, pour une raison quelconque, l’interdit racial introduit par la 

seconde Loi et la Nouvelle Alliance n’était-il pas imposé à l’époque. 

Peut-être l’explication est-elle d’ordre numérique ; si la loi raciale avait 

été strictement imposée, la petite tribu de Juda se serait éteinte et les 

prêtres, avec leur doctrine, seraient restés comme des généraux avec 

un plan de bataille, mais sans armée. 

De toute évidence et quelle qu’en soit la raison, il y eut beaucoup 

de mélanges. L’’Encyclopaedia Juive dit que « la Juda du début et la 

Juda d’après tirèrent leurs force de l’absorption d’étrangers », et 

d’autre autorités en conviennent, si bien que toute tribu de Juda ayant 

un semblant de race pure dut disparaître plusieurs siècles avant le 

Christ, au plus tard. 

Néanmoins, la Loi raciale resta pleine de vigueur, non affaiblie par 

ces exceptions, de sorte que durant l’ère chrétienne, le prosélytisme 

cessa pratiquement et les Judaïtes du monde, même si manifestement 

ils ne descendaient pas de Juda, redevinrent une communauté 

séparée de l’humanité par un interdit racial rigide. L’exclusion raciale 

 71 

demeura, ou redevint, le principe suprême du sionisme officiel, et le 

jugement talmudique était que « les prosélytes sont autant nuisibles 

au judaïsme que les ulcères à un corps en bonne santé ». 

Les sionistes fervents se tapent toujours la tête contre un mur de 

lamentations quand ils examinent le cas des Iduméens, ce qui, 

déclarent-ils, confirme la maxime citée au-dessus. La question de 

savoir ce qu’il fallait faire d’eux résultait apparemment des propres 

tours de passe-passe réalisés par les prêtres sur l’Histoire et La Loi. 

Dans le premier livre historique, la Genèse, les Iduméens sont décrits 

comme la tribu descendant d’Ésaü (« Ésaü le père des Édomites »), qui 

était le propre frère de Jacob-dit-Israël. La parenté entre Juda et Édom 

faisait apparemment partie de la tradition originelle, si bien que le 

statut spécial des Iduméens était encore reconnu quand le 

Deutéronome fut produit en 621 av .J.-C., l’Éternel « disant [alors] à 

Moïse » : 

 “Et ordonne au peuple, dis-leur : Vous allez passer sur la frontière 

de vos frères les enfants d’Édom… Ne les attaquez pas ; Car je ne 

vous donnerai pas leur terre, non, pas même une largeur de pied… 

Et nous passâmes à distance de nos frères les enfants d’Ésaü… » 

Quand les Nombres furent écrits, environ deux cents ans plus 

tard, cette situation avait changé. À l’époque, Esdras et Néhémie, 

escortés par les soldats perses, avaient imposé leur Loi raciale sur les 

Judaïtes, et les Iduméens, comme les autres peuples voisins, étaient 

devenus hostiles (pour exactement les mêmes raisons qui causent 

l’hostilité arabe aujourd’hui). 

Ils apprirent dans les Nombres que, loin de ne pas être 

« attaqués », ils étaient dorénavant marqués pour la « destruction 

totale ». Ainsi, dans les Nombres, Moïse et ses disciples « [ne] passent 

[plus] à distance de nos frères les enfants d’Ésaü » ; ils exigent de 

passer par le territoire iduméen. Le roi d’Idumée leur refuse la 

permission, sur quoi Moïse prend un autre itinéraire et l’Éternel lui 

promet qu’ « Édom deviendra une possession ». 

D’après d’autres passages de La Loi, les Iduméens en vinrent à 

apprendre le sort des villes ainsi appropriées ; dans ces dernières, rien 

qui respire ne devait rester en vie. (Les scribes traitèrent les Moabites 

de la même manière ; dans le Deutéronome, il est ordonné à Moïse : 

« N’afflige pas les Moabites, ne mène pas bataille contre eux non plus ; 

car je ne te donnerai pas leur terre pour possession » ; dans les 

Nombres, le commandement divin est que les Moabites soient détruits). 

À partir d’environ 400 av. J.-C., donc, les tribus voisines – y 

compris les Iduméens – commencèrent à craindre et à se méfier des 

Judéens. Les faits leurs donnèrent raison, car durant le bref 

renouveau de Juda sous les Hasmonéens, Jean Hyrcan, qui était le roi 

 72 

et le Grand prêtre de Judée, s’abattit sur eux, et à la pointe de l’épée 

les força à se soumettre à la circoncision et à la Loi mosaïque. Sur les 

deux versions de La Loi (« ne pas attaquer » et « s’approprier »), il obéit 

à la seconde, ce qui aurait pu être une solution satisfaisante si l’affaire 

s’était terminée là, car tout bon rabbin aurait pu lui dire que l’un ou 

l’autre décret, ou aucun, ou les deux, étaient justes (« Si les rabbins 

appellent la gauche la droite et la droite la gauche, on doit le croire », le 

Dr William Rubens). 

Mais l’affaire n’en resta pas là. Une loi mise en place de cette 

façon, pour un seul problème résolu, en crée un nouveau. Ayant « pris 

possession », Jean Hyrcan devait-il « détruire totalement » et « ne rien 

laisser qui respire en vie » de « nos frères, les enfants d’Ésaü » ? Il 

désobéit à cette loi-là, et se contenta d’une conversion forcée. Mais en 

agissant ainsi, il se rendait transgresseur majeur, comme longtemps 

avant lui Saül, le premier roi du royaume uni d’Israël et de Juda. Pour 

exactement la même chose, en arrêtant brusquement la destruction 

totale (en épargnant le roi Agag et quelques bêtes), Saül avait été 

répudié, détrôné et détruit (d’après la version lévitique de l’histoire). 

Jean Hyrcan avait affaire à deux partis politiques. Parmi ces deux 

partis, les modérés sadducéens, qui soutenaient la monarchie, 

soumirent sans doute au Conseil la décision d’épargner les Iduméens, 

et simplement d’en faire des juifs par la force. L’autre parti était celui 

des pharisiens, qui représentaient l’ancienne caste despotique des 

prêtres lévites, et désiraient la restaurer dans sa pleine souveraineté. 

On peut supposer que ces pharisiens fanatiques, en tant 

qu’héritiers des Lévites, lui auraient fait exiger la rigueur totale de la 

Loi, et « détruire totalement » les Iduméens. Ils continuèrent à 

s’opposer à lui avec acharnement (tout comme Samuel s’opposa à 

Saül), et à œuvrer pour renverser la monarchie. Ce qui est d’intérêt 

particulier aujourd’hui, c’est qu’il prétendirent par la suite que sa 

clémence envers les Iduméens entraîna l’entière catastrophe qui 

s’ensuivit pour la Judée ! Ils virent dans la seconde destruction du 

Temple et l’extinction de la Judée en 70 ap. J.-C., la peine ordonnée 

pour l’échec de Jean Hyrcan à observer la Loi ; comme Saül, il avait 

« enfreint ». 

Les pharisiens durent attendre environ 150 ans pour avoir la 

preuve de cet argument, et si tant est que c’était une preuve, elle l’était 

pour eux uniquement. Issu des Iduméens convertis, arrivva un certain 

Antipater, qui obtint les hautes faveurs à la petite cour de Jérusalem 

(tout comme le Daniel légendaire s’était élevé à la cour bien plus 

importante de Babylone et à la cour tout aussi importante de Perse). 

Les pharisiens eux-mêmes firent appel au triumvir, Pompée, pour 

intervenir en Judée et restaurer l’ancienne caste des prêtres tout en 

abolissant la petite monarchie. Leur plan tourna mal ; bien que la 

 73 

dynastie hasmonéenne fût certes exterminée durant les décennies 

chaotiques de petites guerres et insurrections qui suivirent, Antipater 

l’Iduméen s’éleva au point où César le fit procureur de Judée, et son 

fils, Hérode, fut fait roi de Judée par Antoine ! 

Suite à cela, la confusion totale régna dans la petite province, si 

bien que même l’ombre de l’indépendance disparut, et Rome, ne 

laissant plus d’autres choix, se mit à gouverner le pays directement. 

Les pharisiens, en tant qu’auteurs de l’intervention romaine, 

étaient apparemment à blâmer pour ce dénouement. Ils rejetèrent la 

faute sur « la demie caste » et « l’esclave iduméen », Hérode. Si Jean 

Hyrcan avait juste « observé la Loi » et « détruit totalement » les 

Iduméens 150 ans plus tôt, tout cela ne serait pas arrivé, disaient-ils. 

Il est éclairant de voir avec quelle colère amère le Dr Josef Kastein, 

deux mille ans plus tard, a repris ce reproche, comme si c’était un 

évènement de la veille. En tant que sioniste du XXe siècle, qui écrivait 

au temps de la montée d’Hitler au pouvoir en Allemagne, il était 

convaincu que cette offense envers la loi raciale avait amené la 

seconde calamité sur la Judée. 

Toutefois, la calamité de Judée fut aussi la victoire des pharisiens, 

comme on le verra – et cela est typique des paradoxes dont l’histoire de 

Sion abonde depuis son début. 

 

 

Chapitre 9 

LA MONTEE DES PHARISIENS 

Ces pharisiens, qui formaient le parti politique le plus nombreux 

de la petite province romaine de Judée, comprenaient la secte interne 

dominante, auparavant représentée par les prêtres lévites. Ils se firent 

les messagers de l’idée lévitique dans sa forme la plus fanatique, telle 

qu’elle avait trouvé son expression chez Ézéchiel, Esdras et Néhémie ; 

ils prêtèrent serment à « l’observance stricte de la pureté lévitique », 

nous dit l’Encyclopaedia Juive. 

Tout comme les Lévites avaient triomphé des protestataires 

israélites et avaient réussi à couper Juda de ses voisins, leurs 

successeurs, les pharisiens, se tenaient prêts comme eux à écraser 

toute tentative de réintégrer les Judéens dans l’humanité. Ils étaient 

les gardiens de l’idée destructrice, et le prochain chapitre dans 

l’histoire de Sion devait être celui de leur victoire ; comme dans le cas 

des Lévites, l’arrière-plan devait être celui de Jérusalem détruite. 

Parmi les prêtres eux-mêmes, le passage des générations avait 

produit une sorte de révolte envers le procédé de modification 

continuelle de la Loi, commencé par les scribes de l’école d’Ézéchiel et 

d’Esdras. Ces prêtres maintenaient que la Loi était dorénavant 

immuable et ne devait pas être « réinterprétée » plus avant. 

À ce défi (qui porte atteinte au fondement même du nationalisme 

judaïste), les pharisiens, en ennemis mortels, opposèrent leur 

réponse : ils étaient les gardiens des « traditions » et de cette Loi orale 

directement transmise par Dieu à Moïse, qui ne devait jamais être mise 

par écrit mais qui régissait tout le reste de la Loi. Cette déclaration de 

posséder les secrets de Dieu (ou, en vérité, d’être Dieu) est au cœur de 

la crainte mystique avec laquelle tant de générations de juifs 

considèrent « les sages » ; elle possède un pouvoir de terrifier auquel 

même les êtres éclairés se trouvant à la périphérie de la communauté 

juive ne peuvent échapper. 

Néanmoins, l’élan instinctif de se libérer de cette servitude a de 

tous temps produit un parti modéré dans le judaïsme, et à cette 

époque-là, c’était celui des sadducéens, qui représentaient la majeure 

partie des prêtres et militaient pour « maintenir la paix de la ville » et 

éviter les conflits violents avec les chefs suprêmes romains. Les 

pharisiens et les sadducéens étaient des ennemis jurés. Cette 

dissension interne parmi les juifs dure depuis deux-mille cinq cents 

ans, et continue à notre époque. 

 75 

Elle est surtout d’un intérêt théorique pour le reste de l’humanité 

(même si on doit en tenir compte), parce que l’Histoire montre que 

lorsqu’un conflit pour ou contre « la recherche de la paix de la ville »  a 

atteint son paroxysme, le parti de la ségrégation et de la destruction l’a 

toujours emporté, et les rangs judaïstes ont fermé la marche. Le 

présent siècle a donné le dernier exemple de cela. Au début de celui-ci, 

les communautés juives d’Allemagne, d’Angleterre et d’Amérique (qui 

peuvent être comparées aux sadducéens) étaient implacablement 

hostiles aux sionistes de Russie (les pharisiens), mais en cinquante 

ans le parti extrémiste s’était rendu le porte-parole exclusif des « juifs » 

auprès des gouvernements occidentaux, et avait réussi à réduire 

presque toute opposition parmi les communautés juives du monde. 

Les pharisiens occupent la seconde place dans la lignée de la secte 

qui a provoqué d’aussi importants événements à notre époque. La 

descendance commence par les Lévites de Babylone, puis passe par les 

pharisiens de Jérusalem, les talmudistes d’Espagne et les rabbins de 

Russie, jusqu’aux sionistes d’aujourd’hui. 

Le nom « pharisien », selon les autorités judaïstes, signifie « celui 

qui se détache » ou qui reste à l’écart des personnes ou des choses 

impures, afin d’atteindre le niveau de la sainteté et de la droiture 

requises de ceux qui veulent communier avec Dieu. Les pharisiens 

formaient une ligue ou une fraternité propres, admettant au sein de 

leurs assemblées les plus secrètes seuls ceux qui, en présence de trois 

membres, faisaient vœu de stricte observance de la pureté lévitique. Ils 

furent les spécialistes les plus anciens de la conspiration secrète en 

tant que science politique. 

L’expérience et le savoir acquis par les pharisiens peuvent être 

retracés clairement dans les méthodes utilisées par les partis 

conspirationnistes ayant émergé en Europe au cours des deux siècles 

derniers, en particulier dans les méthodes de la révolution destructrice 

d’Europe, qui fut organisée par les juifs et menée par les juifs. 

Par exemple, à l’origine, les pharisiens imaginèrent la méthode de 

base, reposant sur la peur et la suspicion mutuelles ; méthode par 

laquelle de nos jours les conspirateurs restent unis et les groupes de 

conspirateurs sont renforcés. C’est le système d’espionnage-des- 

espions et d’informateurs-parmi-les-informateurs sur lequel le Parti 

communiste est fondé (ainsi que son Armée rouge, dont les règlements 

officiels montrent que le « commissaire politique du peuple » et 

« l’informateur » sont partie reconnue de la structure militaire, depuis 

le niveau de haut commandement jusqu’à celui des adjudants). 

Les pharisiens employèrent d’abord ce moyen, en le fondant sur 

un passage du Lévitique : « Tu mettras un garde autour de mon garde » 

(cité par l’Encyclopaedia Juive d’après l’original en hébreu, en usage 

 76 

parmi les juifs). On ne peut guère comprendre la nature de la machine 

révolutionnaire qui fut mise en place en Europe au XIXe siècle si l’on 

ne prend pas en compte le savoir et l’instruction talmudiques, dont la 

plupart des organisateurs et chefs ont hérité ; et les pharisiens furent 

les premiers talmudistes. Ils se réclamaient de l’autorité divine pour 

toute décision de leurs scribes, même en cas d’erreur, et ceci est un 

concept souverain du Talmud. 

L’idée messianique, qui devait avoir d’importantes conséquences 

au cours des siècles, émergea d’abord sous la domination des 

pharisiens. Cette idée était inconnue des anciens prophètes israélites ; 

ils n’avait jamais admis la notion d’une race supérieure exclusive, et 

donc n’avaient pu être au courant du concept consécutif qui en 

découlerait, celui d’un visiteur qui viendrait en personne installer sur 

terre le royaume suprême de cette race supérieure exclusive. 

La nature de cet événement messianique est claire, pour les 

autorités judaïstes. L’Encyclopaedia Juive dit que la conception qu’en 

avaient les pharisiens était que « la royauté de Dieu sera[it] 

universellement reconnue dans le futur… La royauté de Dieu excluait 

toutes les autres ». Comme Jéhovah, d’après la Torah ancienne, ne 

« connaissait » que les juifs, cela signifiait que le monde appartiendrait 

aux juifs. Si un quelconque doute subsistait, le Talmud, plus récent, 

en apportait la confirmation en déclarant que « les non-juifs sont, en 

tant que tels, exclus de l’admission à un monde futur » (l’ancien rabbin 

Laible). 

La masse des Judéens s’attendait indubitablement à ce que 

« l’Oint », quand il viendrait, réinstaure leur gloire nationale ; dans le 

parfait État théocratique, il serait leur chef spirituel mais aussi leur 

chef temporel, qui réunirait le peuple dispersé dans un royaume 

suprême de ce monde. L’idée messianique, tandis qu’elle prenait forme 

sous les pharisiens, n’était pas une attente d’un quelconque royaume 

céleste sans rapport avec le triomphe matériel sur terre, ou en tout cas 

ce n’était pas cela pour les masses. 

L’attente messianique, à vrai dire, devait en un sens être le 

résultat logique et naturel du propre enseignement de la secte. Les 

pharisiens, comme les Lévites dont ils perpétuaient le message, 

prétendaient tout savoir, depuis la date de la création du monde, et 

son but, à la manière dont devait triompher le peuple spécial. 

Il n’y avait qu’une chose qu’ils ne déclaraient jamais : le moment 

de ce glorieux couronnement. Le fardeau de l’observance qu’ils 

déposaient sur le dos du peuple était dur, néanmoins, et il n’était que 

naturel que, tels des détenus purgeant leur peine, le peuple réclame de 

savoir quand il serait libre. 

 77 

Cela semble être l’origine du messianisme. La foule qui avait 

autrefois « pleuré » en entendant les paroles de la Nouvelle Loi 

supportait maintenant sa rigueur depuis quatre cents ans. 

Spontanément, la question jaillissait d’eux : Quand ? Quand le 

glorieux couronnement, la fin miraculeuse, viendraient-ils ? Ils 

« accomplissaient tous les lois et jugements », et cet accomplissement 

signifiait une lourde tâche et un fardeau quotidiens. Ils faisaient tout 

cela sous « une alliance » qui promettait une récompense spécifique. 

Quand cette récompense serait-elle leur ? Leurs dirigeants étaient en 

communion directe avec Dieu et connaissaient les mystères de Dieu ; 

ils devaient être capables de répondre à cette question, Quand ? 

C’était la seule question à laquelle les pharisiens ne savaient pas 

répondre. Ils semblent qu’ils donnèrent la réponse la plus ingénieuse 

qu’ils purent concevoir : même s’ils ne diraient pas quand, ils diraient 

qu’un jour « le Messie, le Prince » apparaîtrait (Daniel), et alors il lui 

serait donné « domination et gloire, et un royaume, et tous les peuples, 

nations et langues devraient le servir ».  

Ainsi, l’esprit comprimé et ghettoïsé judéen fut-il anesthésié par la 

promesse d’un visiteur ; le messianisme apparut et produisit les 

vagues récurrentes d’anticipation frénétique, dont la dernière en date 

est celle dont notre XXe siècle fait actuellement l’expérience. 

Tel était le décor de la scène quand, il y a presque deux mille ans, 

l’homme de Galilée apparut. À cette époque, les Judéens qui étaient 

restés en Judée avaient passé les derniers six cents ans depuis leur 

expulsion par Israël, dans ce que de nos jours le Dr John Goldstein 

appelle « l’obscurité juive », et à la fin de cette période ils en étaient 

venus à attendre et à espérer le Messie libérateur. 

Le visiteur qui apparut alors déclara leur montrer la voie du 

« royaume des cieux ». Il était exactement le chemin opposé à celui qui 

menait par-dessus les nations en ruines à un temple rempli d’or, vers 

lequel les pharisiens leur faisaient signe en criant « Rendez 

observance ! » 

Les pharisiens étaient puissants, et le « gouverneur » étranger 

reculait devant leurs menaces (le tableau ressemblait beaucoup à celui 

d’aujourd’hui) ; et parmi le peuple, ceux qui voyaient en ce nouveau 

venu le Messie qu’ils espéraient, malgré son mépris des récompenses 

de ce monde, se mettaient en danger de mort en l’affirmant. Ils 

« transgressaient », et le dirigeant romain, comme le roi perse cinq 

cents ans plus tôt, était prêt à faire respecter « la Loi ». 

De toute évidence, beaucoup parmi ces gens n’étaient que trop 

prêts à écouter – si on le leur permettait – quiconque pourrait leur 

montrer la voie hors de leur obscurité, pour entrer dans la lumière et 

la communauté de l’humanité. Cependant, la victoire était avec les 

 78 

pharisiens (comme avec les Lévites de jadis), si bien qu’encore une fois, 

beaucoup parmi ces gens eurent des raisons de pleurer, et la force 

catalytique fut préservée intacte. 

 

 

Chapitre 10 

L’HOMME DE GALILEE 

À la naissance de Jésus, l’espoir vibrant qu’un être merveilleux 

était sur le point d’apparaître était généralisé parmi les Judéens. Ils se 

languissaient d’avoir la preuve que Jéhovah avait l’intention de 

maintenir l’Alliance avec son peuple élu, et les scribes, réagissant à la 

pression de ce désir populaire, avaient progressivement introduit dans 

les écritures l’idée de l’Oint, du Messie, qui viendrait remplir son 

engagement. 

Les Targams – les commentaires rabbiniques de la Loi – disaient : 

« Comme il est beau, le roi Messie qui s’élèvera de la maison de Juda. 

Il se préparera et s’avancera pour la bataille contre ses ennemis, et de 

nombreux rois seront tués ». 

Ce passage montre que les Judéens avaient été amenés à espérer. 

Ils attendaient un Messie militant et vengeur (dans la tradition de 

« tous les premiers-nés d’Égypte » et de la destruction de Babylone) qui 

briserait les ennemis de Juda « avec une verge de fer » et « les mettrait 

en pièces comme un vase de potier », qui leur amènerait l’empire de ce 

monde et l’accomplissement littéral de la Loi tribale ; car c’était ce que 

des générations de pharisiens et de Lévites avaient prédit. 

L’idée d’un Messie humble qui dirait « aime tes ennemis » et serait 

« méprisé et rejeté des hommes, un homme de douleur » n’était pas du 

tout présente dans l’opinion publique et aurait été « méprisée et 

rejetée » si quiconque avait amené l’attention sur ces paroles d’Isaïe 

(qui ne prirent leur sens qu’après que Jésus eut vécu et fut mort). 

Pourtant, l’être qui apparut, même s’il était humble et enseignait 

l’amour, prétendait apparemment être ce Messie, et fut acclamé 

comme tel par de nombreuses personnes ! 

En quelques mots, il balaya la totalité de la politique raciale, que 

la secte dirigeante avait entassée par-dessus l’ancienne loi morale, et 

tel un archéologue, ramena au grand jour ce qui avait été enterré. Les 

pharisiens reconnurent immédiatement un « prophète et rêveur de 

rêves » des plus dangereux. 

Le fait qu’il trouva tant de disciples parmi les Judéens montre 

que, même si la majorité des gens voulaient un Messie militant et 

nationaliste qui les libérerait des Romains, beaucoup parmi eux 

devaient réaliser inconsciemment que leur véritable captivité était 

d’ordre spirituel et pharisaïque, plutôt que romain. Néanmoins, le 

peuple répondit mécaniquement à l’accusation des politiciens 

 80 

pharisaïques selon laquelle l’homme était un blasphémateur et un 

faux Messie. 

Par cette réponse, ils léguèrent à toutes les futures générations de 

juifs un doute torturant, et pas moins insistant parce qu’il ne devait 

pas être prononcé (car le nom de Jésus ne peut même pas être 

mentionné dans une maison juive pieuse) : le Messie apparut-il 

uniquement pour se faire rejeter par les juifs, et si ce fut le cas, quel 

est leur avenir, sous la Loi ? 

Quel genre d’homme était-il donc ? Un autre paradoxe dans 

l’histoire de Sion est que les ecclésiatiques et théologiens chrétiens de 

notre génération soutiennent souvent que « Jésus était un juif », alors 

que les sages judaïstes refusent de permettre cela (les rabbins 

sionistes qui racontent occasionnellement aux publics politiques ou 

« inter-religieux » que Jésus était un juif ne font pas vraiment 

exception à la règle ; ils ne feraient pas cette déclaration parmi les juifs 

et cherchent à produire un effet parmi les auditeurs non-juifs, pour 

des raisons politiques).2 

Cette affirmation publique, « Jésus était un juif », est toujours 

utilisée à notre époque pour des raisons politiques. Elle est souvent 

employée pour étouffer les objections à l’influence sioniste en politique 

internationale ou à l’invasion sioniste de la Palestine, la suggestion 

étant que, comme Jésus était un juif, nul n’a le droit de s’opposer à 

quoi que ce soit se présentant comme étant fait au nom des juifs. 

L’absurdité du raisonnement est évidente, mais les foules sont 

touchées par de telles expressions, et le résultat paradoxal, une fois 

encore, est que cette déclaration, des plus offensantes pour les juifs 

littéraux, est le plus fréquemment faite par des hommes politiques et 

des ecclésiastiques non-juifs qui recherchent les faveurs des juifs. 

L’abréviation anglaise, « Jew » (« juif « ), est récente et ne 

correspond à rien qui soit dénoté par les termes « Judaïte » ou 

« Judéen » en araméen, grec ou romain – termes utilisés au temps de 

Jésus. En fait, le nom anglais « Jew » (et le français « juif » – NdT) ne 

peut être défini – si bien que les dictionnaires, qui sont très scrupuleux 

concernant tous les autres mots, en sont réduits à des absurdités 

                                                

2 

 Le rabbin Stephan Wise, l’organisateur en chef sioniste aux États-Unis pendant la période 

1910-1950, utilisa cette expression pour le motif politique évident d’embrouiller les 

auditeurs non-juifs. Prenant la parole lors d’une telle réunion « inter-religieuse » au 

Carnegie Hall durant la période de Noël 1925, il déclara que « Jésus était un juif, pas un 

chrétien » (le christianisme est né à la mort de Jésus). 

À cause de cela, il fut excommunié par l’Orthodox Rabbis Society of the United States [la 

Société des rabbins orthodoxes des États-Unis – NdT], mais une Association de Pasteurs 

Chrétiens « m’acclama comme un frère ». Le rabbin Wise ajoute le commentaire 

caractéristique : « Je ne sais pas ce qui m’a fait le plus mal, être accepté en tant que frère et 

accueilli dans le giron chrétien, ou la violente diatribe des rabbins ».  

 

 81 

aussi flagrantes que « Personne de race hébraïque » ; et l’État sioniste 

n’a aucune définition légale du terme (ce qui est naturel, puisque la 

Torah, qui est la Loi, exige une descendance judaïte pure, et on aurait 

du mal à trouver une personne d’un tel lignage dans le monde entier). 

Si la déclaration « Jésus était un juif » a une signification, donc, 

elle doit s’appliquer aux conditions qui prévalaient à son époque. En ce 

cas, elle signifierait une de ces trois choses, ou toutes les trois : que 

Jésus était de la tribu de Juda (donc un Judaïte) ; qu’il demeurait en 

Judée (donc un Judéen) ; qu’il était religieusement parlant « un juif », 

si une quelconque religion dénotée par ce terme existait à son époque. 

Donc, la race, le lieu de résidence et la religion. 

Ce livre n’est pas le lieu pour débattre de la question de la 

descendance raciale de Jésus, et ce qui est surprenant, c’est que les 

théologiens chrétiens se permettent de faire certaines déclarations. Le 

lecteur devrait se former sa propre opinion, s’il désire en avoir une sur 

la question. 

La généalogie de Marie n’est pas donnée dans le Nouveau 

Testament, mais trois passages sembleraient sous-entendre qu’elle 

était de descendance davidique ; saint Matthieu et saint Luc remontent 

la descendance de Joseph à David et Juda, mais Joseph n’était pas le 

père biologique de Jésus. Les autorités judaïstes discréditent toutes 

ces références de descendance, affirmant qu’elles furent insérées pour 

faire correspondre le récit à la prophétie. 

Quant au lieu de résidence, saint Jean déclare que Jésus est né à 

Bethléem en Judée, par le hasard que sa mère dut y venir depuis la 

Galilée pour se faire enregistrer ; les autorités judaïstes, encore, 

maintiennent que cela fut ajouté pour que le compte rendu concorde 

avec la prophétie de Michée qu’ « un souverain viendrait de Bethléem ».  

L’Encyclopaedia Juive soutient que Nazareth était la ville natale de 

Jésus, et à vrai dire, le consensus général est qu’il était Galiléen, 

quelle que soit la possibilité de son véritable lieu de naissance. La 

Galilée, où il passa presque toute sa vie, était d’un point de vue 

politique entièrement séparée de la Judée, sous son propre tétrarque 

romain, et avait avec la Judée des relations de « pays étranger » 

(Graetz). Les mariages entre Judéens et Galiléens étaient interdits et 

même avant la naissance de Jésus, tous les Judéens vivant en Galilée 

avaient été contraints par Siméon Tharsi, un des princes Maccabées, 

d’émigrer en Judée. 

Donc, les Galiléens étaient racialement et politiquement distincts 

des Judéens. 

Ce Galiléen était-il, religieusement parlant, ce que l’on pourrait 

appeler aujourd’hui « un juif » ? Les autorités judaïstes, évidemment, le 

 82 

rejettent des plus vigoureusement ; cette déclaration, souvent 

entendue dans les tribunes et les chaires, pourrait causer une émeute 

à la synagogue. 

Il est difficile de savoir ce que des hommes publics responsables 

peuvent bien signifier quand ils utilisent cette expression. Il n’y avait 

du temps de Jésus aucune religion « juive » (ou même judaïte, judaïste 

ou judéenne). Il y avait le jéhovisme, et il y avait les diverses sectes – 

les pharisiens, sadducéens et Ésseniens – qui se disputaient 

violemment entre eux et luttaient, autour du Temple, pour le pouvoir 

sur le peuple. Ils n’étaient pas seulement des sectes, mais aussi des 

partis politiques, et le plus puissant d’entre eux était les pharisiens 

avec leurs « traditions orales » de ce que Dieu avait dit à Moïse. 

Si aujourd’hui les sionistes sont « les juifs » (et c’est la déclaration 

acceptée par toutes les grandes nations occidentales), alors le parti qui 

en Judée correspondait aux sionistes du temps de Jésus était celui des 

pharisiens. Jésus consacra toute ses forces à attaquer ces pharisiens. 

Il s’en prit aussi aux sadducéens et aux scribes, mais les Évangiles 

montrent qu’il considérait les pharisiens comme l’ennemi de Dieu et de 

l’homme, et qu’il s’exprimait envers eux avec un mépris 

particulièrement éreintant. Les choses qu’il choisit d’attaquer, chez 

eux et dans leur doctrine, sont les choses mêmes que les sionistes 

d’aujourd’hui prétendent être les traits caractéristiques des juifs, de la 

judaïté et du judaïsme. 

Religieusement, Jésus semble à n’en pas douter avoir été l’opposé 

et l’adversaire de tout ce qui aujourd’hui ferait un juif littéral ou aurait 

fait alors un pharisien littéral. 

Nul ne peut dire avec certitude qui ou ce qu’il était, et les 

déclarations suggestives des politiciens non-juifs sonnent aussi faux 

que les pamphlets railleurs qui circulaient dans les ghettos juifs à 

propos du « bâtard ». 

***Ce qu’il a dit et fait est d’une telle importance transcendantale 

que rien d’autre ne compte. Sur une échelle beaucoup moins grande, 

le cas de Shakespeare est quelque peu comparable. La qualité de 

l’inspiration dans ses œuvres est claire, si bien qu’il importe peu qu’il 

les ait écrites ou de savoir qui les a écrites si ce n’est pas lui, et 

pourtant la vaine querelle continue. 

Le fils du charpentier venu de Galilée n’avait manifestement pas 

d’instruction formelle : « Les juifs s’émerveillaient, disant, Comment cet 

homme peut-il connaître les lettres, lui qui n’a jamais appris ? » 

Ce qui est encore plus significatif : il n’avait connu aucune école 

rabbinique, ni aucune éducation sacerdotale. Ses ennemis, les 

pharisiens, en témoignent ; aurait-il été de leur clan ou de leur famille, 

 83 

ils n’auraient pas demandé : « D’où cet homme tient-il cette sagesse, et 

ces miracles ? » 

Ce qui donne à l’enseignement de ce jeune homme illettré son effet 

de révélation aveuglante, la qualité de la lumière qu’on rencontre pour 

la première fois, c’est le fond noir de la Loi lévitique et de la tradition 

pharisaïque, sur lequel il évolua quand il partit en Judée. Même 

encore aujourd’hui, la soudaine plénitude de l’illumination, dans le 

Sermon sur la Montagne, éblouit le chercheur qui émerge d’une 

lecture critique de l’Ancien Testament ; c’est comme si le plein midi 

arrivait à minuit. 

La Loi, quand Jésus arriva pour l’ « accomplir », était devenue une 

énorme masse de législations, étouffante et fatale dans son immense 

complexité. La Torah n’était que le début ; empilés dessus, se 

trouvaient toutes les interprétations, tous les commentaires et les 

jugements rabbiniques ; les sages, tels de pieux vers à soie, tissaient le 

fil toujours plus loin dans l’effort d’y prendre toutes les actions 

humaines imaginables ; des générations de législateurs avaient peiné 

pour en arriver à la conclusion qu’un œuf ne doit pas être mangé le 

jour du Sabbat si la plus grande partie en avait été pondue avant 

qu’une seconde étoile ne soit visible dans le ciel. 

Déjà, la Loi et tous les commentaires nécessitaient une 

bibliothèque à eux seuls, et un comité de juristes internationaux, à qui 

on aurait fait appel pour donner leur opinion, auraient mis des années 

à passer au crible les couches accumulées. 

Le jeune homme sans instruction venu de Galilée tendit un doigt 

et balaya la pile entière, révélant en même temps la vérité et l’hérésie. 

Il réduisit « toute la Loi et les Prophètes » à ces deux commandements : 

Aime Dieu de tout ton cœur et ton prochain comme toi-même. 

C’était l’exposition et la condamnation de l’hérésie fondamentale 

que les Lévites et les pharisiens, au cours des siècles, avaient 

entrelacée dans la Loi. 

Le Lévitique contenait l’injonction, « Aime ton prochain comme toi- 

même », mais elle était régie par la limitation du « prochain » à ses 

semblables Judéens. Jésus rétablit alors la tradition ancienne et 

oubliée de l’amour du prochain sans distinction de race ou de 

croyance ; c’était clairement ce qu’il signifiait par les mots : « Je ne 

suis pas venu pour détruire la loi, mais pour accomplir ». Il en rendit 

la signification évidente quand il ajouta : « Vous avez entendu qu’il a 

été dit… tu haïras ton ennemi. Mais je vous dis, Aimez vos ennemis ». 

(On fait quelquefois l’objection rusée que le commandement spécifique, 

« tu haïras ton ennemi », n’apparaît nulle part dans l’Ancien 

Testament. Ce que Jésus voulait dire était clair ; les innombrables 

injonctions au meurtre et au massacre des voisins qui n’étaient pas 

 84 

des « prochains », dont l’Ancien Testament abonde, requéraient 

assurément la haine et l’hostilité). 

C’était un défi direct à la Loi telle que les pharisiens la 

représentaient, et Jésus amena le défi plus loin en refusant 

délibérément de jouer le rôle du libérateur et du conquérant 

nationaliste du territoire pour lequel les prophéties avaient lancé l’idée 

du Messie. Il aurait probablement pu avoir beaucoup plus de disciples, 

et peut-être le soutien des pharisiens, s’il avait accepté ce rôle. 

Son reproche, à nouveau, fut laconique et clair : « Mon royaume 

n’est pas de ce monde… Le royaume des Cieux est en vous… Ne vous 

amassez pas de trésors sur la terre… mais amassez vous des trésors 

dans les cieux, où ni les mites ni la rouille ne détruisent, et où les 

voleurs ne percent ni ne dérobent ». 

Tout ce qu’il disait, avec des mots aussi simples que ceux-là, était 

un défi calme mais franc aux hommes les plus puissants de son temps 

et de son lieu, et un coup porté aux fondations de la doctrine que la 

secte avait élaborée au cours des siècles. 

Ce que la totalité de l’Ancien Testament enseignait dans des 

centaines des pages, le Sermon sur la Montagne le réfutait en quelques 

mots. Il opposait l’amour à la haine, la miséricorde à la vengeance, la 

charité à la malveillance, l’amitié entre voisins à la ségrégation, la 

justice à la discrimination, l’affirmation (ou la réaffirmation) au déni, et 

la vie à la mort. Il commençait (comme les chapitres du Deutéronome 

sur les « bénédictions-ou-malédictions ») par les bénédictions, mais la 

ressemblance s’arrêtait là. 

Le Deutéronome offrait des bénédictions matérielles, sous forme de 

territoire, de butin et de massacre, en retour de l’observance stricte de 

milliers de « lois et jugements », certains d’entre eux prescrivant le 

meurtre. Le Sermon sur la Montagne n’offrait aucune récompense 

matérielle, mais enseignait simplement que la conduite morale, 

l’humilité, l’effort pour bien agir, la miséricorde, la pureté, la paix et la 

force d’âme seraient bénis pour eux-mêmes et recevraient une 

récompense spirituelle. 

Le Deutéronome faisait suivre ses « bénédictions » par des 

« malédictions ». Le Sermon sur la Montagne ne prononçait aucune 

menace ; il n’exigeait pas que le transgresseur soit « lapidé à mort » ou 

« pendu à un arbre », ou soit absous de la non-observance au prix d’un 

lavage de mains dans le sang d’une génisse. Le pire qui pouvait arriver 

au pécheur était qu’il soit « le plus petit au royaume des cieux » ; et ce 

à quoi l’obéissant pouvait s’attendre le plus était d’être « appelé grand 

au royaume des cieux ». 

 85 

Le jeune Galiléen n’enseigna jamais la servilité, seulement une 

humilité intérieure, et il fut invariablement et constamment méprisant 

dans une seule direction : son attaque envers les pharisiens. 

Le nom, pharisiens, dénotait qu’ils « restaient à l’écart des 

personnes et des choses impures ». L’Encyclopaedia Juive dit : 

« Seulement quant aux relations avec la populace impure et sale, 

Jésus différa grandement des pharisiens ». L’écho pourrait répondre : 

« Seulement ! » C’était bien sûr le grand clivage, entre l’idée de la 

divinité tribale et l’idée du Dieu universel ; entre la doctrine de la haine 

et l’enseignement de l’amour. Le défi était clair et les pharisiens 

l’acceptèrent immédiatement. Ils commencèrent à garnir leurs pièges, 

de la manière exacte décrite par Jérémie longtemps auparavant : 

« Tous mes familiers guettaient ma faiblesse, se disant, D’aventure il se 

laissera entraîner, et nous aurons l’avantage sur lui, et nous 

vengerons de lui ». 

Les pharisiens l’observaient et demandèrent : « Pourquoi votre 

Maître mange-t-il avec des publicains et des pécheurs ? » (une 

infraction pénale sous leur Loi). Il leur était autant supérieur en débat 

qu’en l’art d’échapper à leurs pièges appâtés, et répondit, 

promptement mais avec calme : « Ce n’est pas ceux qui sont en bonne 

santé qui ont besoin d’un médecin, mais les malades… Je ne suis pas 

venu appeler les justes à la repentance, mais les pécheurs ». 

Ils le suivirent plus loin et virent ses disciples en train d’égrener 

des épis de maïs pour les manger pendant le Sabbat (une autre 

infraction sous la Loi) : « Vois, tes disciples font ce qu’il est illégal de 

faire le jour du Sabbat ». 

Ils le poursuivaient avec de telles interrogations, toujours en 

rapport au rite, et jamais à la foi ou à la conduite ; « pourquoi tes 

disciples transgressent-ils la tradition des anciens, car ils ne se lavent 

pas les mains quand ils mangent du pain ? », « Hypocrites, Isaïe a bien 

prophétisé sur vous, quand il a dit : Ce peuple s’approche de moi par 

la parole et m’honore des lèvres ; mais son cœur est éloigné de moi. 

C’est en vain qu’ils me vénèrent, en enseignant des préceptes qui sont 

des commandements d’hommes. » 

C’était le mensonge absolu : la Loi, accusait-il, n’était pas la loi de 

Dieu mais la loi des Lévites et des pharisiens : « des commandements 

d’hommes » ! 

À partir de cet instant, il ne put y avoir aucun compromis, car 

Jésus se détourna des pharisiens et « appela la multitude, et leur dit : 

Écoutez, et comprenez : Ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche qui 

souille l’homme, mais ce qui sort de la bouche, cela souille l’homme ». 

Par ces paroles, Jésus jetait le dédain public sur l’une des 

prérogatives des prêtres les plus jalousement gardées, impliquant la 

 86 

grande masse des lois alimentaires avec le rituel entier du massacre, 

de l’exsanguination, du rejet de « ce qui meurt de lui-même », et ainsi 

de suite. Tout ceci était sans nul doute un « commandement de 

l’homme », bien qu’attribué à Moïse, et la stricte observance de ce 

rituel alimentaire était considérée comme étant de la plus haute 

importance par les pharisiens ; Ézéchiel (le lecteur s’en souviendra) 

recevant l’ordre du Seigneur de manger des excréments « pour expier 

les iniquités du peuple », avait plaidé son observance inébranlable des 

lois alimentaires et avait vu son supplice quelque peu adouci pour 

cette raison. Même les disciples étaient, apparemment, tellement sous 

l’influence de cette tradition alimentaire qu’ils ne purent comprendre 

comment « ce qui sort de la bouche » pouvait souiller un homme, 

plutôt que ce qui y entrait, et demandèrent une explication, 

remarquant que les pharisiens « étaient offensés, après avoir entendu 

ce dicton ». 

La simple vérité que Jésus leur donna alors fut une abominable 

hérésie pour les pharisiens : « Ne comprenez-vous pas que tout ce qui 

entre par la bouche va dans le ventre, et est rejeté dans les lieux 

secrets ? Mais ces choses qui sortent de la bouche proviennent du 

cœur ; et elles souillent l’homme. Car du cœur sortent les mauvaises 

pensées, les meurtres, les adultères, la fornication, les vols, le faux 

témoignage, les blasphèmes : ce sont les choses qui souillent un 

homme ; mais manger les mains sales ne souille pas un homme ». 

Cette dernière remarque était une autre infraction pénale sous la 

Loi, et les pharisiens commencèrent à se rassembler pour la mise à 

mort. Ils préparèrent les fameuses questions pièges : « Alors les 

pharisiens allèrent se consulter sur les moyens de surprendre Jésus 

par ses propres paroles. » Les deux questions-clés étaient : « À qui 

devons-nous payer le tribut ? » et « Qui donc est mon prochain ? » Une 

mauvaise réponse à la première le livrerait au châtiment du souverain 

étranger, Rome. Une mauvaise réponse à la seconde permettrait aux 

pharisiens de le dénoncer au souverain étranger comme contrevenant 

à leur propre Loi, et d’exiger son châtiment. 

Ceci est la méthode décrite antérieurement par Jérémie et 

toujours en usage aujourd’hui, au XXe siècle. Tous ceux qui ont eu 

affaire à un débat public de nos jours connaissent la question piège, 

préparée soigneusement à l’avance, et la difficulté d’y répondre sur 

l’impulsion du moment. Des méthodes diverses pour éviter le piège 

sont connues des débatteurs professionnels (par exemple, dire : « pas 

de commentaires », ou répondre par une autre question). Donner une 

réponse complète au lieu d’avoir recours à de telles dérobades, et en 

faisant cela éviter le piège de l’incrimination et pourtant maintenir le 

principe en jeu, est une des choses les plus difficiles connues de 

l’homme. Cela exige les qualités les plus hautes de vivacité d’esprit, de 

 87 

présence d’esprit et de clarté de pensée. Les réponses données par 

Jésus à ces deux questions restent pour toujours des modèles, que 

l’homme mortel ne peut qu’espérer imiter. 

« Dis-nous donc, Que penses-tu ? Est-il légal de payer tribut à 

César, ou non ? (on peut presque entendre le ton affable de cette 

honnête question). « Mais Jésus perçut leur méchanceté et dit : 

Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ?… Rendez à César ce qui 

appartient à César ; et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Quand ils 

entendirent ces mots, ils furent étonnés, le quittèrent et reprirent leur 

chemin ». 

À la seconde occasion, « un certain homme de loi se leva et le 

tenta, en disant : que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? » 

Dans sa réponse, Jésus écarta à nouveau l’énorme masse de la Loi 

lévitique et répéta les deux choses essentielles : « Tu aimeras l’Éternel 

ton Dieu de tout ton cœur… et ton prochain comme toi-même ». Alors 

vint le piège : « Et qui est mon prochain ? » 

Quel homme mortel aurait-il donné la réponse que Jésus donna ? 

Nul doute qu’un homme mortel, sachant comme Jésus que sa vie était 

en jeu, aurait dit ce qu’il croyait, car les martyres ne sont en aucune 

façon rares. Mais Jésus fit beaucoup plus que cela : il désarma son 

interrogateur comme un épéiste accompli qui, sans effort, envoie la 

rapière de son adversaire tournoyer dans les airs. On était en train de 

l’attirer afin qu’il se déclare ouvertement – qu’il dise que « les païens » 

étaient aussi des « prochains » et donc qu’il se rende coupable de 

transgresser la Loi. À vrai dire, il répondit dans ce sens, mais d’une 

manière telle que l’interrogateur fut défait ; rarement un juriste ne fut 

aussi confondu. 

L’enseignement lévitique-pharisaïque était que seuls les Judéens 

étaient des « prochains », et de tous les païens exclus, ils abhorraient 

particulièrement les Samaritains (pour les raisons indiquées plus tôt). 

Le simple contact d’un Samaritain était une souillure, et une 

« transgression » majeure (cela continue à être vrai à ce jour). Le but de 

la question posée était d’entraîner Jésus à faire une déclaration qui le 

qualifierait pour le Bannissement majeur ; en choisissant, entre tous 

les peuples, les Samaritains pour réponse, il fit preuve d’une audace – 

ou d’un génie – qui était plus qu’humain : 

Il dit qu’un certain homme tomba aux mains de voleurs et fut 

laissé pour mort. Vint alors « un prêtre » et « ensuite un Lévite » qui – 

reproche habituel cinglant envers ceux qui cherchaient l’occasion pour 

le mettre à mort – « passèrent de l’autre côté ». En dernier, vint « un 

certain Samaritain » qui banda les blessures de l’homme, l’amena dans 

une auberge, et paya pour ses soins : « maintenant lequel de ces trois, 

 88 

pensez-vous, était-il le prochain de celui qui tomba aux mains des 

voleurs ? » 

Le juriste, coincé, ne put se résoudre à prononcer le nom 

avilissant « Samaritain » ; il dit : « Celui qui lui montra de la pitié », et 

de ce fait se joignit (comme il le réalisa probablement trop tard) à la 

condamnation de ceux pour lesquels il parlait, tels que « le prêtre » et 

« le Lévite ». « Alors Jésus lui dit : Va, et agis de même ». Par ces 

quelques mots, et sans allusion directe, il fit détruire à son 

interrogateur, de sa propre bouche, l’entière hérésie raciale sur 

laquelle la Loi avait été fondée. 

Critique judaïste modéré, M. Montefiore s’est plaint que Jésus ait 

fait une exception à cette règle d’ « aime tes ennemis » ; il n’eut jamais 

une bonne parole pour les pharisiens. 

Les experts pourraient débattre sur ce point. Jésus savait qu’ils le 

tueraient, lui ou tout homme qui les démasquerait. Il est vrai qu’il 

mettait particulièrement en cause les pharisiens, ainsi que les scribes, 

et voyait clairement en eux la secte responsable de la perversion de la 

Loi, si bien que toute la littérature de la dénonciation ne contient rien 

de comparable à cela : 

« Malheur à vous, scribes et pharisiens, hypocrites ! Car vous fermez 

aux hommes le royaume des cieux ; vous n’y entrez pas vous-mêmes, 

et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer… vous 

parcourez la mer et la terre pour faire un prosélyte, et quand il l’est 

devenu, vous en faites deux fois plus que vous un fils de l’enfer… 

vous payez la dîme de la menthe, de l’anis et du cumin, et vous 

laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et 

la foi… vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais au- 

dedans ils sont pleins de rapines et d’excès… vous ressemblez à des 

sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au- 

dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toutes sortes 

d’impuretés… vous construisez les tombeaux des prophètes et ornez 

les sépulcres des justes, et vous dites : si nous avions vécu du temps 

de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour répandre le 

sang des prophètes. Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous 

êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. Comblez donc la mesure 

de vos pères. Serpents, race de vipères… » 

Certains critiques déclarent trouver ces quatre derniers mots 

étonnamment durs. Toutefois, si on les lit dans le contexte des trois 

phrases qui les précèdent, on peut y voir une allusion explicite à la fin 

prochaine d’un homme, un homme sur le point de mourir, qui lança 

cette allusion à ceux qui allaient le mettre à mort – et à un tel moment,  

aucun mot ne pourrait être assez dur. (Toutefois, même le reproche 

implacable : « Comblez donc la mesure de vos pères » eut une suite 

plus tard : « Père, pardonne-leur ; car ils ne savent pas ce qu’ils font ».) 

 89 

La fin approchait. Les « archiprêtres, et les scribes, et les sages » 

(le Sanhédrin) se rencontrèrent sous l’autorité du Grand prêtre Caïphe 

pour prendre des mesures contre l’homme qui contestait leur autorité 

et leur Loi. Seul Judéen parmi les disciples galiléens, Judas Iscariote 

mena la « foule nombreuse avec des épées et des bâtons » envoyés par 

les « archiprêtres et les sages du peuple » au jardin de Gethsémani, et 

identifia l’homme qu’ils cherchaient par le baiser de la mort. 

Ce Judas mérite un coup d’œil au passage. Il fut par deux fois 

canonisé au XXe siècle, une fois en Russie après la révolution 

bolcheviste, et ensuite en Allemagne après la défaite d’Hitler, et ces 

deux épisodes indiquèrent que la secte qui était plus puissante que 

Rome à Jérusalem au début de notre ère, était une fois de plus 

suprêmement puissante en Occident au XXe siècle. 

D’après saint Matthieu, Judas se pendit plus tard, et s’il choisit 

ainsi la forme de mort « maudite de Dieu », on peut supposer que son 

acte ne lui apporta aucun bonheur. Pour les historiens sionistes de 

l’école du Dr Kastein, Judas est un personnage sympathique ; le Dr 

Kastein explique que c’était un homme bon qui fut déçu par Jésus, et 

donc, « rompit secrètement » avec lui (il n’y a que dans la littérature 

sioniste qu’on pourrait trouver des mots tels que « rompit 

secrètement »). 

Les pharisiens, qui contrôlaient le Sanhédrin, jugèrent Jésus 

d’abord, devant ce que l’on appellerait aujourd’hui « une cour juive ». 

Peut-être « une cour populaire » serait-elle une description plus exacte 

dans l’idiome actuel, car il fut « mouchardé » par un informateur, saisi 

par une foule, hélé devant un tribunal sans autorité légitime, et 

condamné à mort après que des faux témoins eurent soutenu des 

accusations inventées de toutes pièces. 

Toutefois, les « sages » qui à partir de là prirent les événements en 

main de la manière exacte dont les « conseillers » de notre époque 

contrôlent les événements, imaginèrent l’accusation qui méritait la 

peine de mort sous leur « Loi », ainsi que sous la loi du dirigeant 

romain. Sous « la Loi mosaïque », Jésus avait commis un blasphème 

en déclarant être le Messie ; sous la loi romaine, il avait commis une 

trahison en déclarant être le roi des juifs. 

Le gouverneur romain, Pilate, tenta plusieurs moyens pour éviter 

d’accéder à la demande de ces « sages » impérieux, demande qui était 

que l’homme soit mis à mort. 

Ce Pilate était le prototype de l’homme politique britannique et 

américain du XXe siècle. En dernier ressort, il craignait plus que tout 

le pouvoir de la secte. Sa femme le pressa de refuser de prendre part à 

cette affaire. Il tenta, à la manière des politiques, de repasser la 

responsabilité à un autre, Hérode Antipas, dont la tétrarchie incluait la 

 90 

Galilée ; Hérode la lui renvoya. Pilate essaya ensuite de faire en sorte 

que Jésus en soit quitte pour une flagellation, mais les pharisiens 

exigeaient la mort et menacèrent de dénoncer Pilate à Rome : « Tu n’es 

pas l’ami de César ».  

Ce fut la menace à laquelle Pilate céda, exactement comme les 

gouverneurs britanniques, les uns après les autres, et les 

représentants des Nations unies, les uns après les autres, cédèrent au 

XXe siècle à la menace qu’ ils seraient diffamés à Londres ou à New 

York. Manifestement, Pilate, comme ces hommes dix-neuf siècles plus 

tard, savait que son gouvernement d’origine le désavouerait ou le 

destituerait s’il refusait de faire ce qu’on lui demandait. 

La ressemblance entre Pilate et certains gouverneurs britanniques 

de la période de l’entre-deux guerres est forte (et au moins un de ces 

hommes le savait, car il raconte que quand il téléphona à un puissant 

rabbin sioniste de New York, il demanda en plaisantant que le Grand 

prêtre Caïphe soit informé que Ponce Pilate était en ligne). 

Pilate fit encore une tentative pour que l’acte en question soit 

accompli par d’autres mains : « Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre 

loi ». Cela fut déjoué avec l’aisance due à une longue expérience : « il ne 

nous est pas permis de mettre quiconque à mort ».  

Après cela, il tenta même de sauver Jésus en donnant « au 

peuple » le choix entre gracier Jésus ou Barabbas, l’assassin et 

brigand. Sans doute Pilate avait-il peu d’espoir de ce côté-là, car « le 

peuple » et « la foule » sont synonymes, et justice et miséricorde ne 

sont encore jamais venues d’une foule, comme Pilate devait le savoir ; 

le rôle de la foule est toujours de faire la volonté des sectes puissantes. 

Ainsi, « les archiprêtres et les sages persuadèrent la foule qu’ils 

devaient demander la grâce de Barabbas et la destruction de Jésus ».  

Dans cette persuasion de la multitude, la secte est toujours aussi 

puissante de nos jours. 

Plus le temps passe, plus les couleurs de cette scène finale unique 

flamboient. La robe écarlate, le faux sceptre, la couronne d’épines et le 

simulacre moqueur des hommages ; seuls des esprits pharisaïques 

auraient pu imaginer cette parodie de rituel qui de nos jours renforce 

tant l’impact de la victoire de la victime. Le chemin du Calvaire, la 

crucifixion entre les deux voleurs : Rome, ce jour-là, fit la volonté des 

pharisiens, comme la Perse, cinq cents ans plus tôt, avait fait celle des 

Lévites. 

Ces pharisiens avaient appris au peuple de Judée à attendre un 

Messie, et ensuite avaient crucifié le premier prétendant. Cela signifiait 

que le Messie était encore à venir. Selon les pharisiens, le roi davidique 

devait encore apparaître et prétendre à son empire mondial, et c’est 

toujours le cas aujourd’hui. 

 91 

Le Dr Kastein, dans son étude du judaïsme depuis son début, 

consacre un chapitre à la vie de Jésus. Après avoir expliqué que Jésus 

était un raté, il écarte l’épisode par ces mots caractéristiques : « Sa vie 

et sa mort sont notre affaire ».  

 

 

Chapitre 11 

LE PHENIX PHARISAÏQUE 

C’est là qu’arrive le paradoxe familier et récurrent ; la catastrophe 

de Judée, qui arriva quelques décennies après la mort de Jésus, fut le 

triomphe des pharisiens, car elle les rendit suprêmes dans la 

communauté juive. Par la crucifixion de Jésus, ils se débarrassèrent 

d’un « prophète et rêveur » qui aurait jeté leur Loi à terre. Les brèves 

années qui restaient à la Judée les débarrassèrent de tous les autres 

partis qui luttaient contre eux pour le pouvoir sous cette Loi. 

Après la mort de Jésus, les pharisiens, selon l’Encyclopaedia 

Juive, trouvèrent un « soutien et ami » en la personne du dernier roi 

hérodien de Judée, Agrippa 1er. Agrippa les aida à se débarrasser des 

sadducéens, qui disparurent de la scène judéenne, y laissant toutes 

les affaires entre les mains des pharisiens (dont la plainte concernant 

le lignage iduméen semble, par conséquent, peu fondée). Ils devinrent 

ainsi tout puissants à Jérusalem, comme les Lévites après la 

séparation de Juda d’avec Israël, et comme lors de ce précédent 

événement, le désastre s’ensuivit immédiatement. En se relevant, tel 

un phénix, des cendres de tout cela, les pharisiens répétèrent aussi 

l’histoire des Lévites. 

Durant les quelques années qui restaient à la minuscule province 

déchirée, les pharisiens révisèrent une fois de plus « la Loi », ces 

« commandements d’hommes » que Jésus avait attaqués de la manière 

la plus cinglante. Le Dr Kastein dit : « La vie juive était régie par les 

enseignements des pharisiens ; toute l’histoire du judaïsme fut 

reconstruite à partir du point de vue pharisaïque. Le pharisaïsme forma 

l’identité du judaïsme, et la vie et la pensée du juif pour l’avenir entier… 

Il fait du « séparatisme » sa caractéristique principale ». 

Ainsi, immédiatement après la vie de Jésus et son accusation des 

« commandements d’hommes », les pharisiens, comme les Lévites 

auparavant, intensifièrent la nature raciale et tribale et la rigueur de la 

Loi ; la doctrine de la destruction, de l’asservissement et de la 

domination fut aiguisée à la veille de l’ultime dispersion du peuple. 

Les paroles du Dr Kastein sont d’un intérêt tout particulier. Il 

avait auparavant déclaré (comme déjà cité) qu’après que Néhémie eut 

infligé la « Nouvelle Alliance » aux Judaïtes, la Torah reçut une mise au 

point « finale », et qu’ « aucun mot » ne devait en être changé par la 

suite. De plus, au temps de cette « reconstruction » pharisaïque, 

l’Ancien Testament avait déjà été traduit en grec, si bien que les 

changements supplémentaires apportés par les pharisiens n’auraient 

pu se faire que dans l’original. 

 93 

Il semble plus probable que la déclaration du Dr Kastein se réfère 

au Talmud, l’immense continuation de la Torah qui fut apparemment 

commencée durant les dernières années de la Judée, bien qu’elle ne 

fût consignée par écrit que bien plus tard. Quoiqu’il se passât, « la vie 

et la pensée du juif » furent une fois encore établies « pour l’avenir 

entier », et le « séparatisme » fut réaffirmé en tant que principe 

suprême de la Loi. 

En 70 ap. J.-C., peut-être trente-cinq ans après la mort de Jésus, 

tout s’écroula. La confusion et le désordre en Judée étaient incurables, 

et Rome intervint. Les pharisiens, qui avaient à l’origine sollicité 

l’intervention romaine et étaient suprêmes en Judée sous les Romains, 

ne réagirent pas. 

D’autres peuples de Palestine, et plus particulièrement les 

Galiléens, refusèrent de se soumettre à Rome, et après de nombreux 

soulèvements et campagnes, les Romains entrèrent dans Jérusalem et 

la rasèrent. La Judée fut déclarée territoire conquis, et le nom disparut 

de la carte. Pendant de longues périodes durant les mille neuf cents 

ans qui suivirent, aucun juif ne vécut à Jérusalem (les Samaritains, 

un minuscule noyau de ceux qui avaient survécu à toutes les 

persécutions, sont le seul peuple ayant vécu en Palestine en continu 

depuis les temps de l’Ancien Testament). 

Le Dr Kastein appelle les soixante-dix ans qui se terminèrent par 

la destruction romaine de Jérusalem « l’Âge héroïque », sans doute à 

cause du triomphe pharisaïque sur tous les autres dans la lutte pour 

l’âme du judaïsme. Il pourrait difficilement vouloir appliquer cet 

adjectif au combat contre les Romains, puisqu’il fut mené en grande 

partie par les étrangers galiléens, dont il n’est guère l’admirateur. 

 

 

Chapitre 12 

LA LUMIERE ET L’OMBRE 

Deux groupes de voyageurs passèrent les portes de Jérusalem, 

avant qu’elle ne tombe, en 70 ap. J.-C. Les disciples portaient un 

nouveau message à l’humanité, car le christianisme était né. Les 

pharisiens, prévoyant le sort qu’ils avaient amené sur Jérusalem, se 

retirèrent dans un nouveau siège depuis lequel (comme à Babylone 

jadis) la secte dirigeante pourrait exercer son autorité sur « les juifs », 

où qu’ils vivent dans le monde. 

Ces deux petits groupes de voyageurs étaient l’avant-garde des 

partis de la lumière et des ténèbres qui, comme un homme et son 

ombre, ont traversé les siècles, toujours plus en direction de l’ouest. 

La crise actuelle de « l’Occident » remonte directement à ce départ 

de la Jérusalem maudite dix-neuf siècles plus tôt, car les deux groupes 

amenèrent en Occident des idées qui ne pourraient jamais se 

réconcilier. L’une devait l’emporter sur l’autre, tôt ou tard, et notre 

génération est actuellement le témoin de l’ultime tentative pour la 

victoire de l’idée destructrice. 

Au cours des siècles précédents, l’histoire de l’Occident fut 

toujours, de manière générale, celle de la lutte entre les deux idées. 

Quand « la Loi » selon les Lévites et les pharisiens était dominante, 

l’Occident rendit les hommes esclaves, amena les hérétiques devant 

l’Inquisition, mit les apostats à mort, et se soumit aux visions 

primitives de la race supérieure ; ainsi, le XXe siècle fut-il la période de 

la pire récidive en Occident. Quand l’Occident libéra les hommes et les 

nations, établit la justice entre eux, mit en place le droit à un procès 

équitable et juste, désavoua la race supérieure et reconnut la paternité 

universelle de Dieu, elle suivait l’enseignement de celui qui était venu 

« accomplir la Loi ».  

Les Romains, quand ils prirent Jérusalem, frappèrent des 

médailles avec l’inscription : « Judaea devicta, Judaea capta »3. C’était 

un péan prématuré ; Jérusalem était peut-être en ruine et la Judée 

désertée des juifs, mais la secte dirigeante était libre et victorieuse. Ses 

opposants autour du Temple avaient été balayés par le conquérant, et 

elle était déjà installée dans son nouveau « centre », où elle s’était 

retirée avant la chute de la ville. 

Les pharisiens étaient aussi suprêmes dans cette nouvelle 

citadelle que les Lévites autrefois à Babylone, mais ils aperçurent un 

nouvel ennemi venu du monde extérieur. La secte qui croyait que le 

                                                

3 

 Judée vaincue, Judée prise – NdT 

 95 

Messie était apparu, et qui se donnait le nom de chrétienne, ne tint 

pas compte de cette hostilité ; au contraire, son principe souverain 

était « aime tes ennemis ». Mais comme le principe premier de la loi 

pharisaïque était « hais tes ennemis », c’était en soi un affront délibéré 

et un défi aux sages dans leur retraite. 

Ils virent dès le début que la nouvelle religion devrait être détruite 

s’ils voulaient que leur « Loi » l’emporte, et ils ne furent pas dissuadés 

par les mises en garde qui – à ce moment-là comme à chaque fois lors 

des occasions passées et futures – se faisaient entendre dans leurs 

propres rangs ; par exemple, les paroles de Gamaliel quand le Grand 

prêtre et le Conseil étaient sur le point de faire flageller Pierre et Jean 

pour avoir prêché dans le temple : « Réfléchissez bien à ce que vous 

êtes sur le point de faire. Si c’est l’œuvre des hommes, elle sera bientôt 

réduite à néant ; mais si c’est l’œuvre de Dieu, vous ne pourrez pas la 

détruire ». La majorité des pharisiens se sentaient assez forts, avec 

leur propre Loi artificielle, pour « la détruire », et si nécessaire, pour 

œuvrer durant des siècles à cette tâche.  

Ainsi, les pharisiens, quand ils abandonnèrent à leur sort les 

Judéens survivants et installèrent leur nouveau siège à Yavné 

(toujours en Palestine), emmenèrent leurs sombres secrets du pouvoir 

sur les hommes dans un monde différent de tout autre monde avant 

lui. 

Auparavant, leur doctrine tribale n’avait été qu’une doctrine parmi 

de nombreuses doctrines tribales. La vengeance par le sang avait été la 

règle parmi tous les hommes et tous les clans. Les « païens » alentour 

avaient peut-être été alarmés par la violence et le caractère vindicatif 

particuliers de la doctrine judaïque, mais ils n’avaient guère offert 

grand chose de plus éclairé. À partir de cet instant, cependant, la secte 

dirigeante fut confrontée à une doctrine qui s’opposait directement à 

chaque principe de leur propre « Loi », comme le blanc s’oppose au 

noir. De plus, cette nouvelle idée dans le siècle, par les caractéristiques 

et le lieu de sa naissance, était un reproche éternel envers eux. 

Les pharisiens dans leur place-forte se préparèrent à vaincre cette 

nouvelle force qui était venue au monde. Leur tâche était plus grande 

que celle des Lévites à Babylone. Le Temple était détruit, et Jérusalem 

était dépeuplée. La tribu de Juda avait été dispersée depuis 

longtemps ; la race des Judéens était alors en train de disparaître. Il 

restait une « nation juive », composée de personnes au sang maintes 

fois mélangé, qui étaient dispersées dans tout le monde connu, et qui 

devaient être maintenues dans l’unité par le pouvoir de l’idée tribale et 

du « retour » sur une terre, « promise » à un « peuple spécial » ; cette 

nation dispersée devait également rester convaincue de sa mission 

destructrice parmi les nations où elle vivait. 

 96 

« La Loi » sous la forme qui commençait déjà à être connue du 

monde extérieur, ne pouvait plus être modifiée, ni se voir ajouter de 

nouveaux chapitres historiques. De plus, Jésus avait spécifiquement 

adressé ses reproches à la falsification par les scribes de ces 

« commandements d’hommes ». Il avait été tué, mais pas contesté, et 

on ne lui avait pas non plus donné le coup de grâce (comme le 

développement de la secte chrétienne le montra). Aussi, son 

accusation de la Loi subsistait-elle, et elle était si probante que pas 

même les pharisiens ne pouvaient espérer convaincre qui que ce soit 

en traitant simplement Jésus de transgresseur de la Loi. 

Néanmoins, la Loi avait besoin d’être réinterprêtée 

continuellement et appliquée aux événements des temps changeants, 

de sorte qu’il soit toujours montré au « peuple spécial » que chaque 

événement, peu importe s’il était paradoxal à première vue, était en fait 

un des accomplissements de Jéhovah. Les pharisiens à Yavné 

invoquèrent une fois de plus leur prétention de posséder les secrets de 

Dieu et commencèrent, sur cette prétention, à réinterpréter les « lois et 

commandements » afin qu’ils puissent se montrer applicables au 

christianisme. Ce fut l’origine du Talmud, qui dans les faits est 

l’extension anti-chrétienne de la Torah. 

Le Talmud devint, au cours des siècles, « la clôture autour de la 

Loi » ; la palissade tribale extérieure autour de la palissade tribale 

intérieure. La signification se trouve dans la période où il fut 

commencé : quand la Judée n’était plus, quand « le peuple » était 

dispersé parmi toutes les nations, et au moment où une nouvelle 

religion était en train de prendre forme, enseignant que Dieu était le 

père de tous les hommes, et pas seulement le patron d’une tribu 

désignée. 

Si l’on observe cette période depuis notre siècle, la tâche que les 

pharisiens entreprirent nous semble impossible, car le désir de faire 

partie de l’humanité devait sûrement avoir un attrait puissant pour un 

peuple dispersé. 

Les pharisiens, comme les événements l’ont prouvé, réussirent 

leur immense entreprise. Le Talmud fut efficace pour interposer une 

barrière entre les juifs et les forces d’intégration libérées par le 

christianisme. 

Deux exemples actuels illustrent les effets du Talmud, de 

nombreux siècles après sa compilation. Les frères Thoreau, dans leurs 

ouvrages, donnent à l’étudiant appliqué quelques rares aperçus de ce 

qui se trouve derrière les murs talmudiques ; dans l’un de ces 

ouvrages, ils décrivent ce petit garçon juif de Pologne à qui l’ont avait 

appris à cracher tout à fait mécaniquement quand il passait le long du 

Calvaire, et à dire : « Maudit sois-tu qui a créé une autre religion ». En 

 97 

1953, à New York, un jeune missionnaire de l’Église morave de 

Jérusalem décrivit la saisie par les sionistes, à Jérusalem, du 

dispensaire morave pour les lépreux, appelé « La Mission de Jésus » ; 

leur premier acte fut de couvrir de mastic le nom de « Jésus », qui 

pendant plus de cent ans avait été inscrit au-dessus de la porte. 

De tels incidents (et l’interdit de mentionner le nom de Jésus) 

proviennent directement de l’enseignement du Talmud, qui de fait était 

une autre « Nouvelle Loi », d’application spécifiquement anti- 

chrétienne. Pour cette raison, la période suivante dans l’histoire de 

Sion ne peut qu’être décrite comme celle des talmudistes, les périodes 

précédentes ayant été celles des pharisiens et des Lévites. 

Tandis que les talmudistes pharisaïques, dans leur nouvelle 

académie à Yavné, étaient en train de travailler sur la nouvelle Loi, les 

nouvelles de la vie et des leçons de Jésus se répandaient à travers les 

territoires de Rome. 

Un pharisien aida grandement à les répandre ; Saül de Tarse se 

mit en route depuis Jérusalem (avant sa chute) pour exterminer les 

hérétiques à Damas, et avant qu’il n’arrive là-bas, devint un disciple de 

Jésus. Il prêchait autant au juif qu’au gentil, jusqu’à ce qu’on l’en 

empêche, et il dit aux juifs : « Il était nécessaire que la parole de Dieu 

vous soit d’abord annoncée à vous ; mais en voyant que vous la rejetez 

et que vous vous jugez indignes de la vie éternelle, nous nous tournons 

vers les gentils ». 

Le Dr Kastein dit de Saül, ou Paul, qu’ « il fit de tous ceux qu’il 

persuada de croire en sa prophétie des renégats au sens le plus large, 

qu’ils soient juifs ou gentils ».  

Cependant, ce que Paul (et d’autres) dirent était en fait inévitable 

à ce moment-là, car partout les hommes avançaient à tâtons vers le 

Dieu universel, et se tournaient vers l’enseignement de Jésus comme 

les plantes qui croissent se tournent vers la lumière. Peut-être cet élan 

chez l’homme était-il aussi la raison pour laquelle Jésus devait 

apparaître parmi les Judéens ; la doctrine judaïque était le tribalisme 

dans sa forme la plus fanatique, même à cette époque-là, et, comme 

toute action produit sa réaction, la contre-idée était destinée à 

apparaître là où la pression était la plus forte. 

Ce fut un moment fatidique pour ce grand territoire, alors peu 

connu ou peuplé, qu’on appelle aujourd’hui l’Occident. Si les disciples 

n’avaient pas tourné leurs regards vers l’ouest, le terme « l’Occident », 

et ce qu’il dénote, aurait pu ne jamais naître. 

Ce que l’on appelle la « civilisation occidentale » ne peut se 

concevoir sans le christianisme. Durant les mille neuf cents ans qui 

suivirent la mort de Jésus, l’Occident s’améliora tellement qu’il laissa 

le reste du monde derrière lui. Sur les questions matérielles, son 

 98 

avancée fut si grande qu’à l’époque où ce livre fut écrit, il était à deux 

doigts de conquérir l’espace ; il était sur le point d’ouvrir l’univers à 

l’exploration humaine. Mais ce fut là la moindre de ses réussites. 

Sa plus grande amélioration fut dans le domaine de l’esprit et du 

comportement de l’homme envers son semblable. L’Occident mit en 

place le droit des hommes à une inculpation officielle et à un procès ou 

une libération publics (un droit qui fut à nouveau menacé au XXe 

siècle), et ceci fut la plus grande avancée de toute l’Histoire humaine ; 

de la survie ou de la destruction de cet accomplissement dépend son 

avenir. 

L’ombre qui suivit les disciples au-delà des portes de Jérusalem, 

avant l’entrée des Romains, suivit aussi le christianisme jusqu’en 

Occident, et la secte talmudique suivit de près le christianisme durant 

tous ces siècles. Au XXe siècle, l’Occident devint la scène de la bataille 

entre les nations qui s’étaient levées avec le christianisme, et la secte 

dédiée à l’idée destructrice. 

L’Occident n’est pas le seul impliqué dans cette affaire. Environ 

cinq cents ans après la vie de Jésus, l’élan instinctif des hommes à 

rechercher un Dieu unique produisit un autre défi au racisme 

talmudique, et cette fois il vint des populations sémitiques. Les Arabes, 

eux aussi, parvinrent au concept d’un Dieu unique de tous les 

hommes. 

Mahomet (écarté par le Dr Kastein comme « un Bédouin à moitié 

inculte »), comme Saül sur le chemin de Damas, eut une vision de 

Dieu. Son enseignement, de bien des manières, ressemble à celui de 

Jésus. Il considérait Jésus comme ayant été, de même qu’Abraham ou 

Moïse, un prophète de Dieu (et non le Messie). Il se voyait lui-même 

comme le successeur de Moïse et de Jésus, et comme le prophète de 

Dieu, qu’il appelait Allah. Il n’y avait qu’un Dieu, Allah, le créateur de 

l’humanité, et Allah n’était pas le dieu tribal des Arabes, mais le Dieu 

de tous les hommes. 

Cette religion, comme le christianisme, n’enseignait nullement la 

haine des autres religions. Mahomet ne faisait que rendre hommage à 

Jésus et à sa mère (qui sont tous deux objets de dérision 

blasphématoire dans la littérature talmudique). 

Cependant, Mahomet considérait les juifs comme une force 

destructrice et œuvrant pour ses propres buts. Le Coran dit d’eux : 

« Toutes les fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Dieu l’éteint. Et 

leur but est de semer le désordre sur terre ; mais Dieu n’aime pas les 

semeurs de désordre ». Tout au long des siècles, les hommes les plus 

sages parlèrent ainsi de la doctrine tribale et de la secte, jusqu’au XXe 

siècle de notre ère, où le débat public sur cette question fut quasiment 

supprimé. 

 99 

Ainsi naquit l’islam, et il se répandit dans les régions méridionales 

du monde connu, tandis que le christianisme se répandit en Occident,  

et le bouddhisme, auparavant, en Orient. De grands courants 

commencèrent à se déplacer, comme vers un confluent qu’ils 

atteindraient un jour lointain, car ces religions universelles ne sont 

sur aucun principe majeur comme l’huile et l’eau, et elles s’accordent 

sur la condamnation de la doctrine de la race-maître et de l’idée 

destructrice. 

Le christianisme et l’islam se déployèrent et embrassèrent de 

grandes portions de l’humanité ; l’élan qui évoluait en l’homme devint 

clair. Loin derrière ces religions universelles, se tenait le judaïsme, 

dans son enceinte tribale, jalousement gardé par la secte interne. 

Au XXe siècle, cette secte puissante fut capable d’amener les 

populations de la chrétienté et de l’islam au bord d’une bataille 

mutuelle destructrice. Si la génération actuelle est témoin de cette 

rupture, le spectacle sera celui d’une grande religion universelle 

luttant contre une autre dans le but d’établir la doctrine de la « race 

supérieure ». 

Dix-neuf siècles auparavant, les deux groupes d’hommes 

quittèrent autrefois Jérusalem, s’acheminant vers cet étrange 

dénouement. 

 

 

Chapitre 13 

LA CLOTURE AUTOUR DE LA LOI 

L’histoire de Sion, depuis son début, connaît cinq phases 

distinctes : celles des Lévites, des pharisiens, des talmudistes, de 

l’interlude « d’émancipation », et des sionistes. Ce récit a maintenant 

atteint la troisième phase. 

La phase lévitique fut celle de Juda isolée, de la « captivité » 

babylonienne et du « retour », et de la réalisation et imposition de la 

« Loi mosaïque ». La phase pharisaïque, qui suivit et coïncida en gros 

avec la souveraineté romaine sur la province de Judée, prit fin avec la 

seconde destruction de Jérusalem, la dispersion des derniers Judéens, 

la suprématie pharisaïque et le retrait du « gouvernement » dans son 

nouveau « centre » à Yavné. 

La troisième phase, ou phase talmudique, fut de loin la plus 

longue car elle dura dix-sept siècles, de 70 ap. J.-C. à environ 1800 

ap. J.-C. Durant cette période, les juifs arrivèrent en Occident, et le 

« gouvernement », depuis une succession de « centres », travailla sans 

relâche à maintenir la nation dispersée sous son contrôle, assujettie à 

« la Loi » et séparée des autres peuples. 

Comme ce fut aussi la période de la civilisation occidentale et de la 

montée du christianisme, il était inévitable que la chrétienté en 

particulier (et pas seulement les « païens » ou « étrangers », ou « autres 

dieux » génériques) devienne la cible principale des commandements 

destructeurs de la Loi. 

Aux yeux de la secte dominante et de ses adeptes, cette période, 

qui paraît si longue et importante aux esprits occidentaux, fut pour 

l’essentiel aussi insignifiante que la période babylonienne. Le fait que 

l’une durât dix-sept siècles et l’autre cinquante ans ne faisait pas 

vraiment de différence : toutes deux furent simplement des périodes 

« d’exil » pour le peuple spécial ; et sous la Loi, le long épisode 

occidental, comme le court épisode babylonien, était destiné à finir par 

un désastre pour les « ravisseurs », un triomphe juif et un nouveau 

« retour », toutes choses qu’un nouveau Daniel interpréterait en ces 

termes. 

Les dix-sept siècles représentaient une nouvelle « captivité » sous 

la Loi, qui décrétait qu’où que vive le peuple élu – hors de Jérusalem – 

il était en captivité, et cette captivité était en elle-même une 

« persécution ». 

Par conséquent, pour un sioniste littéral comme le Dr Kastein, les 

dix-sept siècles qui virent se produire la montée de la chrétienté 

 101 

forment une page de l’Histoire qui reste blanche, excepté pour le récit 

de la « persécution juive » qui y est inscrit. Le reste fut tout de bruit et 

de fureur, ne signifiant rien ; ce fut une période de temps durant 

laquelle Jéhovah utilisa les païens pour tourmenter les juifs pendant 

qu’il préparait le triomphe de son peuple spécial ; et les païens n’ont 

toujours pas payé pour ce qu’ils ont fait (pleure-t-il). Le seul résultat 

positif des dix-sept siècles chrétiens, pour lui, est que les juifs en 

émergèrent toujours isolés de l’humanité, grâce à leurs gouverneurs 

talmudiques. 

C’était assurément un exploit stupéfiant ; dans toute l’histoire des 

accomplissements négatifs, rien ne peut approcher les résultats 

obtenus par les sages de Sion. Dans le Talmud, ils construisirent cette 

« clôture autour de la Loi », qui réussit à résister, pendant dix-sept 

siècles, aux forces centrifuges qui attiraient les juifs vers l’humanité. 

Pendant qu’ils renforçaient leur palissade, les Européens, ayant 

accepté le christianisme, peinèrent durant des siècles pour appliquer 

la loi morale du christianisme dans la vie quotidienne, en abolissant le 

servage et l’esclavage, en réduisant les privilèges et les inégalités, et 

plus généralement en élevant la dignité de l’homme. Ce processus fut 

connu comme « l’émancipation », et en l’an 1800, elle était sur le point 

de l’emporter sur le système des souverains absolus et des castes 

privilégiées.  

Les juifs, dirigés par leurs chefs talmudiques, jouèrent un rôle 

majeur dans la lutte pour l’émancipation. En soi, c’était très bien. Les 

populations de la chrétienté considéraient depuis le début que les 

libertés à acquérir devaient au final revenir à tous les hommes, sans 

distinction de race, de classe ou de foi ; c’était la signification exacte de 

la lutte elle-même, et quoi que ce soit d’autre – ou moins que ça – lui 

aurait fait perdre tout son sens. 

Néanmoins, dans le cas des juifs, il y avait un paradoxe évident,  

qui déconcertait et alarmait de manière répétée les peuples au milieu 

desquels ils vivaient : la Loi juive exprimait la théorie de la race 

supérieure dans la forme la plus arrogante et vindicative que 

l’imagination humaine pût concevoir ; comment alors les juifs 

pouvaient-ils attaquer la nationalité chez les autres ? Pourquoi les juifs 

demandaient-ils l’abaissement des barrières entre les hommes, alors 

qu’ils construisaient une barrière encore plus forte entre les juifs et les 

autres hommes ? Comment un peuple, qui prétendait que Dieu avait 

créé pour eux le monde lui-même, afin qu’ils le dominent, et leur 

interdisait de se mélanger aux races inférieures, pouvait-il se plaindre 

de discrimination ? 

Maintenant que cent-cinquante ans de plus ont passé, les 

événements ont apporté la réponse à de telles questions.  

 102 

Il est vrai que la revendication juive à l’émancipation n’était pas 

vraiment concernée par le grand idéal ou principe en question – la 

liberté humaine. La Loi judaïque niait cet idéal et principe. Les 

gouverneurs talmudiques de la communauté juive virent que le moyen 

le plus rapide de supprimer les barrières entre eux-mêmes et le 

pouvoir sur les nations, était de détruire les gouvernements légitimes 

de ces nations ; et le moyen le plus rapide pour atteindre ce but était 

de crier « émancipation ! ». 

Ainsi, la porte ouverte par l’émancipation pourrait-elle être utilisée 

pour introduire la force révolutionnaire permanente dans la vie des 

nations ; avec la destruction de tous les gouvernements légitimes, les 

révolutionnaires arriveraient au pouvoir, et ces révolutionnaires 

seraient formés par le Talmud, et contrôlés par le Talmud. Ils agiraient 

toujours selon la Loi mosaïque, et de cette façon, la fin de Babylone 

pourrait être reproduite en Occident. 

Les événements du XXe siècle nous montrent que cela fut le plan 

auquel les sages talmudiques travaillèrent durant la troisième phase 

de l’histoire de Sion, de 70 ap. J.-C. à environ 1800 ap. J.-C. Ainsi, la 

différence fut-elle des plus grande entre la compréhension de 

« l’émancipation » par les peuples européens christianisés au milieu 

desquels vivaient les juifs, et celle des dirigeants talmudiques des juifs. 

Pour la majorité des populations, l’émancipation représentait une fin : 

la fin de la servitude. Pour la puissante secte secrète, elle représentait 

un moyen pour une fin opposée : l’imposition d’une nouvelle servitude, 

plus sévère. 

Un grand danger accompagnait cette entreprise. C’était le fait que 

la destruction des barrières entre les hommes pourrait aussi détruire 

la barrière entre les juifs et les autres hommes ; cela aurait détruit le 

plan lui-même, car cette force qui devait être utilisée, une fois 

l’émancipation obtenue, pour « terrasser et détruire » les nations, 

aurait été dispersée. 

Cela faillit arriver durant la quatrième phase de l’histoire de Sion ; 

le siècle de l’émancipation (disons, de 1800 à 1900 ap. J.-C.) amena le 

péril de « l’assimilation ». Au siècle de la « liberté », un grand nombre de 

juifs, en Europe de l’Ouest et dans le nouvel « Occident » outre- 

atlantique, manifestèrent le désir de se libérer des chaînes de la Loi 

judaïque et de se mêler à la vie des peuples. Pour cette raison, notre 

historien sioniste, le Dr Kastein, considère le XIXe siècle comme étant 

l’âge le plus sombre de toute l’histoire juive, marqué par le danger 

mortel de l’implication dans l’humanité, qui heureusement fut évité. Il 

ne peut contempler sans horreur la destruction, par l’assimilation, des 

barrières judaïques de la race et de la croyance. Ainsi, qualifie-t-il de 

« rétrograde » le mouvement vers l’émancipation au XIXe siècle, et 

 103 

remercie-t-il Dieu que « l’idéologie sioniste » ait préservé les juifs du 

sort de l’assimilation. 

Cela nous amène à la cinquième phase, celle qui commença en 

1900 environ, et dans laquelle nous vivons actuellement. La palissade 

talmudique tint bon, et à la fin de la quatrième phase, les juifs, 

complètement « émancipés » selon l’acception occidentale, étaient 

toujours isolés sous leur propre Loi. Ceux qui avaient tendance à 

s’échapper, en allant vers « l’assimilation », étaient alors ramenés dans 

l’enceinte tribale par la puissance mystique du nationalisme. 

En utilisant le pouvoir sur les gouvernements, pouvoir qu’elle 

avait acquis par l’émancipation, la secte dirigeante accomplit un 

second « retour » en terre élue, et rétablit ainsi la Loi de 458 av. J.-C., 

avec sa mission impériale et destructrice. Une fièvre chauvine, qui doit 

encore suivre son cours, fut injectée dans les veines de la communauté 

juive mondiale ; l’important pouvoir exercé sur les gouvernements 

occidentaux fut utilisé dans un but concerté ; et toute l’épreuve 

destructrice de l’Occident au XXe siècle fut liée à, et dominée par 

l’ancienne ambition de Sion, ravivée depuis l’Antiquité pour devenir le 

dogme de la politique occidentale.  

Cette cinquième phase a environ cinquante-cinq ans, à l’heure où 

ce livre est rédigé, et ses premiers résultats sont redoutables. La « Loi 

mosaïque » a été superposée à la vie des peuples occidentaux, vie qui 

est en fait gouvernée par cette Loi, et par aucune loi qui lui soit propre. 

Les opérations politiques et militaires des deux guerres mondiales ont 

été détournées pour promouvoir l’ambition sioniste, et la vie et le 

trésor de l’Occident ont été déversés en sa faveur.  

Quarante ans de carnage continu en Palestine n’ont 

manifestement été que le prélude à ce qui est encore à venir là-bas. 

Une troisième guerre mondiale pourrait débuter et se répandre hors de 

la Palestine, et si une guerre devait commencer ailleurs, on peut 

prévoir que sur sa route, elle cernerait et attaquerait l’ambition de 

Sion, qui ne sera pas atteinte avant qu’une partie beaucoup plus 

importante du Moyen-Orient n’ait été conquise, que les « autres 

Dieux » n’aient été jetés à terre, et que « toutes les nations » n’aient été 

asservies. 

Le Dr Kastein voit dans cette cinquième phase l’âge d’or durant 

lequel « l’Histoire pourra reprendre » (après l’interrègne insignifiant 

connu sous le nom d’ère chrétienne), et le sionisme, en tant que 

« possesseur d’une mission mondiale », se rappropriera un héritage 

destiné, culminant dans la domination mondiale – héritage dont il fut 

scandaleusement dépossédé en 70 ap. J.-C. (quand « l’Histoire » fut 

interrompue). 

 104 

Ce récit a maintenant atteint la troisième de ces cinq phases, la 

longue phase durant laquelle les scribes talmudiques de l’académie de 

Yavné commencèrent avec une application infinie à tisser la Loi en une 

toile beaucoup plus grande, aux ramifications infinies, d’où un juif 

aurait du mal à s’échapper sans pénalité désastreuse. Par ce moyen, 

ce qui paraissait impossible fut accompli : une race de gens dispersée 

à travers le monde fut maintenue pendant mille sept-cents ans à 

l’écart de l’humanité, et formée à une tâche destructrice au XXe siècle 

de l’ère chrétienne. 

Un compte rendu de cette remarquable période de préparation et 

d’organisation, durant laquelle une clôture fut élevée autour de la Loi 

judaïque afin que la « liberté » n’absorbe pas le peuple spécial ou 

n’affaiblisse pas sa force destructrice, semble ici approprié. 

 

 

Chapitre 14 

LE GOUVERNEMENT MOBILE 

Les sages pharisiens qui quittèrent Jérusalem avant sa 

destruction en 70 ap. J.-C. et s’installèrent à Yavné, avaient 

l’intention, comme les Lévites à Babylone auparavant, de mettre en 

place un centre de pouvoir et de contrôle à distance, duquel ils 

pourraient maintenir sous leur joug une organisation tribale, à cette 

époque-là disséminée sur la terre. Ils emportèrent avec eux à Yavné 

l’expérience accumulée à Jérusalem et à Babylone et les secrets 

conservés des siècles, et réussirent à établir un gouvernement mobile 

qui continua à exercer son autorité sur les juifs jusqu’à aujourd’hui. 

Avant les dernières batailles contre Rome (raconte le Dr Kastein), 

« un groupe d’enseignants, d’érudits et d’éducateurs se rendit à Yavné, 

prenant le sort de leur peuple sur leurs épaules afin d’en être 

responsables au cours des siècles… À Yavné, le corps central pour 

l’administration du peuple juif fut établi… En règle générale, quand on 

fixe totalement le parcours d’une nation comme ce fut le cas avec les 

juifs en cette occasion, elle périt complètement. Mais le peuple juif n’a 

pas péri… Ils avaient déjà appris comment modifier leur attitude 

durant la captivité babylonienne… Et ils suivaient la même trajectoire 

dorénavant ». 

À Yavné, l’Ancien Sanhédrin, source de toute l’autorité législative, 

administrative et judiciaire, fut établi sous un nouveau nom. En sus, 

une académie fut créée pour développer la Loi plus avant. Les scribes y 

continuèrent la révélation de l’esprit de Jéhovah et l’interprétation de 

la Loi, si souvent annoncée comme ayant reçu sa forme finale. En fait, 

comme le dogme est que la Loi gouverne chaque acte de la vie humaine 

dans des circonstances qui changent constamment, elle ne peut – et ne 

pourra – jamais être définitivement codifiée, et doit être développée à 

l’infini. 

En dehors de ce motif permanent de révision, le nouveau facteur – 

le christianisme – avait surgi, et on devait définir l’application de la Loi 

concernant le christianisme. Donc, la Torah (la Loi) commença à 

recevoir son énorme supplément, le Talmud, qui était d’autorité égale, 

voire supérieure. 

La Loi était appliquée depuis Yavné ; elle « éleva une barrière 

insurmontable contre le monde extérieur », imposa une discipline 

« mortellement rigide » et « garda les prosélytes à distance ». Le but était 

de « rendre la vie du juif totalement différente de celle des gentils ». 

Toute loi qui recevait une majorité de votes de la part du Sanhédrin 

devenait exécutoire auprès de toutes les communautés judaïstes 

 106 

partout dispersées ; « les opposants étaient menacés de bannissement, 

ce qui signifiait être exclus de la communauté ».  

De cette façon, « le centre du cercle fut finalement fixé, et le cercle 

lui-même très bien décrit sous la forme de la Loi et du treillage installé 

autour du peuple ». Durant cette période (avant que le christianisme 

ne devienne la religion de Rome), un décret secret quitta le « centre » de 

Yavné, autorisant les juifs à feindre le reniement de leur foi et à 

déclarer leur conversion aux « religions païennes » si les circonstances 

l’indiquaient. 

La période du gouvernement de Yavné dura environ un siècle, 

puis il fut transféré à Usha en Galilée, où le Sanhédrin fut à nouveau 

établi. « Le judaïsme fixa les limites autour de lui-même et devint 

encore plus exclusif » ; à cette période, la malédiction particulière sur 

les chrétiens juifs fut prononcée. En 320 ap. J.-C., l’empereur romain 

Constantin se convertit au christianisme, et promulgua les lois qui 

interdisaient les mariages entre chrétiens et juifs et qui interdisaient 

aux juifs d’avoir des esclaves chrétiens. C’était la réponse naturelle à 

la Loi de l’exclusion et de l’asservissement de « l’étranger » appliquée 

par le gouvernement talmudique à Usha, mais elle fut considérée 

comme de la « persécution », et pour échapper à son atteinte, « le 

centre » fut déplacé à Babylone, où la colonie judéenne – qui huit 

siècles plus tôt avait préféré y rester plutôt que « retourner » à 

Jérusalem – « était toujours intacte ». On installa le gouvernement 

talmudique à Sura, et des académies furent fondées à Pumbédita. 

Le Talmud, commencé à Yavné puis Usha, fut achevé à Sura et à 

Pumbédita. « Un anneau de dimension immense et d’élasticité 

colossale » fut construit partout autour des juifs ; le cercle mystique de 

la peur et de la superstition fut resserré. Depuis Sura, un exilarque 

(prince de la captivité de la maison de David) gouvernait, mais avec le 

temps, il ne devint qu’un homme de paille. Par la suite, « le président 

de l’académie » (de fait, le Grand prêtre et Premier ministre) « posa les 

règles et les règlements, pas seulement pour les juifs babyloniens, 

mais aussi pour la totalité du judaïsme… Les juifs de par le monde 

reconnaissaient les académies de Babylone comme étant le centre 

officiel du judaïsme, et considéraient toute loi passée là-bas comme 

obligatoire ». 

Ainsi, la nation-dans-les-nations, l’État-dans-les-États, fut-il 

enchaîné et dirigé par le gouvernement talmudique de Babylone. 

Le cœur du dogme demeurait tel qu’Ézéchiel, Esdras et Néhémie 

lui avaient donné forme et l’avaient imposé ; mais le Talmud, dans les 

faits, avait pris la place de la Torah, tout comme la Torah plus tôt avait 

supplanté les « traditions orales ». Les chefs des académies de Sura et 

Pumbédita étaient appelés les Gaonim, et ils commencèrent à exercer 

 107 

un pouvoir autocratique sur les juifs dispersés. Les mystérieux 

exilarques (plus tard nassim, ou princes) étaient dépendants de leur 

approbation, et le Sanhédrin leur abandonna ses fonctions – ou bien 

en fut dépossédé. Quand un doute, où que ce fût dans le monde, 

s’élevait parmi les juifs, à propos des interprétations ou de l’application 

de la Loi dans n’importe quelle affaire quotidienne, la question était 

soumise au Gaonate. Les verdicts et les jugements rendus (au nom de 

Jéhovah) depuis le gouvernement distant étaient les Réponses 

gaoniques, ou lois promulguées depuis Babylone, auxquelles, partout, 

les juifs se soumettaient, sans quoi ils encouraient le danger d’être 

excommuniés. 

De cette façon, la servitude talmudique se répandit parmi les juifs 

dispersés, où qu’ils vivent, « comme un filet étroitement tissé… au- 

dessus des jours ordinaires et des jours fériés, au-dessus de leurs 

actions et de leurs prières, au-dessus de leurs vies entières et de 

chaque pas qu’ils faisaient… Rien dans leur vie extérieure ne fut plus 

autorisé à être le simple amusement d’une décision arbitraire ou du 

hasard ». C’est l’image d’un despotisme absolu, uniquement différent 

des autres despotismes par le facteur de la distance entre les despotes 

et leurs sujets. Dotée d’une mission bienveillante, une communauté de 

gens si étroitement contrôlée pourrait faire fructifier énormément la vie 

des peuples ; dotée d’une mission destructrice, sa présence au sein 

des autres peuples ressemble à celle d’une attaque d’explosifs dans la 

roche, actionnée manuellement à distance par un piston. 

Pendant six cents ans, le gouvernement talmudique à Yavné, Usha 

et Sura, resta au sein ou proche du climat oriental d’origine, où sa 

nature était comprise des autres peuples ; ceux-ci savaient comment 

faire face et s’opposer à la doctrine sauvage tribale, et, tant qu’ils 

n’étaient pas entravés ou gênés par des puissances étrangères dans 

leurs relations avec elle, ils étaient toujours à même de trouver un 

compromis quotidien, qui permettait à tous de vivre côte à côte en 

quasi amitié. 

Puis, vint l’événement qui a produit de si violents résultats à notre 

époque : le gouvernement talmudique se déplaça en Europe 

christianisée et s’établit parmi des populations pour lesquelless la 

nature de son dogme et ses méthodes étaient étranges, et même 

incompréhensibles. Cela mena, au cours des nombreux siècles, au 

conflit répété entre l’ambition et la doctrine étrangère, et l’intérêt du 

pays d’origine – rupture dont notre siècle fait à nouveau l’expérience.  

La nature des Occidentaux (plus spécialement sous les latitudes 

Nord) est d’être franc, de déclarer ses intentions, d’utiliser la parole 

pour exprimer son but, et le christianisme développa ces traits 

originels. La force qui apparut parmi eux était du caractère opposé, 

oriental, infiniment subtil, secret, conspirateur, et pratiquait 

 108 

l’utilisation du langage pour dissimuler ses véritables intentions. En 

cela réside sa plus grande force dans sa rencontre avec l’Occident.  

Le déplacement en Europe se fit par les conquêtes islamiques. Les 

Arabes, sous la bannière du Prophète, chassèrent les Romains de 

Palestine. De cette façon, les habitants originels de Palestine, qui y 

avaient vécu quelque deux mille ans avant que les premières tribus 

hébraïques n’arrivent, devinrent les souverains de leur propre pays, et 

le demeurèrent pendant neuf cents ans (jusqu’en 1517, où les Turcs le 

conquirent). On pourrait faire une comparaison instructive entre le 

traitement islamique et le traitement judaïque des prisonniers : 

L’ordre du calife aux conquérants arabes en 637 ap. J.-C. fut: 

« Vous n’agirez pas traîtreusement, malhonnêtement, ne commettrez 

aucun excès ou mutilation, ne tuerez aucun enfant ou vieillard ; ne 

couperez ou ne brûlerez ni les palmiers ni les arbres fruitiers, ne 

tuerez aucun mouton, vache ou chameau, et laisserez en paix ceux 

que vous trouvez en train de se consacrer à leurs dévotions dans leurs 

cellules ». L’ordre de Jéhovah, selon le Deutéronome 20.16, est : « Des 

villes de ces gens, que l’Éternel ton Dieu te donne en héritage, tu ne 

laisseras en vie rien qui respire ».  

Depuis la Palestine, l’islam étendit ensuite ses frontières d’un bout 

à l’autre de l’Afrique du Nord, si bien que la grande majorité des juifs 

tomba à l’intérieur des frontières de la même autorité extérieure. 

Ensuite, l’islam se tourna vers l’Europe et envahit l’Espagne. Avec cela, 

l’ombre du sionisme tomba sur tout l’Occident. La conquête maure fut 

« soutenue à la fois par des hommes et par de l’argent » par les juifs, 

qui en tant que civils accompagnant une armée, furent traités avec 

une indulgence remarquable par les conquérants, ville après ville 

tombant sous leur contrôle ! Le Coran lui-même dit : « Leur but est de 

semer le désordre sur terre » ; les armées islamiques facilitèrent 

certainement ce but. 

Le christianisme fut ainsi submergé en Espagne. Dans ces 

circonstances propices, le gouvernement talmudique fut transféré de 

Babylone en Espagne, et le processus commença, dont les résultats 

sont apparus pendant notre génération. Le Dr Kastein dit : 

« Le judaïsme, dispersé comme il l’était sur la surface du globe, fut 

toujours enclin à mettre en place un État fictif à la place de celui qui 

avait été perdu, et donc aspira toujours à se tourner vers un centre 

commun en guise de guidance… Ce centre fut à l’époque considéré 

comme étant situé en Espagne, où l’hégémonie nationale fut 

transférée depuis l’Orient. Tout comme Babylone avait 

providentiellement pris la place de la Palestine, dorénavant l’Espagne 

remplaçait opportunément Babylone, qui, en tant que centre du 

judaïsme, avait cessé d’être capable de fonctionner. Tout ce qui 

pouvait être fait là-bas avait déjà été accompli ; il avait forgé les 

 109 

chaînes – le Talmud – avec lesquelles l’individu pouvait se ligoter lui- 

même pour éviter d’être englouti par son environnement ».  

Le lecteur remarquera la description des événements : les 

« individus » n’ont en général pas l’habitude de se ligoter eux-mêmes, 

par choix, avec des chaînes forgées pour eux. Quoi qu’il en soit, la 

captivité juive fut plus rapprochée que jamais, ou peut-être l’avait on 

rendue plus rapprochée. C’était aux juifs d’y réfléchir. 

Ce qui allait devenir d’une importance vitale pour l’Occident était 

que le gouvernement juif était dorénavant en Europe. Le centre 

dirigeant et l’idée destructrice s’étaient tous deux introduits en 

Occident. 

Le gouvernement talmudique de la nation-dans-les-nations 

continua depuis le sol espagnol. Le Gaonate donna ses directives ; 

l’académie talmudique fut établie à Cordoue ; et quelquefois au moins, 

un vague exilarque régna sur la communauté juive. 

Cela fut accompli sous la protection de l’islam ; les Maures, 

comme Babylone et la Perse auparavant, firent preuve d’une 

remarquable bienveillance envers cette puissance qui se trouvait parmi 

eux. Pour les Espagnols, l’envahisseur en vint à prendre un visage de 

moins en moins mauresque et de plus en plus juif ; les Maures avaient 

conquis, mais le pouvoir du conquérant passa en des mains juives. 

L’histoire que le monde avait vue se dérouler plus tôt à Babylone se 

répéta en Espagne, et des siècles plus tard, devait se dérouler à 

nouveau dans chaque grand pays occidental. 

Les Maures restèrent en Espagne pendant presque huit cents ans. 

Quand la reconquête espagnole, après cette longue épreuve, fut 

achevée en 1492, les juifs, tout comme les Maures, furent expulsés. Ils 

avaient fini par s’identifier à l’autorité des envahisseurs et furent 

chassés quand elle prit fin, puisqu’ils l’avaient suivie. 

Le « centre » du gouvernement talmudique fut alors transféré en 

Pologne. 

À cet instant-là, moins de quatre siècles avant notre propre 

génération, un mystère significatif pénètre l’histoire de Sion : pourquoi 

le gouvernement fut-il installé en Pologne ? Jusqu’à cette période, les 

annales ne révèlent aucune trace de migration importante de juifs en 

Pologne. Les juifs qui étaient entrés en Espagne avec les Maures 

venaient d’Afrique du Nord et quand ils partirent, la plupart d’entre 

eux retournèrent en Afrique du Nord, ou allèrent en Égypte, en 

Palestine, en Italie, dans les îles grecques et en Turquie. D’autres 

colonies étaient apparues en France, en Allemagne, en Hollande et en 

Angleterre, et celles-ci furent agrandies par l’arrivée parmi elles de juifs 

de la péninsule ibérique. Il n’y a aucun compte rendu de l’arrivée d’un 

nombre important de juifs espagnols en Pologne, ou d’une quelconque 

 110 

migration de masse de juifs en Pologne à n’importe quelle période 

précédente. 

Pourtant, dans les années 1500, quand le « centre » fut installé en 

Pologne, « une population juive y avait pris naissance par millions », 

selon le Dr Kastein. Mais des millions de personnes ne « prennent [pas] 

naissance » soudainement. Le Dr Kastein semble se montrer conscient 

qu’une explication s’impose ici, et se montre réticent à investir la 

question, car il balaie cette étrangeté avec la remarque désinvolte 

comme quoi la taille de cette communauté, dont nul ne savait rien 

auparavant, « était plus due à l’immigration, apparemment depuis la 

France, l’Allemagne et la Bohème, qu’à aucune autre cause ». Il 

n’explique pas quelle autre cause il pourrait avoir à l’esprit et, pour un 

expert appliqué, il se satisfait étrangement d’une hypothèse 

hasardeuse sur ce point particulier. 

Mais quand un historien sioniste passe ainsi quelque chose sous 

silence, celui qui est en quête de savoir peut quasiment être sûr que la 

racine du problème pourrait être découverte à force de persévérance. 

Il en est ainsi de ce cas ; derrière la conjecture ingénue du Dr 

Kastein, le fait le plus important de l’histoire ultérieure de Sion se 

dissimule. Le « centre » du gouvernement juif fut à cette époque planté 

au milieu d’une large communauté de gens que le monde ne 

connaissait pas en tant que juifs, et qui n’étaient, en réalité, en 

aucune façon juifs au sens littéral. Ils n’avaient absolument aucun 

sang judaïte (d’ailleurs, le sang judaïte devait à cette époque avoir 

presque disparu, même parmi les juifs d’Europe de l’Ouest), et leurs 

ancêtres n’avaient jamais connu la Judée, ou aucun sol autre que 

celui de la Tartarie. 

Ce peuple était les Khazars, une race turco-mongole qui avait été 

convertie au judaïsme au VIIe siècle de notre ère environ. C’est le seul 

cas de conversion au judaïsme d’un important groupe de gens de sang 

très différent (les Iduméens étaient des « frères »). On ne peut que faire 

des suppositions sur la raison pour laquelle les sages talmudiques la 

permirent ou l’encouragèrent ; sans elle, toutefois, la « question juive » 

aurait maintenant rejoint les problèmes que le temps a résolus.  

Ce développement (qui sera discuté plus avant dans un prochain 

chapitre) fut d’une importance vitale, et peut-être même fatale pour 

l’Occident. L’instinct naturel de l’Europe fut toujours de s’attendre à ce 

que le plus grand danger pour sa survie vienne de l’Asie. Dès le 

moment où « le centre » fut transféré en Pologne, ces Asiatiques 

commencèrent à s’approcher, et plus tard à pénétrer en Occident sous 

l’apparence de « juifs », et ils amenèrent l’Europe à sa plus grande 

crise. Bien que leur conversion ait eu lieu très longtemps auparavant, 

ils vivaient si éloignés que le monde aurait pu ne jamais entendre 

 111 

parler d’eux, si le centre talmudique n’avait pas été installé parmi eux, 

de sorte qu’ils vinrent se regrouper autour de lui. 

Quand on apprit leur existence en tant que « juifs de l’Est », ils 

profitèrent de l’effet de confusion provoqué par la contraction du mot 

Judaïte, ou Judéen, en « juif » ; nul n’aurait jamais cru qu’ils étaient 

judaïtes ou judéens. Dès le moment où ils prirent la direction de la 

communauté juive, le dogme du « retour » en Palestine fut prêché au 

nom d’un peuple qui n’avait aucun sang sémitique ou qui n’avait en 

aucune façon de lien ancestral avec la Palestine ! 

À partir de cette période, le gouvernement talmudique opéra avec 

une masse de manœuvre d’un tout autre ordre asiatique. 

Une fois encore, un État quasiment indépendant fut formé à 

l’intérieur de l’État polonais, qui, comme tant d’États auparavant et 

par la suite, montra la plus grande bienveillance envers la nation- 

dans-les-nations qui prenait forme à l’intérieur de ses murs. Comme 

dans les cas précédents et suivants, cela ne mitigea aucunement 

l’hostilité des juifs talmudiques envers cet État, ce qui était proverbial.  

Le Dr Kastein dépeint ce gouvernement juif indépendant durant la 

phase polonaise. Les talmudistes furent autorisés à rédiger « une 

constitution », et au cours des années 1500 et 1600, les juifs de 

Pologne vécurent sous « un gouvernement autonome ». Ce dernier 

administrait « un système d’économie de fer et une discipline religieuse 

de fer, ce qui inévitablement conduisit à la formation d’un corps 

oligarchique d’administrateurs, et au développement d’une forme 

extrême de mysticisme » (cela donne une image de l’instruction reçue 

sous une discipline rigide et sous bonne garde, qui produisit les 

révolutionnaires communistes et sionistes de notre siècle). 

Ce gouvernement autonome talmudique était appelé le Kahal. Au 

sein de son propre territoire, le Kahal était un gouvernement aux 

pleins pouvoirs, sous suzeraineté polonaise. Il avait autorité 

indépendante sur les impôts dans les ghettos et les communautés, et 

était chargé du paiement d’une somme globale au gouvernement 

polonais. Il passait des lois réglant tout acte et transaction d’homme à 

homme, et avait le pouvoir d’inculper, de juger, de déclarer coupable 

ou d’acquitter. 

Ce pouvoir s’arrêtait seulement théoriquement à la peine capitale ; 

d’après le professeur Salo Baron : « En Pologne, où la cour juive n’avait 

aucun droit d’infliger la peine de mort, le lynchage en tant que mesure 

préventive extra-judiciaire était encouragé par les autorités rabbiniques 

telles que Salomon Luria ». (Cette citation révèle le sens intime des 

allusions fréquentes mais prudentes du Dr Kastein à la « discipline de 

fer », « l’inexorable discipline », « la discipline mortellement rigide », et 

ainsi de suite). 

 112 

Dans les faits, un État juif, gouverné par le Talmud, fut recréé sur 

le sol de Pologne. 

Comme le dit le Dr Kastein, « Telle était la constitution del’État juif, 

planté sur un sol étranger, cerné par un mur de lois étrangères, avec 

une structure en partie choisie et en partie imposée… Il avait sa propre 

loi juive, ses propres prêtres, ses propres écoles, ses propres 

institutions sociales, et ses propres représentants au gouvernement 

polonais… En fait, il possédait tous les éléments nécessaires à la 

formation d’un État ». La réalisation de ce statut fut due « en large 

mesure à la coopération du gouvernement polonais ». 

C’est alors qu’en 1772, la Pologne fut partagée, et cette importante 

communauté de « juifs de l’Est » organisée en État-dans-l’État, fut 

divisée par les frontières nationales, la plus grande partie tombant 

sous autorité russe. À ce stade, pour la première fois en plus de 2500 

ans, et moins de deux cents ans avant aujourd’hui, le « centre » du 

gouvernement juif fut perdu de vue. Jusqu’en 1772, il y en avait 

toujours eu un : en Pologne, en Espagne, à Babylone, en Galilée, en 

Judée, à Babylone et en Juda. 

Le Dr Kastein dit que « le centre cessa d’exister ». La suggestion 

est faite que le contrôle centralisé de la communauté juive prit fin à ce 

moment-là, mais la durée et la force de sa survie antérieure, de même 

que les événements significatifs du siècle suivant, réfutent cela. Dans 

un passage postérieur, le Dr Kastein lui-même révèle la vérité, quand il 

rapporte avec jubilation qu’au XIXe siècle « une internationale juive prit 

forme ».  

Manifestement, « le centre » continua, mais en secret à partir de 

1772. On peut déduire la raison de ce retrait dans la dissimulation 

d’après la forme que prirent par la suite les événements. 

Le siècle qui suivit fut celui de la conspiration révolutionnaire 

communiste et sioniste, se terminant par l’apparition publique de ces 

deux mouvements, qui ont dominé le présent siècle. Le « centre » 

talmudique fut aussi le centre de cette conspiration. S’il était resté 

public, la source de la conspiration aurait été visible, et son 

association avec les juifs de l’Est talmudiques aurait été évidente. 

Ainsi, cela ne devint-il évident que quand la révolution de 1917 

résulta en un gouvernement presqu’entièrement juif en Russie ; et à 

cette époque-là, le pouvoir sur les gouvernement occidentaux était 

devenu si grand que la nature de ce nouveau régime fut peu discutée, 

une quasi loi d’hérésie étant entrée en vigueur là-bas. Si l’institution 

visible avait continué, les populations d’Occident se seraient rendues 

compte à temps que le gouvernement talmudique de la communauté 

juive, bien qu’à la tête de la revendication « d’émancipation », était 

 113 

également en train d’organiser une révolution pour détruire tout ce 

que les peuples pourraient acquérir par cette émancipation. 

Les Russes, parmi lesquels cette communauté la plus importante 

de juifs vivaient à l’époque, savaient ce qui était arrivé. Le Dr Kastein 

dit : « Les Russes se demandaient quelle pouvait bien être la raison 

pour laquelle les juifs ne se mélangeaient pas au reste de la 

population, et en vinrent à la conclusion que dans leurs Kahals 

secrets, ils possédaient une réserve importante, et qu’un “Kahal 

mondial” existait ». Le Dr Kastein confirme plus tard ce que les Russes 

croyaient, par sa propre allusion à « l’internationale juive » du XIXe 

siècle. 

En d’autres mots, le « gouvernement » continua, mais en cachette, 

et probablement sous une forme différente suggérée par le terme 

« internationale » du Dr Kastein. La forte présomption est 

qu’aujourd’hui, le « centre » n’est situé dans aucun pays et que, bien 

que son siège de pouvoir principal soit manifestement aux États-Unis, 

il prend maintenant la forme d’un conseil d’administration réparti 

parmi les nations et œuvrant à l’unisson, par-dessus les 

gouvernements et les peuples.  

Il s’avère que les Russes, qui à l’époque de la disparition du 

« centre » de la vue publique étaient mieux informés qu’aucun autre 

peuple sur la question, avaient raison. 

La façon dont ce conseil d’administration international acquiert et 

exerce son pouvoir sur les gouvernements gentils n’est plus tout à fait 

mystérieuse ; suffisamment d’informations authentiques publiées sont 

sorties ces dernières cinquante années pour expliquer tout cela, 

comme ce livre le montrera plus tard. 

Le mystère de son emprise de plusieurs siècles sur les « juifs » est 

plus difficile à pénétrer. Comment une secte a t-elle été capable de 

maintenir des gens répartis sur tout le globe dans les griffes d’un 

tribalisme primitif pendant vingt-cinq siècles ? 

Le chapitre suivant cherche à donner quelque aperçu des 

méthodes utilisées pendant la troisième et plus longue phase de 

l’histoire de Sion – la période talmudique, qui s’étend de 70 ap. J.-C. à 

environ 1800. Ces méthodes ont en elles-mêmes tant de l’Orient et de 

l’Asie qu’elles paraissent curieuses aux esprits occidentaux, et sont 

mieux comprises par ceux dont la propre expérience les mena 

fréquemment parmi les communautés des « juifs de l’Est » avant la 

Seconde Guerre mondiale, et au sein des États de police secrète, où 

l’on gouverne aussi par la peur et la terreur. 

 

 

Chapitre 15 

LE TALMUD ET LES GHETTOS  

Peu importe ce qui est contesté, une chose est indiscutable : cette 

grande puissance doit reposer sur une Loi qui pendant dix-neuf siècles 

obtient l’obéissance d’un peuple dispersé sur toute la terre, alors que 

par un effort de volonté, il pourrait s’échapper de cette servitude. Le 

Talmud était (et est) une telle loi, et la seule dans son genre. 

« Le Talmud était presque considéré comme l’autorité suprême par 

la majorité des juifs… Même la Bible fut reléguée à une place 

secondaire » (l’Encyclopaedia Juive). « La supériorité absolue du 

Talmud sur la Bible de Moïse doit être reconnue par tous » (les 

Archives israélites, citées par Mgr. Landrieux). « Les paroles des sages 

sont plus importantes que les paroles des Prophètes » (le Talmud, 

Traité de Berachot, i.4.). 

La compilation du Talmud commença à Yavné, le rôle joué à 

Babylone par Ezéchiel et Esdras étant dévolu, dans cette nouvelle 

révision de la Loi, au rabbin connu sous le nom de Juda le Saint ou le 

Prince. 

Ce fut de fait une addition massive aux « lois et jugements » du 

Deutéronome, du Lévitique et des Nombres. Toute les lois que « le 

centre » promulgua furent ajoutées à la Torah en tant que « Torah 

orale », étant d’égale origine divine. Puis, elles furent rédigées dans la 

Mishna. Encore plus tard (sous le prétexte souvent utilisé de 

« compléter » l’œuvre), d’immenses archives de discussions et de 

jugements rabbiniques furent ajoutées dans la Gémara, mais comme la 

Gémara était le produit de deux communautés juives distinctes, celle 

de Jérusalem au Ve siècle et celle de Babylone au VIIe siècle, il y a deux 

Talmud, connus sous les qualificatifs de palestinien et de babylonien. 

Le Talmud, qui donc fut produit sous l’ère chrétienne, est anti- 

chrétien. Il est censé provenir de la même source originelle que la 

Torah ; les prêtres scribes qui le compilèrent prétendirent une fois 

encore réviser ou développer, selon les pouvoirs conférés « oralement » 

sur le Mont Sinaï. 

La copie de la Bible chrétienne que j’ai en ma possession déclare 

que « les églises de toutes confessions reçoivent et acceptent » l’Ancien 

Testament « comme étant délivré par l’inspiration de Dieu, par 

conséquent, il est à leurs yeux une loi ou un guide de foi et de pratique 

divin » – une décision qui remonte au Concile de Trente. Une question 

s’impose alors : en quoi l’inspiration du Talmud était-elle différente de 

 115 

celle de la Torah ? Si elle n’était pas différente, alors pourquoi ne pas 

ajouter le Talmud anti-chrétien à la Bible chrétienne ?  

Si cela était fait, l’œuvre entière s’étendrait sur plusieurs étagères 

d’une bibliothèque, et le Nouveau Testament serait un minuscule 

pamphlet, excommunié et perdu au milieu de la masse talmudique, 

dont l’enseignement est résumé ainsi par l’érudit talmudique Drach : 

« Les préceptes de justice, d’égalité, de charité envers son prochain, 

non seulement sont inapplicables au chrétien, mais constituent un 

crime pour quiconque agirait différemment… Le Talmud interdit 

expressément à quiconque de sauver un non-juif de la mort… de lui 

restituer des biens perdus etc., d’avoir pitié de lui ». 

La décision théologique concernant « l’autorité divine égale » de la 

Torah semble avoir introduit un élément de confusion dans la leçon 

chrétienne, confusion dont le christianisme lui-même pourrait au bout 

du compte ne pas se remettre. 

Les préceptes talmudiques cités à l’instant ne sont pas forcément 

différents dans leur nature de ceux inclus dans le Deutéronome quand 

cette « seconde Loi » fut rendue publique mille ans avant que le Talmud 

palestinien ne soit achevé ; on leur a seulement conféré une 

application tout spécialement anti-chrétienne. 

Pourquoi le Talmud était-il autant nécessaire ? Les raisons 

semblent évidentes. Les Judéens avaient finalement été dispersés de 

par le monde, en tout cas jusqu’au moment où ces « exilés » seraient 

« rassemblés et ramenés », et se réuniraient à nouveau autour du 

Temple. Le monde dans lequel ils étaient dispersés contenait un 

nouvel « ennemi », sous la forme d’une religion qui était née avec la 

déclaration même que le pharisaïme était une hérésie : « Malheur à 

vous, scribes et pharisiens, hypocrites ! ». De plus, grâce à la 

traduction, la Loi judaïque s’était fait connaître du monde païen, qui 

avait même pu y trouver quelques éléments qu’il pourrait utiliser. 

Donc, le peuple spécial, s’il devait rester à l’écart, avait besoin d’une 

nouvelle Loi qui lui fût propre, loin du regard des gentils. La Torah 

avait besoin d’une « clôture » autour d’elle-même, assez solide pour 

préserver les exilés à la fois de l’absorption par les autres peuples, et 

aussi de « la prostitution auprès d’autres dieux ».  

Le Talmud fut essentiellement la réponse hostile au christianisme, 

la bataille en règle revue à la lumière des nouvelles dispositions de 

« l’ennemi ». Les encyclopédies laïques (auxquelles notre génération ne 

peut se fier sur les questions liées au judaïsme) dissimulent ce fait aux 

lecteurs gentils. Celle qui se trouve actuellement devant moi, par 

exemple, dit : « Le Talmud a été par moments accusé par les chrétiens 

– très injustement – d’être anti-chrétien ». L’insertion de ces deux 

termes suggestifs [« anti-chrétien » – NdT] par quelque scribe partisan,  

 116 

fait que ce volume fournit une contrevérité démontrable, et transforme 

une déclaration factuelle en propagande. C’est l’attaque du 

christianisme qui donna au Talmud son ton caractéristique, et c’est en 

fait la seule nouveauté du Talmud. Son autre enseignement reste celui 

d’Ézéchiel et des pharisiens. 

L’Encyclopaedia Juive dit : « C’est dans la tendance des légendes 

juives du Talmud, des Midrash » (les sermons à la synagogue), « et de 

la Vie de Jésus Christ (Toledoth Jeshua) qui émergèrent au Moyen Âge, 

de rabaisser la personne de Jésus en lui attribuant une naissance 

illégitime, de la magie et une mort honteuse ». On fait généralement 

allusion à lui comme « cet anonyme », « menteur », « imposteur » ou 

« bâtard » (l’attribution de la bâtardise est destinée à le faire tomber 

sous le coup de la Loi telle que stipulée dans le Deutéronome 23.2 : 

« Un bâtard n’entrera point dans l’assemblée du Seigneur »). 

Mentionner le nom de Jésus est défendu dans les maisonnées juives.  

L’œuvre citée par l’Encyclopaedia Juive comme ayant « émergé au 

Moyen Âge » n’est pas seulement la mémoire déshonorante d’un passé 

ancien, comme cette allusion pourrait le suggérer ; elle est utilisée 

dans les écoles hébraïques de nos jours. C’était une production 

rabbinique de la période talmudique, et elle répétait tous les rituels de 

moquerie du Calvaire lui-même sous une forme différente. Jésus y est 

décrit comme le fils illégitime de Marie, la femme d’un coiffeur, et d’un 

soldat romain du nom de Panthéra. Jésus lui-même est appelé par un 

nom que l’on pourrait traduire par « Jœy Virgo »4). On le montre 

comme étant amené en Égypte par son beau-père et y apprenant la 

sorcellerie.  

Ce qui est significatif à propos de cette fausse biographie (les 

seules informations sur Jésus que les juifs étaient censés lire) est que 

Jésus n’y est pas crucifié par les Romains. Après son apparition à 

Jérusalem et son arrestation là-bas comme agitateur et sorcier, il est 

livré au Sanhédrin et passe quarante jours au pilori avant d’être lapidé 

et pendu à la Fête de la Pâque ; cette façon de mourir exécute 

parfaitement la Loi établie dans le Deutéronome 21.22 et 17.5, tandis 

que la crucifixion n’aurait pas été conforme à cette Loi judaïque. Le 

livre déclare ensuite qu’il souffre en enfer de la torture de la boue en 

ébullition. 

Le Talmud se réfère aussi à Jésus comme « Bouffon », « sorcier », 

« impie », « idolâtre », « chien », « enfant de la luxure », et ainsi de suite ; 

les effets de cet enseignement, sur une période de plusieurs siècles, 

sont montrés dans le livre du juif espagnol Moïse de Léon, réimprimé 

en 1880, qui parle de Jésus comme d’un « chien mort » qui gît « enterré 

sous un tas de fumier ». Les textes hébreux originaux de ces allusions 

                                                

4 

 Terme péjoratif, que l’on pourrait traduire par « le gars de la Vierge » – NdT 

 117 

talmudiques apparaissent dans le Jesus Christus im Talmud de Laible. 

Cet érudit raconte que durant la période des talmudistes, la haine de 

Jésus devint « le trait le plus national du judaïsme », qu’ « à l’approche 

du christianisme, les juifs furent de temps à autre saisis d’une fureur 

et d’une haine qui relevaient de la folie », que « la haine et le mépris 

des juifs furent toujours dirigés en premier contre la personne de 

Jésus », et que « la haine des juifs envers Jésus est un fait fermement 

établi, mais ils veulent le montrer aussi peu que possible ».  

Ce désir de dissimuler au monde extérieur ce qui était enseigné 

derrière la clôture talmudique mena au cours du XVIIe siècle à la 

censure des passages susmentionnés. La connaissance du Talmud 

devenait alors assez répandue (il fut fréquemment dénoncé par les 

juifs protestataires), et l’embarras ainsi causé aux sages talmudiques 

mena au décret suivant (cité dans l’hébreu original et traduit par 

P.L.B. Drach, qui fut élevé dans une école talmudique et se convertit 

plus tard au christianisme) : 

« C’est pourquoi nous vous enjoignons, sous peine 

d’excommunication majeure, à ne rien imprimer dans les éditions 

futures, que ce soit de la Mishna ou de la Gémara, qui se rapporte en 

bien ou en mal aux actes de Jésus le Nazaréen, et à y substituer à la 

place une directive telle que celle-ci : Ô, qui avertira les rabbins et les 

maîtres d’école d’enseigner aux jeunes ces passages uniquement de 

vive voix. Au moyen de cette précaution, les savants parmi les 

Nazaréens n’auront plus aucun prétexte pour nous attaquer sur ce 

sujet ».  

(Extrait du décret du Synode judaïste, qui se réunit en Pologne en 

1631. À l’heure actuelle, où les investigations publiques (ou leur 

objection) concernant de telles questions ont été quasiment interdites 

par les gouvernements gentils, ces passages, d’après ce qu’on 

rapporte, ont été réintroduits dans les éditions hébraïques du Talmud). 

Cette diffamation du fondateur d’une autre religion distingue le 

judaïsme des autres croyances, et distingue le Talmud des autres 

littératures publiées au nom de la religion. Les musulmans, les 

bouddhistes, les confucianistes, les chrétiens et les autres ne haïssent 

pas les autres croyances ou leurs fondateurs en tant que tels. Ils se 

contentent de diverger et de croire que les chemins se rencontreront 

peut-être un jour, Dieu décidant du lieu de la rencontre. 

Par exemple, le Coran décrit Jésus comme « fortifié par l’Esprit 

Saint », et reproche aux juifs de rejeter « l’Apôtre de Dieu », à qui fut 

donné « l’Évangile avec sa guidance et sa lumière ». De sa mère, le 

Coran dit : « Ô Marie ! En vérité Dieu t’a choisie et purifiée, et t’a 

choisie entre toutes les femmes de ce monde », et : « Jésus, le fils de 

Marie, illustre ici-bas et dans l’autre monde, l’un de ceux qui peuvent 

approcher Dieu ».  

 118 

Le message central du Talmud, la « nouvelle Loi » la plus récente, 

est clair : il développa la Loi spécifiquement pour l’appliquer au 

christianisme, et ne laissa aucun doute sur le devoir d’un juif envers 

ce dernier. 

Un autre motif pour ce nouveau compendium fut le problème posé 

à la secte interne par le fait que les gentils avaient trouvé dans la 

traduction de la Torah beaucoup de choses qui leur parlaient (malgré 

le fait évident que cela était dirigé mortellement contre eux). Les 

anciens scribes lévitiques n’avaient pu prévoir cela (car ils n’avaient pu 

prévoir la traduction elle-même). La secte dirigeante avait besoin d’une 

nouvelle Loi propre, dans laquelle les « étrangers » ne pourraient 

mettre leur nez, et elle avait besoin de faire comprendre aux juifs que, 

même si les païens avaient de manière inexplicable attaché la Loi 

racialo-religieuse à la Bible chrétienne, cette Loi était néanmoins 

toujours la Loi des juifs seuls, et elle était inexorablement en vigueur. 

Donc, le Talmud entreprit d’élargir la brèche et de réhausser la 

barrière entre les juifs et les autres. Un exemple du langage différent 

que la Torah employait, pour les juifs et pour les gentils, a été donné 

précédemment : l’allusion obscure et apparemment inoffensive à « une 

nation insensée » (le Deutéronome, 32.21). D’après l’article sur la 

Discrimination envers les gentils dans l’Encyclopaedia Juive, l’allusion 

dans l’original hébreu est faite aux « infâmes et vicieux gentils », si bien 

que juifs et gentils reçurent des significations très différentes du même 

passage dans l’original et dans la traduction. Cependant, le Talmud, 

qui ne devait atteindre que des yeux juifs, supprima tout doute qui 

aurait pu survenir dans les esprits juifs en parcourant la traduction 

plus modérée ; il relia particulièrement le passage du Deutéronome à 

celui d’Ézéchiel, 23.20, et par ce fait définit les gentils comme ceux 

« dont la chair est comme celle des ânes et dont l’approche comme 

celle des chevaux » ! Dans cet esprit était « l’interprétation » de La Loi 

continuée par les talmudistes. 

Les décrets talmudiques allaient tous dans le même sens. La Loi 

(stipulait le Talmud) autorisait la restitution d’un article perdu à son 

propriétaire si c’était « un frère ou un prochain », mais pas si c’était un 

gentil. L’incinération des livres (gentils) était recommandée 

(l’incinération des livres est une invention talmudique, comme la 

chasse aux sorcières prescrite par la Torah). La bénédiction : « Béni 

sois Tu… qui ne m’as pas fait goy » devait être récitée 

quotidiennement. Les éclipses étaient de mauvais augure seulement 

pour les gentils. Le rabbin Lévi posa que l’injonction à ne pas se venger 

(Lévitique 19.18) ne s’appliquait pas aux gentils, et invoqua 

apparemment Ecclésiaste 8.4 pour supporter son jugement (une 

interprétation discriminatoire étant alors donnée à un passage dans 

lequel le gentil ne pouvait suspecter une telle intention). 

 119 

Le juif qui vend à un gentil un bien foncier attenant au terrain 

d’un autre juif doit être excommunié. Un gentil ne peut être tenu pour 

témoin fiable dans une action criminelle ou civile, parce qu’on ne 

pourrait pas compter sur lui pour tenir parole comme un juif. Un juif 

témoignant à une cour gentile subalterne en tant que témoin unique 

contre un juif doit être excommunié. L’adultère commis avec une 

femme non-juive n’est pas un adultère, « car les païens n’ont pas de 

femme mariée légalement, elles ne sont pas vraiment leurs femmes ». 

Les gentils sont en tant que tels exclus de l’admission à un monde 

futur. 

Et enfin, l’interprétation talmudique du commandement moral 

originel, « Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur », est que 

« l’homme se consacrera à l’étude de l’Écriture sainte et de la Mishna,  

et aura des relations avec des hommes savants et sages ». En d’autres 

termes, l’homme qui prouve le mieux son amour de Dieu est celui qui 

étudie le Talmud et fuit son semblable gentil. 

Un aperçu illustratif contemporain est parfois le meilleur exemple 

pour montrer l’effet produit sur les esprits humains par des siècles 

d’autorité talmudique. En 1952, un certain M. Frank Chodorov publia 

cette anecdote : « Une nuit très froide, le rabbin entra chez nous en 

chancelant, dans un état pitoyable ; il fallut une demi-douzaine de 

verres de thé bouillant pour le décongeler. Il raconta alors comment un 

sympathique goy lui avait offert une paire de gants, et pourquoi il avait 

refusé ce cadeau ; un juif ne doit pas être l’instrument susceptible 

d’amener une mitvah, ou bénédiction, sur un non-croyant. Ce fut la 

première fois, je crois, que je tombai en plein sur la doctrine du 

“peuple élu”, et elle me parut stupide et mesquine ».  

Voilà pour la « clôture » que le Talmud éleva entre les juifs et 

l’humanité, et pour le sentiment de mépris et de haine qu’il entreprit 

d’instiller chez les juifs envers les « étrangers ». Que fit-il aux juifs eux- 

mêmes ? Sur ce sujet, l’Encyclopaedia Juive dit : « Les talmudistes 

transformèrent la Torah en code pénal ». Pour une fois, dans cet 

ouvrage minutieusement exact, le sens n’est pas très clair ; la Torah 

était déjà un code pénal (comme la lecture contemporaine de cette 

dernière le montre), et ses peines avaient parfois été appliquées (par 

Esdras et Néhémie, contre les juifs ; et d’ailleurs aussi par les 

Romains, sur l’ordre du Sanhédrin, contre le « prophète et rêveur de 

rêves », Jésus). Il est possible que la signification soit que, sous les 

talmudistes, le code pénal fut régulièrement appliqué, et ses clauses 

renforcées. 

Ceci est certainement vrai ; la pratique rabbinique, citée 

précédemment, d’ « encourager le lynchage en tant que mesure 

préventive extra-judiciaire », parce que les talmudistes n’étaient pas 

autorisés par les gouvernements d’accueil à prononcer la peine de 

 120 

mort, montre à quel point le Talmud pouvait être appliqué dans le réel 

en tant que « code pénal ». Il y avait une grande distance entre les 

quelques commandements moraux de la tradition lointaine et les lois 

et régulations innombrables du Talmud, qui interdisaient souvent la 

conduite morale, et assignaient des châtiments drastiques pour les 

« transgressions ». L’observation de ces lois, et non la conduite morale, 

demeurait la base. 

La Loi talmudique gouvernait chaque action imaginable de la vie 

d’un juif, n’importe où dans le monde : mariage, divorce, constitution 

de biens, transactions commerciales, jusqu’aux détails les plus 

insignifiants de l’habillement et de la toilette. Comme des choses 

imprévues surviennent souvent dans la vie quotidienne, la question de 

ce qui était légal ou illégal (non de ce qui était bien ou mal) dans toutes 

sortes de circonstances originales devait constamment être débattue, 

et cela produisit les énormes archives de débats et de décisions 

rabbiniques dont le Talmud abonde. 

Était-ce un crime équivalent d’écraser une puce ou de tuer un 

chameau le jour saint ? Tel rabbin savant autorisait que la puce soit 

pressée avec douceur, et tel autre pensait que l’on pouvait même lui 

couper les pattes. Combien de poils blancs une vache rousse 

sacrificielle pouvait-elle avoir et rester quand-même une vache 

rousse ? Quelles sortes de croûtes nécessitaient-elles ce rituel-ci ou ce 

rituel-là de purification ? À quelle extrémité d’un animal l’opération 

d’abattage devait-elle être accomplie ? Le Grand prêtre devait-il mettre 

d’abord sa chemise ou ses bas ? Les méthodes de mise à mort des 

apostats étaient débattues ; ils doivent être étranglés, disaient les 

sages, jusqu’à ce qu’ils ouvrent la bouche, dans laquelle du plomb 

bouillant devait être versé. Là-dessus, un pieux rabbin recommandait 

vivement que la bouche de la victime soit maintenue ouverte avec des 

pinces afin qu’il ne suffoque pas avant que le plomb fondu n’entre et 

ne consume son âme et son corps. Le mot « pieux » n’est pas ici utilisé 

de manière sardonique ; cet érudit cherchait à découvrir l’intention 

précise de « la Loi » . 

Le Dr Johnson était-il familier, ou bien ignorant du Talmud ? Le 

sujet pourrait se révéler fascinant pour un cercle de débats littéraires. 

Il donna le coup de grâce à un argument en déclarant : « Il n’y a pas à 

régler la question de la priorité entre un pou et une puce ». Cette 

question précise avait été discutée, et réglée, par les érudits 

talmudiques. Pouvait-on tuer un pou ou une puce pendant le Sabbat ? 

La réponse talmudique fut que l’on était autorisé à tuer le premier, et 

que tuer la seconde était un péché mortel. 

« Le Talmud devint l’enveloppe incassable autour d’un grain 

déterminé à survivre ; il enferma le cœur du juif avec une spiritualité 

qui, bien que froide comme de la glace, était forte comme de l’acier 

 121 

pour le protéger… Le Talmud, qu’ils emportaient partout avec eux, 

devint leur maison ». Une maison faite de glace et d’acier, enclose et 

entourée de murs, avec toutes les fenêtres obturées et les portes 

barrées ; l’image est du Dr Kastein. 

Dans cette maison, les juifs, « en raison de l’acceptation de l’idée 

de Peuple élu et de salut… ne pouvaient interpréter tout ce qui arrivait 

que du point de vue d’eux-mêmes en tant que centre ». La planète flottait 

dans l’espace, parmi les myriades d’étoiles, uniquement pour les 

introniser sur un tas d’or, dans un Temple encerclé par les 

païens morts ; « la Loi leva une barrière insurmontable contre le 

monde extérieur ». 

Nul juif, hormis un érudit talmudique, ne pourrait connaître tout 

cet immense compendium. Probablement nul gentil ne pourrait 

accéder à une version non éditée. Il faudrait une académie de 

spécialistes et une vie entière de travail pour comparer les traductions 

aux originaux, si on rendait ceux-ci disponibles. Jusqu’à récemment,  

de nombreux chercheurs trouvaient que le manque de traductions 

était significatif, mais le présent auteur ne peut considérer cela comme 

étant important. On en sait suffisamment sur le Talmud (et pour la 

plupart, par des sources juives ou converties au judaïsme) pour que sa 

nature soit claire, et on ne gagne rien à entasser preuve sur preuve 

indéfiniment. On peut obtenir un éclairage solide avec l’Encyclopaedia 

Juive, la traduction allemande des Talmud de Jérusalem et de 

Babylone (Zurich 1880 et Leipzig 1889), Der alte und der neue Glaube 

im Judentum de William Ruben, Einleitung in den Talmud de Strack, 

Jesus Christus im Talmud de Laible, De l’Harmonie entre l’Église et la 

Synagogue de Drach, et L’Histoire des Juifs de Graetz.  

Il est admis que le Talmud est une création humaine. La Torah fut 

attribuée à la voix de Jéhovah, rapportée par Moïse. Cela est d’une 

grande portée significative. 

La raison de cette différence est évidente : les manuscrits 

mosaïques « recouverts par la poussière des siècles » ne pouvaient être 

indéfiniment découverts. Les scribes devaient accepter leur 

responsabilité, en déclarant simplement qu’ainsi, ils utilisaient le 

pouvoir absolu d’interprétation donné « oralement » au premier de leur 

lignée. Ainsi, ils révélaient la vérité : qu’Ils, et personne d’autre, étaient 

Dieu ! 

Le Dr Kastein avait raison en disant : « Ce n’était pas Dieu qui 

voulait ce peuple et ce qu’il signifiait. C’était ce peuple qui voulait ce 

Dieu et cette signification », ou il aurait eu raison s’il avait dit, « ces 

scribes » au lieu de « ce peuple ». L’ancienne génération des scribes 

avait voulu la révélation faite dans le Deutéronome ; la plus récente 

voulait le Dieu talmudique et exigeait que « ce peuple » accepte le 

 122 

Talmud en tant que continuation de la révélation « voulue » 

antérieurement. 

Quand le Talmud fut achevé, la question à laquelle l’avenir dut 

répondre fut de savoit si la secte centrale réussirait à imposer cette 

nouvelle Loi aux juifs dispersés – de la même manière qu’Esdras et 

Néhémie, avec l’aide des Perses, avaient imposé la Nouvelle Alliance 

aux Judaïtes de  Jérusalem, en 444 av. J.-C. 

Elle réussit. En 1898, au second Congrès sioniste international à 

Bâle, un sioniste de Russie, le Dr Mandelstamm, de Kiev, déclara : 

« Les juifs rejettent énergiquement l’idée de fusion avec les autres 

nationalités et s’accrochent fermement à leur espoir historique, c.-à-d. 

celui de l’empire mondial ». 

Le XXe siècle est actuellement témoin de la tentative d’accomplir 

cet espoir. C’est probablement l’institution du ghetto qui aida le plus 

les talmudistes dans cette réussite. 

Au XXe siècle, les masses ont été induites en erreur en imaginant 

le « ghetto » comme une sorte de camp de concentration pour juifs, mis 

en place par les persécuteurs gentils. La même exploitation des faits a 

été pratiquée envers l’histoire entière de l’oppression en Occident ; au 

XXe siècle, tout le reste a été expurgé, jusqu’à ce que ne subsiste que 

ce qui est présenté comme « la persécution juive ».  

Les nombreuses persécutions des hommes durant les derniers 

1900 ans concernèrent les juifs proportionnellement à leur nombre, si 

bien que leur part sur la masse totale de souffrance fut petite (dans le 

cas le plus notoire de notre siècle – celui de la Russie – ils furent les 

oppresseurs, non les opprimés). Je ne sais pas si j’aurais jamais 

obtenu cette information, si ma propre expérience ne m’y avait 

confronté si nettement. 

Le ghetto n’était pas quelque chose d’infligé aux juifs par les 

gentils. Il était le produit logique de la Loi talmudique, et dérivait 

directement de l’expérience de Babylone. Le Dr Kastein décrit le 

Talmud comme « le chez-soi » que les juifs emmenaient partout avec 

eux. Cependant, pour la vie matérielle, ils avaient aussi besoin de 

quatre murs et d’un toit. Le Talmud lui-même décrétait que les gentils 

n’étaient pas des « prochains », et qu’un juif n’avait pas le droit de 

vendre à un gentil un bien foncier attenant au terrain d’un juif. Le but 

délibéré de telles clauses était la ségrégation des juifs par rapport aux 

autres, et leur isolation dans des ghettos. 

Le premier ghetto fut celui que les chefs babyloniens permirent 

aux Lévites d’installer à Babylone. Le suivant fut la Jérusalem autour 

de laquelle Néhémie, accompagné par les soldats du roi perse, 

construisit de nouveaux murs, d’où il chassa tous les non-judaïtes. À 

partir de ces modèles, le ghetto européen prit forme. Cette institution 

 123 

est probablement la partie plus pénible de l’héritage spirituel du juif 

moderne : 

« Le ghetto, ami, le ghetto, où tous les espoirs sont désintégrés dès la 

naissance ». 

Les juifs qui n’ont jamais vu de ghetto en portent une mémoire à 

demi-consciente en eux, comme une peur qui les hante ; pourtant, le 

ghetto était essentiellement une conception talmudiste, à laquelle leurs 

ancêtres s’étaient soumis. C’était le moyen parfait de regrouper une 

congrégation dispersée, d’emprisonner l’esprit des gens, et d’exercer le 

pouvoir sur eux. 

La demande d’un ghetto vint souvent des talmudistes (c’est-à-dire 

en dehors de la Pologne, où toute existence juive était évidemment une 

existence de ghetto). La suggestion moderne que le ghetto signifiait 

l’infériorité fait partie de la légende de « persécution », dont le but est 

principalement d’intimider les juifs, afin qu’ils craignent toujours de 

s’aventurer à l’extérieur de la communauté ; le mythe actuel de 

« l’antisémitisme » est destiné à produire le même effet sur eux. 

Dans l’ancienne Alexandrie (le New York de l’époque) et dans le 

Caire et le Cordoue médiévaux, les quartiers juifs furent établis sur 

l’insistance des rabbins, désireux de maintenir leur troupeau isolé des 

autres. En 1084, les juifs de Spire adressèrent une pétition au prince 

dirigeant allemand pour installer un ghetto ; en 1412, sur requête 

juive, une loi du ghetto fut promulguée au Portugal. L’érection des 

murs du ghetto à Vérone et à Mantoue fut célébrée chaque année 

pendant des siècles par les juifs de là-bas, durant une fête de la 

victoire (Pourim). Les ghettos de Russie et de Pologne furent une 

composante essentielle et intégrale de l’organisation talmudique, et 

toute tentative pour les abolir aurait été dénoncé comme persécution. 

Quand le ghetto romain fut détruit sur ordre de Mussolini au 

début des années 1930, la presse juive (tel que le rapporta M. Bernard 

J. Brown) se lamenta sur l’événement en ces termes : 

« Un des phénomènes les plus uniques de la vie juive en Goluth [en 

exil – NdT est terminé. Là où quelques mois seulement auparavant 

une vie juive animée palpitait, ne reste maintenant que quelques 

bâtiments à moitié détruits comme dernier vestige du ghetto 

d’autrefois. Il est devenu la victime de la rage fasciste contre la 

beauté, et sur ordre de Mussolini, le ghetto a été rasé… » 

L’implication de ceci est que le rasement du ghetto était du 

« fascisme », tout comme la création originelle des ghettos (sur 

demande juive) est présentée comme une persécution par les 

historiens sionistes contemporains. 

Avec l’émancipation, le ghetto disparut ; son maintien aurait 

montré de manière trop manifeste que les dirigeants de la 

 124 

communauté juive n’avaient aucune véritable intention de prendre 

part à l’émancipation comme les autres. 

L’Encyclopaedia Juive rapportait dans son édition de 1903 que 

« dans tout le monde civilisé, il n’y a maintenant pas un seul ghetto, au 

sens originel du mot. » Cette précision est importante, car dans de 

nombreux endroits et de nombreuses manières, les juifs poursuivent 

leur vie en communauté fermée, même s’il n’y a pas les murs 

caractéristiques, et la loi interdisant la vente sans autorisation de la 

terre d’un prochain à un gentil n’est pas tombée en désuétude (pour 

donner un exemple, illustratif pour ceux qui connaissent cette ville : 

par de telles méthodes, à Montréal, un quartier entier à l’est de la 

Montagne est devenu tout ce qu’il y a de plus juif, pratiquement 

comme si c’était un ghetto). 

Le déclin du ghetto, au siècle de l’émancipation, était un coup 

porté au pilier principal du pouvoir talmudique. Un substitut devait 

être trouvé, sous peine que le ghetto spirituel (en tant que distinct du 

ghetto matériel) se désagrège, et ce substitut fut trouvé dans le 

sionisme, qui est la nouvelle méthode destinée à regrouper à nouveau 

les communautés : 

« Beaucoup désirent un contrôle plus grand des juifs par les juifs, et 

n’acceptent pas la dissolution de ce contrôle en Russie, où autrefois 

le ghetto rendait un tel contrôle facile et absolu » (le rabbin Elmer 

Berger). « Seuls les aveugles intellectuels ne peuvent remarquer que 

la promotion de la vie en groupe, centrée autour des anciennes 

cultures et traditions religieuses, est un retour au ghetto… Il ne peut y 

avoir aucune gloire dans un groupe de gens s’évertuant à perpétuer la 

vie de ghetto… Même une lecture superficielle de l’Histoire montre que 

le juif a construit ses propres ghettos » (M. Bernard J. Brown). 

Le sionisme est la véritable renaissance du ghettoïsme, comme 

l’affirment ces deux autorités juives. Il est destiné à défaire le travail 

d’émancipation, à isoler à nouveau les juifs, et à leur réimposer en 

force la doctrine de la « séparation ». L’attrait chauvin de la conquête et 

de l’empire au Moyen-Orient est utilisé pour dissimuler la véritable 

signification du processus. 

On peut voir la direction dans laquelle les juifs étaient en train 

d’évoluer avant que le sionisme n’entreprît de les capturer à nouveau, 

en examinant cette citation tiré d’un article sur L’Attitude du judaïsme 

moderne dans l’Encyclopaedia Juive, 1916 : 

« Le judaïsme moderne tel qu’inculqué au catéchisme et expliqué 

dans les déclarations des diverses conférences rabbiniques, et tel 

qu’interprété dans les sermons des rabbins modernes, est basé sur la 

reconnaissance de l’unité des races humaines ; la loi de vertu et de 

vérité étant suprême sur tous les hommes, sans distinction de race 

ou de croyance, et son accomplissement étant possible pour tous. La 

 125 

vertu n’est pas conditionnée par la naissance. Les gentils peuvent 

atteindre à une vertu aussi parfaite que les juifs… Dans les 

synagogues modernes, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » 

(Lévitique 29) signifiait chaque être humain ».  

Beaucoup de choses ont changé depuis 1916, et en cette année 

1955, ces mots ne sont que l’image de ce qui aurait pu être. Sans 

aucun doute, les rabbins continuent-ils individuellement à 

« interpréter leurs sermons » en ce sens, mais à moins qu’ils ne soient 

de l’étoffe dont sont faits les héros et les martyres, ils ne peuvent défier 

longtemps leurs congrégations, et ces dernières ont été ramenées des 

siècles en arrière par l’attrait du sionisme. 

Les sionistes ont acquis un contrôle politique sur les 

gouvernements gentils tout comme sur les populations juives, si bien 

que ce que le protestataire individuel peut dire n’a que peu de poids. 

Les sionistes ont restauré en force la Loi lévitique, dans ses 

interprétations pharisaïques et talmudiques. Leurs actes envers les 

autres dans le passé ont été, et à l’avenir seront, guidées par cela, et 

non par ce que « l’attitude du judaïsme moderne » était en 1916. 

Le grand changement arriva en l’an 1917, qui suivit la publication 

des mots cités plus haut. La tradition du Talmud et des ghettos était 

encore trop forte, parmi les populations de la communauté juive, pour 

que « l’attitude du judaïsme moderne » l’emporte sur les sages 

fanatiques qui apparurent alors. 

.

 

Chapitre 16 

L’ATTENTE MESSIANIQUE 

Le régime talmudique dans l’environnement fermé des ghettos fut 

de par sa nature un règne essentiellement basé sur la terreur, et 

employa les méthodes reconnaissables de la terreur : espionnage des 

espions, informateurs, dénonciateurs, malédiction et 

excommunication, et mort. Le régime de la police secrète et du camp 

de concentration de la période communiste tira de toute évidence sa 

nature de ce modèle, qui était familier à ses organisateurs 

talmudiques. 

Au cours des nombreux siècles du gouvernement talmudique, la 

terreur – et le dogme qu’elle renfermait – produisit deux résultats 

significatifs. Ce furent les accès messianiques récurrents, qui 

exprimaient le désir ardent des captifs d’échapper à la terreur, et les 

protestations récurrentes contre le dogme, venant des juifs eux- 

mêmes. 

C’étaient les symptômes modernes du sentiment exprimé jadis, en 

ce jour où « la foule pleura » à la lecture de la Loi. Le Talmud 

interdisait au juif presque toute activité autre que celle d’amasser de 

l’argent (« ils accordaient aux gens de leur communauté juste assez de 

libertés pour rendre possibles leurs activités économiques » ; le Dr 

Kastein) et d’étudier le Talmud (« à chaque fois que la Loi ne pouvait 

être appliquée sans équivoque aux relations de la vie quotidienne, ils 

s’efforçaient de découvrir son interprétation »). 

Les énergies du peuple étaient dirigées de manière à ce qu’ils 

tissent encore plus étroitement autour d’eux-mêmes la toile dans 

laquelle ils étaient pris : « Ils installèrent non seulement une clôture 

autour de la Loi, mais, en s’isolant encore plus radicalement que 

jamais du monde extérieur, et en s’attachant encore plus 

exclusivement à un cercle de lois donné, ils installèrent aussi une 

clôture autour d’eux-mêmes. À chaque inspiration qu’il prenaient et à 

chaque mouvement qu’ils faisaient, ils devaient se demander : « Le 

Talmud autorise-t-il ou interdit-il cela ? », et la secte dirigeante en 

décidait. 

Même le plus docile en venait à questionner les références d’une 

telle Loi, demandant : « Est-il réellement vrai que chaque nouveau 

décret et interdit proviennent de la révélation de Dieu au Sinaï ? » 

C’était ce que prétendaient leurs dirigeants : « Selon la vision juive, 

Dieu avait donné à Moïse sur le Mont Sinaï la Loi orale tout comme la 

loi écrite, c’est-à-dire la Loi avec toutes ses interprétations et 

applications », raconte M. Alfred Edersheim. Les gens se soumettaient, 

 127 

mais ne pouvaient pas toujours accepter intérieurement une 

déclaration aussi manifestement politique, et cette rébellion intérieure 

contre quelque chose qui était professé extérieurement mena souvent à 

d’étranges événements. 

Par exemple, un marrane portugais (un juif converti ou 

quelquefois secret) du nom d’Uriel da Costa se reconvertit un jour au 

judaïsme, et fut consterné par le Talmud. En 1616, à Hambourg, il 

publia ses Thèses contre la Tradition dans lesquelles il attaquait « les 

pharisiens », alléguant que les lois talmudiques étaient leur création et 

en aucune manière d’origine divine. Le traité fut adressé aux juifs de 

Venise, sur quoi son rabbin, un certain Léon de Modène, ordonna que 

le redouté « Bannissement » soit prononcé envers da Costa. À la mort 

du rabbin de Modène, des documents trouvés parmi ses effets 

personnels montrèrent qu’il avait eu exactement les mêmes vues que 

da Costa, mais qu’il n’avait pas osé affirmé ce pour quoi il avait 

excommunié da Costa. 

À notre époque et en tant que communiste, Léon de Modène serait 

un personnage familier. Dans les faits, il condamna à mort l’homme 

dont il partageait les croyances. Da Costa revint à la charge en 1624 

avec son Examen des Traditions Pharisiennes en les Comparant à la Loi 

Écrite. Les talmudistes d’Amsterdam, où da Costa se trouvait alors, le 

dénoncèrent aux tribunaux hollandais au motif que son traité était 

subversif de la foi chrétienne, et l’ouvrage fut brûlé sur ordre de ces 

autorités gentiles, qui appliquèrent ainsi la Loi talmudique ! 

Cet acte de soumission gentile à la secte dirigeante se répète à 

travers toute l’Histoire, depuis l’époque de Babylone jusqu’à nos jours. 

Da Costa fut littéralement harcelé à mort et se suicida en 1640. 

L’histoire juive présente de nombreux épisodes semblables. Celui 

qui étudie ce sujet est pris de terreur en tournant ses pages. Le 

« Grand bannissement » était de fait une condamnation à mort, et était 

voulue ainsi. Il appelait sur la tête de la victime les « malédictions » 

énumérées dans le Deutéronome, et la malédiction était considérée (et 

l’est toujours par les adeptes littéraux de cette secte) comme étant 

littéralement accomplie. 

L’article sur la « Malédiction » dans l’Encyclopaedia Juive dit : « La 

littérature talmudique trahit une croyance, équivalant à de la 

superstition pure et simple, envers le simple pouvoir du mot… Une 

malédiction prononcée par un érudit n’est pas seulement infaillible, 

même si elle n’est pas méritée… Les érudits maudissaient parfois non 

seulement par la parole, mais aussi en regardant méchamment et 

fixement. La conséquence infaillible d’un tel regard était soit la mort 

immédiate, soit la misère ». 

 128 

On reconnaît en cela la pratique connue aujourd’hui en tant que 

« mauvais œil », à propos de laquelle mon encyclopédie dit : « Cette 

superstition est de date ancienne, et on la rencontre parmi 

pratiquement toutes les races, de même qu’elle est présente parmi les 

peuples illettrés et les sauvages ». L’Encyclopaedia Juive montre que 

cela est une peine judiciaire prescrite sous la Loi judaïque, car cette 

même autorité (telle que citée précédemment) déclare que « même la 

Bible » est secondaire au Talmud. De plus, M. M.L. Rodkinson, l’érudit 

qui fut sélectionné pour réaliser une traduction anglaise du Talmud, 

dit que « pas une seule ligne » du Talmud n’a été modifiée. D’ailleurs, le 

Talmud, dans ce cas, ne fait que perpétuer la loi de la malédiction telle 

que stipulée auparavant par les Lévites dans le Deutéronome. 

La pratique de la malédiction et du mauvais œil, par conséquent, 

fait toujours partie de « la Loi », comme le montrent les citations plus 

haut. (Le chercheur pourra trouver un exemple contemporain du 

« regard méchant et fixe » talmudique en action, en se référant au récit 

de M. Whittaker Chambers de sa confrontation avec les avocats de M. 

Alger Hiss ; et le chercheur pourra se faire sa propre opinion sur le fait 

que peu de temps après, M. Chambers se sentit poussé au suicide, 

échouant seulement par hasard dans cette tentative). 

Ainsi, l’excommunication était-elle une affaire mortelle. M. 

Rodkinson y fait remarquablement allusion : 

« On peut concevoir leur » (le rabbinat talmudique) « vengeance 

terrible envers un homme ordinaire ou un érudit qui osait exprimer 

des opinions différentes de la leur à un quelconque degré, ou 

transgresser le Sabbat en portant un mouchoir ou en buvant du vin 

gentil, ce qui selon leur opinion est contre la loi. Qui, alors, pouvait 

résister à leur arme terrible d’excommunication, qu’ils utilisaient dans 

le but de transformer un homme en loup vorace que tous les êtres 

humains fuyaient et évitaient comme un pestiféré ? Nombreux parmi 

ceux qui burent de cette coupe amère furent menés au tombeau, et 

beaucoup d’autres tombèrent dans la folie ».  

Ce sort échut à certains grands protestataires. Moïse Maïmonide 

(né au centre talmudique de Cordoue, en 1135) dressa un célèbre code 

des principes du judaïsme et écrivit : « Il est interdit d’escroquer ou 

d’abuser quiconque en affaire. Judaïstes et non-judaïstes doivent être 

traités de manière égale… Ce que certaines personnes imaginent, qu’il 

est permis de duper un gentil, est une erreur, et est basé sur 

l’ignorance… La tromperie, la duplicité, l’escroquerie et le 

détournement envers un gentil sont méprisables au Tout-Puissant, de 

même que “tout ceux qui agissent injustement sont une abomination 

pour l’Éternel ton Dieu” ». 

Les talmudistes dénoncèrent Maïmonide à l’Inquisition, en disant : 

« Voyez, il y a parmi nous des hérétiques et des infidèles, car ils ont été 

 129 

séduits par Moïse Maïmonide… vous qui purgez votre communauté 

des hérétiques, purgez aussi la nôtre ». Sur cet ordre, ses livres furent 

brûlés à Paris et à Montpellier, le décret sur l’incinération des livres de 

la Loi talmudique étant ainsi accompli. Sur sa tombe, les paroles : « Ci- 

gît un juif excommunié » furent gravées. 

L’Inquisition, comme les dirigeants gentils de la période antérieure 

et les politiciens gentils contemporains, accomplit souvent la volonté 

de la secte invétérée. La falsification de l’Histoire, dans sa relation à ce 

sujet particulier, a laissé l’impression sur les esprits gentils que 

l’Inquisition fut essentiellement un instrument de « la persécution 

juive ». 

La présentation du Dr Kastein est typique : il dit que l’Inquisition 

persécuta « les hérétiques et les peuples de croyance étrangère », et 

ajoute ensuite : « c’est-à-dire, principalement les juifs », et à partir de 

là, il communique l’impression d’une persécution uniquement juive. 

(De la même manière, durant notre siècle, la persécution par Hitler 

subit-elle quatre phases de déformation propagandiste, passant de la 

persécution des « opposants politiques » à celle des « opposants 

politiques et des juifs », puis des « juifs et des opposants politiques », et 

enfin, « des juifs). 

L’Inquisition brûla parfois le Talmud ; elle aurait mieux fait de 

traduire et de publier les parties significatives, ce qui serait encore 

judicieux. Cependant, elle brûla aussi les protestations contre le 

Talmud, à la demande de la secte dirigeante. Par exemple, en 1240, le 

Talmud fut dénoncé à l’Inquisition par un juif converti, le dominicain 

Nicolas Donin, à Paris, et rien ne fut fait, alors qu’en 1232, sur 

dénonciation des talmudistes, l’Inquisition avait ordonné que l’ouvrage 

anti-talmudique de Maïmonide soit brûlé publiquement !  

Un autre grand contestateur du Talmud fut Baruch Spinoza, né à 

Amsterdam en 1632. Le bannissement prononcé à son encontre par le 

rabbinat d’Amsterdam découle directement des « malédictions » du 

Deutéronome : 

« À l’aide du jugement des saints et des anges, nous excluons, 

chassons, maudissons et exécrons Baruch de Spinoza avec le 

consentement de toute la sainte communauté, en présence de nos 

saints livres et des six-cent treize commandements qui y sont 

enfermés, avec l’anathème dont Josué frappa Jéricho ; Nous le 

maudissons comme Élisée maudit les enfants et avec toutes les 

malédictions que l’on trouve dans la Torah ; Qu’il soit maudit le jour, 

qu’il soit maudit la nuit ; qu’il soit maudit à son entrée et qu’il soit 

maudit à sa sortie ; Veuille l’Éternel ne jamais lui pardonner ; Veuille 

l’Éternel allumer contre cet homme toute sa colère et déverser contre 

lui tous les maux mentionnés dans la Torah. Que son nom soit effacé 

dans ce monde et à tout jamais et qu’il plaise à Dieu de le séparer de 

 130 

toutes les tribus d’Israël, en l’affligeant de toutes les malédictions que 

contient la Torah. Que personne ne lui parle, ni ne lui écrive, ni ne 

lui montre aucune bienveillance, ni ne demeure sous le même toit 

que lui, ni ne l’approche ». 

Spinoza fut banni d’Amsterdam et exposé à « une persécution qui 

menaça sa vie », comme le mentionne une encyclopédie. En réalité, 

cela lui coûta la vie, de la manière décrite par M. Rodkinson (cité 

précédemment). Fui et indigent, il mourut à quarante-quatre ans dans 

une ville gentile, loin du centre du gouvernement talmudique, mais 

pas assez loin pour le sauver. 

Deux cents ans plus tard, au siècle de l’émancipation, Moïse 

Mendelssohn proclama l’hérésie selon laquelle les juifs, tout en 

conservant leur foi, devaient s’intégrer à leurs semblables. Cela 

signifiait se libérer du Talmud et revenir à l’ancienne idée religieuse 

que les protestataires israélites avaient entr’aperçue. Son idée 

directrice était : « Oh, mes frères, suivez l’exemple de l’amour, comme 

vous avez jusqu’à maintenant suivi celui de la haine ». Mendelssohn 

avait grandi dans l’étude du Talmud. Il prépara pour ses enfants une 

traduction allemande de la Bible, qu’il publia ensuite à l’usage général 

des juifs. 

Le rabbinat talmudique, déclarant que « par la traduction de 

Mendelssohn, la jeunesse juive apprendrait la langue allemande, 

plutôt qu’une compréhension de la Torah », l’interdit : « Tous ceux qui 

sont fidèles au judaïsme sont défendus sous peine d’excommunication 

d’utiliser cette traduction ». Puis, ils firent brûler la traduction 

publiquement à Berlin. 

Les grands contestateurs du judaïsme ont toujours ébranlé la 

communauté juive, mais ont toujours échoué ; la secte dirigeante l’a 

toujours emporté. Il y avait deux raisons à cela : le soutien invariable 

donné par les gouvernement gentils à la secte dominante et à son 

dogme, et un élément d’auto-capitulation parmi les populations juives. 

En cela, la population – ou foule – juive n’était pas différente de toutes 

les foules ou populations de toutes les périodes historiques. La foule se 

soumit passivement à la Révolution française, au communisme en 

Russie, au national-socialisme en Allemagne, son inertie étant plus 

grande que toute volonté de résister ou la peur du danger qui 

s’ensuivrait. Il en a toujours été ainsi avec les juifs et la terreur 

talmudique. 

Au cours de notre siècle, des juifs protestataires affirmèrent, trop 

tôt, que la terreur n’était plus convaincante. En 1933, M. Bernard J. 

Brown écrivit : « La piqûre de l’excommunication a perdu son dard… 

Les rabbins et les prêtres ont perdu leur emprise sur la pensée 

humaine, et les hommes sont libres de croire en ce qu’ils veulent à leur 

 131 

gré » ; et en 1946, le rabbin Elmer Berger déclara : « Le juif moyen n’est 

plus sujet au châtiment de l’excommunication ».  

Tous les deux anticipaient. Les années qui suivirent ces 

déclarations montrent que la secte primordiale était toujours capable 

d’imposer la soumission des juifs du monde entier. 

Néanmoins, la férocité de la Loi talmudique dans les ghettos 

provoqua souvent les pleurs, les gémissements et le cliquetis des 

chaînes. Cela inquiéta suffisamment les talmudistes pour qu’ils 

introduisent ce qui semblait être une atténuation. En 900 ap. J.-C. 

environ, « des discussions à propos du Talmud et du dogme religieux 

furent autorisées » (le Dr Kastein). Sous cette lumière, cela semblait 

être en soi une réversion du dogme, sous lequel aucun point ni virgule 

ne pouvaient être remis en question dans aucune décision rabbinique, 

et aucun doute ne pouvait être exprimé à propos de la dérivation [des 

révélations] du Mont Sinaï. 

Un véritable débat aurait permis à de l’air pur d’entrer dans les 

ghettos, mais si une quelconque intention de permettre cela avait 

existé, on n’aurait jamais eu besoin de persécuter Maïmonide et 

Spinoza. Ce qui fut en fait autorisé dans les synagogues et les écoles 

était une forme unique de dialectique, destinée à renforcer encore plus 

l’édifice de la Loi. On autorisa seulement les controversistes à prouver 

que quoi que ce soit était légal sous le Talmud ; un débatteur formulait 

une proposition et un autre son contraire, chacun démontrant que la 

Loi l’autorisait ! 

Cette pratique (les frères Thoreau en donnent plusieurs aperçus 

dans leurs livres) fut appelée le « pilpoulisme »5. Elle donne la clé qui 

déconcerte souvent les gentils : l’agilité avec laquelle les sionistes sont 

souvent capables de justifier, chez eux-mêmes, précisément ce qu’ils 

reprochent aux autres. Un polémiste exercé en pilpoulisme n’aurait 

aucune difficulté à prouver la Loi judaïque décrétant l’asservissement 

des familles gentiles comme étant juste, et l’interdit romain sur 

l’asservissement des chrétiens par les maîtres juifs comme étant de la 

« persécution » ; l’interdit judaïque sur les intermariages comme étant 

une « séparation volontaire », et tout contre-interdit gentil comme étant 

de la « discrimination basée sur des préjugés » (selon les termes du Dr 

Kastein) ; un massacre d’Arabes comme étant légitime sous La Loi, et 

un massacre de juifs comme étant illégitime sous n’importe quelle loi. 

Un exemple de pilpoulisme est fourni par la propre description du 

pilpoulisme par le Dr Kastein : « Un genre de gymnastique spirituelle 

fréquemment pratiquée là où l’intellect des hommes, menacé de 

                                                

5 

 De l’hébreu « pilpel », « poivre » ; on peut approximativement traduire le terme « pilpoul » 

par « analyse pointue » – NdT 

 132 

suffocation par la pression du monde extérieur, ne trouve aucun 

débouché pour l’expression créatrice dans la vie réelle ».  

Les mots en italique sont l’interjection suggestive du pilpouliste ; 

ces débatteurs étouffaient sous la pression exercée venant de l’intérieur 

de leurs communautés, et non « du monde extérieur » (que leur Loi 

excluait). 

Ces « débats [pilpoulistes] sur le Talmud » donnèrent peut-être aux 

communautés fermées un léger – et illusoire – sentiment de 

participation au despotisme qui les gouvernait (comme le fait que l’on 

ne puisse voter que pour un parti, dans les États dictatoriaux 

d’aujourd’hui). Leur véritable attente – échapper à leur captivité – 

trouvait son issue dans les accès messianiques ; il est possible que la 

permission de « débattre du Talmud » fut autorisée dans l’espoir de 

réfréner ces derniers. 

Parfois, le cri montait des communautés retenues à l’intérieur de 

la palissade tribale : « Nous accomplissons bien toutes les lois et tous 

les jugements ; maintenant, donnez-nous la Fin promise et 

miraculeuse ! ». Alors, les séries de Messies apparaissaient, et à 

chaque fois jetaient les communautés dans un état d’anticipation 

frénétique. Il furent toujours dénoncés comme de « faux Messies » (ils 

devaient être dénoncés comme tels, puisque la secte dirigeante ne 

pouvait pas réaliser le couronnement triomphant à Jérusalem que La 

Loi promettait), et à chaque fois les populations des ghettos 

retombèrent dans l’espoir différé. 

Les premiers Messies furent Abou Isa d’Ispahan au VIIe, Serenus 

de Syrie au VIIIe, et Saadia Ben Joseph au Xe siècles. Le plus célèbre 

d’entre tous fut Sabbataï Tsevi de Smyrne, qui en 1648, proclama que 

le Millenium était proche en prononçant le nom terrible de Dieu à la 

Synagogue, sur quoi le Bannissement fut prononcé à son encontre, et 

« pour échapper à ses conséquences », il s’enfuit, et resta à l’écart 

pendant de nombreuses années. Cependant, son impact sur les 

communautés juives, se languissant de la Fin promise, fut immense. 

Elles convinrent qu’il était le Messie ; si bien qu’il revint à Smyrne en 

1665, au mépris des talmudistes, qui voyaient en lui la plus grande 

menace à leur autorité depuis bien des siècles. 

Ensuite, Sabbataï Tsevi se déclara être le Messie. Le désir 

d’échanger les chaînes du Talmud contre l’accomplissement triomphal 

à Jérusalem était si fort que la congrégation de Smyrne, suivie par les 

populations juives du monde entier, balaya l’interdit des talmudistes et 

acclama Tsevi. Il proclama alors que 1666 serait l’année messianique, 

distribua les couronnes du monde entre ses amis, et se mit en route 

pour Constantinople pour détrôner le sultan de Turquie (alors 

dirigeant de la Palestine). Partout, les juifs se mirent à vendre leurs 

 133 

commerces, maisons et biens, en préparation du « retour » et du jour 

de la domination mondiale. À Londres (tel que Samuel Pepys le 

rapporta en février 1666), des paris étaient faits parmi les juifs sur les 

chances qu’il soit proclamé « Roi du Monde et véritable Messie ».  

Comme on devait s’y attendre, il fut arrêté quand il atteignit 

Constantinople, et jeté en prison. Cela ne fit qu’accroître sa renommée 

et ses partisans ; la prison fut assiégée par des foules véhémentes, si 

bien qu’on le déplaça dans une forteresse à Gallipoli, qui en retour fut 

transformée en résidence royale grâce à des cadeaux offerts par les 

juifs. Des émotions collectives furent provoquées ; dans l’imagination 

d’une nation dispersée, isolée de l’humanité depuis longtemps, il était 

le Roi du Monde, venu les libérer en les plaçant au-dessus de toute 

l’humanité. 

À ce moment-là, Sabbataï Tsevi avait fait exactement ce que les 

sages de la secte avaient eux-mêmes fait : il avait promis ce qu’il ne 

pouvait accomplir (ceci est la faille fondamentale de la doctrine, et qui 

finira par la détruire). Contrairement aux sages prudents, il s’était fixé 

une limite de temps : le dernier jour de l’an 1666 ! Alors que l’année 

touchait à sa fin (et le gouvernement talmudique de Pologne, 

dorénavant certain de l’issue, par le biais d’un émissaire le dénonça au 

sultan comme étant « un faux Messie »), il décida, dans son palais- 

prison, d’assurer son salut. En grande cérémonie, il se fit convertir à 

l’islam et finit ses jours à la cour du sultan, comme n’importe quel 

sioniste actuel à New York. Pendant un temps, il avait ébranlé même le 

gouvernement talmudique, qui décida alors le « Grand bannissement » 

de ses adeptes. Un tout petit nombre d’entre eux survit à ce jour ; ils 

croient que Sabbataï reviendra et que son exemple doit être imité, y 

compris la conversion à l’islam. 

On voit que le sionisme, de nos jours, est une nouvelle forme de 

messianisme, menant à la même inévitable désillusion. Après la mort 

de Sabbataï Tsevi – et de l’espoir qu’elles avaient placé en lui – les 

populations juives retombèrent dans la captivité des ghettos. Privées 

de l’espoir de la libération, elles retournèrent, sous le regard sévère de 

leurs maîtres, à l’étude de la Loi et de son message destructeur. On les 

préparait à une tâche. 

 

 

Chapitre 17 

LA MISSION DESTRUCTRICE 

L’étude de centaines de volumes, pendant de nombreuses années, 

a graduellement amené la réalisation que la vérité essentielle de 

l’histoire de Sion est entièrement résumée dans les vingt-cinq mots de 

M. Maurice Samuel : « Nous les juifs, les destructeurs, resteront les 

destructeurs à jamais… rien de ce que les gentils feront ne répondra à 

nos besoins et nos exigences ». 

À la première écoute, ces paroles semblent orgueilleuses ou 

névrotiques, mais en accroissant la connaissance du sujet, elles 

s’avèrent avoir été prononcées dans une intention honnête et choisies 

avec attention. Elles signifient qu’un homme qui est né juif et continue 

de l’être acquiert une mission destructrice qu’il ne peut éviter. S’il 

dévie de cette « Loi », il n’est pas un bon juif, aux yeux des sages ; s’il 

souhaite ou qu’on l’oblige à être un bon juif, il doit s’y conformer. 

C’est la raison pour laquelle le rôle joué par ceux qui dirigèrent 

« les juifs » dans l’Histoire était voué à être destructeur ; et pour notre 

génération du XXe siècle, la mission destructrice a atteint sa force la 

plus grande, avec des résultats qu’on ne peut même pas encore 

totalement prédire. 

Ceci n’est pas une opinion de l’auteur. Les scribes sionistes, les 

rabbins apostats et les historiens gentils s’accordent sur l’objectif 

destructeur ; il n’est pas contesté parmi les chercheurs sérieux et est 

probablement le seul point sur lequel l’accord est unanime. 

L’Histoire entière est présentée au juif en ces termes : la 

destruction est la condition de l’accomplissement de la Loi judaïque et 

de l’ultime triomphe juif. 

« L’Histoire entière » signifie différentes choses pour le juif et pour 

le gentil. Pour le gentil, elle signifie, approximativement, les annales de 

l’ère chrétienne et tout ce qui remonte plus loin, avant qu’elles ne 

commencent à se fondre dans la légende et le mythe. 

Pour le juif, elle signifie le compte rendu des événements donné 

dans la Torah-Talmud et les sermons rabbiniques, et cela remonte à 

3760 av. J.-C., date exacte de la création. La Loi et « l’Histoire » sont la 

même chose, et seule l’histoire juive existe ; ce récit se déroule, sous 

les yeux du juif, uniquement comme une histoire d’exploit destructeur 

et de vengeance juive, à notre époque comme il y a trois mille ans ou 

plus. 

 135 

Par cette manière d’évoquer les choses, l’image entière de 

l’existence des autres nations s’effondre, pratiquement réduite à néant, 

comme la structure de bambou et de papier d’une lanterne chinoise. Il 

est salutaire pour le gentil de contempler son monde, passé et présent, 

par ces yeux [juifs], et de découvrir que ce qu’il avait toujours pensé 

être significatif, digne de fierté ou honteux, n’existe même pas, sauf en 

tant qu’arrière-plan flou à l’histoire de Sion. C’est comme si d’un œil, il 

se regardait par le mauvais bout d’un télescope, et de l’autre, il 

regardait Juda à travers une loupe grossissante. 

Pour le juif littéral, la terre est toujours plate, et Juda, son 

héritière, est le centre de l’univers. La secte dirigeante a réussi, dans 

une large mesure, à imposer cette théorie de l’existence aux grandes 

nations de l’Occident, de même qu’elle imposa originellement la Loi 

aux Judaïtes eux-mêmes. 

Le commandement : « détruis » forme la base même de la Loi créée 

par les Lévites. S’il était supprimé, ce qui resterait n’est pas « la Loi 

mosaïque » ou la même religion, mais quelque chose de différent ; 

l’impératif  « détruis » est la marque de l’identité. Il dut être choisi 

délibérément. De nombreux autres termes auraient pu être utilisés ; 

par exemple, conquiers, défais, vaincs, soumets ; mais c’est détruis qui 

fut choisi. On le mit dans la bouche de Dieu, mais c’était visiblement le 

choix des scribes. 

C’était le genre de perversion que Jésus attaquait : « enseigner 

comme doctrine des commandements d’hommes ». 

Ce commandement apparaît d’abord au tout début de l’histoire, 

étant directement attribué à Dieu dans la promesse originelle de la 

Terre promise : « Je… détruirai tous les peuples vers lesquels tu iras ». 

Même avant cela, le premier acte de destruction est imputé à Dieu, 

sous la forme de la première « vengeance » sur les païens : « J’étendrai 

la main et je frapperai l’Égypte… Et les serviteurs de Pharaon lui 

dirent… Ne sais-tu pas encore que l’Égypte est détruite ? » (l’Exode) 

Depuis ces débuts, l’enseignement « détruis » traverse toute la Loi, 

d’abord, et toutes les descriptions des événements historiques ensuite. 

L’acte de destruction fait quelquefois l’objet d’un marchandage entre 

Dieu et le peuple élu, selon le principe « Si… alors » ; ou bien Dieu se 

propose de détruire, ou le peuple élu lui demande de détruire. Dans les 

deux cas, l’acte de destruction est dépeint comme quelque chose de 

tellement méritoire qu’il exige un service équivalent élevé. Ainsi : 

« Si tu fais vraiment… tout ce que je dis, alors je serai un ennemi 

pour tes ennemis… et je détruirai tous les peuples vers lesquels tu 

iras » (l’Exode). (Dans cet exemple, Dieu est cité comme promettant la 

destruction en retour de « l’observance » ; en priorité parmi les « statuts 

et jugements » qui doivent être observés, on trouve : « Tu détruiras 

 136 

totalement tous les lieux dans lesquels les nations que tu vas posséder 

ont servi d’autres Dieux » ; le Deutéronome). 

Inversement : « Et Israël prêta serment à l’Éternel, et dit, Si tu 

livres vraiment ce peuple entre mes mains, alors je détruirai 

totalement leurs villes ; Et l’Éternel prêta l’oreille à la voix d’Israël, et 

livra les Canaanéens ; et ils les détruisirent totalement, eux et leurs 

villes » (les Nombres). 

Comme on le verra, le marché à propos de la « destruction » 

dépend, dans les deux cas, de l’exécution d’un contre-service par le 

peuple ou par Dieu. 

Le commandement « détruis totalement » étant souverain parmi 

les principes de la Loi inflexible, tout exercice de clémence, ou autre 

défaut de destruction totale, est une faute légale grave, pas seulement 

une erreur de jugement. Pour ce crime même (sous cette Loi, c’est un 

crime, et non un écart de conduite), Saül, le premier et véritable roi du 

royaume uni d’Israël et de Juda, fut détrôné par les prêtres, et David – 

l’homme de Juda – mis à sa place. Cette raison de l’accession au trône 

de David est significative, puisque le « roi du monde », qui reste à 

venir, doit être de la maison de David. La même leçon est appuyée à 

plusieurs reprises dans les livres de la Loi, particulièrement dans le 

massacre allégorique des Madianites qui conclut le récit de Moïse (les 

Nombres). 

Ceci est la base sur laquelle toute la Loi, ainsi que l’histoire 

entière de cette période et des périodes qui suivirent, fut construite. 

Du moment où Israël les rejeta et qu’ils restèrent seuls avec les 

Lévites, les Judaïtes furent dirigés par des prêtres qui affirmaient que 

la destruction était la commande principale de Jéhovah et qu’ils 

étaient élus divinement pour détruire. Ainsi, ils devinrent le seul 

peuple de l’Histoire expressément consacré à la destruction en tant que 

telle. La destruction en tant que résultat dû à la guerre est une 

caractéristique familière de toute l’histoire humaine. La destruction en 

tant qu’objectif déclaré n’avait jamais été connue avant, et la seule 

source qu’on ait pu découvrir pour cette idée unique est la Torah- 

Talmud. 

L’intention était clairement d’organiser une force destructrice ; en 

cela se trouve la grande vérité des paroles de M. Samuel à notre 

époque. 

Du moment qu’un quelconque large groupe de gens répartis parmi 

les nations se soumettait à une telle Loi, leurs énergies, où qu’ils se 

trouvassent, étaient destinées à être dirigées vers un but destructeur. 

De l’expérience de 458-444 av. J.-C. – où les Lévites, avec l’aide des 

Perses, bâillonèrent un peuple en pleurs avec leur Loi – naquit la 

nation, qui depuis continue de remplir sa fonction catalytique qui est 

 137 

de changer les sociétés qui les entourent, tout en restant elle-même 

inchangée. 

Les juifs devinrent le catalyseur universel, et les changements 

qu’ils produisirent furent destructeurs. Le processus causa beaucoup 

de souffrance aux gentils (souffrance qu’ils amenèrent sur eux par leur 

soumission à la secte dirigeante) et n’amena aucune véritable 

satisfaction aux juifs (qui héritèrent d’une triste mission). 

Les gentils ont survécu et survivront ; malgré les Daniel, les 

Mardochée et leurs successeurs modernes, « l’anéantissement total » 

de ces nations « parmi lesquelles je t’ai conduit » est plus lointain que 

jamais.  

La Loi a expressément ordonné au peuple élu de ruiner les autres 

peuples parmi lesquels Jéhovah les a « dispersés » en punition de leurs 

propres « transgressions ».  

Par exemple, l’Exode ne peut être considéré comme autre chose 

qu’une légende qui reçut une révision de la part des prêtres à 

Jérusalem et à Babylone, de nombreux siècles après toute période où 

quoi que ce soit ressemblant aux événements qui y sont décrits ait pu 

se produire. Par conséquent, les scribes n’avaient aucun besoin 

d’attribuer aux Égyptiens la crainte du projet destructeur que 

nourrissaient ceux qui séjournaient parmi eux. S’ils firent cela, dès le 

premier chapitre de l’Exode (« Allons, montrons-nous habiles à leur 

égard ; empêchons qu’ils ne s’accroissent, et que, s’il survient une 

guerre, ils ne se joignent à nos ennemis, pour nous combattre… »), ce fut 

manifestement pour imprimer l’idée de cette mission destructrice dans 

l’esprit du peuple sur lequel ils régnaient. 

Ici, l’idée que « le peuple » s’unirait aux ennemis de ses hôtes, afin 

de détruire ses hôtes, apparaît pour la première fois. Quand l’histoire 

atteint un événement plus ou moins vérifiable (la chute de Babylone), 

il est décrit de manière telle à entretenir la même notion. Les Judaïtes 

sont décrits comme se joignant aux ennemis de Babylone et 

accueillant dans la jubilation l’envahisseur perse. La destruction de 

Babylone est montrée comme un acte de vengeance assouvi par 

Jéhovah au nom des Judaïtes, tout spécialement ; cette vengeance est 

étendue également à un roi et à la façon dont il mourut (tous les deux 

apparemment inventés, mais valides en tant que précédents 

historiques). 

La présentation de l’histoire dans l’Ancien Testament se termine 

par l’acte de vengeance suivant, commis sur les libérateurs perses ! 

Les dirigeants politiques occidentaux de notre siècle, qui ont souvent 

été flattés d’être comparés par les visiteurs sionistes au bon roi Cyrus 

de Perse, le libérateur des Judaïtes, n’ont peut-être pas lu « la Loi » 

avec attention ni remarqué ce qui arriva alors aux Perses. 

 138 

Logiquement, les Perses, à leur tour, devaient souffrir d’avoir des 

Judaïtes parmi eux. 

Pour les besoins de cette anecdote allégorique, un « persécuteur » 

païen symbolique, Haman, fut créé, qui conseilla le roi perse 

Assuérus : « Il y a un certain peuple dispersé à l’étranger et réparti 

parmi les peuples dans toutes les provinces de ton royaume, et ses lois 

sont différentes de celles de tous les peuples ; ils n’appliquent pas non 

plus les lois du roi ; par conséquent, il ne profite guère au roi de les 

tolérer » (Esther, 3). Jusque-là, les paroles d’Haman ne sont pas bien 

différentes de l’opinion que n’importe quel homme d’État pourrait 

proférer, et que de nombreux hommes d’État au cours des siècles 

jusqu’à nos jours ont proférée à l’égard du peuple « retranché » et de sa 

Loi unique. Mais ensuite, d’après Esther, Haman ajoute : « Si cela plaît 

au roi, qu’on écrive l’ordre de les détruire », et le roi Assuérus en donne 

l’ordre. (Haman se doit de parler ainsi, et le roi Assuérus d’agir ainsi, 

afin que la vengeance juive qui s’ensuit puisse avoir lieu.) Des lettres 

sont délivrées à tous les gouverneurs de province, disant que tous les 

juifs doivent être tués en un jour, « même le treizième jour du 

douzième mois ». 

Les scribes qui composèrent par la suite le livre d’Esther 

souhaitaient apparemment varier le thème du puissant Judaïte à la 

cour du roi étranger, et conçurent le personnage d’Esther la Juive 

secrète, concubine favorite du roi perse, élevée pour être son épouse. 

Sur l’intercession d’Esther, le roi annule l’ordre et fait pendre Haman 

et ses dix fils à des gibets qu’Haman lui-même avait construits pour 

Mardochée le juif (cousin et tuteur d’Esther). Le roi donne aussi carte 

blanche à Mardochée, sur quoi Mardochée charge les gouverneurs des 

« cent-vingt provinces » d’Inde jusqu’en Éthiopie de faire « se 

rassembler les juifs dans chaque ville, et de défendre leur vie, de 

détruire, de tuer et d’exterminer toutes les forces de la population… 

aussi bien les petits enfants que les femmes… »  

Ce décret de contrordre une fois publié, « il y eut parmi les juifs de 

la joie et de l’allégresse, un festin et un jour de fête », et (détail 

intéressant) « beaucoup parmi les gens du pays devinrent juifs ; car la 

crainte des juifs les avait saisis ». 

Puis, au jour convenu, les juifs « frappèrent tous leurs ennemis à 

coup d’épées, de massacre et de destruction, et firent ce qu’ils 

voulaient à ceux qui les haïssaient, tuant « soixante-quinze mille » de 

leurs ennemis. Mardochée ordonna ensuite que les quatorzième et 

quinzième jours du mois d’Adar soient à l’avenir maintenus comme 

« jours de fêtes et de joie », et il en fut ainsi, jusqu’à nos jours. 

Apparemment, Haman, Mardochée et Esther étaient tous 

imaginaires. Aucun « roi Assuérus » n’a d’existence historique, bien 

 139 

qu’une encyclopédie (peut-être dans le but d’insuffler la vie dans les 

veines des paraboles) raconte qu’Assuérus « a été identifié avec 

Xerxès ». Si c’est le cas, il était le père du roi Artaxerxès, qui envoya 

des soldats à Jérusalem avec Néhémie pour y imposer la « Nouvelle 

Alliance » raciale, et dans cet événement, à nouveau, Artaxerxès agit 

ainsi après avoir assisté dans son propre pays à un massacre de 

75 000 sujets perses par les juifs ! 

On n’a découvert aucun fondement historique à cette histoire, et 

elle a toutes les marques d’une propagande chauvine. 

Ce qui demeure embarrassant, c’est que, si cette histoire fut 

inventée, elle pourrait être vraie dans chaque détail aujourd’hui, où la 

Loi fondée sur de telles anecdotes a été imposée à l’Occident. 

Aujourd’hui, les gens ne peuvent pas « devenir juifs » (ou très 

rarement), mais un portrait familier de notre temps est communiqué 

par les mots « beaucoup parmi les gens du pays devinrent juifs ; car la 

crainte des juifs les avait saisis » ; à notre époque, ils deviennent « des 

sympathisants sionistes » pour le même motif. 

Un portrait fidèle du politicien du XXe siècle, à Washington ou 

Londres, est donné dans ce passage : « et tous les dirigeants des 

provinces, et les lieutenants, et les députés, et les officiers du roi, 

aidèrent les juifs ; car la crainte de Mardochée les avait saisis ». Si ni le 

roi Assuérus, ni « Mardochée se tenant à la porte du roi », n’existèrent 

réellement en 550 av. J.-C., néanmoins, à notre époque, Mardochée 

est réel et puissant, et deux générations d’hommes publics ont 

administré leurs cabinets par crainte de lui plus que par souci envers 

les intérêts de leur peuple. 

C’est notre présent qui rend ce passé lointain et invraisemblable 

aussi vraisemblable. A sa lumière, Balthazar et Daniel, Assuérus et 

Mardochée semblent être des personnages symboliques, créés pour le 

projet de programme politique lévitique, et non des hommes qui 

existèrent un jour. Mais… le massacre du tsar et de sa famille, à notre 

siècle, fut perpétré selon le verset 30, chapitre 5 de Daniel : la 

pendaison des leaders nazis suivit le précepte posé dans les versets 6 

et 10, chapitre 7, et versets 13 et 14, chapitre 9, d’Esther. 

Que ces anecdotes aient été réelles ou imaginaires, elles sont 

devenues la Loi de notre siècle. Les fêtes les plus enjouées de l’année 

juive commémorent les légendes anciennes de destruction et de 

vengeance sur lesquelles la Loi est basée : le massacre de « tous les 

premier-nés d’Égypte », et le massacre commis par Mardochée. 

Ainsi, peut-être est-il même vrai que dans les cinquante ans qui 

suivirent la conquête babylonienne, les juifs provoquèrent la 

destruction du royaume babylonien par la Perse ; et que dans les 

cinquante ans qui suivirent leur libération par le roi perse, ils 

 140 

s’emparèrent à leur tour du royaume perse, au point que les 

gouverneurs du roi « d’Inde à l’Éthiopie », par peur des juifs, 

perpétrèrent un pogrom de 75 000 personnes, et que la mort « maudite 

de Dieu » fut infligée à des « ennemis » choisis. Dans ce cas, le 

libérateur perse, aux mains des captifs, fit encore pire que le ravisseur 

babylonien avant lui. 

Alors que ce récit se déroule, avec ses allusions inévitables aux 

« juifs », il est important de se rappeler qu’il y a toujours eu deux 

esprits dans le judaïsme, et des citations de notre époque servent à 

illustrer cela. 

Un rabbin de Chicago, M. Solomon B. Freehof, cité par M. Bernard 

J. Brown, considère l’histoire d’Haman, Mardochée et Esther comme 

étant « l’essence de toute l’histoire du peuple juif » ; alors que M. 

Brown lui-même (lui aussi de Chicago) dit que la célébration de Pourim 

doit être interrompue et oubliée, étant aujourd’hui « un simulacre » des 

« fêtes qui étaient elle-mêmes si écœurantes » pour les prophètes 

israélites. (Pourim n’avait pas encore été inventé quand Isaïe et Osée 

faisaient leur protestations passionnées contre les « jours solennels » et 

« les jours de fête »). 

M. Brown écrivait en 1933, et l’événement de 1946, où les leaders 

nazis furent pendus un jour de fête juif, montra que son reproche était 

aussi vain que les anciens reproches cités par lui. En 1946, comme 

vingt-sept siècles auparavant, la vision exprimée par le rabbin Freehof 

l’emporta. Les caractéristiques essentielles de l’événement commémoré 

par Pourim sont celles qui se répètent invariablement durant les 

premières comme durant les plus récentes périodes de l’histoire de 

Sion : l’utilisation d’un dirigeant gentil pour détruire les gentils et 

rendre effective la vengeance judaïque. 

Depuis l’époque de Mardochée, puisque l’Ancien Testament ne 

fournit pas d’autre histoire, le chercheur doit se tourner vers les 

autorités judaïstes pour apprendre si les événements postérieurs 

furent aussi présentés aux juifs sous le même jour – à savoir, comme 

une série d’épreuves juives subies aux mains des « païens », chacune 

menant à la ruine de la nation païenne concernée, et à une vengeance 

judaïque. 

Cette recherche mène à la conclusion que toute l’Histoire, jusqu’à 

aujourd’hui, est vue de cette manière par les sages de la secte et 

présentée de cette manière aux populations juives. De la même façon 

que l’Égypte, Babylone et la Perse, dans l’Ancien Testament, n’existent 

que tant qu’elles emprisonnent, oppriment, ou autres comportements 

de ce genre envers les juifs – qui sont alors vengés par Jéhovah, dans 

la présentation de la période plus récente par les érudits, tout le reste 

s’évanouit aussi. Dans cette description, Rome, la Grèce et tous les 

 141 

empires suivants ont une existence et une histoire uniquement dans la 

mesure où le comportement des juifs envers eux ou leur propre 

comportement envers les juifs leur prêtent existence. 

Après Babylone et la Perse, la nation suivante à ressentir l’impact 

de la force catalytique fut l’Égypte. La communauté juive d’Alexandrie 

(qui avait été large même avant son renforcement par des fugitifs issus 

de l’invasion babylonienne) était à cette époque le groupe le plus large 

de juifs dans le monde connu ; l’Égypte se trouvait à cet égard dans la 

position de la Russie avant la guerre de 1914-1918, et des États-Unis 

aujourd’hui. L’attitude des juifs, ou en tout cas des sages, envers les 

Égyptiens fut la même que leur attitude antérieure envers les Perses et 

les Babyloniens. 

Le Dr Kastein dit, d’abord, que l’Égypte était « le refuge 

historique » des juifs, ce qui sonne comme un hommage 

reconnaissant, jusqu’à ce que les paroles qui suivent révèlent qu’ « un 

refuge » est un endroit à détruire. Il décrit le sentiment des juifs à 

l’égard des Égyptiens dans des termes très semblables à ceux 

concernant les juifs, que l’Exode attribue aux Égyptiens à l’égard de la 

« captivité » antérieure. Il dit que les juifs d’Égypte « constituaient une 

communauté fermée… ils menaient une vie retirée et construisaient 

leurs propres temples… les Égyptiens sentaient que l’exclusivité des 

juifs montrait qu’ils méprisaient et rejetaient leur propre forme de 

croyance».  Il ajoute que les juifs soutinrent « naturellement » la cause 

perse parce que la Perse les « avait précédemment aidés à restaurer 

Juda ».  

Ainsi, le fait que l’Égypte leur ait donné refuge et qu’elle ait été « le 

refuge historique » ne lui donnait droit à aucune gratitude ou loyauté. 

L’hostilité envers le peuple d’accueil prit la forme du soutien à l’ennemi 

des Égyptiens, et par conséquent éveilla les soupçons égyptiens : 

« D’autres causes d’hostilité étaient la détermination que les juifs 

montraient à ne pas s’assimiler au peuple qui les entourait ou à ne pas 

s’identifier à leur pays d’adoption… La profonde nécessité spirituelle de 

rester en contact avec chaque branche de la nation, l’appel à la loyauté 

envers chaque groupe de leur propre peuple, même fragmentaire, 

étaient destinés à affecter l’intégrité de leur citoyenneté envers un État 

particulier ».  

« Comme à Babylone autrefois », conclut le Dr Kastein, les juifs 

d’Égypte ouvrirent « grand leurs bras » au conquérant perse. Pourtant, 

l’Égypte n’avait montré envers les juifs que de l’hospitalité. 

Babylone, la Perse, l’Égypte… puis vint la Grèce. En 332 av. J.-C., 

la Grèce conquit la Perse, et la domination grecque de l’Égypte 

commença ; Alexandrie devint la capitale grecque. De nombreux juifs 

alexandrins auraient volontiers suivi le conseil de Jérémie de 

 142 

« rechercher la paix de la ville ». Mais le pouvoir de la secte et 

l’enseignement destructeur l’emportèrent. 

Adepte de la secte, le Dr Kastein dit seulement de la Grèce et de sa 

civilisation qu’ « elle était intellectuellement brillante… mais le 

prototype de tout ce qui était mensonger, cruel, calomnieux, fourbe, 

indolent, vain, corruptible, avide et injuste ». Il écarte l’épisode de la 

Grèce par cette remarque triomphante : « Les juifs alexandrins 

amenèrent la désintégration de la civilisation hellénique ». 

Babylone, la Perse, l’Égypte, la Grèce… Jusqu’au début de l’ère 

chrétienne, par conséquent, l’Histoire remontant à la création fut 

présentée aux juifs, par leurs écritures et leurs érudits, comme une 

affaire exclusivement juive, qui ne prenait note des « païens » que dans 

la mesure où ils affectaient l’existence juive, et comme un récit de la 

destruction accomplie envers ces païens, en temps de paix comme en 

temps de guerre. 

Cette évocation des événements de l’ère pré-chrétienne fut-elle 

authentique, et continua t-elle à l’être concernant les événements 

postérieurs, jusqu’à nos jours ? 

Ce que notre propre génération a déduit, et elle a certainement 

raison, est que cette évocation a été toujours été vraie. À notre siècle, 

les conflits entre les nations – sur le modèle babylo-perse – même s’ils 

semblent à leur début concerner des problèmes éloignés de toute 

question juive, ont été transformés en triomphes judaïques et en 

vengeances judaïques, si bien que la destruction qui les accompagna 

est devenu un acte d’accomplissement sous la Loi judaïque, comme le 

massacre du premier-né d’Égypte, la destruction de Babylone et le 

pogrom de Mardochée. 

Rome succéda à la Grèce, et lors de l’ascension de Rome, Cicéron 

partageait manifestement la même opinion, à propos du rôle joué par 

les juifs dans la désintégration de la civilisation grecque, que celle que 

devait exprimer un Dr Kastein vingt siècles plus tard. En effet, au 

procès de Flaccus, Cicéron regardait craintivement derrière lui quand 

il parlait des juifs ; il savait (disait-il) qu’ils étaient coalisés et qu’ils 

savaient comment causer la perte de celui qui s’opposait à eux, et il 

conseillait la prudence quand on avait affaire à eux. 

Fuscus, Ovide et Persius prononcèrent des avertissements 

semblables, et, du temps de Jésus, Sénèque raconte : « Les coutumes 

de cette nation criminelle gagnent du terrain si rapidement qu’ils ont 

déjà des adeptes dans chaque pays, et ainsi, les conquis imposent leurs 

lois au conquérant ». À cette même époque, le géographe romain 

Strabon commenta la répartition et le nombre de juifs (qui à notre 

époque est de toute évidence bien plus grand qu’aucune statistique 

 143 

n’est autorisée à le révéler), en disant qu’il n’y avait aucun endroit sur 

terre où ils n’étaient pas. 

La Grèce et Rome, selon l’opinion commune gentile, créèrent des 

valeurs durables sur lesquelles la civilisation d’Europe fut construite. 

De Grèce, vint la beauté, et derrière tout art et toute poésie, on trouve 

des fondations grecques ; de Rome, vint la loi, et on trouve des 

fondations romaines sous la Grande Charte, l’habeas corpus et le droit 

de l’homme à un jugement équitable et public, qui fut la plus grande 

réalisation de l’Occident. 

Pour l’érudit sioniste, la Grèce et Rome ne furent que des 

manifestations païennes éphémères, tout aussi abjectes les unes que 

les autres. Le Dr Kastein dit avec dédain que « dès le début, la Judée 

ne vit [en Rome], à juste titre, que le représentant d’une puissance 

brutale, sans intelligence et stupide ».  

Pendant les trois cents ans qui suivirent la vie de Jésus, Rome 

persécuta les chrétiens. Après la conversion de l’empereur Constantin 

au christianisme en 320 ap. J.-C., on interdit aux juifs de circoncire 

leurs esclaves, de posséder des esclaves chrétiens, ou de faire des 

mariages mixtes ; cette application de la Loi judaïque à l’envers est 

considérée par le Dr Kastein comme de la persécution. 

Après la division de l’Empire romain en 395, la Palestine devint 

une partie de l’Empire byzantin. Le bannissement des juifs à 

Jérusalem n’avait été levé qu’après que Rome fut devenue en majorité 

chrétienne, si bien que la ville aurait peut-être toujours été exempte de 

juifs, sans le christianisme. Cependant, quand les Perses, en 614, 

remportèrent leur guerre contre Byzance en Palestine, les juifs « se 

regroupèrent de tous côtés autour de l’armée perse », puis prirent part, 

« avec la rage des hommes résolus à se venger de trois cents ans 

d’oppression », à « un massacre systématique des chrétiens » (toujours 

d’après le Dr Kastein, pour qui, comme on l’a vu ci-dessus, l’interdit 

sur l’asservissement des chrétiens est considéré comme de 

l’oppression). 

L’enthousiasme pour les Perses s’éteignit avec la vengeance sur 

les chrétiens ; quatorze ans plus tard, les juifs « étaient plus que prêts 

à négocier avec l’empereur byzantin Héraclius » et à l’aider à 

reconquérir Jérusalem.  

Puis vinrent Mahomet et l’islam. Mahomet partageait l’opinion de 

Cicéron et d’autres autorités plus anciennes ; son Coran, outre 

l’allusion citée antérieurement dans ce livre, dit : « Tu trouveras 

certainement que les juifs et les idolâtres sont les ennemis les plus 

acharnés des croyants… » 

Néanmoins, l’islam (comme le christianisme) ne montra aucune 

hostilité envers les juifs, et le Dr Kastein trouva relativement les mots 

 144 

justes pour décrire cela : « l’islam autorisait une liberté économique 

absolue et une administration autonome à l’infidèle… L’islam 

pratiquait assurément la tolérance envers ceux d’une autre foi… 

Jamais le christianisme n’offrit au judaïsme d’aussi belles chances et 

opportunités de prospérer ».  

Ces « opportunités de prospérer » furent fournies par l’islam pour 

les juifs sur le sol européen, en Espagne, comme il est dit 

précédemment ; ce fut l’entrée en Occident, rendue possible aux « plus 

acharnés » de tous les hommes, grâce à l’islam. Dans le sillage du 

conquérant islamique, le gouvernement talmudique (après que le calife 

Omar eut pris Jérusalem en 637 et mis le cap vers l’ouest avec ses 

armées) déménagea en Espagne ! 

Les rois wisigoths y avaient déjà développé, envers les juifs se 

trouvant parmi eux, des sentiments similaires à ceux exprimés par 

Cicéron, Mahomet et d’autres. Un de leurs derniers rois, Flavius 

Ervigius (Ervige), au Douzième Concile de Tolède, supplia les évêques 

« de faire un dernier effort pour extraire cette peste juive à la racine » 

(environ 680). Après cela, la période wisigoth prit rapidement fin, 

l’envahisseur islamique s’établissant au sud et au centre de l’Espagne 

en 712. 

Le Dr Kastein nous dit : « Les juifs fournirent des détachements et 

des troupes de garnison pour l’Andalousie ». Le professeur Graetz 

décrit plus en détails la première rencontre entre les juifs et les 

peuples de souche Nord-européenne : 

« Les juifs d’Afrique… et leur malchanceux coreligionnaires de la 

péninsule firent cause commune avec le conquérant mahométan, 

Tariq… Après la bataille de Xérès en juillet 711 et la mort de Rodéric, 

le dernier roi wisigoth, les Arabes victorieux avancèrent et furent 

partout soutenus par les juifs. Dans chaque ville qu’ils conquirent, les 

généraux musulmans furent à même de ne laisser qu’une petite 

garnison de leurs propres troupes, car ils avaient besoin de chaque 

homme pour la sujétion de leur pays ; ils les confièrent donc à la 

bonne garde des juifs. De cette façon, les juifs, qui avaient jusqu’alors 

été des serfs, devinrent les maîtres des villes de Cordoue, Grenade, 

Malaga et beaucoup d’autres. Quand Tariq apparut devant la capitale, 

Tolède, il la trouva occupée seulement par une petite garnison… Alors 

que les chrétiens étaient à l’église, priant pour le salut de leur pays et 

de leur religion, les juifs ouvrirent brusquement les portes aux Arabes 

victorieux, les recevant par des acclamations, et ainsi se vengèrent des 

nombreux malheurs qui leur étaient arrivés… La capitale fut aussi 

confiée à la garde des juifs… Finalement, quand Musa ben Nusayr, le 

gouverneur d’Afrique, amena une seconde armée en Espagne et 

conquit d’autres villes, il les remit aussi à la garde des juifs… »  

Le tableau est identique à celui de tous les événements antérieurs, 

historiques ou légendaires, dans lesquels les juifs furent impliqués : 

 145 

un conflit entre deux peuples « étrangers » fut transformé en triomphe 

judaïque et en vengeance judaïque. 

Les juifs (comme à Babylone et en Egypte) se retournèrent contre 

le peuple au sein duquel ils vivaient, et une fois encore « ouvrirent 

brusquement les portes » à l’envahisseur étranger. L’envahisseur 

étranger, à son tour, « livra » aux juifs les villes qu’il avait prises. 

En temps de guerre, la capitale et les autres grandes villes, le 

pouvoir et le contrôle de celles-ci, sont les fruits de la victoire ; ils 

revinrent aux juifs, et non au vainqueur. Les généraux du calife 

payèrent aussi peu d’attention aux avertissements du Coran que les 

politiciens occidentaux d’aujourd’hui n’en payent à l’enseignement du 

Nouveau Testament. 

Quant aux « malheurs » desquels les juifs tirèrent vengeance, le 

professeur Graetz précise que le plus cruel de ceux-ci était la 

dénégation du droit de posséder des esclaves : « le plus oppressif  fut la 

restriction concernant la possession d’esclaves ; désormais, les juifs ne 

devaient ni acheter d’esclaves chrétiens ni en accepter en tant que 

cadeaux » ! 

Si les conquérants arabes comptaient sur la gratitude de ceux à 

qui ils avaient « confié la capitale » et les grandes villes, ils se 

méprenaient. Après la conquête, Juda Halevi de Cordoue chantait : 

 «  .. comment réaliser mes vœux sacrés, mériter ma consécration,  

Alors que Sion demeure l’esclave de Rome, et moi un laquais des 

Arabes ?  

Tout le trésor espagnol, les biens ou la richesse espagnols sont pour 

moi autant d’immondices,  

Quand je chéris comme l’or le plus pur la poussière où autrefois se 

tenait notre Temple ! » 

Cet esprit inquiéta les conseillers du calife, comme il avait inquiété 

les rois wisigoths, Mahomet et les diplomates romains. Abou Ishak 

d’Elvira parla au calife de Cordoue en des termes qui encore rappellent 

ceux de Cicéron : 

« Les juifs… sont devenus de grands seigneurs, et leur orgueil et leur 

arrogance ne connaissent aucune limite… Ne prenez pas de tels 

hommes pour ministres… car la terre entière proteste contre eux ; 

sous peu elle tremblera et nous périrons tous… Je suis allé à 

Grenade et j’ai vu que les juifs y occupent des postes dirigeants. Ils se 

sont partagé la capitale et les provinces. Partout, ces maudits sont à 

la tête de l’administration. Ils collectent les impôts, font bonne chère, 

sont somptueusement vêtus, pendant que vous, Ô Musulmans, vous 

portez des haillons. Tous les secrets d’État leur sont connus ; c’est 

pourtant folie que de faire confiance à ces traîtres ! » 

 146 

Néanmoins, le calife continua à choisir ses ministres parmi les 

candidats désignés par le gouvernement talmudique de Cordoue. La 

période espagnole montre, peut-être plus clairement qu’aucune autre, 

que la description juive de l’Histoire pourrait bien être plus proche de 

la vérité historique que le récit rapporté par les gentils ; car 

assurément, la conquête de l’Espagne se révéla être judaïque plutôt 

que maure. La domination maure officielle continua pendant 800 ans 

et à la fin, se conformant à la tradition, les juifs aidèrent les Espagnols 

à chasser les Maures.  

Néanmoins, le sentiment général envers eux était trop 

profondément méfiant pour être apaisé. Ce soupçon populaire était 

particulièrement dirigé contre les conversos, ou marranes. On ne 

croyait pas à l’authenticité de leur conversion, et en cela les Espagnols 

avaient raison, car le Dr Kastein dit qu’entre les juifs et les marranes 

« une atmosphère secrète de conspiration » régnait ; manifestement, on 

faisait usage de la dérogation talmudique concernant la conversion 

feinte. 

En dépit de ce sentiment populaire, les rois espagnols, pendant la 

reconquête progressive, prirent habituellement des juifs ou des 

marranes comme ministres des finances, et nommèrent un certain 

Isaac Abravanel administrateur des finances de l’État, avec pour 

instruction de lever des fonds pour la reconquête de Grenade. Les 

sages, à cette époque, appliquaient consciencieusement l’important 

principe de la Loi concernant le fait de « prêter à toutes les nations et 

[de] n’emprunter à aucune », car le Dr Kastein rapporte qu’ils 

apportèrent une « aide financière » au Nord chrétien dans son dernier 

assaut contre le Sud mahometan. 

Après la reconquête, le sentiment de rancœur accumulé envers les 

juifs, né de 800 ans d’occupation maure et de participation à celle-ci, 

éclata ; en 1492, les juifs furent chassés d’Espagne et en 1496, du 

Portugal. 

Pour cette raison, les historiens sionistes d’aujourd’hui montrent 

une haine remarquable envers l’Espagne et une croyance ferme en une 

vengeance jéhovienne non encore accomplie. Le renversement de la 

monarchie espagnole presque cinq siècles plus tard, et la guerre civile 

des années 1930, sont parfois décrits comme des acomptes 

provisionnels de ce jugement. Cette croyance fut reflétée dans les 

termes impérieux utilisés par un important sioniste – le juge Brandeis 

de la Cour suprême des États-Unis – devant le rabbin Stephen Wise, 

en 1933 : « Que l’Allemagne partage le sort de l’Espagne ! ». Le 

traitement accordé à l’Espagne dans les décennies qui suivirent, en 

particulier sa longue exclusion des Nations unies, doit être considéré 

sous cette lumière. 

 147 

À ce stade, mille cinq cents ans d’ère chrétienne avaient passé, et 

les événements s’étaient conformés au modèle de l’ère pré-chrétienne 

tel qu’établi dans les parties historiques de l’Ancien Testament, ainsi 

qu’aux exigences de la Loi judaïque. Les juifs, dans leur impact sur les 

autres peuples, avaient continué, sous la direction talmudique, à agir 

en force destrutrice… 

« Captifs » et « persécutés » où qu’ils aillent (sous leur propre Loi, 

et non par la faute des peuples parmi lesquels ils séjournaient), leur 

rôle fut toujours celui que la Loi leur ordonnait : « terrasser et 

détruire ». Ils furent bel et bien utilisés par leurs dirigeants pour 

« semer le désordre » parmi les autres, tel que le dit le Coran, et par ces 

désordres ainsi semés, leurs dirigeants atteignirent le pouvoir civil, 

assouvirent leurs vengeances, soutinrent les envahisseurs et 

financèrent les contre-coups. 

Durant tout ce temps, cela fut le commandement de leurs maîtres 

talmudiques, et constamment, des juifs s’élevèrent pour protester 

contre cela ; mais la Loi était trop forte pour eux. Il n’y avait aucune 

joie ni aucun épanouissement pour les juifs dans cette mission, mais 

ils ne pouvaient y échapper. 

À la fin de cette première rencontre avec l’Occident, huit siècles 

plus tard, la terre les « vomit ».  

Ce moment, si décisif pour notre génération actuelle, est celui 

auquel un des chapitres précédents fait référence. N’eût été le secret 

qui était conservé au fin fond de la Russie, cela aurait bien pu être la 

fin de la force catalytique. 

L’expérience de cette expulsion fut très dure pour le groupe de 

juifs qui la subit, et eux-mêmes et leurs descendants donnèrent de 

nombreux signes selon lesquels ils en acceptaient la déduction et 

trouveraient en leur temps un moyen de rester juif tout en 

s’impliquant dans l’humanité. Cela aurait signifié la fin de l’idée 

destructrice et de la secte qui la nourrissait. 

Au lieu de cela, l’idée destructrice survécut et fut projetée dans les 

affaires du monde par le biais d’un nouveau groupe de gens qui 

n’avaient physiquement aucune origine venant des Hébreux, ou des 

« enfants d’Israël », ou de la tribu de Juda. Ils utilisèrent le nom « juif » 

simplement comme un signe d’allégeance à un programme politique. 

Le stade que nous atteignons maintenant, dans le parcours de l’idée 

destructrice tout au long des siècles, demande une description plus 

détaillée de ces gens (mentionnés dans le chapitre Le Gouvernement 

Mobile). 

Même au début de la période des 800 ans en Espagne (de 711 à 

1492), les juifs de là-bas (la plus grande communauté de juifs) 

n’étaient plus judaïtes ou judéens ; ils ne pouvaient même pas 

 148 

prétendre être de la pure lignée de Juda, ou d’ascendance 

palestinienne. Le professeur Graetz dit d’eux : « La première colonie de 

juifs dans la belle Hespérie est enfouie dans une sombre obscurité », et 

il ajoute que les juifs de là-bas « désiraient se réclamer de la haute 

Antiquité » pour leur ascendance, si bien qu’ils affirmaient simplement 

« qu’ils avaient été transportés là après la destruction du Temple par 

Nabuchodonosor ». 

Au cours des nombreux siècles, les processus naturels et humains 

avaient imposé un métissage. L’idée d’un peuple élu pour gouverner le 

monde par-dessus les corps des païens déchus séduisait les tribus 

primitives dans de nombreux endroits ; l’Arabe déjà circoncis pouvait 

devenir juif et à peine remarquer un changement ; les rabbins des 

déserts et des villes d’Afrique du Nord étaient éloignés du « centre », et 

étaient heureux d’étendre leurs congrégations. Quand les empereurs 

romains commencèrent à persécuter les « religions païennes », le 

judaïsme ne subit jamais de prohibition générale, si bien que de 

nombreux adorateurs d’Isis, de Baal et d’Adonis, s’ils ne devinrent pas 

chrétiens, entrèrent à la synagogue. La sévère loi de ségrégation tribale 

ne pouvait à cette époque être imposée dans des lieux éloignés de 

Babylone. 

Ainsi, les juifs qui s’introduisirent en Espagne avec les Maures 

étaient-ils, racialement parlant, une foule déjà métissée. Durant les 

800 ans passés en Espagne, l’enseignement raciste fut imposé plus 

strictement, le « gouvernement » ayant été transféré en Espagne, et de 

cette façon, le juif « séfarade » prit forme en tant que type national 

distinct. Puis, lors de l’expulsion d’Espagne, le gouvernement – comme 

il a été dit précédemment – fut soudain transplanté en Pologne. À ce 

moment, qu’advint-il de ces juifs séfarades, qui seuls avaient pu 

conserver quelque faible trace de la descendance originelle judaïte ou 

judéenne ? 

L’Encyclopaedia Juive est explicite : « Les séfarades sont les 

descendants des juifs qui furent expulsés d’Espagne et du Portugal et 

qui s’installèrent dans le sud de la France, l’Italie, l’Afrique du Nord, 

l’Asie Mineure, la Hollande, l’Angleterre, l’Amérique du Nord et du Sud, 

l’Allemagne, le Danemark, l’Autriche et la Hongrie ». La Pologne n’est 

pas mentionnée ; le gouvernement talmudique y alla, mais la majorité 

de ces juifs séfarades se répartit en Europe de l’Ouest ; ils se 

déplacèrent vers l’ouest, non vers l’est. Le « gouvernement » fut 

soudainement séparé du peuple, et la population commença à se 

dissoudre. 

L’Encyclopaedia Juive nous dit, à propos de ces séfarades qui se 

dispersèrent ainsi : 

« Parmi ces migrants, se trouvaient de nombreux descendants ou 

chefs de familles aisées qui, comme les marranes, avaient occupé des 

 149 

positions importantes dans les pays qu’ils avaient quittés… Ils se 

considéraient comme une classe supérieure, la noblesse de la 

communauté juive, et pendant longtemps leurs coreligionnaires, 

qu’ils regardaient avec mépris, les considérèrent comme tel… Les 

séfarades ne s’impliquaient jamais dans des activités de 

marchandage ou dans l’usure, et ils ne se mêlaient pas aux classes 

inférieures. Même si les séfarades avaient des relations paisibles avec 

les autres juifs, ils se mariaient rarement avec eux… Au cours de  

l’époque moderne, les séfarades ont perdu l’autorité qu’ils avaient 

exercée pendant plusieurs siècles sur les autres juifs ». 

Ainsi, les séfarades n’allèrent jamais en Pologne, ni ne se mêlèrent 

aux autres juifs quand ils quittèrent la péninsule ibérique et se 

répandirent en Europe de l’Ouest. Ils demeurèrent distants et isolés, 

« regardaient avec mépris » les autres qui se déclaraient juifs, et 

perdirent leur autorité. (Les ouvrages de référence des judaïstes 

donnent également des estimations curieuses de la diminution de leur 

proportion dans la communauté juive, d’une large minorité à une 

petite minorité ; ces estimations semblent dépasser l’explication 

biologique, et ne sont probablement pas fiables). 

Ainsi, lors de ce retrait du « centre », l’ensemble du peuple au nom 

duquel il avait revendiqué l’autorité pendant deux mille ans changea 

brusquement de nature, comme par magie. 

Les juifs jusqu’alors connus du monde, qui venaient d’émerger de 

leur première collusion entre leur Loi et les peuples de l’Occident, et 

qui étaient dans une humeur propre à la réflexion, commencèrent 

soudain à déchoir au sein de la communauté juive et à diminuer en 

nombre ! 

Le gouvernement talmudique se mit à préparer sa seconde 

rencontre avec l’Occident à partir d’un nouveau siège planté parmi un 

peuple asiatique, les Khazars, converti au culte de Jéhovah de 

nombreux siècles auparavant. La secte dirigeante allait dès lors opérer 

par l’entremise de cet autre groupe de gens ; c’était un peuple sauvage, 

qui n’avait pas connu l’expérience édifiante d’Espagne. 

En 1951, un éditeur new-yorkais qui envisageait de publier un 

des livres du présent auteur, en fut fortement dissuadé par le directeur 

d’un bureau politique juif, qui lui dit : « M. Reed a inventé les 

Khazars ».  

Cependant, les autorités judaïstes s’accordent sur leur existence et 

conversion, et les atlas historiques montrent le développement du 

royaume khazar, qui à son apogée s’étendait de la mer Noire à la mer 

Caspienne (environ 600 ap. J.-C.). Ils sont décrits comme un peuple 

tartare ou turco-mongol, et l’Encyclopaedia Juive dit que leur chagan, 

ou chef, « avec ses grands personnages et une grande partie de son 

 150 

peuple païen, embrassa le judaïsme, probablement en 679 ap. J.-C. 

environ ».  

Le fait est attesté par la correspondance entre Hasdai ibn 

Shapnet, ministre des Affaires étrangères d’Abdel Rahman, sultan de 

Cordoue, et le roi Joseph des Khazars, échangée en 960 ap. J.-C. 

environ. L’Encyclopaedia Juive dit que les érudits judaïstes n’ont aucun 

doute quant à l’authenticité de cette correspondance, dans laquelle le 

mot ashkénaze apparaît pour la première fois pour dénoter ce groupe – 

hautement distinctif et jusqu’alors inconnu – de « juifs de l’Est », et 

pour indiquer une connotation slave. 

Cette communauté d’ashkénazes turco-mongols, donc, était 

distincte sur tous les points – hormis celui de la doctrine – des juifs 

jusqu’alors connus du monde occidental, les séfarades. 

Dans les siècles qui suivirent, l’emprise du gouvernement 

talmudique sur les communautés dispersées à l’Ouest se desserra ; 

mais il gouverna cette nouvelle communauté compacte de l’Est d’une 

main de fer. 

Le juif de physionomie sémitique devint de plus en plus rare 

(aujourd’hui, le visage typique du juif a des traits mongoloïdes, tout 

naturellement). 

Nul gentil ne saura jamais pourquoi cette conversion de masse 

d’une population nombreuse de « païens » au judaïsme talmudique fut 

permise, il y a mille trois cents ans de cela. Était-ce le hasard, ou les 

sages étaient-ils capables d’envisager toutes les éventualités 

possibles ? En tous les cas, une fois que les séfarades furent dispersés 

et que l’idée destructrice eut rencontré, en Espagne, son échec le plus 

cuisant, cette force de réserve se tint à disposition, et pour les besoins 

de cette mission destructrice, elle était le meilleur matériau possible. 

Longtemps avant leur conversion au judaïsme, les Khazars furent 

hostiles à l’immigrant russe venu du Nord qui finit par les conquérir, 

établit la monarchie russe et accepta le christianisme. 

Quand les Khazars se convertirent, le Talmud était achevé, et 

après l’effondrement de leur royaume (en 1000 ap. J.-C. environ), ils 

restèrent les sujets politiques du gouvernement talmudique – leur 

totale résistance envers la Russie étant gouvernée par la Loi 

talmudique anti-chrétienne. Ensuite, ils émigrèrent en Russie, 

particulièrement à Kiev (la « ville sainte » traditionnelle du 

christianisme russe), en Ukraine, en Pologne et en Lituanie. 

Bien qu’ils n’eûrent aucun sang judaïte, ils devinrent sous cette 

direction talmudique la typique nation-dans-la-nation en Russie. Les 

lieux où ils se rassemblaient, sous la direction talmudique, devinrent 

les centres de cette révolution anti-russe qui devait devenir « la 

 151 

révolution mondiale » ; dans ces lieux, par ces gens, de nouveaux 

instruments de destruction furent forgés, en particulier pour la 

destruction du christianisme et de l’Occident. 

Ce peuple sauvage des recoins les plus profonds de l’Asie vivait 

selon le Talmud comme n’importe quel juif de Babylone ou de 

Cordoue, et pendant des siècles, il « observa la Loi » afin de pouvoir 

« revenir » sur une « Terre promise » – dont leurs ancêtres n’avaient 

sans doute jamais entendu parler – pour y gouverner le monde. Au XXe 

siècle, alors que les politiciens d’Occident étaient tout en émoi du fait 

de ce projet de retour, aucun d’entre eux n’avait une seule fois 

entendu parler des Khazars. Seuls les Arabes, dont les vies et les 

terres étaient directement en jeu, avaient entendu parler d’eux, et 

tentèrent en vain d’informer la Conférence sur la Paix en 1919, et les 

Nations unies en 1947. 

Après l’an 1500, ainsi, les juifs se séparèrent en deux groupes 

distincts : les communautés dispersées à l’Ouest, qui étaient d’origine 

séfarade, et cette population étroitement regroupée de Slaves « juifs » 

talmudiques à l’Est. Le temps devait montrer si le centre talmudique 

serait à même de faire des ashkénazes une force destructrice aussi 

puissante dans le futur que la force précédente ne l’avait été dans le 

passé, et s’il pourrait maintenir son emprise sur les communautés de 

l’Ouest, avec leur tradition différente et leur mémoire de l’expulsion 

ibérique. 

En l’an 1500 environ, donc, le gouvernement talmudique 

déménagea d’Espagne en Pologne, s’établissant parmi un groupe de 

« juifs » jusque-là inconnus à l’Ouest et relâchant son emprise sur les 

juifs séfarades, qui commencèrent à diminuer en nombre et à se 

désintégrer en tant que force cohésive (selon les sages judaïques). 

Seulement 450 ans séparent cet événement et ce stade dans l’histoire 

de l’époque actuelle, où l’on a pu constater les conséquences du retrait 

des talmudistes en Pologne, conséquences qui ont répondu aux deux 

questions soulevées dans le paragraphe précédent. 

Ces 450 ans virent la cessation de l’existence du « centre » 

talmudique visible (selon les termes du Dr Kastein), et simultanément, 

l’entrée en Europe de l’idée destructrice sous une nouvelle forme, qui 

portait le nom de « révolution ». 

Ces 450 ans virent trois passer trois de ces « révolutions » (en 

comptant seulement les principales). Chacune fut plus destructrice 

que la précédente. Chacune fut reconnaissable en tant qu’héritière de 

la précédente par ses caractéristiques principales, ces dernières étant, 

une fois encore, les caractéristiques principales de la Loi judaïque telle 

que rédigée dans la Torah-Talmud. L’assaut le plus important dans 

chaque cas porta sur le gouvernement légitime, la nationalité et le 

 152 

christianisme. Sous la Loi judaïque, le seul gouvernement légitime est 

celui de Jéhovah, et la seule nation légitime est celle du peuple élu de 

Jéhovah ; sous le supplément talmudique de cette Loi, le christianisme 

est spécifiquement le chef de ces « autres dieux », auprès desquels il 

est interdit aux élus de « se prostituer » ; et la « destruction », comme 

on l’a montré, est un principe suprême de cette Loi. 

Quand ces révolutions commencèrent, elles étaient supposées être 

dirigées contre les « rois et les prêtres », en tant que figures 

symboliques d’oppression. Maintenant que le pouvoir des rois et des 

prêtres n’existe plus mais que la révolution est établie en permanence, 

on peut voir que ces prétextes étaient faux, et destinés à tromper « la 

multitude ». L’attaque portait sur la nationalité (l’assassinat du roi en 

étant dans chaque cas le symbole) et la religion (la destruction des 

églises en étant l’acte symbolique). 

C’étaient des marques reconnaissables de paternité. La Torah- 

Talmud est la seule source originale que les recherches aient pu 

découvrir, concernant de telles idées. « Il livrera leurs rois entre tes 

mains, et tu détruiras leur nom… Tu détruiras entièrement tous les 

lieux où les nations que tu posséderas ont servi leurs dieux ». Au 

moment même où le gouvernement talmudique disparut de la vue, 

après s’être installé parmi un peuple d’Asiatiques barbares, cette 

doctrine de destruction pénétra en Europe de l’Ouest et entama sa 

marche dévastatrice. 

Ces trois révolutions, donc, tout comme les événements 

historiques de l’ère pré-chrétienne dépeints dans l’Ancien Testament et 

ceux s’étendant de l’ère chrétienne à l’expulsion d’Espagne, furent 

aussi en conformité avec la Loi judaïque, qu’elles accomplirent. Toutes 

les trois portent la marque commune du triomphe judaïque comme 

conséquence. Furent-elles à l’origine fomentées, organisées et dirigées 

par les talmudistes ? 

À cet égard, il y a une grande différence entre les deux premières 

et la dernière. 

On n’a pu découvrir l’incitation et le contrôle talmudiques des 

révolutions anglaise et française – en tout cas, pas en ce qui concerne 

les recherches du présent auteur. Dans les trois cas, les résultats 

portèrent les signes familiers du triomphe judaïque (le « retour » des 

juifs en Angleterre ; l’émancipation des juifs en France), même si au 

début des deux révolutions, la question juive n’avait pas été présente 

dans l’opinion publique en tant qu’intérêt en jeu. Pour autant que le 

chercheur puisse le confirmer à notre époque, la projection de « la 

question juive » au sein même de ces enjeux, et son accession à une 

place principale parmi ces derniers, s’accomplit pendant le 

 153 

déroulement des révolutions, et dans les faits, les sages judaïques qui 

accomplirent cela n’amenèrent pas ces révolutions. 

Le troisième cas, celui de la révolution russe, est entièrement 

différent. Elle se termina par le plus grand triomphe et la plus grande 

vengeance judaïques jamais attestés – que ce soit dans l’histoire de 

l’Ancien Testament ou dans l’histoire postérieure – et fut organisée, 

dirigée et contrôlée par les juifs qui avaient grandi dans les régions 

contrôlées par le Talmud. Ceci est un fait de notre époque actuelle, 

démontrable et indéniable, et c’est le fait le plus significatif de toute 

l’histoire de Sion, illuminant le passé entier et donnant la clé de 

l’avenir entier. 

Car notre siècle, qui produisit cet événement, a aussi vu le mot 

« révolution » prendre un nouveau sens, ou plus exactement, prendre 

son vrai sens : la destruction sans fin jusqu’à l’accomplissement de la 

Loi. Quand le mot « révolution » devint pour la première fois courant en 

Occident, on lui donna une définition limitée : un soulèvement violent 

dans un lieu défini, causé par des conditions spécifiques à ce lieu, à 

un certain moment. L’oppression insoutenable produisait une réaction 

explosive, plutôt à la manière d’une bouilloire qui fait exploser son 

couvercle : c’était la conception populaire, instillée au sein de « la 

multitude » par les sages qui en savaient long. 

La révolution russe montra que la révolution avait été organisée 

comme quelque chose de permanent : une force destructrice en 

permanence, organisée en permanence, avec un siège et un personnel 

permanents, et des objectifs mondiaux. 

Ainsi, cela n’avait rien à voir avec des conditions ici ou là, ou de 

temps à autre, ou une oppression locale. Elle promouvait la 

destruction en tant que but en soi, ou en tant que moyen de retirer du 

monde tout gouvernement légitime et de mettre à sa place un autre 

gouvernement, d’autres gouvernants. De qui d’autre pouvait-il s’agir 

que les talmudistes eux-mêmes, étant donné la nature talmudique de 

la révolution russe et les objectifs visiblement talmudiques de « la 

révolution mondiale » ? 

Ce qui était visé était manifestement l’apogée ultime de la Loi, 

dans sa forme littérale : « Tu régneras sur chaque nation, mais elles ne 

régneront pas sur toi… L’Éternel ton Dieu t’élèvera au-dessus de 

toutes les nations de la terre ».  

Sans ce motif, les trois révolutions n’auraient jamais pris le cours 

qu’elles prirent ; le cours qu’elles prirent préfigure la forme que 

prendra l’avenir. Elle représentent des étapes et des phases vers 

l’accomplissement de La Loi, et, une fois encore, ceux qui en leur 

temps semblaient être des hommes grands ou puissants par eux- 

mêmes, comme le roi Cyrus et le mystérieux roi Assuérus, ne 

 154 

ressemblent aujourd’hui qu’à des marionnettes dans le grand drame 

de l’histoire judaïque tandis qu’il s’avance vers son final miraculeux à 

Jérusalem. 

Cromwell fut une autre de ces marionnettes. Pour l’écolier anglais 

moyen, on ne se le rappelle que comme l’homme qui décapita un roi et 

qui ramena les juifs en Angleterre. Ajoutez à cela son massacre tant 

vanté des prêtres à Drogheda (un événement qui n’a pas son pareil 

dans l’histoire britannique), et que reste-t-il d’autre que l’image 

typique de la marionnette de l’histoire sioniste, uniquement créée pour 

aider à accomplir la Loi ? 

Cromwell fut l’un des premiers parmi les nombreux autres qui, 

depuis son époque, se font appeler les chrétiens du Vieux Testament, 

dont la rhétorique masque la réalité de l’anti-christianisme, puisque 

d’autorité, on ne peut servir à la fois Dieu et Mammon. Il interdit la 

célébration du Jour de Noël, brûla des églises et assassina des prieurs, 

et pendant un temps fut candidat pour être le Messie juif ! 

Il était au pouvoir au temps où Sabbataï Tsevi jetait les 

populations juives dans un état frénétique d’anticipation sioniste et 

faisait trembler les fondations du gouvernement talmudique. En fait, 

l’inquiétude des talmudistes concernant Sabbataï Tsevi suscita peut- 

être l’idée qu’ils devaient utiliser Cromwell pour le détruire. En tous les 

cas, des émissaires juifs furent envoyés en urgence d’Amsterdam 

jusqu’en Angleterre pour découvrir s’il était possible que Cromwell fût 

de descendance judaïque ! Si leurs recherches avaient produit des 

résultats positifs, Cromwell aurait bien pu être proclamé Messie, car il 

avait une aptitude des plus séduisantes pour les sages : son zèle à la 

« destruction totale ». (Si jamais un Messie devait être proclamé, le 

choix pourrait se révéler surprenant ; quand j’étais à Prague en 1939, 

un rabbin y prêchait qu’Hitler était le Messie juif, si bien qu’une 

connaissance juive inquiète me demanda ce que je pensais de cela.) 

L’arbre généalogique de Cromwell ne révélait aucune ascendance 

davidique, auquel cas il aurait probablement été heureux de remplir le 

rôle. Ses partisans de la Bible et de l’épée prétendaient par leurs 

actions sanguinaires accomplir la prophétie, ainsi que, par le retour 

des juifs en Angleterre, les étapes prescrites pour préparer le 

Millénium. Pour cette raison, ils proposèrent même que le Conseil 

d’État de Cromwell suive le modèle de l’ancien Sanhédrin et soit 

composé de soixante-dix membres ! (Cromwell lui-même méprisait 

quelque peu ces « millénaristes », mais en tant que « politicien 

pragmatique », du genre de ceux qui sont familiers à notre époque, il 

était heureux de discourir sur la « liberté religieuse » et 

l’accomplissement de la prophétie, tout en pourchassant les prêtres et 

les pasteurs). 

 155 

Pour sa part, le véritable but de Cromwell était de s’assurer le 

soutien financier des riches juifs d’Amsterdam (l’histoire entière de 

l’Occident semble avoir été créée sous ce principe de la Loi judaïque 

qui commande de prêter à toutes les nations et de n’emprunter à 

aucune). M. John Buchan dit des juifs d’Amsterdam qu’ « ils 

contrôlaient le commerce espagnol, portugais et la plupart du 

commerce du Levant… Ils contrôlaient la circulation des lingots ; ils 

l’aidèrent dans les difficiles finances de son gouvernement ». Le rabbin 

Manasseh ben Israël d’Amsterdam (qui avait prédit la venue du Messie 

et le retour des juifs en Palestine) vint à Londres, et l’affaire fut 

arrangée. 

La requête de Manasseh ben Israël auprès de Cromwell rappelle le 

genre d’argument, officiellement respectueux et implicitement 

menaçant, qui fut utilisé à notre époque par le Dr Chaim Weizmann 

dans ses relations avec les Premiers ministres britanniques et les 

présidents américains ; il demanda d’un trait « la réadmission » des 

juifs en Angleterre, fit ensuite une allusion obscure au châtiment 

jéhovien attendant ceux qui résistaient à de telles demandes, puis 

décrivit les récompenses qui suivraient l’obéissance. L’image ressemble 

beaucoup à celle d’un sioniste new-yorkais informant un candidat 

présidentiel américain de notre époque qu’il ne peut espérer le « vote 

de l’État de New York » que s’il s’engage à soutenir l’État sioniste dans 

la paix comme dans la guerre, par l’argent et les armes. 

Ce qu’on demandait à Cromwell était en fait un acte de 

soumission publique à la Loi judaïque, et non « la réadmission » des 

juifs, puisqu’ils n’avaient jamais quitté l’Angleterre ! Ils avaient été 

expulsés sur le papier mais étaient restés sur place, et cette situation 

requérait une légalisation officielle. L’opposition publique empêcha 

Cromwell de faire cela (bien que selon une autorité judaïque – M. 

Margoliouth – on lui offrît £ 500 000 pour vendre aux juifs le plus 

important monument chrétien d’Angleterre, la Cathédrale de saint 

Paul, avec la Bibliothèque Bodleian en plus !) 

Ensuite, le court interrègne de Cromwell prit fin (néanmoins, 

l’esprit populaire insiste pour se le remémorer comme l’homme qui 

réadmit les juifs !), et au cours de cette première tentative en Occident, 

l’idée destructrice gagna peu de terrain. L’Angleterre fut capable de 

digérer sa révolution comme si rien de vraiment important n’était 

arrivé et de continuer son chemin, et si elle n’était point revigorée, en 

tous les cas elle ne s’en portait guère plus mal. Le gouvernement 

légitime fut restauré immédiatement, et la religion ne fut en tous les 

cas pas plus endommagée par cette tentative étrangère que par 

l’inertie nationale qui commençait à l’affaiblir à cette époque. 

 156 

Néanmoins, ce nouveau phénomène de « révolution » était entré en 

Europe, et 150 ans après l’expulsion d’Espagne, « la question juive » 

domina l’événement. 

La conséquence de l’interrègne de Cromwell mérite un bref 

commentaire à cause de la manière dont le roi restauré fut utilisé pour 

l’objectif juif, comme si rien n’était arrivé. À la mort de Cromwell, les 

juifs transférèrent leur aide financière à Charles II qui, peu après sa 

restauration, fit les amendements nécessaires, légalisant officiellement 

la position des juifs en Angleterre. Ils ne servirent pas le moins du 

monde sa dynastie, car les juifs d’Amsterdam financèrent ensuite 

l’expédition de Guillaume d’Orange contre son frère et successeur, 

Jacques II, qui fut détrôné et s’enfuit en France, la dynastie Stuart 

prenant alors virtuellement fin. Ainsi, la réponse à la question « Qui a 

gagné ? », d’entre Cromwell et les Stuarts, semble avoir été : les juifs. 

Cent-cinquante ans plus tard, la révolution frappa de nouveau, en 

France cette fois. Cela avait tout l’air d’une révolution distincte, 

différente à l’époque, mais était-ce vraiment le cas ? Elle portait les 

mêmes signes distinctifs que la révolution anglaise plus tôt (et la 

révolution russe plus tard) : la nationalité et la religion furent 

attaquées sous le prétexte de réfréner la tyrannie des « rois et des 

prêtres » et quand cela fut fait, un despotisme beaucoup plus dur fut 

mis en place. 

À cette époque, après la partition de la Pologne, le gouvernement 

talmudique avait tout bonnement « cessé d’exister » (selon les mots du 

Dr Kastein), mais manifestement, il opérait dans la dissimulation ; son 

activité n’aurait pu prendre fin de manière aussi soudaine, après plus 

de 2500 ans. À cause de ce retrait dans l’obscurité, le chercheur 

d’aujourd’hui ne peut retracer quel rôle il joua, s’il en joua aucun, 

dans l’incitation et l’organisation de la Révolution française par le biais 

de ses adeptes en France. Cependant, la révolution russe, 120 ans 

plus tard, donna la preuve d’un contrôle talmudique-juif direct, dans 

une proportion jamais suspectée auparavant, si bien que cette 

influence, concernant les étapes préparatoires de la Révolution 

française, a peut-être été plus importante que l’Histoire ne le révèle de 

nos jours. 

Ce qui est certain, c’est que la Révolution française, alors qu’elle 

était en train de se tramer, était supposée être pour « les droits de 

l’homme » (ce qui, on le suppose, signifiait tous les hommes, de 

manière égale), mais quand elle commença, « la question juive » se 

manifesta immédiatement, comme par magie. L’un des premiers actes 

de la révolution (1791) fut l’émancipation totale des juifs (tout comme 

la loi contre « l’anti-sémitisme » fut l’un des premiers actes de la 

révolution russe). 

 157 

Par conséquent, l’issue de la Révolution française, 

rétrospectivement, prend l’apparence – commune à son prédécesseur 

anglais et à tant d’événements violents de l’Histoire – d’un triomphe 

juif ; si cela ne fut pas le cas en réalité, alors « l’Histoire » l’a rendu tel. 

Les populations concernées s’attendaient sans doute à quelque chose 

d’assez différent à son début (et à cet égard, elles ressemblent aux 

populations qui plus tard s’engagèrent dans les deux guerres du XXe 

siècle). 

L’émancipation des juifs fut le résultat durable d’une révolution 

qui n’accomplit pas grand-chose d’autre de permanent, et qui laissa la 

France dans un état d’apathie spirituelle dont elle ne s’est jamais 

véritablement remise. L’histoire de France depuis la Révolution est 

celle d’un long interrègne, durant lequel elle expérimenta presque 

toutes les formes de gouvernement connues de l’homme, mais n’a 

jusqu’à maintenant toujours pas retrouvé le bonheur ou la stabilité. 

De la chute de Babylone à la Révolution française, les dirigeants 

juifs talmudiques ont toujours agi comme une force destructrice parmi 

les peuples « parmi lesquels je t’ai conduit ». C’était inévitable, étant 

donné la doctrine à laquelle ils adhéraient, et le fait que cette religion 

était aussi la Loi gouvernant chaque acte de leur vie quotidienne. Sous 

la Loi judaïque, ils ne pouvaient agir différemment, et étaient 

véritablement condamnés à rester « les destructeurs à jamais » : « Vois, 

je t’ai en ce jour placé au-dessus des nations et au-dessus des 

royaumes, pour les chasser, et les terrasser, et les détruire. » 

L’histoire des juifs, sous ce contrôle, fut la même à Babylone, en 

Perse, en Égypte, en Grèce, à Rome et en Espagne, et n’aurait pu être 

différente, étant donné la Loi judaïque unique. 

Néanmoins, ce ne sont pas tous « les juifs » qui écrivirent cette 

histoire, et cette histoire n’est pas non plus celle de tous « les juifs » ; 

omettre cette restriction serait comme de condamner « les Allemands » 

pour le national-socialisme ou « les Russes » pour un communisme 

essentiellement étranger. 

La résistance à la Loi de destruction fut continuelle dans la 

communauté juive, comme ce récit l’a montré. À toutes les époques et 

en tous lieux, les juifs ont émis des protestations amères contre cette 

destinée de destruction qui leur était imposée, bien plus que les gentils 

ne l’ont fait contre cette menace de destruction, qui était dirigée contre 

eux. 

Le terme « les juifs », où qu’il soit utilisé dans cette discussion, 

doit toujours être lu en ayant à l’esprit cette restriction. 

Ainsi, dans les trois cents ans qui suivirent l’expulsion d’Espagne, 

« la question juive » vint deux fois au premier plan durant de violentes 

guerres civiles : les révolutions anglaise et française, qui semblaient, à 

 158 

leur début, avoir été causées par la rupture d’intérêts nationaux (ce 

récit en viendra par la suite au sujet ô combien significatif de la 

révolution russe, et du rôle joué par les juifs dans celle-ci). 

Les retombées de la Révolution française apportèrent un homme 

qui tenta aussi de régler la controverse de Sion. L’Histoire rapporte des 

tentatives de résoudre « la question juive » par presque toutes les 

méthodes imaginables, depuis la force et la suppression jusqu’à 

l’apaisement, au compromis et à la capitulation. Elles échouèrent 

toutes, laissant cette question comme une épine dans le pied des 

gentils (et aussi des juifs, qui étaient en quelque sorte dans la 

condition d’un peuple envoyé parcourir le monde avec un gros caillou 

dans la chaussure). 

La méthode qu’il choisit fut la plus simple qu’on pût concevoir, et 

c’est peut-être pour cette raison que même aujourd’hui, les partisans 

de Sion l’évoquent avec consternation ; cet arriviste fut presque trop 

intelligent pour eux ! 

Il échoua, apparemment parce que cette question ne peut être 

résolue par aucun homme ; seulement par Dieu, quand bon lui 

semblera. 

Cet homme était Napoléon, et il serait utile d’examiner sa tentative 

avant de poursuivre l’étude de la révolution qui le lança. 

 

 

Chapitre 18 

L’INTERROGATION NAPOLEONIENNE 

 Quand Napoléon atteignit le sommet vertigineux de son pouvoir, 

il espérait vraisemblablement faire de grandes choses pour la France et 

les Français, ainsi que pour lui (et sa famille.) 

Peu de temps après être devenu Empereur (et probablement même 

auparavant), il constata qu’un des problèmes les plus difficiles auquel 

il devrait faire face n’était pas du tout une affaire française, mais une 

affaire étrangère : « la question juive » ! Elle avait torturé la vie des 

peuples pendant des siècles ; à peine le Pape fut-il persuadé et la 

couronne impériale posée sur la tête de Napoléon, qu’elle surgit de 

derrière le trône de Napoléon pour le harceler. 

À la manière napoléonienne, il la prit à la gorge et tenta de lui 

soutirer une réponse à la question éternelle : les juifs désiraient-ils 

vraiment faire partie de la nation et vivre selon sa loi ou 

reconnaissaient-ils secrètement une autre loi, qui leur commandait de 

détruire et de dominer les peuples parmi lesquels ils demeuraient ? 

Cependant, cette Interrogation célèbre était la seconde tentative 

par Napoléon de résoudre l’énigme juive, et l’histoire de la première 

tentative, peu connue, devrait être brièvement rapportée. 

Napoléon fut l’un des premiers hommes à concevoir l’idée de 

conquérir Jérusalem pour les juifs, et ainsi « accomplir la prophétie », 

selon l’expression actuellement à la mode. Il créa ainsi un exemple 

imité à notre siècle par tous ces leaders britanniques et américains qui 

n’aimeraient probablement pas être comparés à lui : Messieurs Balfour 

et Lloyd George, Woodrow Wilson, Franklin Roosevelt et Harry 

Truman, et Sir Winston Churchill. 

L’entreprise de Napoléon fut de si courte durée que l’Histoire n’en 

dit presque rien, et pas davantage de ses motifs. Étant donné qu’à 

l’époque il n’était pas encore le dirigeant de la France, mais le 

commandant en chef, il espérait peut-être simplement gagner par ce 

moyen le soutien militaire des juifs du Moyen-Orient, pour sa 

campagne sur leurs terres. S’il s’imaginait déjà Premier consul et 

Empereur, il recherchait peut-être (comme Cromwell) le soutien 

monétaire des juifs d’Europe pour cette plus grande ambition. 

En tout cas, il fut le premier potentat européen (il le fut vraiment 

en tant que commandant militaire suprême) à courtiser la faveur des 

dirigeants juifs en leur promettant Jérusalem ! Ce faisant, il soutenait 

la théorie de la nationalité juive séparée qu’il dénonça plus tard. 

 160 

L’histoire est authentique, et brève. Elle repose entièrement sur 

deux rapports publiés en 1799 à Paris dans le Moniteur de Napoléon, 

alors qu’il commandait l’expédition française envoyée pour attaquer la 

puissance anglaise via l’Egypte. 

Le premier, daté du 17 avril 1799 à Constantinople, et publié le 22 

mai 1799, disait : « Buonaparte proclame qu’il invite tous les juifs 

d’Asie et d’Afrique à venir se placer sous son drapeau pour rétablir la 

Jérusalem antique. Il en a déjà armé un grand nombre et leurs 

bataillons menacent Alep. » 

C’était explicite ; Napoléon entreprenait « d’accomplir la 

prophétie » sur la question du « retour ». 

Le deuxième rapport, paru dans le Moniteur quelques semaines 

plus tard, disait : « Ce n’est pas seulement pour donner Jérusalem aux 

juifs que Buonaparte a vaincu la Syrie ; il a de plus vastes desseins… » 

Napoléon avait probablement reçu les nouvelles de l’effet que le 

premier rapport avait produit en France, où cette suggestion que la 

guerre contre l’Angleterre (tout comme la révolution contre « les rois et 

les prêtres ») pouvait être tournée principalement à l’avantage des juifs, 

n’avait pas été bien reçue ; alternativement, cela aurait peut-être fait 

plus de bien aux Anglais auprès des autres peuples d’Arabie, que cela 

ne pourrait jamais en faire à Buonaparte auprès des juifs. 

La bulle s’évapora à ce moment-là, car Napoléon n’atteignit jamais 

Jérusalem. Deux jours avant que le premier rapport fut publié par le 

lointain Moniteur, il était déjà en retraite vers l’Égypte, contrarié à 

Acre6 par un Anglais obstiné. 

Le chercheur d’aujourd’hui se sent quelque peu amer que l’offre 

sioniste de Napoléon ait été si vite interrompue, car s’il avait été 

capable de la poursuivre, il aurait bien pu se faire qu’une députation 

de sages sionistes examine promptement sa généalogie (comme 

Cromwell antérieurement) pour trouver quelque trace de descendance 

davidienne qui le qualifiât pour être proclamé Messie. 

Ainsi, tout ce qu’il reste aujourd’hui de cette entreprise de 

Napoléon se résume à un commentaire significatif fait à notre époque 

par M. Philip Guedalla (1925) : « Un homme en colère avait manqué, 

pensait-il, sa destinée. Mais une race patiente attendait toujours ; et 

au bout d’un siècle, après que d’autres conquérants eurent foulé les 

mêmes routes poussiéreuses, on a vu que nous n’avions pas manqué 

la nôtre. » 

Il s’agit d’une référence aux troupes britanniques de 1917 : dans 

cette présentation sioniste typique de l’histoire, elles sont de simples  

instruments dans l’accomplissement du destin juif – ce point fut omis 

                                                

6 

 Aujourd’hui Akko ; ville d’Israël sur la Méditerranée – NdT 

 161 

par Napoléon. M. Guedalla prononça ces paroles en présence de M. 

Lloyd George, Premier ministre britannique de 1917, qui avait envoyé 

ces soldats sur ces mêmes « routes poussiéreuses ». M. Lloyd George se 

mit ainsi en valeur sous le regard approbateur d’un auditoire qui le 

voyait comme « un instrument dans les mains du Dieu juif » (Dr 

Kastein.) 

Napoléon fut couronné Empereur en 1804 ; et, en 1806, « la 

question juive » prenait une si grande place dans ses soucis qu’il fit sa 

célèbre seconde tentative pour y répondre. 

Au milieu de toutes ses campagnes, il était absorbé par cette 

question, comme beaucoup de potentats avant lui ; il essaya alors la 

méthode inverse pour y répondre : après avoir brièvement entrepris de 

rétablir la « Jérusalem antique » (et ainsi, la nation juive), il exigea que 

les juifs choisissent publiquement entre la nationalité séparée et 

l’intégration au sein de la nation où ils demeuraient. 

Il était alors en mauvais termes avec les Français à cause de la 

faveur (disaient-ils) qu’il montrait envers les juifs. Plaintes et  appels à 

protection contre eux se déversaient sur lui au point qu’il dit au 

Conseil d’État : « Ces juifs sont des sauterelles et des chenilles, ils 

dévorent ma France… Ils sont une nation dans la nation. » À l’époque, 

même le judaïsme orthodoxe niait énergiquement cette description. 

Le Conseil d’État lui-même était divisé et doutait, à tel point que 

Napoléon fit appel à 112 représentants principaux du judaïsme, de 

France, d’Allemagne et d’Italie, pour venir à Paris répondre à une liste 

de questions. 

Le monde étrange dans lequel Napoléon mit alors les pieds est peu 

compris des gentils. Il est éclairé par les deux citations suivantes : 

« Parce qu’il acceptait l’idée de Peuple élu et de salut, le monde juif 

était judéocentrique, et les juifs pouvaient interpréter tout ce qui 

arrivait du seul point de vue d’eux-mêmes en tant que centre » (Dr 

Kastein). 

« Le juif a bâti une Histoire globale du monde dont il s’est fait le 

centre ; et depuis ce moment, c’est-à-dire le moment où Jéhovah 

conclut l’alliance avec Abraham, le destin d’Israël forme l’Histoire du 

monde, et, en vérité, l’Histoire du cosmos tout entier, pour laquelle le 

Créateur du monde se donne du mal. C’est comme si les cercles se 

rétrécissaient toujours plus ; finalement, seul reste le point central : 

l’Ego » (M. Houston Stewart Chamberlain). 

La première de ces autorités est un juif sioniste, et l’autre est ce 

que la première appellerait un antisémite ; le lecteur verra qu’elles sont 

en accord total sur l’essence de la doctrine judaïque. 

En effet, celui qui étudie ce sujet constate qu’il n’y a vraiment 

aucun désaccord sur de telles questions entre les érudits juifs 

 162 

talmudiques et leurs opposants, qu’ils accusent d’avoir des préjugés ; 

ce dont se plaignent réellement les extrémistes juifs est le fait que la 

critique vienne de milieux « extérieurs à la loi » ; cela est pour eux 

intolérable. 

Les questions formulées par Napoléon montrent qu’à la différence 

des Anglais et des politiciens américains de ce siècle qui ont adopté le 

sionisme, il comprenait parfaitement la nature du judaïsme et le 

problème des rapports humains qu’il engendre. Il savait que, selon la 

Loi judaïque, le monde avait été créé à une date décidée avec précision, 

seulement pour les juifs, et que tout ce qui y arrivait (y compris les 

épisodes de sa propre gloire et de son pouvoir) était uniquement 

calculé pour amener le triomphe juif. 

Napoléon comprit à son époque la théorie judaïque telle qu’elle est 

expliquée à notre siècle par le Dr Kastein, à propos du roi Cyrus de 

Perse et de sa conquête de Babylone en 538 av. J.-C. : 

« Si le plus grand roi de l’époque devait être un instrument dans les 

mains du Dieu juif, cela signifiait que ce Dieu était celui qui 

déterminait le destin non seulement d’un peuple, mais de tous les 

peuples ; qu’il déterminait le destin des nations, le destin du monde 

entier. » 

Napoléon avait provisoirement offert d’être « un instrument dans 

les mains du Dieu juif » sur la question de Jérusalem, mais il avait été 

déjoué par le défenseur d’Acre. Maintenant, il était Empereur et ne se 

résignait pas à être « un instrument », ni n’en acceptait la proposition. 

Il entreprit de faire en sorte que les juifs manifestent leur 

allégeance, et il formula astucieusement des questions auxquelles il 

était aussi impossible de répondre sans désavouer l’idée centrale, que 

de les éluder sans encourir un reproche ultérieur d’hypocrisie. Le Dr 

Kastein qualifie ces questions d’« infâmes », mais c’est seulement dans 

l’esprit mentionné précédemment que toute question d’un être 

extérieur à la Loi est infâme. 

Dans un autre passage, le Dr Kastein dit, avec une admiration 

involontaire, qu’à travers ses questions, Napoléon « saisit correctement 

le principe du problème », et ceci est un éloge supérieur à ceux 

accordés par le Dr Kastein aux autres dirigeants gentils. 

Et c’était vrai : si un homme mortel avait été capable de trouver 

une réponse « à la question juive », Napoléon l’aurait trouvée, car ses 

investigations atteignirent le fond même du problème et ne laissèrent 

aux hommes sincères que le choix entre un gage de fidélité et une 

admission déclarée d’infidélité invétérée. 

Les délégués élus par les communautés juives vinrent à Paris. Ils 

étaient confrontés à un dilemme. D’une part, ils avaient tous été élevés 

dans la croyance séculaire qu’ils devaient toujours rester un peuple 

 163 

« séparé », choisi par Dieu pour « terrasser et détruire » d’autres 

nations, et finalement « revenir » sur une Terre promise ; d’autre part, 

ils étaient les premiers parmi ceux que la Révolution avait émancipés, 

et le général qui les interrogeait, le plus célèbre de cette Révolution, 

avait autrefois entrepris de « rétablir la Jérusalem antique. » 

Maintenant, cet homme, Napoléon, leur demandait de dire s’ils 

faisaient partie ou non de la nation qu’il dirigeait. 

Les questions de Napoléon, telles des flèches vers une cible,  

visaient directement les principes de la Torah-Talmud, sur la base 

desquels avait été érigé un mur entre les juifs et les autres hommes. 

Ces principes majeurs étaient : la Loi juive permettait-elle les mariages 

mixtes ? Les juifs considéraient-ils les Français comme des 

« étrangers » ou comme des frères ? Considéraient-ils la France comme 

leur pays natal, aux lois duquel ils devraient nécessairement obéir ? La 

Loi judaïque faisait-elle une distinction entre débiteurs juifs et 

chrétiens ? 

Toutes ces questions attaquaient les lois raciales et religieuses 

discriminatoires que les Lévites (comme les chapitres précédents l’ont 

montré) avaient empilées sur les commandements moraux, les 

annulant ainsi. 

Napoléon, avec un art de la publicité et une formalité extrêmes, 

confronta les représentants juifs aux questions que le monde avait 

posées pendant des siècles. 

Sous cette lumière crue qui les frappait, les notables juifs 

n’avaient que deux alternatives : désavouer la Loi raciale en toute 

sincérité, ou déclarer leur reniement, tout en le niant secrètement (un 

expédient autorisé par le Talmud.) 

Comme le dit le Dr Kastein : « Les érudits juifs à qui l’on fit appel 

pour réfuter ces accusations se retrouvèrent dans une position 

extrêmement difficile, car pour eux, tout dans le Talmud était sacré, 

même ses légendes et ses anecdotes. » C’est une façon pour le Dr 

Kastein de dire qu’ils ne pouvaient qu’éluder ces questions par le 

mensonge, car on ne fit pas « appel [à eux] pour réfuter les 

accusations » ; on leur demanda simplement une réponse sincère. 

Les délégués juifs professèrent ardemment qu’une chose telle 

qu’une nation juive n’existait plus ; qu’ils ne désiraient pas vivre dans 

des communautés fermées, auto-gouvernées ; qu’ils étaient en tous 

points des Français, et rien de plus. Ils éludèrent seulement la 

question des mariages mixtes ; ceux-ci, dirent-ils, étaient permis 

« sous le droit civil. » 

Même le Dr Kastein se voit contraint d’appeler la manœuvre 

suivante de Napoléon « un coup de génie. » 

 164 

Il établit historiquement que si on les force publiquement à 

répondre à ces questions essentielles – pour les peuples avec lesquels 

ils vivent – les représentants du judaïsme donneront des réponses 

fausses ou qu’ils ne peuvent appliquer. 

Les événements des décennies qui suivirent montrèrent que la 

revendication de séparer la nationalité-dans-les-nations ne fut jamais 

abandonnée par ceux qui exerçaient réellement le pouvoir au sein de la 

communauté juive. 

Aussi Napoléon gagna-t-il, dans son échec, une victoire historique 

pour la vérité, qui garde sa valeur de nos jours. 

Il chercha à donner aux réponses qu’il avait obtenues une forme 

officielle des plus contraignante, qui lierait les juifs, en tout lieu et 

pour tout l’avenir, aux engagements donnés par leurs sages : il 

souhaita que l’on convoque le Grand Sanhédrin ! 

De toutes les régions d’Europe, les 71 membres traditionnels du 

Sanhédrin, 46 rabbins et 25 laïcs, se pressèrent alors à Paris et se 

réunirent en février 1807, au milieu de scènes d’une grande 

magnificence. Même si le Sanhédrin, en tant que tel, ne s’était pas 

réuni depuis des siècles, le « centre » talmudique de Pologne n’avait 

que récemment cessé de fonctionner publiquement, si bien que l’idée 

d’un corps dirigeant issu de la communauté juive était réelle et bien 

vivante. 

Le Sanhédrin alla plus loin que les notables juifs dans la 

perfection et l’ardeur de ses déclarations ; (incidemment, il commença 

par prononcer des remerciements aux églises chrétiennes pour la 

protection dont ils avaient bénéficié dans le passé, et cet hommage 

vaut la peine d’être comparé à la version sioniste habituelle de 

l’histoire de l’ère chrétienne, qui prétend qu’elle ne fut qu’une longue 

épreuve de « persécution juive » par les chrétiens). 

Le Sanhédrin reconnut l’extinction de la nation juive comme un fait 

accompli. Cela résolut le dilemme central créé par le fait que la Loi, qui 

avait été jusque-là toujours considérée comme imposée aux juifs 

exclusivement, ne permettait pas de distinction entre le droit civil et le 

droit religieux. Comme la « nation » avait cessé d’exister, on proclama 

que les lois talmudiques de la vie quotidienne ne s’appliquaient plus, 

mais la Torah, en tant que loi de la Foi, restait immuable ; ainsi parla 

le Sanhédrin. Si un conflit ou un débat venait à survenir, les lois 

religieuses devraient alors être considérées comme subalternes à celles 

de l’État dans lequel les juifs vivaient en tant qu’individus. Israël 

n’existerait à dater de ce moment qu’en tant que religion, et ne 

chercherait plus aucune réhabilitation nationale. 

Ce fut un triomphe unique pour Napoléon (et qui sait dans quelle 

mesure cela contribua à sa chute ?). Les juifs furent libérés du 

 165 

Talmud ; la voie de la réintégration au sein de leurs semblables, leur 

participation à l’humanité, fut rouverte là où les Lévites l’avaient 

fermée plus de deux mille ans auparavant ; l’esprit de discrimination 

et de haine fut abandonné et exorcisé. 

Ces déclarations formèrent la base sur laquelle la revendication de  

libertés civiques pleines et entières fut réalisée partout en Occident 

durant les années qui suivirent. Toutes les sections du judaïsme 

connues de l’Occident les soutinrent. 

Dès lors le judaïsme orthodoxe, le visage tourné vers l’Occident, 

nia toute suggestion que les juifs formeraient une nation dans les 

nations. Avec le temps, le judaïsme non orthodoxe « élimina chaque 

prière exprimant ne serait-ce que le soupçon d’un espoir ou d’un désir 

d’une quelconque forme de résurrection nationale juive » (rabbin Moses 

P. Jacobson). 

Au Parlement britannique, l’herbe fut coupée sous le pied des 

adversaires de l’émancipation juive, qui affirmaient que « les juifs 

attendent avec impatience l’arrivée d’un grand libérateur, leur retour 

en Palestine, la reconstruction de leur Temple, la renaissance de leur 

culte antique ; ils considéreront donc toujours l’Angleterre non comme 

leur pays, mais simplement comme leur lieu d’exil » (cité par M. 

Bernard J. Brown.) 

Pourtant, ces mises en garde étaient pertinentes. En moins de 

quatre-vingt-dix ans, les déclarations du Sanhédrin napoléonien 

avaient dans les faits été annulées, ce qui amena M. Brown à écrire : 

« Maintenant, bien que l’égalité civique ait été fermement établie par 

la loi dans presque chaque pays, le nationalisme juif est devenu la 

philosophie d’Israël. Les juifs ne devraient pas être étonnés si les gens 

nous accusent d’avoir obtenu l’égalité devant la loi sous de faux 

prétextes ; d’être toujours une nation au sein des nations, et que les 

droits qui nous ont été accordés devraient être révoqués. » 

Napoléon rendit inconsciemment un service à la postérité en 

révélant le fait important que les réponses qu’il avait obtenues étaient 

sans valeur. La seule et unique Loi, pour toutes pensées et actions, fut 

à nouveau infligée aux juifs durant le reste du XIXe siècle par leurs 

dirigeants talmudiques et par les politiciens gentils qui leur 

apportèrent la même aide que le roi Artaxerxés avait apportée à 

Néhémie. 

Les réponses étaient-elles sincères ou fausses quand elles furent 

données ? La réponse pourrait bien se révéler partagée, de même que 

le judaïsme lui-même a toujours été partagé. 

Nul doute que les délégués avaient fermement à l’esprit l’effet 

d’accélération que leurs réponses, telles qu’elles furent formulées, 

auraient sur l’octroi d’une égalité complète dans d’autres pays. D’autre 

 166 

part, beaucoup d’entre eux durent sincèrement espérer que les juifs 

pourraient enfin entrer dans l’humanité sans reniement secret, car 

dans la communauté juive, cette umpulsion de forcer l’interdiction 

tribale a toujours existé, bien qu’elle fût combattue par la secte 

dirigeante. 

Il est probable que certains délégués étaient sincères dans leurs 

paroles, et que d’autres « rompirent secrètement » (selon l’expression 

du Dr Kastein) avec une loyauté qu’ils avaient publiquement affirmée. 

Le Sanhédrin de Napoléon avait un défaut de fond. Il représentait 

les juifs d’Europe et ceux-ci (qui étaient en majorité séfarades) étaient 

en train de perdre leur autorité au sein de la communauté juive. Le 

centre talmudique et la grande majorité des « juifs de l’Est » (les 

ashkénazes slaves) étaient en Russie ou en Pologne russe, et pas 

même Napoléon ne réfléchit à ce fait, si même il en était conscient. Les 

talmudistes n’étaient pas représentés au sein du Sanhédrin, et les 

réponses données étaient hérésie sous leur Loi, car ils étaient les 

gardiens des traditions des pharisiens et des Lévites. 

Les aveux du Sanhédrin mirent fin à la troisième période 

talmudique de l’histoire de Sion. Ce fut celle qui commença avec la 

chute de la Judée en 70 ap. J.-C., quand les pharisiens léguèrent leurs 

traditions aux talmudistes, et à la fin de ces dix-sept siècles, l’éternelle 

question semblait, d’après les réponses du Sanhédrin, être résolue. 

Les juifs étaient prêts à rejoindre l’humanité et à suivre le conseil 

d’un juif français, Isaac Berr, lorsqu’il disait qu’ils devaient se 

débarrasser « de cet esprit étroit de corporation et de congrégation, 

dans toutes les questions civiles et politiques non directement 

connectées à notre loi spirituelle. Sur ces sujets, nous devons 

absolument apparaître comme de simples individus, comme des 

Français uniquement guidés par un vrai patriotisme et par l’intérêt 

général des nations. » Cela signifiait la fin du Talmud, et de la « clôture 

autour de la Loi ». 

C’était une illusion. Aux yeux des chercheurs gentils d’aujourd’hui 

cela ressemble à une grande occasion manquée. Aux yeux du juif 

littéral ce fut un danger épouvantable évité de justesse : celui d’une 

participation commune à l’humanité. 

La quatrième période de ce récit débute alors – le siècle de 

« l’émancipation », le XIXe siècle. Au cours de ce siècle, les talmudistes 

de l’Est entreprirent d’annuler ce que le Sanhédrin avait affirmé, et 

d’utiliser tous les privilèges gagnés par l’émancipation, non pour 

mettre les juifs et tous les autres hommes sur un pied d’égalité, mais 

pour parquer à nouveau les juifs, réaffirmer leur « séparation » d’avec 

les autres et leur revendication à une nationalité séparée, qui était en 

 167 

fait la revendication à être une « nation au-dessus de toutes les 

nations », et non une « nation au sein des nations. » 

Les talmudistes réussirent, avec des résultats dont nous sommes 

les témoins à notre génération – qui est la cinquième période de la 

controverse de Sion. L’histoire de leur succès ne peut être séparée de 

celle de la révolution, à laquelle notre récit revient maintenant. 

 

 

Chapitre 19 

LA REVOLUTION MONDIALE 

Pour avoir une suite ordonnée, ce récit a été conduit jusqu’au 

Sanhédrin de Napoléon ; les réponses données par ce dernier 

clôturèrent la troisième période de l’histoire de Sion et en ouvrirent la 

quatrième, qui commença par la renonciation publique à la nationalité 

séparée, et finit, quatre-vingt-dix ans plus tard, par la réaffirmation 

publique de la nationalité séparée dans sa forme la plus extrême. 

Avant de poursuivre cette quatrième phase, le récit doit 

maintenant reculer de vingt ans, jusqu’au début de la révolution 

mondiale, et considérer quel rôle, s’il en fut, jouèrent « les juifs ». 

Le XIXe siècle, en Occident, différa des dix-huit siècles précédents 

de l’ère chrétienne de par l’apparition de deux mouvements au but 

convergent, qui, arrivés à la fin du siècle, dominaient toutes les 

affaires de l’Occident. 

Le premier mouvement, le sionisme, visait au rassemblement 

d’une nation dispersée au sein d’un territoire promis à cette dernière 

par le Dieu juif ; le second mouvement, le communisme, visait à la 

destruction de la nationalité séparée en tant que telle. 

Ainsi, ces deux mouvements semblaient-ils, à première vue,  

opposés l’un à l’autre de manière fixe, car le premier faisait du 

nationalisme sa religion, et même son Dieu, et l’autre déclarait la 

guerre à mort au nationalisme. Cet antagonisme était seulement 

apparent, et en vérité les deux mouvements œuvrèrent sur des pistes 

parallèles, non vers une collision sur la même ligne. Car le Dieu qui 

promit la terre à la nation devant être rassemblée, promit aussi de 

l’installer « par-dessus tous les peuples qui sont sur la surface de la 

terre », et de détruire toutes les autres nations « par une destruction 

puissante jusqu’à ce qu’elles soient détruites ». La révolution mondiale, 

qui poursuivait le deuxième de ces buts, remplit ainsi les conditions 

posées pour le premier ; par accident ou par intention, elle aussi fit la 

volonté de Jéhovah. 

Cela étant, la tâche de l’historien est de découvrir, s’il le peut, quel 

rapport existait entre les organisateurs du sionisme et ceux de la 

révolution mondiale. S’il n’y en avait aucun, et que le parallélisme 

dans les intentions était une coïncidence, alors l’Histoire faisait 

manifestement une petite plaisanterie à l’Occident. Mais si on peut 

démontrer la relation entre les deux, le modèle des 170 dernières 

années préfigure la forme des événements à venir ; dans ce cas, la 

révolution mondiale fut la servante de Sion. 

 169 

Ces 170 ans furent probablement les plus dissolus et les moins 

louables dans l’histoire de l’Occident. Au début du XIXe siècle, 

l’Occident avait derrière lui dix-sept siècles d’accomplissement 

chrétien ; le monde n’avait jamais vu auparavant l’homme améliorer 

autant sa propre condition et sa conduite envers les autres ; même la 

guerre faisait l’objet d’un code civilisé, et il semblait certain que 

l’avenir continuerait selon ce processus ascendant. Au milieu du XXe 

siècle, une grande partie de cet accomplissement avait été perdue ; 

une partie importante de l’Occident avait été livrée à la barbarie 

asiatique ; la question de savoir si le reste de l’Occident et sa foi 

pouvaient ne serait-ce que survivre était clairement dans la balance et 

trouverait probablement une réponse au cours des dernières décennies 

du siècle. 

La période qui vit cette détérioration fut celle de la montée du 

pouvoir judaïste jusqu’à un sommet d’influence dans les affaires de 

l’Occident, sommet que pratiquement aucun potentat ou pontife, 

doctrine ou dogme européens n’avait jamais atteint. L’image de ce 

pouvoir en expansion, s’étendant sur l’Europe tel un nuage noir 

oriental, est illustrée dans deux citations du début et de la fin du XIXe 

siècle. En 1791, le grand historien allemand Johann Gottfried von 

Herger, contemplant les cent dernières années qui venaient de 

s’écouler, écrivait : 

« Les nations les plus primitives de l’Europe sont des esclaves 

volontaires de l’usure juive… Le peuple juif est et reste en Europe un 

peuple asiatique étranger à notre partie du monde, attaché à cette 

antique loi qu’il a reçue dans un climat lointain et que selon sa propre 

confession, il ne peut abolir… Il est indissolublement lié à une loi 

étrangère qui est hostile à tous les peuples étrangers. » 

Le lecteur de journaux de 1807, quand il apprit les aveux fervents 

de non-nationalité de la part du Sanhédrin, aurait probablement rejeté 

von Herder comme « fanatique » (ou même comme « antisémite »), mais 

les années et les événements montrèrent que, comme d’autres avant 

lui, il n’était qu’un érudit disant la vérité. Cent ans plus tard, en 1899, 

un autre érudit, M. Houston Stewart Chamberlain, revint sur ce que 

Herder avait écrit, et rapporta, à propos de l’usurpation grandissante 

et continue du pouvoir: 

« Un grand changement a eu lieu : les juifs jouent, en Europe et 

partout où l’influence européenne s’étend, un rôle différent de celui 

qu’ils jouaient il y a cent ans ; tel que Viktor Hohn l’exprime, nous 

vivons aujourd’hui dans “une ère juive” ; nous pouvons penser ce que 

nous voulons de l’histoire passée des juifs, leur histoire actuelle 

prend en réalité tant de place dans notre propre histoire que nous ne 

pouvons décemment refuser de les remarquer : l’élément “étranger” 

souligné par Herder est devenu de plus en plus saillant…  

L’influence directe du judaïsme sur le XIXe siècle apparaît pour la 

 170 

première fois comme une nouvelle influence dans l’histoire de la 

culture ; cela devient ainsi l’un des sujets brûlants du jour.  

 

Ce peuple étranger est devenu précisément, au cours du XIXe siècle, 

un constituant important de notre vie, de manière disproportionnée,  

et dans de nombreuses sphères véritablement dominantes… 

 

Herder dit que “les nations d’Europe plus primitives étaient des 

esclaves volontaires de l’usure juive”. Aujourd’hui, Herder pourrait 

dire la même chose de la partie de loin la plus importante de notre 

monde civilisé… nos gouvernements, notre loi, notre science, notre 

commerce, notre littérature, notre art, pratiquement toutes les branches 

de notre vie sont devenues les esclaves plus ou moins volontaires des 

juifs, et traînent des chaînes féodales enferrées à un pied, en attendant 

qu’elles le soient aux deux… 

 

L’influence directe du judaïsme sur le XIXe siècle devient ainsi l’un 

des sujets brûlants du jour. Nous avons à traiter ici d’une question 

affectant non seulement le présent, mais aussi l’avenir du monde… Si 

l’influence juive devait prendre le dessus en Europe dans la sphère 

intellectuelle et culturelle, nous aurions un nouvel exemple de 

pouvoir négatif et destructeur. » 

Telle fut l’évolution des choses sur cent ans, de von Herder à 

Chamberlain. Les trois dernières phrases sont un pronostic brillant, 

car Chamberlain n’avait pas vu les preuves, que notre siècle apporta, 

de la vérité de ce qu’il disait ; à savoir, il ne vit pas cet exploit 

fantastique d’orchestration internationale à grande échelle, en octobre 

1917, où le communisme (le destructeur de la nationalité) et le 

sionisme (le créateur de la nation dominante) triomphèrent au même 

instant ! 

Au cours des soixante ans qui ont passé depuis les propos de  

Chamberlain, le processus observé par lui-même et Herder a pris de 

l’ampleur et de la puissance. La question n’affecte plus simplement 

« l’avenir du monde » ; elle nous accompagne chaque jour, et nous 

n’avons aucun présent qui ne soit pas façonné par elle ; elle a déjà 

changé la nature du monde et de la destinée de l’homme au sein de ce 

dernier. « Nos gouvernements », dans le demi-siècle qui s’est écoulé, 

sont devenus de tels « esclaves volontaires » de la secte dominante 

judaïque qu’ils sont en fait les intendants, ou agents, d’une nouvelle 

classe dirigeante internationale, et en aucun cas de vrais gouverneurs. 

L’Occident en est venu à ce dilemme par la pression de deux 

rouleaux-compresseurs : le communisme et le sionisme, la révolution 

mondiale destructrice des nations et la nouvelle classe dirigeante 

 171 

créatrice de nations. L’une a incité la foule ; l’autre a acquis le pouvoir 

sur les dirigeants. Ces deux organisateurs sont-ils les mêmes ?  

Ce livre cherche à répondre à cette question dans les chapitres qui 

suivent. Ce qui est clair est que chaque étape de la ruine de l’Occident, 

pendant ces 170 ans, fut accompagnée par les étapes successives du 

« retour » en Terre promise. C’est une indication d’un directorat 

commun qui est trop forte pour être mise de côté, à moins qu’elle ne 

puisse être définitivement réfutée.  

Pour les masses « païennes » de la chrétienté, le processus qui 

commença par l’apparition de la révolution mondiale en 1789 fut 

surtout un processus de bruit et de fureur, ne signifiant rien ; mais le 

chercheur perçoit que, sur un rythme majestueux, ce processus 

accomplit la Loi et les Prophètes de Juda. 

Le XIXe siècle fut un siècle de conspiration, dont ce que nous 

observons au 20ème siècle est le résultat. La conspiration engendra le 

communisme et le sionisme, et ceux-ci prirent l’avenir de l’Occident 

entre des tenailles. Quelles sont leurs origines ? Pourquoi ont-ils 

germé dans l’obscurité avant de percer ensemble à la surface au XIXe 

siècle ? Avaient-ils une racine commune ? La manière de répondre à la 

question est d’examiner les racines de chacun séparément, et de 

découvrir si elles se rejoignent ; et le but de ce chapitre et du chapitre 

suivant est de suivre à la trace l’idée-racine de la révolution mondiale. 

La Révolution française fut la révolution mondiale en action, non 

une révolution en France. Dès l’apparition de cet événement en France, 

aucun doute ne subsiste à cet égard. Auparavant, les gens pouvaient 

se permettre d’avoir des notions sur les paysans qui souffraient, 

incités au soulèvement soudain par des aristocrates arrogants, et ainsi 

de suite, mais l’étude attentive du contexte de la Révolution française 

dissipe de telles illusions. Elle fut le résultat d’un plan et l’œuvre d’une 

organisation secrète, oeuvre révélée avant que cela n’arrive ; ce ne fut 

pas simplement une explosion française provoquée par des causes 

françaises. Le plan la sous-tendant est le même que celui du 

communisme aujourd’hui ; et le communisme d’aujourd’hui, qui est la 

révolution mondiale permanente, a hérité de l’organisation qui 

développa ce plan. 

La Révolution française de 1789 est celle qui fournit la clé du 

mystère. Elle forme le lien entre la révolution anglaise de 1640 et la 

révolution russe de 1917, et révèle le processus entier comme étant un 

processus planifié et ininterrompu qui, une fois passé par ces trois 

étapes, atteindra clairement son paroxysme final à un moment pas si 

éloigné que cela, probablement au cours de ce siècle. Cette apogée, de 

manière prévisible, prendra la forme d’une tentative de consommer et 

d’accomplir la révolution mondiale en installant un gouvernement 

 172 

mondial sous le contrôle de l’organisation qui guide le processus 

révolutionnaire depuis son origine. Cela établirait l’emprise d’une 

nouvelle classe dirigeante sur les nations submergées. (Comme dirait 

le Dr Kastein, elle « détermine[rait] le destin du monde entier »). 

Cette image, qui n’est apparue que lentement à mesure que les 

trois siècles s’écoulaient, est aujourd’hui claire dans sa perspective 

historique, où chacune des trois grandes révolutions est vue à la 

lumière projetée sur elle par la suivante : 

(1) La révolution anglaise sembla être à l’époque un épisode 

anglais spontané, uniquement dirigé contre les prétentions, à ce 

moment-là, d’une maison royale particulière – les Stuart – et contre 

une forme particulière de religion, appelée « papisme ». Aucun 

contemporain ne rêva ne serait-ce que de considérer cela comme le 

début d’un mouvement mondial dirigé contre toute religion et tout 

gouvernement légitime. (La secte dirigeante de la communauté juive 

fournit des fonds au dictateur révolutionnaire et, par de ce rôle 

traditionnel « d’incitation », les leaders juifs devinrent les bénéficiaires 

principaux de la révolution ; s’ils eurent aucun rôle dans l’instigation 

originale de cette dernière, on ne peut le démontrer, de même que n’a 

survécu aucune preuve d’un plan supérieur à long terme sous-tendant 

la révolution). 

(2) La nature et le cours de la Révolution française, cependant, 

placent la révolution anglaise sous une lumière différente. Ce ne fut 

pas, et même à cette époque ne sembla pas être, un épisode français 

interne causé par les simples conditions prévalant en France. Au 

contraire, elle suivit un plan pour une révolution universelle, plan 

découvert et rendu public quelques années auparavant ; et 

l’organisation secrète révélée alors avait des membres dans de 

nombreux pays et dans toutes les classes. Par conséquent, on 

considéra ses actes les plus caractéristiques (le régicide et le sacrilège), 

quoiqu’ils répétassent ceux de la révolution en Angleterre, non comme 

des actes spontanément vengeurs commis dans l’agitation du moment, 

mais comme des actions délibérément symboliques d’un plan et d’un 

but ininterrompus : la destruction de toute religion et de tout 

gouvernement légitime, en tout lieu. Inévitablement, cette révélation 

mène à la conjecture que la révolution anglaise puisse aussi avoir été 

préparée par cette organisation secrète, dans le but de détruire toute 

nationalité. (Dans la Révolution française comme dans l’anglaise, la 

secte judaïste en émergea comme le principal bénéficiaire ; elle utilisa 

l’émancipation générale des juifs qui résulta de la Révolution comme 

une couverture pour son travail de conspiratrice, au cours des 

décennies qui suivirent. À ce jour, aucune preuve découverte n’est en 

mesure de démontrer l’instigation judaïste originelle). 

 173 

Ainsi, la Révolution française, à la différence de la révolution 

anglaise, était-elle manifestement le produit d’une conspiration 

majeure, aux buts mondiaux et aux racines profondes. Dès cet 

instant, la nature du plan devenait claire, mais les conspirateurs, 

partout où ils étaient démasqués, semblaient être une horde 

d’individus sans lien entre eux, excepté la rage qu’éprouve le pyromane 

pour la destruction. Le but ne faisait aucun doute, mais l’identité des 

organisateurs restait mystérieuse. Cette scène en partie clarifiée fut 

dépeinte en des termes célèbres par une autorité reconnue en la 

matière, Lord Acton : 

« Ce qui est épouvantable dans la révolution, ce n’est pas le tumulte, 

mais le dessein. Par delà le feu et la fumée, nous percevons la preuve 

d’une organisation calculatrice. Les administrateurs restent 

soigneusement cachés et masqués, mais il n’y a aucun doute sur leur 

présence dès le départ. » 

La Révolution française révéla donc un dessein derrière la 

révolution, et c’était le dessein d’un but placé à une échelle mondiale. 

Ce qui avait semblé être quelque chose de non planifié au moment de 

la révolution anglaise était maintenant visible, ou était devenu le 

résultat d’un plan et d’un pattern, et la conspiration était clairement 

d’une telle force et d’un telle ancienneté que cela avait dû lui permettre 

sa complicité dans la révolution précédente. Cependant, cette 

deuxième révolution laissa toujours « les administrateurs » masqués, si 

bien que seule la moitié du mystère avait été résolue (Lord Acton 

mourut en 1902, et ne vit donc pas la troisième révolution). 

(3) La révolution russe, à nouveau, laissa la place à de nouvelles 

théories à propos des révolutions française et anglaise. Les actes de 

régicide et de sacrilège étaient une carte d’identité aussi 

caractéristique que les salutations du musulman sont le signe de sa 

foi ; par ces actes, la révolution informa tous ceux qui voulaient 

l’entendre qu’elle travaillait toujours « au dessein » de la destruction 

mondiale, révélé pour la première fois par la Révolution française. De 

plus, le secret, qualifié pendant cent ans de « mensonge », n’était même 

plus nié ; à partir de 1917, la révolution mondiale fut, de son propre 

aveu, permanente, et mondiale dans ses intentions, et la conspiration 

secrète d’autrefois devint un parti politique, opérant dans tous les pays 

sous les ordres d’un siège central à Moscou. 

Ainsi, la révolution russe jeta-t-elle une lumière plus brillante sur 

la Révolution française, clarifiant ses contours et ses origines. 

Cependant, sur la question des administrateurs « soigneusement 

cachés » et « masqués », la révolution russe jeta une lumière 

entièrement différente sur les deux révolutions précédentes, ou du 

moins elle offrit des conjectures sur leurs origines possibles,  

auxquelles personne n’avait beaucoup réfléchi précédemment. « Les 

 174 

administrateurs » de la révolution russe étaient presque tous des juifs 

de l’Est. À cette occasion, les actes significatifs et symboliques de 

régicide et de sacrilège furent commis par des juifs, et une loi fut 

ordonnée, qui dans les faits interdisait complètement toute discussion 

du rôle joué par les juifs, ou par « la question juive », dans ces 

événements ou dans toute autre affaire publique. 

Ainsi, des questions essentielles trouvèrent-elles une réponse, et 

ce qui était un grand mystère en 1789 devint-il clair en 1917. Le grand 

avantage que le chercheur d’aujourd’hui tire de la Révolution française 

est la preuve, fournie par elle, de l’existence d’un dessein pour une 

révolution mondiale, et d’une organisation qui poursuivit cette 

ambition destructrice. Son existence et son activité firent du XIXe 

siècle le siècle de la grande conspiration. Une impression d’entités 

maléfiques s’agitant dans des lieux sombres, comme les bruits 

auxquels s’attend un prisonnier la nuit dans son cachot, inquiétèrent 

les hommes et les nations. Ceci était le sentiment que la conspiration 

transmettait tout autour d’elle, empestant l’air environnant. Depuis 

l’époque de la Révolution française, les hommes savaient intuitivement 

qu’ils vivaient avec la conspiration parmi eux ; à notre époque, qui en 

a subi les effets, nous pouvons au moins voir à quoi nous avons 

affaire, si nous regardons bien, et nous pouvons dire que c’est un 

démon qui nous est familier. 

Peut-être que le plus grand tort de Napoléon fut de distraire, par 

ses campagnes et exploits brillants, les pensées des hommes du 

danger beaucoup plus grand qui les menaçait : la révolution mondiale 

et ses « administrateurs » secrets. Sans lui, ils auraient peut-être 

accordé plus d’attention à la conspiration, car ils avaient la preuve de 

son existence. 

 

 

Chapitre 20 

LE DESSEIN  

Cette preuve fut donnée quand les documents de la société secrète 

des « Illuminati » d’Adam Weishaupt furent saisis par le gouvernement 

bavarois en 1786, et publiés en 1787. Le plan originel de la révolution 

mondiale et l’existence d’une organisation puissante aux membres très 

haut-placés furent alors révélés. Dès ce moment, il ne subsista aucun 

doute que tous les pays et les classes de la société comprenaient des 

hommes qui s’étaient ligués entre eux pour détruire tout gouvernement 

légitime et toute religion. L’organisation conspiratrice repassa dans la 

clandestinité après son exposition, mais elle survécut et poursuivit son 

plan, faisant irruption à la vue du public en 1917. Depuis lors, comme 

le communisme, elle poursuit ouvertement les buts dévoilés par le gros 

coup du gouvernement bavarois en 1786 – utilisant les méthodes 

révélées également à l’époque. 

La publication des documents Weishaupt survint par un hasard 

aussi curieux que celui de la conservation des documents de M. 

Whittaker Chambers en 19487. Seul un reliquat subsistait après que 

l’essentiel eut été détruit, car une partie des faits et gestes et des plans 

des Illuminati avait été connue avant 1786, en partie de par les 

vantardises de ses membres, et en partie de par les révélations de 

                                                

7 

 M. Whittaker Chambers, jeune Américain assez morbide et impressionnable fut « capturé » 

par les communistes à l’Université de Columbia à New York en 1925, et devint agent et 

courrier qui, travaillant sous un pseudonyme, transmit des documents officiels volés à ses 

supérieurs communistes. En 1938, dégoûté de son esclavage, il fuit le parti. En 1939, 

épouvanté par l’alliance entre le communisme et l’hitlérisme, il essaya d’informer le 

président Roosevelt de l’infestation des départements du gouvernement par des agents 

communistes et de l’espionnage qui y avait lieu, mais fut grossièrement repoussé, un 

émissaire présidentiel lui disant « d’aller se jeter dans le lac ». Par précaution, il avait 

dissimulé ses preuves (les photographies de centaines de documents officiels secrets) dans 

une cage d’ascenseur désaffectée, et au fil des années les oublia, car il n’en entendit plus 

parler avant 1948 ! Puis, son nom fut mentionné au cours d’une enquête provenant de 

révélations faites par un autre ancien agent communiste, et il fut cité à témoigner. C’est ce 

qu’il fit, et il fut immédiatement poursuivi en justice pour diffamation par un haut 

représentant gouvernemental, M. Alger Hiss, qu’il incrimina d’avoir volé des documents 

ultra secrets et de les avoir transmis, via M. Chambers, aux communistes. Pour sa propre 

protection, il contacta alors son parent à New York, et demanda si le paquet, dissimulé dans 

le cage d’ascenseur désaffecté dix ans auparavant, s’y trouvait toujours. Couvert de 

poussière, il était toujours là, et l’énormité de son contenu, réexaminé après dix ans, effraya 

M. Chambers lui-même. Il cacha le paquet dans un potiron, à sa ferme, où il apparut 

finalement à la lumière du jour lorsque M. Chambers dut présenter sa défense face à  

l’accusation de diffamation. Cela mena à la condamnation de son accusateur, M. Hiss, et à 

la révélation partielle d’un état d’infestation communiste au sein du gouvernement 

américain, si profond et si répandu que manifestement, la politique nationale américaine, 

pendant toute la période de la Seconde Guerre mondiale, devait être en grande partie sous 

l’influence directe des leaders de la révolution mondiale à Moscou. 

 

 176 

certains qui (comme M. Chambers 160 ans plus tard) se révoltèrent 

contre la compagnie en laquelle ils se trouvaient, quand ils comprirent 

sa véritable nature. Ainsi , la duchesse douairière Maria Anna de 

Bavière reçut-elle en 1783 l’information d’anciens Illuminés  selon 

laquelle l’ordre enseignait que la religion devait être considérée comme 

une absurdité (« l’opium du peuple » de Lénine) et le patriotisme 

comme de la puérilité, que le suicide était justifiable, que la vie devait 

être gouvernée par la passion plutôt que la raison, que l’on pouvait 

empoisonner ses ennemis, et ainsi de suite. Suite à cela et à d’autres 

informations, le duc de Bavière publia en 1785 un décret contre les 

Illuminati ; l’ordre fut accusé d’être une branche de la franc- 

maçonnerie, et les représentants gouvernementaux, les membres des 

forces armées, les professeurs, les enseignants et les étudiants avaient 

interdiction de le rejoindre. Un interdit général fut posé sur la 

formation des sociétés secrètes (c’est-à-dire les corps qui se 

rassemblaient sans se faire enregistrer, comme la loi l’exigeait). 

Cet interdit (qui ne pouvait manifestement pas être appliqué – les 

organisations secrètes ne pouvant être supprimées par décret) mit en 

garde les conspirateurs, de sorte que (ainsi que le relatent les deux 

historiens des Illuminati, Messieurs C.F. Forestier et Leopold Engel) 

« une quantité considérable de documents de la plus haute importance 

appartenant à l’ordre fut soit cachée soigneusement, soit brûlée » et 

« peu de documents survécurent, car la plus grande partie fut détruite, 

et les relations externes furent interrompues, afin de détourner les 

soupçons » ; autrement dit, l’ordre entra dans la clandestinité. Ainsi 

les documents qui furent trouvés en 1786 ne représentent-ils qu’une 

toute petite partie de l’ensemble. M. Forestier dit qu’en 1784 (la 

dernière année au cours de laquelle l’ordre eut plutôt tendance à 

vanter son pouvoir qu’à le cacher), l’ordre s’étendait depuis sa base 

bavaroise « sur toute l’Europe Centrale, du Rhin à la Vistule et des 

Alpes à la Baltique ; ses membres comprenaient : des jeunes gens qui 

devaient appliquer par la suite les principes qu’on leur avaient 

inculqués, des fonctionnaires de toutes sortes qui mettaient leur 

influence à son service, des membres du clergé à qui il inspirait la 

“tolérance”, et des princes dont il pouvait revendiquer la protection et 

qu’il espérait contrôler. » Le lecteur se rendra compte que ceci est une 

image du communisme aujourd’hui, à l’exception de l’allusion aux 

« princes », dont le nombre s’est presque réduit à néant depuis 1784. 

Cependant, les documents qui furent découverts et publiés, s’ils 

n’indiquaient pas l’étendue complète des membres et des connexions 

des llluminati, particulièrement en France, en Grande-Bretagne et en 

Amérique, révélaient néanmoins la nature de la société secrète et son 

ambition totalement destructrice. Un émissaire illuministe fut frappé 

par la foudre lors d’un voyage en Silésie en 1785. Les papiers trouvés 

sur lui provoquèrent la fouille des maisons de deux leaders 

 177 

illuministes. La correspondance entre « Spartacus » (Adam Weishaupt) 

et les « aréopagites » (ses associés les plus proches dans l’ordre), ainsi 

que d’autres papiers trouvés alors révélèrent le plan complet pour la 

révolution mondiale, dont nous sommes au 20ème siècle devenus 

familiers de par ses consequences, et sous le nom de “Communisme”. 

Nul ne peut croire aujourd’hui que ce plan grandiose de 

destruction prit naissance dans le cerveau d’un professeur bavarois, ni 

résister à la conclusion que (comme le suggère Mme Nesta Webster), 

Weishaupt et ses alliés ne créèrent pas, mais ne firent que lâcher sur le 

monde une force vive et terrible restée inerte pendant des siècles. 

Quand il fonda ses Illuminati, le 1er mai 1776, Weishaupt était 

doyen de la faculté de droit à l’université d’Ingolstadt (à notre époque, 

les professeurs d’université secrètement communistes se trouvent 

souvent dans les facultés de droit). Il avait été élevé par les jésuites, 

qu’il en vint à détester, et il leur emprunta leur secret d’organisation, 

qu’il pervertit à des fins contraires : la méthode (comme le disait son 

associé Mirabeau) grace à laquelle « sous un seul chef, les hommes 

dispersés dans tout l’univers se retrouvaient à tendre vers le même but. » 

Cette idée de liguer des hommes ensemble au sein d’une conspiration 

secrète et de les utiliser pour réaliser un but qu’ils ne comprennent 

pas, transparaît dans l’ensemble des lettres et autres documents 

illuministes saisis par le gouvernement bavarois. 

L’idée est présentée de manière passionnée, et les nombreuses 

façons de la réaliser sont d’une grande ingéniosité. L’expérience de la 

conspiration, accumulée au cours des âges, devait être l’inspiratrice, et 

les recherches de Mme Nesta Webster pour déterminer l’origine de 

cette doctrine morbide et perverse la firent remonter jusqu’au début de 

l’ère chrétienne et même avant. Par exemple, M. Silvestre de Sacy dit 

que la méthode utilisée par les Ismaéliens (une secte subversive au 

sein de l’Islam au VIIIe siècle) était d’enrôler des « partisans en tout lieu 

et dans toutes les classes de la société », dans une tentative de 

destruction de leur foi professée et de leur gouvernement ; le leader 

ismaélien, Abdullah ibn Maymun, entreprit d’ « unifier, sous la forme 

d’une vaste société secrète aux nombreux degrés d’initiation, des libre- 

penseurs qui ne considéraient la religion que comme un frein pour le 

peuple, et des fanatiques de toutes les sectes. » L’accomplissement 

d’Abdullah ibn Maymun, selon une autre autorité, M. Reinhart Dozy, 

fut que « par de tels moyens, le résultat extraordinaire fut qu’une 

multitude d’hommes aux croyances diverses travaillèrent tous 

ensemble à un objectif connu seulement de quelques-uns d’entre 

eux ». Ces citations décrivent exactement à la fois les buts, les 

méthodes et l’accomplissement d’Adam Weishaupt, et ceux du 

communisme, et on pourrait les multiplier par des extraits de la 

littérature des kabbalistes, des gnostiques et des manichéens. 

 178 

Les documents de Weishaupt sont incontestablement 

authentiques ; le gouvernement bavarois devança involontairement 

toute tentative de crier à la « contrefaçon » (d’une manière que nous 

connaissons bien dans notre siècle), en invitant quiconque serait 

intéressé à examiner les originaux aux Archives de Munich. 

Ceux-ci révélaient trois choses principales : premièrement, les 

buts de la société ; deuxièmement, la méthode d’organisation ; et 

troisièmement, les membres – du moins sur une region relativement 

limitée (principalement, les États allemands du Sud). Ces trois 

questions seront discutées séparément ici. 

L’idée de base, rendue parfaitement claire dans la correspondance 

entre « Spartacus » et ses compagnons-conspirateurs à pseudonymes, 

était la destruction de toute autorité, nationalité et religion établies, 

permettant  ainsi d’ouvrir la voie à l’ascension d’une nouvelle classe 

dirigeante, celle des Illuminés. 

Les buts de la société, tels que résumés par Henri Martin, étaient 

« l’abolition de la propriété, de l’autorité sociale et de la nationalité, et 

le retour de la race humaine à l’état heureux dans lequel elle ne 

formait qu’une seule famille, sans besoins artificiels, sans sciences 

inutiles, chaque père étant prêtre et magistrat ; prêtre de nous ne 

savons quelle religion, car malgré leurs fréquentes invocations du Dieu 

de la Nature, beaucoup d’indications nous amènent à conclure que 

Weishaupt n’avait d’autre Dieu que la Nature elle-même. » 

Ceci est confirmé par Weishaupt ; « Les princes et les nations 

disparaîtront… La raison sera le seul code de l’homme. » Dans tous ses 

écrits, il élimina complètement toute idée de pouvoir divin en dehors 

de l’Homme. 

L’attaque contre « les rois et les princes » n’était qu’une  

« couverture » de la véritable attaque contre toute nationalité (comme le 

temps l’a montré – maintenant que l’offre en rois et princes fait défaut, 

le communisme détruit de manière impartiale les Premiers ministres 

comme les politiciens prolétaires) ; et l’attaque contre les « prêtres » 

était un déguisement de l’attaque réelle, contre toute religion. Le vrai 

but, dans les deux cas, est révélé dans la correspondance même de 

Weishaupt avec ses intimes ; le faux but était professé aux agents 

inférieurs de la société, ou au public, au cas où il aurait eu vent des 

activités illuministes. La grande habileté de Weishaupt dans 

l’enrôlement de gens importants, qui le rejoignaient en croyant qu’ils 

se montraient ainsi « progressistes » ou « libéraux », est démontrée par 

le nombre de princes et de prêtres retrouvés sur ses listes secrètes 

d’adhésion. 

Le meilleur exemple de son succès et de la faculté d’adaptation 

rapide de sa méthode se retrouve dans le cas de la religion. Son 

 179 

attaque de la religion fut une chose beaucoup plus audacieuse et 

ahurissante à son époque qu’à la nôtre, où nous avons vécu 

suffisamment longtemps avec le communisme ouvertement déclaré 

pour savoir reconnaître une proposition qui, à l’époque de Weishaupt, 

devait sembler à peine crédible : celle que l’homme, après avoir trouvé 

la voie menant à l’idée de Dieu, devrait de son propre chef rebrousser 

chemin ! 

L’idée première de Weishaupt était de faire de l’Adoration du Feu 

la religion de l’Illuminisme. Il était peu probable que cette idée puisse 

jamais amener des recrues venant des rangs du clergé, et il eut une 

meilleure idée, qui les fit venir en nombre. Il déclara que Jésus avait 

eu « une doctrine secrète », jamais révélée ouvertement, mais que toute 

personne assidue pouvait lire entre les lignes des Évangiles. Cette 

doctrine secrète devait supprimer la religion et la remplacer par la 

raison : « quand enfin la Raison deviendra la religion de l’homme, alors 

le problème sera résolu. » L’idée de rejoindre une société secrète dont 

Jésus avait été le vrai fondateur et de suivre un exemple établi par 

Jésus en utilisant des mots pour cacher le vrai sens, se révéla 

irrésistible pour de nombreux ecclésiastiques qui franchirent alors la 

porte qui leur était ainsi ouverte. C’étaient des personnages d’un 

nouveau genre pour leur époque ; de nos jours le clerc communiste est 

devenu familier. 

Les leaders illuministes les raillaient en privé. Philo, le principal 

collaborateur de « Spartacus » (le Baron von Knigge de Hanovre) 

écrivit : « Nous disons donc que Jésus n’a pas souhaité introduire une 

nouvelle religion, mais seulement rétablir la religion naturelle et la 

raison dans leurs anciens droits… De nombreux passages de la Bible 

peuvent être utilisés et expliqués, et ainsi toute querelle entre les 

sectes cesse si on peut trouver une signification raisonnable à 

l’enseignement de Jésus, qu’elle soit vraie ou non… Donc, maintenant 

que les gens voient que nous sommes les seuls vrais et fidèles 

chrétiens, nous pouvons nous prononcer plus particulièrement contre 

les prêtres et les princes, mais je me suis arrangé de telle façon 

qu’après avoir accompli des tests préalables, je puisse admettre des 

pontifes et des rois à ce degré de l’ordre. Dans les Mystères supérieurs, 

nous devons alors (a) dévoiler la pieuse imposture et (b) révéler parmi 

toutes les écritures l’origine de tous les mensonges religieux et leur 

connexion… » 

« Spartacus » commenta avec bonheur : « Vous ne pouvez pas 

imaginer la sentiment suscité par notre rang de Prêtre. Le plus 

merveilleux est que les grands théologiens protestants et réformés qui 

font partie de l’Illuminisme croient toujours que l’enseignement 

religieux qui y est communiqué contient l’esprit juste et authentique 

de la religion chrétienne. Ô, homme, de quoi ne peut-on te convaincre ! 

 180 

Je n’ai jamais pensé devoir devenir le fondateur d’une nouvelle 

religion. » 

Weishaupt fit de grands progrès en Bavière après avoir persuadé 

avec succès les ecclésiastiques que l’irréligion était la vraie foi et 

l’Antéchrist le vrai christianisme. Il nota que tous les professeurs non- 

illuministes avaient été éconduits de l’université d’Ingolstadt, que la 

société avait fourni à ses membres cléricaux « de bons bénéfices, des 

paroisses, des postes à la cour », que les écoles étaient contrôlées par 

les Illuministes et qu’ils s’empareraient bientôt du séminaire pour les 

jeunes prêtres, à partir de quoi « nous serons à même de pourvoir 

toute la Bavière en prêtres appropriés. » 

L’attaque de Weishaupt contre la religion était la caractéristique la 

plus distinctive de sa doctrine. Ses idées à propos du « Dieu de la 

Raison » et du « Dieu de la Nature » rapprochent fortement sa pensée 

de la pensée judaïque, dans sa relation aux gentils, et puisque 

l’Illuminisme devint le communisme et que le communisme tomba 

sous leadership juif, ceci pourrait être significatif. La Loi judaïque 

établit également que les gentils (qui en tant que tels sont exclus du 

monde à venir) n’ont droit qu’à la religion de la nature et de la raison 

que Weishaupt enseignait. Moses Mendelssohn8, cité dans ses 

mémoires, dit : 

                                                

8 

 Moses Mendelssohn écrivit ce texte il y a presque deux cents ans, et il définit correctement 

l’attitude judaïste de Kipling  envers les « races inférieures qui n’ont pas la Loi ». À notre 

époque (1955), une proposition se répand dans la communauté juive pour amener 

théoriquement les races inférieures dans le giron des judaïstes, tout en perpétuant leur 

infériorité et leur exclusion. Comme le lecteur de ce livre se le rappellera, à l’ère pré- 

chrétienne, on cherchait les prosélytes, mais dès le début de la période chrétienne, l’hostilité 

judaïste à la conversion devint ferme et même féroce (à l’exception de la conversion massive 

des Khazars mongols, desquels viennent les ashkénazes d’aujourd’hui), et le Talmud dit que 

les « prosélytes, pour Israël, sont aussi irritants que la gale. » 

En 1955, un jeune rabbin non-orthodoxe, né en Allemagne mais vivant en Amérique, 

suggéra que le temps était venu que le judaïsme entreprenne le travail du missionnaire 

parmi les gentils. Les bases qu’il posa étaient identiques au dicton de Moses Mendelssohn ; 

ce rabbin, M. Jakob Petuchowski, réussit simplement à trouver une solution à ce qui avait 

semblé être une difficulté insoluble pour Mendelssohn (« Conformément aux principes de 

ma religion, je ne dois pas chercher à convertir quelqu’un qui n’est pas né selon nos lois ; … 

la religion juive y est diamétralement opposée » – c’est-à-dire, la conversion). 

M. Petuchowski proposa en fait que les conversions faites par sa mission telle qu’il l’exposait 

soient fondées sur une base qui donnerait un statut au converti, par rapport aux juifs 

originels, assez comparable à celui du Noir américain pendant l’ère esclavagiste, par rapport 

au Blanc dans sa grande plantation. On exigerait (en d’autres mots, on leur permettrait) des 

convertis qu’ils obéissent uniquement « aux Sept Lois de Noé, » (c’est vraisemblablement une 

allusion au neuvième chapitre de la Genèse) et non aux centaines de commandements et 

vetos attribués à Dieu par « la Loi mosaïque. ». De cette façon « les races inférieures » 

recevraient apparemment des mains du judaïsme la « religion de la nature et de la raison » 

recommandée pour eux par Adam Weishaupt, tout comme par Moses Mendelssohn. S’ils 

s’appelaient alors « juifs », ce serait plutôt comme le Noir de la plantation qui a pris le nom 

de famille de son propriétaire. Cette proposition ingénieuse fut peut-être suscitée par la 

réflexion que le pouvoir juif dans le monde est maintenant si grand qu’une solution au 

problème de statut des « races inférieures » devra être trouvée, si on veut que « La Loi » soit 

 181 

« Nos rabbins enseignent unanimement que les lois écrites et orales 

qui forment conjointement notre religion révélée sont de rigueur dans 

notre nation seule : “Moïse nous a ordonné une loi, et même l’héritage 

de la congrégation de Jacob”. Nous croyons que toutes les autres 

nations de la terre ont été dirigées par Dieu pour adhérer aux lois de la 

nature… Ceux qui règlent leurs vies selon les préceptes de cette 

religion de la nature et de la raison sont appelés les hommes vertueux 

d’autres nations… » 

Ainsi, dans cette vision autoritaire, Dieu lui-même a exclu les 

Gentils de sa congrégation et leur a ordonné de vivre simplement selon 

les lois de la nature et de la raison. Ainsi, Weishaupt leur ordonnait de 

faire exactement ce que le Dieu juif leur avait ordonné de faire. Si les 

rabbins talmudiques n’eurent aucun rôle dans l’inspiration de 

l’Illuminisme (et les recherches n’en découvrent aucun), la raison pour 

laquelle ils prirent plus tard part à la direction du communisme 

semble ici devenir évidente. 

Voilà les buts des Illuminati. Ce sont ceux – inchangés – du 

communisme aujourd’hui. Quant à la méthode, toute bassesse dont 

sont capables les êtres humains fut répertoriée pour ensuite être 

utilisée pour le recrutement. Parmi les documents, se trouvaient deux 

paquets qui horrifièrent particulièrement l’opinion publique à l’époque. 

Ils contenaient des documents stipulant que l’ordre pouvait exercer le 

droit de vie et de mort sur ses membres, et présentant un éloge de 

l’athéisme, ainsi que la description d’une machine à détruire 

automatiquement les documents secrets, et des prescriptions pour 

l’avortement, pour contrefaire les sceaux, pour fabriquer des parfums 

toxiques et de l’encre sympathique, entre autres choses. Aujourd’hui, 

le contenu d’un laboratoire communiste est familier à quiconque 

s’intéresse à de telles affaires, mais en 1787, l’effet de cette révélation, 

dans la Bavière catholique, fut celui d’un aperçu de l’antichambre des 

Enfers. 

Les documents de Weishaupt incluaient un diagramme illustrant 

la manière dont il exerçait le contrôle de son organisation. Ce 

diagramme montre ce qui pourrait être un morceau de cotte de 

mailles, ou de nid d’abeilles, et est identique au célèbre système de 

« cellule » sur lequel le communisme est construit aujourd’hui. C’est le 

produit d’une intelligence  supérieure (et manifestement de siècles 

d’expérience ; de telles méthodes ne sont pas inventées sans un long 

processus de tâtonnements). Le secret est qu’un dommage sur une 

telle structure ne peut être que local, le tissu principal restant toujours 

                                                                                                                                                   

littéralement « observée ». Les propres mots de M. Petuchowski furent, « les juifs religieux 

croient vraiment que les plans pour le royaume de Dieu sur la terre ont été livrés à leur 

garde… Ces gentils qui ont donc à cœur ce plus grand salut, devraient être mis au courant 

de ce que le judaïsme a à offrir, et devraient être invités à unir leur destinée à la maison 

d’Israël. » Ce qui était « offert » là était en fait « la religion de la nature et de la raison. » 

 

 182 

intact et susceptible d’être réparé. Si quelques liens, ou cellules, sont 

détruits, ils peuvent être réparés en temps voulu, et pendant ce temps 

l’organisation continue, en grande partie indemne. 

Weishaupt siégeait au centre de cette toile et en tirait toutes les 

ficelles. « Il faut montrer combien il serait facile pour un chef 

intelligent de diriger des centaines et des milliers d’hommes », avait–il 

écrit au-dessus du diagramme, et il avait ajouté en dessous : « Il y en à 

deux immédiatement sous moi à qui j’insuffle tout mon esprit, et 

chacun d’eux en a encore deux autres, etc… De cette façon, je peux 

mettre mille hommes en mouvement et les enflammer de la manière la 

plus simple, et c’est de cette façon qu’on doit transmettre les ordres et 

opérer en politique. » 

Quand les documents illuministes furent publiés, la plupart des 

membres apprit pour la première fois que Weishaupt en était le chef, 

car il n’était connu que de ses proches associés. La majorité savait 

seulement que, quelque part au-dessus d’eux, se trouvait un « leader 

bien-aimé » ou « grand frère », un Étre plein de sagesse, bienveillant 

mais sévère, qui par eux, refaçonnerait le monde. Weishaupt avait en 

fait accompli le « résultat extraordinaire » attribué à Abdullah ibn 

Maymun au sein de l’islam : sous le contrôle de ce dernier, « une 

multitude d’hommes aux croyances diverses travaillèrent tous 

ensemble vers un objectif connu seulement de quelques-uns. » 

Le fait que chaque dupe ne connût que ses deux dupes immédiats 

n’aurait pu à lui seul provoquer ce résultat. Comment les Illuminés 

étaient-ils maintenus ensemble ? La réponse est que Weishaupt 

découvrit, ou reçut d’une intelligence supérieure, le secret sur lequel la 

force cohésive de la révolution mondiale repose aujourd’hui, sous le 

communisme : la terreur ! 

Tous les Illuminés prenaient des noms « illuminés », qu’ils 

utilisaient dans les relations qu’ils avaient entre eux et dans toute leur 

correspondance. Cette pratique du pseudonyme, ou « nom de 

couverture », continue à ce jour. Les membres des gouvernements 

communistes qui usurpèrent le pouvoir en Russie en 1917 furent, 

pour la première fois dans l’Histoire, connus du monde par des 

pseudonymes (et sont également connus ainsi pour la postérité). Les 

révélations de 1945-1955 en Amérique, en Angleterre, au Canada et en 

Australie montrèrent que les hommes qui travaillaient comme agents 

communistes dans les gouvernements de ces pays utilisaient des 

« noms de couverture », selon la manière initiée par Weishaupt. 

Weishaupt organisait sa société en échelons ou cercles, dont les 

anneaux extérieurs comprenaient les nouvelles recrues et les dupes de 

moindre importance. L’avancement dans les échelons était censé 

amener l’initiation aux chapitres suivants du mystère central. 

 183 

Weishaupt préférait l’enrôlement de jeunes hommes à un âge où ils 

sont le plus impressionnables, entre 15 et 30 ans. (Cette pratique fut 

poursuivie jusqu’à notre époque ; Messieurs Alger Hiss, Harry Dexter 

White, Whittaker Chambers, Donald Maclean, Guy Burgess et d’autres 

furent tous « pris au filet » dans leurs universités américaines ou 

anglaises). D’autres échelons ou degrés étaient ajoutés à mesure que le 

cercle de recrutement s’élargissait, ou qu’on y découvrait des obstacles 

particuliers ; on a déjà donné l’exemple de la religion, et dans ce cas 

également, le communisme, en insinuant que Jésus fut le premier 

communiste, a suivi le précédent de Weishaupt, en changeant 

simplement « Illuministe » par « communiste. » Dans cette approche 

des membres potentiels, le mode d’invitation : « Si vous voulez bien me 

suivre au salon », variait pour s’adapter aux cas particuliers. 

On faisait prêter serment aux jeunes hommes qui étaient recrutés 

pour la conspiration au cours d’un cérémonial intimidant qui 

comprenait une parodie significative du sacrement chrétien. On leur 

demandait de fournir un dossier sur leurs parents, énumérant leurs 

« passions dominantes », et de s’espionner mutuellement. Ces deux 

idées sont fondamentales au communisme, et l’une des sources 

originelles possibles est la « Loi mosaïque », dans laquelle l’obligation 

de dénoncer un proche soupçonné d’hérésie, et de placer « un garde 

autour de mon garde », fait partie des « lois et jugements ». 

On faisait en sorte que le jeune Illuminé ne sache jamais combien de 

regards de supérieurs inconnus étaient posés sur lui (il ne connaissait 

que ses supérieurs immédiats) ; on lui apprenait à dénoncer son 

entourage, et il en déduisait que son entourage le dénonçait aussi. 

C’est le principe de base de la terreur, que l’on ne peut jamais 

totalement instaurer uniquement par le meurtre, la torture ou 

l’emprisonnement ; seul le fait de savoir qu’elle ne peut faire confiance 

à personne, pas même à son propre fils, ou père, ou ami, réduit la 

victime humaine à une soumission totale. Depuis l’époque de 

Weishaupt, cette terreur secrète s’est établie en Occident. Ceux qui 

n’en ont aucune expérience personnelle peuvent comprendre le 

pouvoir qu’elle exerce de nos jours, même à des milliers de kilomètres 

de son siège central, à la lecture de la description que fait 

M. Whittaker Chambers de sa fuite dans la clandestinité après qu’il 

eut résolu de rompre avec ses maîtres communistes. 

Quant au nombre de membres des Illuminati, les documents 

découverts montrèrent qu’après dix ans d’existence, l’ordre comptait 

plusieurs milliers de membres, dont beaucoup occupaient des postes 

importants dans l’administration, où ils pouvaient exercer une 

influence sur l’action des dirigeants et des gouvernements. Ils 

incluaient même des dirigeants : le marquis de Luchet, un 

contemporain, relate qu’environ trente princes régnants et non-

 184 

régnants avaient lâchement rejoint un ordre dont les maîtres avaient 

juré de les détruire ! Étaient inclus les ducs de Brunswick, Gotha et 

Saxe-Weimar, les princes de Hesse et Saxe-Gotha, et l’Électeur de 

Mayence ; Metternich, le pédagogue Pestalozzi, des ambassadeurs, des 

politiciens et des professeurs. 

Au-dessus de tous, se trouvait celui qui vingt ans plus tard, devait 

écrire le chef-d’œuvre le plus célèbre au monde sur le thème du jeune 

homme qui a vendu son âme au diable. Il est difficile de résister à la 

conclusion que Faust était en vérité l’histoire de Gœthe et de 

l’Illuminisme ; son thème est essentiellement le même que celui de 

Witness et d’autres œuvres contemporaines dont les auteurs ont 

échappé au communisme. 

Ces listes étaient manifestement incomplètes, pour la raison 

précédemment évoquée selon laquelle des précautions avaient déjà été 

prises avant que les autorités bavaroises ne fassent une incursion aux 

domiciles des principaux associés de Weishaupt, en 1786. Pour la 

même raison, les documents découverts ne révèlent qu’une partie du 

territoire sur lequel s’étaient étendus les Illuminati  ; le diagramme de 

Weishaupt montra que l’ordre secret était construit de façon telle que 

plus d’un segment ne puisse jamais être découvert ou endommagé. Il 

est possible, toujours pour la même raison, que Weishaupt n’ait été 

qu’un chef de groupe ou de région, et que la haute administration de 

ce qui était manifestement une organisation mondiale-révolutionnaire 

ne fut jamais démasquée. 

Ce qui est sûr, c’est que bien que les documents illuministes ne 

contiennent aucun nom ou autre indication de nature à révéler son 

pouvoir en France, la Révolution française, lorsqu’elle débuta trois ans 

plus tard, devint une attaque contre toute autorité civile et toute 

religion, une attaque identique à celle planifiée par Weishaupt et ses 

associés. Depuis ce jour, les écrivains au service de la révolution 

mondiale (leur nom est légion dans tous les pays) n’ont jamais cessé 

de nier toute connexion quelle qu’elle soit entre l’Illuminisme et la 

Révolution française ; ils soutiennent ingénument que puisque la 

société secrète fut interdite en 1786, elle ne put avoir de rapport avec 

un événement de 1789. 

La vérité est que l’Illuminisme, bien qu’interdit, ne fut pas plus 

éradiqué que le communisme ne le serait aujourd’hui par une 

interdiction légale, et que ses agents donnèrent à la Révolution 

française ses marques de fabrique qui l’identifient comme l’œuvre de 

révolutionnaires mondiaux, et non de Français mécontents. Les actes 

commis sous la Terreur étaient d’une nature inimaginable avant qu’ils 

ne soient commis, mais ils étaient depuis longtemps familiers, en 

imagination, aux Illuminati. Dans quels autres esprits l’idée que les 

récipients du souper sacramentel devaient être transportés sur un âne 

 185 

en procession publique dans les rues de Paris aurait-elle pu prendre 

forme ? Ils étaient éduqués dans la tradition antique d’une telle 

parodie, et leurs propres initiés étaient admis au cours d’une 

cérémonie parodiant le sacrement. Dans quel cerveau, sinon celui de 

Weishaupt, l’idée d’introniser à Notre-Dame une actrice comme Déesse 

de la Raison aurait-elle pu naître ? 

« Pour les besoins d’évocation diabolique… il est requis… de 

profaner les cérémonies de la religion à laquelle on appartient, et de 

piétiner ses symboles les plus sacrés » ; c’est la description que fait M. 

A.E. Waite de la formule de magie noire, et la magie noire et le 

satanisme étaient deux des ingrédients du breuvage illuministe. 

Weishaupt et ses proches, ou peut-être ses maîtres, proposèrent 

de s’introduire en France par leurs agents – des Illuminés secrets – et 

ce, en haut lieu. Au cours de ce siècle, nous avons vu quels 

formidables résultats peuvent être obtenus par cette méthode ; le 

résultat avorté de la Seconde Guerre mondiale, et l’état de trêve armée 

dans lequel elle a laissé le monde, fut provoqué par des hommes tels 

que Hiss et White, et les hommes haut-placés qui les protégeaient. 

Weishaupt choisit la manière parfaite pour obtenir un tel pouvoir sur 

les affaires et les événements français : passer par une autre société 

secrète très puissante, qu’il infiltra et dont il s’empara selon les 

méthodes exposées dans ses documents. Cette société était le Grand 

Orient de la franc-maçonnerie. 

Le plan pour prendre le contrôle de la franc-maçonnerie par le 

biais d’agents illuministes, et le succès accompli, est exposé clairement 

dans les documents de Weishaupt. Il note d’abord : « J’ai réussi à 

obtenir un aperçu en profondeur des secrets des francs-maçons ; je 

connais leur but global et l’annoncerai au bon moment à l’un des 

degrés supérieurs ». Par la suite, il donna l’ordre général à ses 

« aréopagites » de s’engager dans la franc-maçonnerie : « Nous aurons 

alors notre propre loge maçonnique… nous la considérerons comme 

notre pépinière… à chaque occasion, nous nous protégerons grâce à 

elle… ». 

Cette technique d’avance « à couvert » (qui est toujours 

fondamentale au communisme aujourd’hui) était le principe directeur : 

« Du moment que le but est atteint, peu importe sous quelle couverture 

cela se passe ; et une couverture est toujours nécessaire. Car dans la 

dissimulation se trouve une grande partie de notre force. Pour cette 

raison, nous devons toujours nous couvrir avec le nom d’une autre 

société. Les loges sous les ordres de la franc-maçonnerie sont pour le 

moment la couverture la plus appropriée à notre but ultime … on ne 

peut oeuvrer contre une société dissimulée de cette manière… En cas 

de poursuites ou de trahison, les supérieurs ne peuvent pas être 

 186 

découverts… Nous serons enveloppés dans une obscurité impénétrable 

qui nous protégera des espions et des émissaires d’autres sociétés. » 

 Une fois de plus, on reconnaît clairement la méthode 

communiste d’aujourd’hui dans ces mots ; ils pourraient s’appliquer à 

la « capture » de partis, d’associations et de sociétés actuels, sans en 

changer une syllabe. L’étendue du succès de Weishaupt se retrouve 

clairement dans un extrait d’une complainte prononcée cinq ans après 

le début de la Révolution Française, par le duc de Brunswick, Grand 

Maître de la franc-maçonnerie allemande, qui fut aussi un Illuminé. 

En 1794, il dissout l’ordre, disant avec des accents de surprise 

attristée : 

« … Nous voyons notre édifice » (la franc-maçonnerie) « s’écrouler et 

recouvrir la terre de ruines ; nous voyons la destruction que nos 

mains ne peuvent plus arrêter… Une grande secte a surgi qui, en 

prenant pour devise le bien et le bonheur de l’homme, a travaillé 

dans l’obscurité de la conspiration pour faire du bonheur de 

l’humanité une proie pour elle-même. Cette secte est connue de 

tous ; ses frères ne sont pas moins connus que son nom. Ce sont eux 

qui ont sapé les bases de l’Ordre au point de le renverser 

complètement ; c’est par eux que toute l’humanité a été intoxiquée et 

égarée pour plusieurs générations… Ils ont commencé en jetant la 

réprobation sur la religion… le plan qu’ils avaient formé pour briser 

tous les liens sociaux et détruire tout ordre a été révélé dans tous 

leurs discours et leurs actes… ils ont recruté des apprentis de tous 

les rangs et dans tous les postes ; ils ont trompé les hommes les plus 

perspicaces en prétextant faussement des intentions différentes… 

Leurs maîtres n’avaient en vue rien moins que les trônes terrestres, 

et le gouvernement des nations devait être dirigé par leurs cercles 

nocturnes. C’est ce qui s’est passé, et se passe encore. Mais nous 

remarquons que les princes et les peuples ignorent la manière et les 

moyens dont cela est accompli. C’est pourquoi nous leur disons en 

toute franchise : l’usage impropre de notre Ordre… a causé tous les 

troubles politiques et moraux dont le monde est rempli aujourd’hui. 

Vous qui avez été initiés, vous devez vous joindre à nous en élevant 

vos voix, afin d’apprendre aux peuples et aux princes que les 

sectaires, les apostats de notre Ordre, ont été et seront les seuls 

auteurs des révolutions présentes et futures… Afin d’extraire jusqu’à la 

racine l’abus et l’erreur, nous devons dès ce moment dissoudre 

l’Ordre entier… » 

Avec cette citation, le présent récit à fait un bond, ce qui nous 

amène cinq ans avant les événements, afin de montrer que l’un des 

plus importants francs-maçons de cette génération, lui-même un 

pénitent, identifia les Illuminati comme les auteurs de la Révolution 

française et des révolutions futures. Le succès de Weishaupt dans son 

intention déclarée de s’emparer de la franc-maçonnerie de l’intérieur, 

et le rôle joué alors par les agents illuministes à l’intérieur de la franc-

 187 

maçonnerie afin de dirigier la révolution, ne pouvaient être certifiés par 

une meilleure autorité que le Grand maître de la franc-maçonnerie 

allemande lui-même. 

Sous cette influence insufflée, la franc-maçonnerie, très puissante 

en France, suivit un cours extrême et engendra les clubs jacobins ; 

ceux-ci, toujours sous influence illuministe, présidèrent à la Terreur, 

où les auteurs masqués de la révolution révélèrent sa vraie nature par 

leurs actions. Tout comme la révolution russe 130 ans plus tard, la 

Révolution française afficha alors sa haine des pauvres et des faibles 

plus que celle des riches, des paysans de Vendée plus que de leurs 

prétendus oppresseurs, de toute beauté en tant que telle, des églises et 

de la religion, de tout ce qui pouvait élever l’âme humaine au-dessus 

des besoins et des désirs animaux. 

Adam Weishaupt devint lui-même franc-maçon en 1777, l’année 

suivant la fondation de ses Illuminati, en intégrant une loge de 

Munich. Le comte Mirabeau, qui fut plus tard le dirigeant 

révolutionnaire français, était au courant tant de l’intention que de la 

raison secrète de Weishaupt de rejoindre les francs-maçons, car ses 

Mémoires incluaient un document daté de 1776 qui présentait un 

programme identique à celui des Illuminati, et dans son Histoire de la 

Monarchie Prussienne, il se réfère nommément à Weishaupt et aux 

Illuminati, et dit : 

« La Loge Théodore de Bon Conseil à Munich,  au sein de laquelle il y 

avait quelques hommes ayant de l’intelligence et du cœur, était 

fatiguée d’être ballottée par les vaines promesses et querelles de la 

Maçonnerie. Les chefs se résolvèrent à greffer sur leur branche une 

autre association secrète qu’ils nommèrent l’Ordre des Illuminés. Ils la 

modelèrent sur la Compagnie de Jésus, tout en proposant des vues 

diamétralement opposées. »  

Ce sont précisément l’intention et la méthode décrites par 

Weishaupt dans sa propre correspondance, et c’est la preuve que 

Mirabeau, le dirigeant révolutionnaire, les connaissait à l’époque, c’est- 

à-dire en 1776. De plus, ses mots suggèrent que la société secrète des 

Illuminati fut fondée dans l’intention explicite de prendre le contrôle de 

la franc-maçonnerie et, à travers elle, de provoquer et de diriger la 

révolution. La complicité de Mirabeau concernant toute l’entreprise 

depuis le début est suggérée par le fait que le document daté de 1776 

(l’année  de la fondation des Illuminati) lui attribue le « nom de 

couverture » illuministe « Arcesilas », si bien qu’il dut être un membre 

fondateur, avec Adam Weishaupt, et par la suite un Illuminé 

important. Mirabeau, en tant que lien entre Weishaupt et la Révolution 

Française, est incontournable. L’éditeur de ses Mémoires, M. Barthou, 

fait observer que « le plan de réforme » de 1776, trouvé dans les 

documents de Mirabeau, « ressemble beaucoup, dans certaines 

 188 

parties, à l’œuvre accomplie plus tard par l’Assemblée Constituante » 

(le Parlement révolutionnaire de 1789). C’est une autre façon de dire 

que le travail de l’Assemblée Constituante ressemblait beaucoup au 

plan d’Adam Weishaupt de 1776, lorsque Mirabeau et lui étaient en 

train de fonder les lluminati et prévoyaient ensemble de prendre le 

contrôle de la franc-maçonnerie. 

Les autres étapes de la capture clandestine de la franc- 

maçonnerie par Weishaupt sont également claires dans ces archives. 

Au congrès général de 1782 (sept ans avant la Révolution) à 

Wilhelmsbad, les Illuminati attirèrent tant de recrues que l’Ordre de la 

Stricte Observance, auparavant le corps le plus puissant de la franc- 

maçonnerie, cessa d’exister. La voie vers la victoire totale dans le 

monde maçonnique fut ouverte quand les Illuminati recrutèrent les 

deux personnages les plus importants de la franc-maçonnerie 

allemande, le duc Ferdinand de Brunswick (futur pénitent) et le prince 

Carl de Hesse. 

En 1785, des émissaires illuministes assistèrent à un autre 

congrès général à Paris, et dès ce moment, il semble que la 

planification détaillée de la Révolution devint la tâche de la Loge des 

Amis réunis, qui était une « couverture » pour les Illuminati. 

L’effacement des traces à ce stade est le résultat de la notoriété que 

l’ordre acquit en Bavière, de sa proscription l’année suivante, en 1786, 

et de la destruction des preuves. Néanmoins, en 1787, les mêmes 

émissaires vinrent en visite à Paris, sur invitation du comité secret de 

la Loge. 

Même avant que la Révolution ne se soit vraiment étendue, le fait 

qu’elle était provoquée et dirigée par l’Illuminisme était connu et 

public. L’acte d’accusation et l’avertissement prononcés par le marquis 

de Luchet se révèlent être aujourd’hui une prédiction étonnamment 

exacte, non seulement concernant le cours que la révolution prendrait 

en France, mais aussi le cours ininterrompu de la révolution mondiale 

jusqu’à nos jours. Déjà en 1789, il écrivait : 

« Sachez qu’il existe une conspiration en faveur du despotisme contre 

la liberté, de l’incompétence contre le talent ; du vice contre la vertu, 

de l’ignorance contre l’instruction… Cette société vise à diriger le 

monde… Son but est la domination universelle… Aucune calamité de 

ce genre n’a encore jamais affligé le monde… » 

De Luchet décrivait précisément le rôle que le monarque serait 

forcé de jouer pendant la phase des Girondins (« le voir condamné à 

servir les passions de tout ce qui l’entoure… à élever des hommes 

avilis au pouvoir, à prostituer son jugement par des choix qui 

déshonorent sa sagesse ») et la situation critique dans laquelle la 

Révolution laisserait la France (« Nous ne voulons pas dire que le pays 

où règnent des Illuminés cessera d’exister, mais il tombera dans un tel 

 189 

degré d’humiliation qu’il ne comptera plus dans la politique, que la 

population diminuera… »). Si l’on ne tenait pas compte de son 

avertissement, s’écriait de Luchet, il y aurait « une série de désastres 

dont la fin se perd dans l’obscurité des temps… un feu souterrain 

couvant éternellement et éclatant périodiquement en explosions violentes 

et dévastatrices. » 

Les événements des 165 dernières années ne furent pas mieux 

décrits que dans ces paroles de de Luchet, qui les avait prédits. Il 

prévit également le mécène « libéral et progressiste » de la revolution, 

qui devait grandement aider à provoquer les « explosions violentes et 

dévastatrices » de ces 165 années : « il y a trop de passions qui voient 

un intérêt à soutenir le système des Illuminés, trop de dirigeants 

trompés, s’imaginant eux-mêmes éclairés, prêts à précipiter leur 

peuple dans l’abîme. » Il prévit la force et l’emprise ininterrompues de 

la conspiration : « les chefs de l’Ordre n’abandonneront jamais 

l’autorité qu’ils ont acquise ni le trésor dont ils disposent. » De Luchet 

appela la franc-maçonnerie à nettoyer ses écuries tant qu’il en était 

encore temps : « Ne serait-il pas possible de diriger les francs-maçons 

eux-mêmes contre les Illuminés, en leur montrant que pendant qu’ils 

travaillent à maintenir l’harmonie dans la société, les autres sèment 

partout les graines de la discorde et préparent la destruction finale de 

leur ordre ? ». 165 ans plus tard, en Grande-Bretagne et en Amérique, 

les hommes appelèrent leurs gouvernements en ces termes exacts, et 

tout aussi vainement, à « purger » les fonctions et services publics en 

expulsant les Illuminés, appelés alors communistes. 

La portée de la prédiction de de Luchet est donnée par le fait qu’il 

écrivait en 1789, alors que la Révolution française était à peine une 

révolution : elle était universellement considérée comme  une simple 

réforme modérée et salutaire qui laisserait au monarque un pouvoir 

raisonnable, corrigerait des maux évidents et établirait la justice et la 

liberté pour toujours dans une France heureuse et régénérée ! C’était 

encore la croyance générale en 1790 lorsque, de l’autre côté de la 

Manche, un autre homme vit la vraie nature de la Révolution et 

« prédit avec une étrange exactitude le cours des événements », pour 

citer M. John Morley, son biographe plus d’un siècle plus tard. 

Edmond Burke, un Irlandais, fut l’un des plus grands orateurs 

que la Chambre des communes britannique ait jamais connus. Le 

temps est le révélateur de la qualité d’un tel homme et, au fil des 

années, les expressions utilisées dans son attaque contre la Révolution 

française résonnent encore plus magnifiquement ; comme dans le cas 

de de Luchet, ce qui est frappant est que cette attaque fut publiée en 

1790, alors que les noms de Robespierre et de Danton étaient à peine 

connus, avant que le mot « république » n’ait été entendu, alors que le 

roi attendait avec impatience de longues années de règne 

 190 

constitutionnel, alors que la France entière célébrait joyeusement 

l’amélioration pacifique qui venait d’être réalisée. L’ombre du doigt 

tendu de Burke traversa soudainement cette scène heureuse, pointant 

« comme un prophète inspiré » vers la ruine prochaine. Son biographe 

dit : « Il n’est pas étonnant que quand le nuage éclata et que la ruine 

fut accomplie, des hommes se tournèrent vers Burke comme ils se 

tournaient autrefois vers Ahitopheth, à qui ils demandaient conseil 

comme s’ils demandaient l’oracle de Dieu ». 

Malheureusement, ce n’est pas l’image exacte de ce qui se 

produisit quand l’avertissement de Burke se réalisa. De nombreux 

hommes se retournèrent contre Burke, et non vers lui, précisément 

parce qu’il avait dit la vérité ; en effet, le pouvoir que la conspiration, 

même à cette époque, exerçait sur la presse et le débat public est très 

clairement montré dans la manière dont la flatterie à son égard se 

transforma subitement en attaque et en diffamation après qu’il eut 

publié ses Réflexions sur la Révolution. Les IIlluminés et les organes et 

orateurs « libéraux et progressistes » contrôlés par ces derniers avaient 

beaucoup compté sur Edmund Burke, car il avait soutenu la cause 

des colons américains une décennie plus tôt. Comment pouvait-il 

soutenir une révolution et en attaquer une autre, demandérent-ils avec 

colère, et Burke fut l’objet d’une attaque générale que la presse unie, à 

notre époque, garde en réserve pour tout homme qui exige 

publiquement une enquête sur le communisme-au-sein-du- 

gouvernement. 

Si Burke avait suivi la ligne « progressiste » et avait prétendu que 

la Révolution française aiderait « l’homme du commun », la flatterie à 

son égard aurait continué, mais dans ce cas, rien de ce qu’il eût dit 

n’aurait eu de valeur durable, ou ne serait resté dans les mémoires 

aujourd’hui. Les choses étant ce qu’elles sont, les paroles inspirées de 

son attaque contre la révolution ont la lueur impérissable de l’or : 

« Elle s’en est allée, cette sensibilité de principe, cette chasteté 

d’honneur, qui ressentait la souillure comme une blessure… L’âge de 

la chevalerie a disparu. Celui des sophistes, des économistes et des 

calculateurs lui a succédé ; et la gloire de l’Europe s’est éteinte pour 

toujours. » 

Si ces mots, eux aussi, étaient une prophétie inspirée (et en 1955, 

ils semblent plus exacts qu’ils ne l’étaient même en 1790), au moins, 

la chrétienté et l’Occident trouvèrent en Raymond Burke un pleureur 

éloquent et noble.  Car il connaissait la différence entre les 

« révolutions » aussi clairement qu’il vit la veritable nature de 

l’événement de France. Il n’était pas prêt d’être embobiné par le fait 

que quelqu’un avait qualifié trompeusement de « révolution » une 

guerre coloniale d’ indépendance, menée par des propriétaires terriens. 

En véritable ami de la liberté, il avait soutenu l’offre des colons de 

 191 

s’auto-gérer et d’être maîtres chez eux. Il n’y avait pas la moindre 

ressemblance entre leurs motivations et celles des hommes secrets 

qui, comme Burke le décela, étaient derrière la Révolution française. Il 

tendit donc un doigt accusateur et ne tint aucun compte des reproches 

des « libéraux » et des « progressistes », tout comme il n’avait pas tenu 

compte de leur flatterie auparavant (Edmund Burke savait assurément 

que leur éloge n’avait alors pas été animé par une quelconque 

sympathie pour les marchands de Nouvelle Angleterre ou les planteurs 

du Sud). 

En Amérique, à ce moment-là, le sentiment général à propos de 

l’événement en France était une sensation d’illusion, provoquée par la 

confusion des idées que Burke rejetait. Il y avait, pour lors, la notion 

populaire qu’une autre « révolution » bienveillante s’était produite, 

quelque peu semblable à la « révolution américaine ». Il y eut une 

« frénésie française » transitoire, où les Américains portèrent des 

cocardes et des bonnets phrygiens, dansèrent, festoyèrent et défilèrent 

sous des drapeaux français et américains entremêlés, et crièrent 

« Liberté, Égalité, Fraternité. » Avec la Terreur, cette phase d’illusion 

fut suivie d’une phase de dégoût et d’horreur. 

Les leaders jacobins dirigèrent la Terreur et, comme de bons 

Illuminés, ils utilisaient des pseudonymes classiques tel que l’avait 

initié « Spartacus » Weishaupt lui-même : Chaumette était Anaxagoras, 

Clootz (décrit comme un baron prussien) était Anarcharsis, Danton 

Horace, Lacroix Publicola et Ronsin Scaevola.  Lorsqu’ils eurent réussi 

la phase-Kerenski, ces terroristes exécutèrent fidèlement le plan des 

Illuminati, et par le meurtre d’un roi et la profanation des églises, 

exprimèrent les deux notions principales de ce plan : la destruction de 

tout gouvernement légitime et de toute religion. Cependant, ils 

n’étaient eux-mêmes que des outils, car un contemporain, Lombard de 

Langres, écrivit sur cette « convention la plus secrète qui dirigea tout 

après le 31 mai, un pouvoir occulte et épouvantable dont l’autre 

Convention était devenue l’esclave et qui était composée des 

principaux initiés de l’Illuminisme. Ce pouvoir était au-dessus de 

Robespierre et des comités du gouvernement… Ce fut ce pouvoir occulte 

qui s’appropria les trésors de la nation et les distribua aux frères et 

amis qui avaient contribué au grand-œuvre. » 

C’est cette image d’hommes hauts placés faisant la volonté d’une 

secte suprême, dissimulée mais manifestement dirigeante, qui donne à 

la Révolution l’aspect d’un spectacle de marionnettes démoniaque, 

joué sur fond de flammes rouges vacillantes dans une odeur de soufre. 

La révolution, non pas la Révolution française ; quelle que soit la 

véritable nature de la révolution anglaise,  il n’y a eu depuis 1789 

qu’une seule révolution permanente. Il n’y a pas eu d’éruptions 

épisodiques, déconnectées, en 1848 et 1905 et ainsi de suite, mais des 

 192 

éruptions récurrentes « d’un feu souterrain couvant éternellement », 

que de Luchet et Burke avaient prédit avant l’événement. Toutefois, ce 

qui a une grande valeur historique dans les annales de la Révolution 

Française est la preuve fournie par elle de l’utilisation d’hommes dans 

un but incompris de ceux-ci. Ceci donne à la révolution, jadis et 

maintenant, son empreinte singulière et satanique ; elle est, comme 

Lombard de Langres l’écrivit, « le code de l’enfer ». 

Alors que la révolution déclinait, trois hommes émergèrent, en 

France, en Angleterre et en Amérique, qui virent clairement trois 

choses la concernant : ils virent que son cours avait suivi le 

diagramme révélé par les documents Illuminati en 1787 ; que cette 

société secrète avait été capable, au travers de la franc-maçonnerie, de 

la provoquer et de la diriger ; et que la ligue secrète des conspirateurs, 

avec son plan ininterrompu pour la révolution mondiale, avait survécu 

et préparait les prochaines « explosions violentes et dévastatrices » 

prédites par de Luchet. Ces trois hommes étaient l’abbé Baruel, jésuite 

et témoin oculaire de la Révolution ; le professeur John Robison, un 

scientifique écossais qui pendant plus de vingt ans avait été secrétaire 

général de la Société Royale d’Edimbourg ; et le Révérend Jedediah 

Morse, ecclésiastique et géographe de Nouvelle Angleterre. Il étaient 

tous trios des hommes distingués. Les ouvrages de l’abbé Baruel et du 

professeur Robison, et les sermons du révérend Morse (tous de 1797- 

98) recurrent de nombreuses éditions et sont encore indispensables 

aux étudiants de notre époque. Leurs œuvres et leurs paroles 

attirèrent énormément l’attention du public et ils furent soutenus 

depuis Philadelphie par William Cobbett, dans son journal Porcupine’s 

Gazette ; il semble que M. Cobbett fut conduit à l’exil par le même 

pouvoir occulte qui avait entrepris de détruire Messieurs Baruel, 

Robison et Morse. 

Le verdict de l’abbé Baruel sur ce qui s’était produit était identique 

à la prophétie de de Luchet auparavant, et à l’analyse de Lord Acton 

beaucoup plus tard : 

« … Nous démontrerons que, même pour les actes les plus horribles 

commis pendant la Révolution française, tout fut prédit et déterminé, 

combiné et prémédité ; qu’ils furent le résultat d’une infamie 

mûrement pensée, puisqu’ils avaient été préparés et produits par des 

hommes qui possédaient seuls la clef de ces complots et 

conspirations, se cachant dans les réunions secrètes où ces derniers 

avaient été conçus… Bien que les événements quotidiens ne semblent 

pas avoir été combinés, il existait néanmoins un agent secret et une 

cause secrète, provoquant chaque événement et détournant chaque 

circonstance vers le but longtemps recherché… La grande cause de la 

révolution, ses caractéristiques principales, ses crimes atroces, 

resteront toujours une chaîne continue d’infamie profondément 

ancrée et préméditée. » 

 193 

Les trois hommes en arrivèrent à la même conclusion : « Une 

conspiration anti-chrétienne… pas seulement contre les rois, mais 

contre chaque gouvernement, contre toute société civile, même contre 

toute propriété quelle qu’elle soit » (abbé Baruel) ; « Une association a 

été formée dans le but exprès de déraciner tous les établissements 

religieux et de renverser tous les gouvernements existants d’Europe » 

(prof. Robison) ; « Le but exprès est de “déraciner et supprimer le 

christianisme, et de renverser tous les gouvernements civils”. » (M. 

Morse). Ils convinrent que ce qui était arrivé n’était pas simplement un 

épisode en France, né de circonstances françaises, mais l’œuvre d’une 

organisation au plan continu dans tous les pays : un plan universel. 

Ils convinrent que cette organisation était la société secrète des 

lluminati, qu’elle avait inspiré et contrôlé la phase terroriste de la 

Révolution, qu’elle avait survécu et qu’elle était établie et forte en 

Angleterre et aux États-Unis. L’abbé Baruel en particulier donna un 

avertissement sur ce dernier point. 

Les paroles et les écrits de ces trois hommes furent soutenus par 

les hommes publics importants de leur époque, et furent si pleinement 

corroborés par les événements, particulièrement à notre siècle, 

qu’historiquement, ils servent simplement à montrer que la révolution 

mondiale fut reconnue par certains, et son déroulement futur prédit, 

au moment de sa seconde apparition en Occident. Les efforts de ces 

trois hommes furent tout aussi vains à prévenir les ravages qui 

seraient provoqués plus tard par la conspiration, et c’est pourquoi les 

arguments de Messieurs Barruel, Robison et Morse présente un intérêt 

particulier. 

Ce qui leur arriva prouve de manière plus concluante que 

n’importe laquelle de leurs propres paroles la chose même qu’ils 

s’efforcèrent de démontrer : l’existence et la puissance d’une société 

secrète travaillant, dans tous les pays, au dessein destructeur qu’ils 

décrivaient. Messieurs Barruel, Robison et Morse furent couverts 

d’injures. À leur époque, les journaux n’en étaient qu’à leurs premiers 

balbutiements et appartenaient d’ordinaire à un seul homme, qui en 

était également l’éditeur. Il devait donc être beaucoup plus difficile 

qu’aujourd’hui de prendre le contrôle d’une grande partie d’entre eux. 

L’attaque concentrée portée contre les trois hommes, dès l’instant où 

ils dirent que l’Illuminisme avait provoqué la Révolution française et 

qu’il existait toujours, démontre que même en 1797, les Illuminés 

contrôlaient de façon effective la presse en Amérique et en Angleterre. 

Ce fut l’une des découvertes les plus surprenantes accomplies 

grâce aux recherches qui ont permis d’écrire ce livre. À mon époque, 

j’ai été forcé de me rendre compte que ce contrôle existe et qu’un 

auteur qui écrit sur la révolution mondiale dans l’esprit d’Edmond 

Burke verra toutes les voies de la publication se fermer à lui. Mme 

 194 

Nesta Webster relate la même expérience. Quand elle commença à 

écrire sur la révolution, au début des années 1920, un célèbre éditeur 

londonien lui dit : « Rappelez-vous que si vous adoptez un parti anti- 

révolutionnaire, vous aurez tout le monde littéraire contre vous. » Elle 

dit qu’elle trouva cela extraordinaire, mais constata alors par 

l’expérience que l’éditeur avait raison, et mon observation a été 

identique. Cependant, je pensais que c’était une condition apparue au 

cours des trente dernières années, jusqu’à ce que j’étudie l’histoire de 

Messieurs Barruel, Robison et Morse ; je constatai alors que « le 

monde littéraire dans son ensemble » était tombé sur eux comme un 

seul homme en 1798, alors que la Terreur était récente. Rien ne m’a si 

clairement démontré que la ligne qui part de l’Illuminisme de 1789 

pour arriver au communisme d’aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une 

ligne d’héritage ; la même organisation poursuit le même but avec les 

mêmes méthodes, et même avec les mêmes mots. 

Il y avait une autre chose curieuse à propos de l’attaque envers 

ces trois auteurs qui avaient adopté « un parti anti-révolutionnaire. » 

Peu après qu’il eurent attiré l’attention du public, les attaques dans les 

journaux commencèrent ; des attaques presque toujours anonymes. 

Elles utilisaient exactement le même langage (un double langage) que 

celui utilisé aujourd’hui dans des attaques semblables. Les trois 

hommes furent accusés d’entamer une « chasse aux sorcières », d’être 

des fanatiques et des alarmistes, de persécuter « la liberté d’opinion » 

et « la liberté d’enseignement », de déformer la pensée « libérale » et 

« progressiste », et autres choses du même genre. Après cela, l’attaque 

se poursuivait en calomnies et insinuations haineuses, et j’ai souvent 

retrouvé certaines expressions récurrentes qui furent employées dans 

la campagne menée contre un membre du Conseil américain, M. 

James Forrestal, en 1947-49 ; on disait leurs vies privées dissolues et 

leurs habitudes financières louches ; tout cela pour finir par 

l’insinuation familière qu’ils étaient « fous. » Cette insinuation est 

fréquente aujourd’hui, dans les étapes culminantes d’une campagne 

contre n’importe quel personnage anti-révolutionnaire ; elle est 

manifestement considérée comme une médecine particulièrement 

puissante dans le domaine de la diffamation. Cette forme particulière 

d’attaque pourrait trouver sa source originelle dans le Talmud, qui 

l’utilise contre Jésus (l’Encyclopaedia Juive, dans son article sur Jésus, 

renvoie ses lecteurs à l’ouvrage d’un auteur juif qui « est d’avis que des 

processus mentaux anormaux ont dû intervenir dans les propos et le 

comportement de Jésus. ») 

En résumé, ces attaques contre Messieurs Barruel, Robison et 

Morse utilisaient un vocabulaire politique limité, identifiable 

aujourd’hui à celui de la révolution et de ses agents, et ce vocabulaire 

est maintenant si rebattu qu’il doit être communiqué à tous les initiés 

par quelque figure centrale de l’organisation. La campagne dirigée 

 195 

contre eux fut efficace, si bien que leurs avertissements, tout comme 

ceux de Burke, furent oubliés des foules. Cependant, la bande secrète 

(qui doit éprouver envers la vérité la même horreur que le diable 

éprouve envers la croix) continua à les craindre, si bien que la 

diffamation continua longtemps  bien après leur mort ! Déjà, en 1918, 

l’université Columbia de New York alloua des fonds pour un travail de 

recherche coûteux conçu pour démontrer que les Illuminati étaient 

vraiment morts lorsqu’ils furent proscrits en 1786 et qu’ils ne 

pouvaient en aucun cas avoir provoqué ou survécu à la Révolution 

française ; dans cette publication toutes les qualificatifs en stock 

furent ressortis et utilisés à nouveau, comme si les trois morts étaient 

des « chasseurs de sorcières » encore en vie ! 

En 1918, la révolution russe n’avait qu’un an, et le moment fut 

apparemment considéré favorable pour une nouvelle tentative de 

démontrer que la Révolution française n’avait été qu’une affaire 

indépendante, n’ayant laissé aucune racine qui aurait pu surgir en 

Russie en 1917. Si Messieurs Barruel, Robison et Morse, où qu’ils se 

trouvassent à l’époque, purent observer ces événements, ils 

remarquèrent sans nul doute qu’en 1918 et au cours des années 

suivantes, le communisme avait trouvé dans l’université Columbia de 

New York un très bon terrain de chasse. (Parmi les malheureux jeunes 

hommes qui se firent piéger pour la cause, se trouvait M. Whittaker 

Chambers, dont le repentir et l’avertissement de 1939, s’ils avaient été 

pris en compte par le président Franklin Roosevelt, auraient pu 

changer le cours de la Seconde Guerre mondiale et de ce siècle pour le 

meilleur.) 

Les deux premiers présidents de la République américaine, bien 

qu’ils n’aient pas agi efficacement contre la société secrète, en étaient 

profondément alarmés et savaient très bien que ce que Barruel, 

Robison et Morse avaient dit était vrai. L’un des derniers actes de 

George Washington fut, dans une lettre à M. Morse, d’exprimer l’espoir 

que son travail aurait « une diffusion plus générale… car il contient 

une information importante, peu connue, en dehors d’un petit cercle, 

mais sa dissémination serait utile, si elle était répandue dans la 

communauté. » (On peut supposer que le général Washington n’aurait 

pas dit à un Whittaker Chambers « d’aller se faire voir ailleurs »). Peu 

de temps auparavant, Washington avait informé  un autre 

correspondant qu’il était tout à fait satisfait que « les doctrines des 

Illuminati et les principes du jacobinisme » se soient « propagés aux 

États-Unis. » 

Pour tout dire, cela ne faisait aucun doute, car des sociétés 

secrètes étaient apparues aux États-Unis en 1793 – c’est-à-dire dans 

les dix années qui avaient suivi la naissance de la République – sous 

l’apparence de « Clubs Démocratiques. » Leur véritable nature fut 

 196 

clairement révélée par l’attitude du ministre français, Genet, à leur 

égard ;  il afficha ouvertement une sympathie similaire à celle que les 

ambassadeurs soviétiques de notre generation affichent envers les 

organisations communistes, ou peut-être plus exactement, envers 

celles qui servent de « couverture » au communisme (le rapport entre 

les ambassades soviétiques et le parti révolutionnaire au sein du pays 

d’accréditation fut constaté par la masse de preuves documentaires 

recueillies au cours des enquêtes canadiennes et australiennes, 

respectivement en 1945-46 et 1954-55). George Washington, alors 

président en 1794, accusa ces « sociétés auto-créées » d’avoir provoqué 

l’émeute insurrectionnelle de Pennsylvanie connue sous le nom de 

Whiskey Rebellion. L’autorité de Washington était trop grande pour 

que l’on puisse l’accuser de mener une chasse aux sorcières, et les 

clubs s’enfoncèrent rapidement dans la clandestinité, mais à partir de 

ce moment, la présence sur le sol américain d’une organisation 

oeuvrant à la révolution mondiale fut connue de tous ceux qui 

voulaient savoir et étaient capables de résister au « lavage de cerveau » 

de la presse. 

Le rôle qui, il est vrai, fut joué par le Grand-Orient de la franc- 

maçonnerie, sous infiltration illuministe, dans la Révolution française 

fit que la franc-maçonnerie américaine se vit aussi suspectée, mais un 

débat franc sur cette question fut entravé par le fait que le grand 

Washington était le chef de la fraternité maçonnique. Les défenseurs 

de la franc-maçonnerie mirent fortement l’accent sur ce fait 

(manifestement selon le principe de « l’innocence par association »), et 

à l’occasion des obsèques de Washington en 1799, ils firent un grand 

étalage de leur fraternité avec le héros décédé. Par respect pour lui, 

plutôt que par une curiosité satisfaite, le débat public déclina alors, 

mais au moins deux éminents maçons, Amos Stoddard et le révérend 

Seth Payson, tout comme le duc de Brunswick en Europe, déclarèrent 

publiquement que les Illuminati avaient pénétré la franc-maçonnerie et 

travaillaient sous son nom. Le successeur de Washington, le président 

John Adams, adressa en 1798 un avertissement sévère à la franc- 

maçonnerie : 

« … la société des Maçons a découvert une science du gouvernement, 

ou un art de diriger la société, qui lui est particulière, et inconnue de 

tous les autres législateurs et philosophes du monde ; je veux dire 

non seulement l’habileté de se reconnaître mutuellement par des 

marques ou des signes que personne ne peut deviner, mais aussi le 

formidable pouvoir de permettre et de contraindre tous les hommes, 

et je suppose toutes les femmes, à tout instant, à garder un secret. Si 

cet art peut être appliqué, pour mettre de côté les maximes ordinaires 

de la société, et qu’il peut introduire la politique et la désobéissance 

au gouvernement, et toujours garder le secret, il doit être évident 

qu’une telle science et de telles sociétés peuvent être perverties à tous 

les desseins néfastes qui ont été suspectés… » 

 197 

Après cette réprimande publique, il est probable que seule la mort 

de Washington, qui eut lieu l’année suivante, aurait pu apaiser le désir 

public d’une enquête approfondie ; comme bien souvent dans ces 

affaires, les opposants à l’enquête profitèrent d’un événement sans 

aucun rapport qui détourna ou désarma l’attention publique. 

Néanmoins, le soupçon public dura pendant trois décennies, et mena 

à la formation d’un Parti anti-maçonnique, en 1827, qui, lors de sa 

convention d’État dans le Massachusetts, en 1829, déclara : « il y a la 

preuve d’une connexion étroite entre les ordres supérieurs de la franc- 

maçonnerie et l’Illuminisme français ». Ce fut quasiment la dernière 

ruade du parti en faveur de l’investigation, car la convention d’État 

suivante, qui eut lieu dans le Vermont, en 1830, enregistra la suite 

dont notre siècle est aujourd’hui devenu familier : « … l’esprit 

d’investigation… fut rapidement et inexplicablement réprimé ; la 

presse était muette, comme si les voix de la sentinelle étranglée et de 

toute la population gardaient dans l’ignorance le fait qu’une alarme au 

sujet de la maçonnerie avait jamais été sonnée ».   

En d’autres termes, les cris de l’appel à l’enquête avaient été 

couverts, tout comme aujourd’hui, par les cris opposes hurlant 

« chasse aux sorcières ». De ce moment à aujourd’hui, les Américains 

n’ont jamais réussi à pousser aucun gouvernement à mener une 

enquête en profondeur, et l’infiltration du gouvernement et des 

départements publics a continué, avec des résultats dévoilés 

seulement en partie par les révélations de 1948 et d’après. La situation 

en Angleterre s’est révélée similaire. 

Dans les derniers paragraphes, ce récit a fait un bond de quelques 

années pour suivre le cours de l’embarras public américain concernant 

la franc-maçonnerie, jusqu’à sa fin en 1830 (le Parti anti-maçonnique 

est en réalité mort en 1840). Le récit retourne maintenant aux 

répercussions immédiates de la Révolution française, et ses 

conséquences sur le monde.  

Le président Adams, comme le montre son livre Works, était tout à 

fait informé et persuadé de l’existence d’une conspiration universelle et 

permanente contre tout gouvernement légitime et toute religion. Il fit 

l’erreur, naturelle à son époque, de penser que le plan était un plan 

français, de même que les gens aujourd’hui, sans aucune excuse, 

parlent de communisme russe, bien que la nature internationale de la 

révolution se soit révélée depuis longtemps comme évidente, 

incontestablement. 

Par sa Loi de sédition de 1798, le président Adams essaya de 

sauvegarder l’avenir de la République, mais le temps a montré depuis 

que les lois contre les sociétés secrètes et les conspirations (même si 

elles devraient être promulguées, pour établir l’illégalité de l’entreprise) 

sont inefficaces pour les contrôler, d’autant que l’organisation secrète 

 198 

a des siècles d’expérience pour se soustraire à de telles lois. La seule 

mesure efficace contre la conspiration secrète est l’enquête, la 

révélation publique et le remède, et cela n’a jamais été totalement 

employé. 

L’homme public américain qui perçut le plus nettement la forme 

globale que prendrait l’avenir fut le confident de Washington, 

Alexander Hamilton. Il laissa parmi ses papiers un mémoire non daté 

(probablement de 1797-1800) qui disait : 

« … l’ère actuelle est parmi les plus extraordinaires qui se soient 

produites dans l’histoire des affaires humaines. Certaines opinions, 

depuis longtemps maintenant, gagnent peu à peu du terrain ; ce sont 

celles qui menacent les bases de la religion, de la moralité et de la 

société.  Une attaque a d’abord été lancée contre la révélation 

chrétienne, pour laquelle la religion naturelle fut proposée comme  

remplacement… L’existence même d’une Déité a été mise en doute et 

niée parfois. Le devoir de piété a été ridiculisé, la nature périssable de 

l’homme affirmée et ses espoirs limités à la courte durée de son état 

terrestre. La Mort a été proclamée comme un sommeil éternel, le 

dogme de l’immortalité de l’âme comme une duperie inventée pour 

tourmenter les vivants pour le bien des morts… Une connivence a été 

cimentée à tous les niveaux entre les apôtres et disciples de 

l’irréligion, et l’anarchie. La religion et le gouvernement ont tous deux 

été “stigmatisés” comme des abus…  

On a vu en France le développement pratique de ce système 

pernicieux. Il a servi de moteur pour corrompre toutes les institutions 

françaises historiques, civiles et religieuses, avec tous les freins mis en 

place pour atténuer la rigueur de l’autorité ; il a précipité la France 

tête la première dans une série de révolutions terribles, qui ont dévasté 

la propriété, fait des ravages dans les arts, ruiné les villes, désolé les 

provinces, dépeuplé les régions, rougi son sol de sang, et l’ont noyée 

dans le crime, la pauvreté et la misère ;…  

Ce système terrible a semblé pendant quelques temps menacer de 

subversion la société civilisée et d’introduire le désordre général parmi 

l’humanité. Et quoique les maux épouvantables qui furent ses seuls et 

uniques fruits mirent un frein à son progrès, il est à craindre que le 

poison ne se soit répandu trop largement et n’ait pénétré trop 

profondément pour être éradiqué à ce jour. Son activité a été suspendue, 

mais les éléments demeurent, concoctant de nouvelles éruptions quand 

l’occasion le permettra.  

Il est important de comprendre que l’humanité est loin de la fin 

des malheurs que ce système est supposé produire, et qu’il présage 

toujours une longue suite de convulsions, de révolutions, de carnages, 

de dévastations et de malheurs. Les symptômes de la trop grande 

prédominance de ce système aux États-Unis sont visibles de manière 

alarmante. C’est par son influence que des efforts ont été faits pour 

 199 

embarquer ce pays dans une cause commune avec la France, au début 

de la présente guerre ; pour inciter notre gouvernement à approuver et 

à promouvoir ses principes et opinions détestables avec le sang et le 

trésor de nos citoyens. C’est par son influence que chaque révolution 

qui réussit a été approuvée ou excusée ; que toutes les horreurs 

commises ont été justifiées ou atténuées ; que même la dernière 

usurpation, qui contredit tous les prétendus principes de la 

Révolution, a été considérée avec complaisance, et que la constitution 

despotique qu’elle a engendrée a été ingénieusement citée comme un 

modèle digne d’être imité. Dans le développement de ce système, 

l’impiété et l’infidélité ont progressé à pas de géants. On voit parmi 

nous des crimes prodigieux jusqu’ici inconnus … » 

Pour nous, contemporains des années 1950, les résultats prédits 

ici nous sont si familiers que nous avons du mal à réaliser la 

compétence qu’il fallut, dans les années 1790, pour les prévoir si 

nettement ! De de Luchet, avant la Terreur (« une série de désastres 

dont le but se perd dans l’obscurité des temps… un feu souterrain 

couvant éternellement et éclatant périodiquement en explosions 

violentes et dévastatrices. ») à Alexander Hamilton,  après la Terreur 

(« les éléments demeurent, concoctant de nouvelles éruptions quand 

l’occasion le permettra… l’humanité est loin de la fin des malheurs que 

ce système est supposé produire… une longue suite de convulsions, de 

révolutions, de carnages, de dévastations et de malheurs »), la forme 

que prendrait notre siècle fut prédite de la manière la plus exacte et la 

plus claire. 

Le résultat final de toute cette prescience, en termes de 

précaution, fut nul. 

Inutilement, mais massivement, tout arriva tel que ces hommes, 

et les Burke et Barruel, les Robison et Morse, l’avaient prédit ; comme 

un somnambule, l’Occident posa le pied sur toutes les mines qui 

avaient été placées. Les prophètes anti-révolutionnaires furent 

minimisés ; les orateurs et les auteurs révolutionnaires s’emparèrent 

du débat et furent applaudis. 

Les guerres de Napoléon aidèrent à détourner l’attention du public 

du complot et de l’organisation qui avait été découverts. Dix ans après 

la Révolution française, les documents des Illuminati et la Révolution 

française étaient en passe d’être oubliés ; les foules commençaient à 

croire que la société secrète était vraiment morte, ou qu’elle n’avait 

jamais eu de rôle dans la Révolution, ou bien cela leur était égal. Vingt 

ans après la Révolution française, les Illuminati s’affairaient plus que 

jamais. Rien n’avait changé, sauf que les disciples de la secte en 

Angleterre et en Amérique avaient réussi, par leur pouvoir sur les 

informations publiées, à tromper l’opinion publique et à diffamer tous 

ceux qui avaient lancé un avertissement. 

 200 

Cette connaissance tardive concernant les Illuminati est récente ; 

Mme Nesta Webster la découvrit grâce à ses recherches. Elle provient 

des coffres de la police de Napoléon, qui ont maintenant livré leur 

contenu au chercheur et à l’historien. Ils montrent que, deux 

décennies après la Révolution et à la veille de la propre chute de 

Napoléon, les Illuminati étaient bien vivants et poursuivaient leur but 

inchangé. 

François Charles de Berckheim était commissaire spécial de police 

à Mayence sous l’Empire, et franc-maçon. Il signala en 1810 que les 

Illuminati avaient des initiés partout en Europe et travaillaient dur 

pour introduire leurs principes au sein des loges de la franc- 

maçonnerie : « L’Illuminisme est en train de devenir un grand et 

formidable pouvoir… les rois et les peuples en souffriront beaucoup, à 

moins que la prévoyance et la prudence ne brisent son mécanisme 

effrayant. » Un rapport ultérieur de 1814 confirme entièrement 

l’affirmation principale de Messieurs Barruel, Robison et Morse en 

1797-99, à propos de la continuation de la société secrète : 

« L’association la plus ancienne et la plus dangereuse qui est 

généralement connue sous la dénomination des Illuminés et dont la 

fondation remonte au milieu du siècle dernier… la doctrine de 

l’Illuminisme est subversive pour toute forme de monarchie ; la 

liberté sans limites, le nivellement absolu par le bas, tel est le dogme 

fondamental de la secte ; briser les liens qui lient le souverain au 

citoyen d’un État, voilà l’objet de tous ses efforts. » 

Vingt ans après l’acte public de pénitence du Duc de Brunswick, 

Berckheim notait que « parmi les principaux chefs… se trouvent de 

nombreux hommes se distinguant par leur fortune, leur naissance et 

les dignités dont ils sont investis. » Il croyait que certains d’entre eux 

n’étaient « pas dupes de ces rêves démagogiques » mais « espèrent 

trouver dans les émotions populaires qu’ils suscitent les moyens de se 

saisir des rênes du pouvoir, ou en tout cas d’augmenter leurs 

richesses et leur crédit ; mais la foule des adeptes y croit 

religieusement… » 

L’image évoquée dans ces mots (qui rappellent ceux de de Luchet, 

vingt-cinq ans auparavant) est, ou devrait être, familière aujourd’hui, 

car notre génération a montré à nouveau que l’avidité pour le pouvoir 

mène toujours les gens riches ou bien connus à s’associer avec des 

mouvements apparemment hostiles à leur richesse ou renommée, 

dans la croyance que, par eux, ils pourront peut-être devenir encore 

plus riches ou plus célèbres. 

Berckheim donne ensuite une description de l’organisation et des 

méthodes des Illuminati qui reproduit l’image évoquée par la  

correspondance de Weishaupt en 1786, et pourrait être également une 

photographie du communisme à l’œuvre au siècle présent. L’extrait 

 201 

suivant montre un groupe de personnages reconnaissables du XXe 

siècle, et quiconque étudiant attentivement notre époque pourrait 

attribuer un nom à chacun d’eux, cependant il fut écrit en 1813 : 

« Comme la force principale des Illuminés se trouve dans le pouvoir 

des opinions, ils ont eux-mêmes entrepris dès le début de faire du 

prosélytisme auprès des hommes qui de par leur profession exercent 

une influence directe sur les esprits, tels que les littérateurs, les 

érudits et par-dessus tout, les professeurs. Ces derniers dans leurs 

chaires, et les premiers dans leurs écrits, propagent les principes de 

la secte en masquant le poison qu’ils font circuler sous mille formes 

différentes. Ces germes, souvent imperceptibles aux yeux du 

commun des mortels, sont ensuite développés par les adeptes des 

Sociétés qu’ils fréquentent, et la formulation la plus obscure est ainsi 

portée à la compréhension des moins avertis. » 

C’est par-dessus tout dans les universités que l’Illuminisme a 

toujours trouvé et trouvera toujours de nombreuses recrues ; les 

professeurs qui appartiennent à l’Association entreprennent dès le 

début d’étudier le caractère de leurs élèves. Si un étudiant témoigne 

d’un esprit vigoureux, d’une imagination ardente, les sectaires se 

saisissent immédiatement de lui ; ils prononcent à ses oreilles les mots 

Despotisme, Tyrannie, Droits du peuple, etc, etc. Avant même qu’il 

puisse attacher une quelconque signification à ces mots, à mesure 

qu’il avance en âge, en lisant des ouvrages choisis pour lui, et par des 

conversations habilement arrangées, il développe le germe déposé dans 

son jeune cerveau. Bientôt, son imagination fermente… Enfin, une fois 

qu’il a été complètement captivé, quand plusieurs années de tests 

garantissent à la Société le secret inviolable et la dévotion absolue, on 

lui apprend que des millions d’individus disséminés dans tous les 

États d’Europe partagent ses sentiments et ses espoirs, qu’un lien 

secret lie fermement tous les membres dispersés de cette famille 

immense, et que les réformes qu’il désire si ardemment devront arriver 

tôt ou tard.  

Cette propagande est facilitée par les associations d’étudiants 

existantes, qui se rencontrent pour étudier la littérature, pour faire de 

l’escrime, pour le jeu ou même la simple débauche. Les Illuminés 

s’insinuent dans tous ces cercles et les transforment en foyers pour la 

propagation de leurs principes. Tel est alors le mode continuel de 

progression de l’Association depuis ses origines jusqu’à l’instant 

présent ; c’est en introduisant dès l’enfance le germe du poison dans 

les classes les plus élevées de la société, en nourrissant les esprits des 

étudiants d’idées diamétralement opposées à cet ordre des choses sous 

lequel ils doivent vivre, en brisant les liens qui les lient aux souverains, 

que l’Illuminisme a recruté le plus grand nombre d’adeptes… » 

Ainsi, l’Illuminisme survécut-il et prospéra-t-il dans l’obscurité 

après que ses « adeptes » dans les bureaux de redaction, les chaires 

 202 

d’université et les classes eurent fait taire la clameur publique 

réclamant son éradication. Depuis lors, la chose perdure depuis 

environ cinq générations : une proportion d’hommes renommés et une 

proportion de jeunes hommes dans les universités ont été, à chaque 

génération, attirés dans ce filet. La seule contre-mesure qui ferait 

réfléchir les aînés et ouvrirait les yeux aux jeunes imprudents serait 

une information publique complète sur le monde de la révolution et 

ses méthodes, et cela a été refusé de génération en génération, si bien 

que la secte secrète a maintenu son pouvoir et son emprise. Il ne peut 

y avoir qu’une seule explication à ce refus des gouvernements, de 

génération en génération, d’examiner et de démasquer : à savoir qu’à 

notre époque comme à celle de Weishaupt, la secte a ses « adeptes » 

dans les gouvernements eux-mêmes ;  notre siècle en a donné 

suffisamment de preuves. 

Quid de Weishaupt lui-même, vingt ans et plus après son 

exposition et l’interdiction de son ordre ? En 1808, il cherchait à 

s’informer sur un point du rituel maçonnique, et ses recherches 

attirèrent l’attention d’un membre éminent du Grand Orient, le 

marquis de Chef-de-Bien, qui écrivit alors dans une lettre à un ami 

que l’Illuminisme avait fourni les hommes qui « poussèrent à la révolte, 

la dévastation, l’assassinat » : Quand Weishaupt mourut, en 1830, son 

ordre était probablement plus fort qu’il l’avait jamais été, mais était 

sur le point de changer de nom ; la même organisation, avec les 

mêmes buts, devait émerger dans les années 1840 en tant que 

communisme. La suite de cette histoire appartient aux chapitres 

ultérieurs, et à ce stade, le présent récit prend congé d’Adam 

Weishaupt, l’homme dont le nom est identifié pour toujours à 

l’apparition de la révolution mondiale en tant qu’idée et ambition 

permanentes, propagée par une organisation permanente de 

conspirateurs secrets dans tous les pays, et n’ayant absolument rien à 

voir avec le fait de remédier à l’oppression ou l’injustice ; ces maux, 

elle désirait les aggraver et les perpétuer. 

Quels que soient ses inspirateurs, quelle que soit la source 

originelle de sa grande connaissance de la faiblesse humaine, 

Weishaupt, comme le dit Mme Nesta Webster, « rassembla dans ses 

mains les fils de toutes les conspirations, et fut en mesure de les tisser 

ensemble en une gigantesque combinaison pour la destruction de la 

France et du monde. » Au sein de son armée, des hommes de toutes 

classes et d’opinions les plus diverses furent soudés ensemble par des 

liens d’infamie qui semblaient aussi forts que ceux de la foi et de 

l’honneur : « L’admirable système de compartiments étanches de 

Weishaupt les mettait dans l’impossibilité d’avoir connaissance de ces 

differences, et ils marchaient tous, inconsciemment ou pas, vers le 

même but. » 

 203 

S’il y eut de multiples courants de mécontentement auparavant, 

Weishaupt les fusionna en un seul. Avec lui et l’Illuminisme, « la vague 

théorie subversive devint une révolution active » ; l’État-major fut 

formé, l’ordre de bataille établi, l’objectif clarifié. Aujourd’hui, presque 

deux cents ans plus tard, la conséquence en est également claire : la 

révolution mondiale destructrice doit l’emporter sur la chrétienté et 

l’Occident, les réduisant tous deux en ruines, ou alors elle sera elle- 

même écrasée et brisée. Il n’y a aujourd’hui pas de troisième solution 

ou de moyen terme ou de fin différente au conflit révélé en 1786. Les 

hommes publics de premier plan, tout comme les partisans de la secte 

le virent dès le début. Dès 1875, Mgr Dillon énonça avec concision ce 

fait inaltérable : 

« Si Weishaupt n’avait pas vécu, la Maçonnerie aurait pu cesser d’être 

un pouvoir après la réaction consecutive  à la Révolution française. Il 

lui donna une forme et un caractère qui lui permirent de survivre à 

cette réaction, de la stimuler jusqu’à aujourd’hui, et qui la feront 

progresser jusqu’à ce que son conflit ultime avec le christianisme 

détermine qui, de Christ ou de Satan, régnera finalement sur cette 

terre. » 

Le présent livre est une étude de « la question juive » en tant que 

question la plus importante dans les affaires du monde à l’heure 

actuelle ; pourtant, le présent chapitre (le plus long jusqu’ici) sur la 

révolution mondiale n’a fait aucune mention de la question juive ou 

des juifs. Il y a une raison à cela. Cinquante ans après la Révolution 

française, la révolution mondiale était sous direction judaïste, mais 

l’instigation judaïste originelle de la révolution mondiale dans sa phase 

française ne peut être démontrée. La possibilité reste donc ouverte que 

la révolution mondiale n’était pas au départ une entreprise judaïste, 

mais une entreprise dont la secte dirigeante du judaïsme devint par la 

suite l’actionnaire principal. Rien de défini ne peut être établi d’une 

façon ou d’une autre ; la dissimulation des pistes est le premier 

principe des tactiques révolutionnaires. 

Apparemment, les juifs ne prirent pas part, ou très peu, à la 

conspiration-maîtresse (celle de Weishaupt et de ses Illuminati), et 

jouèrent simplement un rôle proportionnel, comme tous les autres 

acteurs, dans la Révolution française. Quant à la première 

conspiration, l’autorité principale sur ce sujet, Mme Nesta Webster, dit 

: « il semble que les juifs n’aient été admis au sein de l’Ordre que dans 

de rares cas ». Leopold Engel, un personnage mystérieux qui 

réorganisa l’Ordre en 1880, va plus loin, en déclarant que le 

recrutement des juifs était interdit. D’autre part, Mirabeau, un Illuminé 

et révolutionnaire majeur, s’identifia aux exigences et prétentions 

judaïstes, si bien que toute restriction sur la présence effective de juifs 

au sein de l’Ordre fut peut-être une méthode de « couverture » du 

 204 

genre de celles que Weishaupt considérait comme étant d’une 

importance suprême. 

Les meilleures autorités à l’époque reconnurent que les Illuminati 

étaient les instigateurs de la Révolution et qu’ils comptaient des 

hommes de tous les pays. Le chevalier de Malet dit : « Les auteurs de 

la Révolution ne sont pas davantage français qu’allemands, italiens, 

anglais, etc. Ils forment une nation particulière qui a pris naissance et 

a grandi dans l’obscurité, au milieu de toutes les nations civilisées, 

avec pour objet de les soumettre à leur domination. » C’est également 

l’image que le chercheur d’aujourd’hui tire d’une étude de la littérature 

de la Révolution française ; elle diffère entièrement de l’image de la 

révolution russe de 1917, à laquelle ces mots ne peuvent s’appliquer. 

Dans la Révolution française elle-même (en tant que distincte de la 

conspiration sus-mentionnée), le rôle joué par les juifs est assez clair, 

mais semble avoir été celui d’une « incitation au désordre » – que le 

Coran leur attribuait – plutôt que celui d’un contrôle ou d’une 

direction. À vrai dire, il est souvent difficile de distinguer les juifs, en 

tant que tels, dans les rapports de l’époque, car les auteurs de l’époque 

ne les distinguaient pas comme tels. De plus, la révolution dans sa 

phase française semblait être contre toute religion et toute nationalité 

(dans la phase russe, une fois encore, ce n’était plus le cas). Ainsi, la 

foule qui apporta des croix et des calices à l’assemblée révolutionnaire, 

pendant que les églises de Paris étaient consacrées aux « Banquets de 

la Raison », comprenait-elle aussi des juifs qui fournirent des 

ornements de la synagogue pour l’étalage de la profanation. Aussi, au 

« Temple de la Liberté », un citoyen « élevé dans les préjugés de la 

religion juive » entreprit de prouver « que toutes les formes de cultes 

sont des impostures pareillement dégradantes pour l’homme. » 

Alexandre Lambert fils exprima alors cette protestation contre 

l’esclavage du Talmud : 

« La mauvaise foi, citoyens, dont la nation juive est accusée, ne vient 

pas d’eux mais de leurs prêtres. Leur religion, qui leur permettrait 

uniquement de prêter à leurs compatriotes à un taux de 5 pour cent, 

leur dit de prendre tout ce qu’ils peuvent des catholiques ; il est 

même sanctifié comme une tradition dans nos prières du matin que 

de solliciter l’aide de Dieu pour prendre un chrétien en défaut. Il y a 

plus, citoyens, et c’est le sommet de l’abomination ; si une erreur est 

commise dans le commerce entre juifs, on leur ordonne de faire 

réparation : mais si sur 100 louis, un chrétien devait en payer 25 de 

trop, on n’est pas obligé de les lui rendre. Quelle abomination ! Quelle 

horreur ! Et d’où tout cela vient-il, si ce n’est des rabbins ? Qui a 

suscité des interdictions contre nous ? Nos prêtres ! Ah, citoyens, 

plus que tout au monde nous devons renoncer à une religion qui… 

 205 

en nous soumettant à des pratiques abêtissantes et serviles, nous 

rend impossible le fait d’être de bons citoyens9. » 

Si les juifs sont où que ce soit identifiés en tant que juifs (pas 

simplement en tant que participants) dans les pires actes de la 

révolution, c’est par vantardise juive, et non une accusation gentile. 

Par exemple, un auteur tel que M. Léon Kahn se donne du mal pour 

associer les juifs, nommément, à l’attaque contre le roi et la religion et 

ce, cent ans après les événements. C’est un exemple de l’effort 

laborieux – qui peut être retracé dans une bonne partie de la littérature 

judaïste – pour démontrer que rien de tel ne peut arriver dans le 

monde, sauf de la main de Jéhovah, c’est-à-dire des juifs. M. Léon 

Kahn ne pouvait apparemment dépeindre la Révolution française en 

d’autres termes que ceux de Daniel et Balthazar. N’eût été la 

révolution russe, on pourrait oublier M. Léon Kahn ; une fois de plus, 

c’est l’époque actuelle qui donne à ces descriptions d’événements 

anciens leur allure de vérité. 

Durant la période suivant la Révolution française, il semble que 

les juifs, par leurs leaders, semblèrent uniquement tirer profit de la 

situation, comme ils en avaient le droit. Cependant, à la lumière de ce 

qui s’ensuivit, il est significatif que les juifs qui en profitèrent furent les 

« juifs de l’Est », et que ces convertis au judaïsme non-sémitiques 

ouvrirent à ce moment-là une première bréche dans les murs de 

l’Occident. 

La plupart des juifs de France étaient séfarades, descendants de 

ces juifs espagnols et portugais qui avaient au moins quelque tradition 

ténue les liant à la Palestine. Tous les handicaps dont ces juifs établis 

depuis longtemps souffraient encore prirent fin par le décret de 1790, 

qui leur accordait tous les droits des citoyens français. En Alsace, une 

communauté d’ashkénazes, les juifs slaves, était apparue, et ces 

visiteurs venus de Russie n’étaient pas du tout appréciés, au point que 

la proposition de leur accorder la citoyenneté provoqua des débats 

orageux au sein de l’assemblée révolutionnaire, et une insurrection 

                                                

9 

 La ligne en italique de cette citation offre une occasion opportune de faire remarquer que 

lorsqu’Alexandre Lambert fils prononça ces mots, la période rabbinique de l’histoire judaïste 

venait de commencer. Avant 1772 – date à laquelle la Pologne fut divisée – il y avait toujours 

eu une autorité visible, centrale, gouvernante ou dirigeante pour toute la communauté 

juive. Au début c’était le sacerdoce lévitique à Jérusalem et à Babylone. Sous Rome, c’était 

le parti politique dominant, les pharisiens, qui était dans les faits le gouvernement. Après la 

chute de Jérusalem et la diaspora, c’était le « gouvernement mobile » talmudique en 

Palestine, Babylonie, Espagne et Pologne. Après qu’il eut disparu de la vue en 1772, la 

période « rabbinique » commença, où l’autorité sur la congrégation entière de la 

communauté juive, pour autant qu’elle fût exercée, l’était via les rabbins, en tous lieux. 

Parmi ceux-ci, naturellement, se trouvaient des hommes de chaque degré de croyance et de 

tempérament, du plus extrême au plus modéré ; mais le présent siècle a montré que la 

majorité d’entre eux, comme à toutes les périodes précédentes de l’histoire juive, suivait « la 

Loi » littérale du judaïsme, qui du point de vue des gentils, évidemment, est l’extrémisme à 

son extrême. 

 206 

chez les paysans alsaciens. À cette occasion, les avertissements 

devenus familiers à l’Occident au cours des siècles précédents se firent 

à nouveau entendre. L’abbé Maury dit aux députés citoyens : « Les 

juifs ont traversé dix-sept siècles sans se mélanger aux autres 

nations… Ils ne doivent pas être persécutés, ils doivent être protégés 

en tant qu’individus et non en tant que Français, puisqu’ils ne peuvent 

être citoyens… Quoique vous fassiez, ils resteront toujours des 

étrangers parmi nous. » L’évêque de Nancy acquiesca : « On doit leur 

accorder protection, sécurité, liberté ; mais devrions-nous accepter 

dans la famille une tribu qui lui est étrangère, qui sans cesse tourne 

les yeux vers un pays commun, qui aspire à abandonner la terre qui la 

porte ? Le bien-être des juifs eux-mêmes nécessite cette protestation. » 

Les juifs séfarades protestèrent aussi : « Nous osons croire que notre 

condition en France ne serait pas aujourd’hui remise en question si 

certaines demandes des juifs d’Alsace, de Lorraine et des Trois- 

Évêchés n’avaient pas causé une confusion d’idées qui semble se 

refléter sur nous… À en juger par les documents officiels, elles 

semblent assez extraordinaires, puisque ces juifs aspirent à vivre en 

France sous un régime spécial, à avoir des lois qui leur seraient 

particulières, et à constituer une classe de citoyens séparée de toutes 

les autres. » 

Cette protestation juive (une protestation récurrente à travers les 

siècles jusqu’à aujourd’hui, et toujours ignorée par les dirigeants 

gentils) fut aussi vaine que celle des marchands de Paris, trente ans 

auparavant, contre l’ouverture de leurs corporations aux juifs : 

« Le marchand français dirige son commerce seul ; chaque maison 

commerciale est en un sens isolée ; tandis que les juifs sont des 

particules de mercure, qui à la moindre inclinaison se rassemblent en un 

bloc. » 

Malgré toutes les oppositions, le décret émancipant les juifs 

d’Alsace fut adopté en 1791. Au moment où Napoléon accéda au 

pouvoir, un problème juif de premier ordre avait ainsi été créé pour lui, 

et – après son échec à le résoudre – pour le monde. 

Dès ce moment, la secte dirigeante de la communauté juive 

employa tous ses efforts à réduire l’autorité des juifs originels, les 

séfarades, et à accroître celle de leurs groupe compact d’ashkénazes à 

l’Est ; à partir de là, les ashkénazes commencèrent à s’installer en 

Europe (et plus tard en Amérique), pour assumer la direction de la 

révolution mondiale et emporter partout avec eux l’attaque contre tout 

gouvernement, religion et nationalité légitimes. 

Ce développement suivit la Révolution française, c’est-à-dire la 

première phase de la révolution mondiale, qui fut comme l’ouverture 

d’une porte ou la rupture d’une digue. À l’époque, tout ce que l’on 

 207 

pouvait raisonnablement dire sur les juifs eu égard à la Révolution, 

c’est qu’ils y avaient été impliqués comme les autres hommes, et en 

avaient profité plutôt plus que les autres hommes. La suite projeta une 

lumière différente sur tout cela, et commença à montrer une direction 

judaïste, et non une simple participation. 

Car au cours du demi-siècle qui suivit la révélation du projet de 

révolution mondiale et l’éruption en France, les processus historiques 

de la communauté juive et de la révolution mondiale ne restèrent plus 

séparés ou distincts ; ils convergèrent. La conspiration ininterrompue 

et « les juifs » (dans le sens de la secte dominante) devinrent alors 

identiques et ne purent plus être regardés séparément. À partir du 

milieu du XIXe siècle, la révolution mondiale fut sous leadership juif ; 

quelle que fut la réalité des faits auparavant, elle passa alors entre ces 

mains-là. 

Le témoin d’autorité, dont les paroles (tout comme celles de de 

Luchet, d’Alexander Hamilton et d’Edmund Burke auparavant) furent 

pleinement confirmées par les événements, fut un certain Benjamin 

Disraeli, Premier ministre d’Angleterre. 

 

 

Chapitre 21 

LES AVERTISSEMENTS DE DISRAELI 

Benjamin Disraeli, qui deviendrait plus tard Lord Beaconsfield, 

mit en garde à maintes reprises la chrétienté contre la révolution 

mondiale. Tout comme de Luchet, Alexander Hamilton et Edmond 

Burke cinquante ans auparavant, il détecta le « dessein » derrière celle- 

ci ; à la différence de Lord Acton, qui cinquante ans plus tard n’évoqua 

que de simples « dirigeants », Disraeli identifia ces organisateurs en 

tant que juifs. Le siècle qui s’est écoulé depuis qu’il lança ces 

avertissements  lui a donné raison ; quelles qu’en soient ses origines, 

la révolution mondiale organisée était sous leadership judaïste au 

milieu du XIXe siècle et le resta au moins jusqu’aux années 1920 (de 

l’avis de l’auteur, cette situation a ensuite perduré et prévaut 

aujourd’hui). 

Pourquoi la secte talmudique reprit la direction de l’organisation 

révolutionnaire établie par Weishaupt, ou est-ce qu’elle incita 

l’entreprise révolutionnaire d’origine, sont deux questions auxquelles 

on ne peut répondre aujourd’hui. 

Si l’ambition de la domination mondiale judaïque, instillée au 

cours des siècles par le Talmud et encore plus par la Kabbale10, doit 

toujours s’accomplir, l’asservissement des « païens » à la Sainte Nation 

devra se faire par l’intermédiaire d’une organisation destructrice 

comme celle établie par Weishaupt ; le fait que Weishaupt ait fondé les 

Illuminati au moment même où le « centre » juif de Pologne disparut de 

la vue, après une existence ininterrompue de plus de deux mille ans, 

pourrait être plus qu’une coïncidence. D’autre part, il est également 

possible que la secte dominante, pour l’objectif de l’accomplissement 

talmudique, ait repris le contrôle d’une organisation destructrice déjà 

mise en place par des non-juifs à d’autres fins. 

Les deux avertissements les plus significatifs de Disraeli 

précédèrent et suivirent les émeutes révolutionnaires qui se 

produisirent dans de nombreuses régions d’Europe en 1848. En se 

fondant sur l’expérience acquise en France un demi-siècle auparavant, 

celles-ci représentèrent la seconde des « éruptions, concoctées comme 

l’occasion le permettra », et « les explosions périodiques » que  

                                                

10 

 L’Encyclopaedia Juive dit que la Kabbale (la connaissance orale, traditionnelle, par 

opposition à la loi écrite, ou Torah), à partir du XIIIe siècle, s’est élargie en une vaste 

littérature, parallèlement et en opposition au Talmud, et n’étant confiée qu’à quelques élus. 

Mme Nesta Webster, cependant, cite un autre passage de l’Encyclopaedia Juive disant que 

« la Kabbale n’est pas vraiment en opposition avec le Talmud ». 

 

 209 

l’organisation révolutionnaire-mondiale allait provoquer (comme de 

Luchet et Alexandre Hamilton l’avaient prédit). Elles échouèrent 

partout, probablement en raison du fait que le souvenir de la 

Révolution française était suffisamment récent pour que les 

gouvernements et les peuples s’y attaquent de manière résolue. Leur 

répression laissa Disraeli sans aucune illusion sur l’avenir. Il avait 

décrit ce qui arriverait avant que cela n’arrive ; ensuite, il prédit la 

poursuite de la conspiration et le retour des violentes émeutes.  

Disraeli écrivit des romans (avec plus de succès que deux 

imitateurs à venir, le colonel House du Texas et M. Winston Churchill 

dans sa jeunesse) dans lesquels il se décrivait comme un imprésario 

des affaires humaines, distant, courtois, omniscient et un peu 

moqueur. Dans Coningsby il est le personnage principal, Sidonia, un 

juif hispano-musulman, maître de la finance, pouvoir derrière tous les 

pouvoirs et manipulateur sans passion des affaires, celui qui est « aidé 

par cette caractéristique d’être absolument libre de préjugés, ce qui 

est l’acquis compensatoire d’un homme apatride. » 

Sidonia fit remarquer en 1846 (l’année où Coningsby fut publié) : 

« Cette vaste révolution qui se prépare en ce moment en Allemagne et… 

dont on sait encore si peu de choses en Angleterre, se construit 

entièrement sous les auspices des juifs. » 

Puis, après les émeutes de 1848, Disraeli revint sur le sujet, en 

déclarant à la Chambre des communes en 1852 : « L’influence des juifs 

peut être retracée dans la dernière éruption du principe destructeur en 

Europe. Une insurrection se déroule contre la tradition et l’aristocratie, 

contre la religion et la propriété… L’égalité naturelle des hommes et 

l’abrogation de la propriété sont proclamées par les sociétés secrètes 

qui forment des gouvernements temporaires, et on trouve des hommes 

de race juive à la tête de chacune d’entre elles » (exactement la même 

chose s’est reproduite en Russie, en 1917, c’est-à-dire soixante-dix ans 

après les émeutes de 1848). 

Disraeli ajouta : « Les manipulateurs les plus habiles de la 

propriété s’allient aux communistes ; le peuple spécial et élu touche 

les mains de toute la vermine et de toutes les basses castes de 

l’Europe. » Ceci, dit-il, parce qu’ils voulaient détruire le christianisme. 

Le travail de recherche, dans une tâche comme celle-ci, est 

laborieux et offre peu de compensations, mais la rencontre avec 

Disraeli fut un réconfort. Le lecteur a déjà rencontré quelques vrais 

prophètes parmi les nombreux faux, au cours de ce voyage à travers 

les siècles, mais il n’en rencontrera aucun tel que Benjamin Disraeli, 

dont la libération des liens talmudiques lui donnait « cette 

caractéristique d’être absolument libre de préjugés ». Son nom était 

significatif, car il était de la race des prophètes israélites qui avaient 

 210 

dénoncé Juda. Il était fier de son ascendance, et pourtant son 

détachement lui permit d’éprouver un amour pour l’Angleterre que 

ceux qui sont d’ascendance anglaise peuvent rarement égaler. Ses 

commentaires ironiques sur les affaires publiques et les événements 

humains sont rafraîchissants à lire à notre époque, où les politiciens 

fuient la vérité comme le diable fuirait l’eau bénite. 

Il déclara de manière sincère que « le monde est dirigé par des 

personnages très différents de ce que peuvent imaginer ceux qui ne 

sont pas dans les coulisses » et par ces paroles, il affirma 

publiquement que le véritable gouvernement se faisait en sous-main. 

Tous les observateurs bien informés savent que c’est la réalité, mais 

n’importe quel président américain ou Premier ministre britannique 

actuel dénoncerait cette déclaration comme « chasse aux sorcières ». 

« Je pense », dit Sidonia, « qu’il n’y a pas d’erreur aussi vulgaire que de 

croire que les révolutions surviennent pour des raisons économiques ». 

Ainsi parlait Disraeli ; à notre époque, les Lloyd George et Woodrow 

Wilson, les Roosevelt et Truman ont prétendu que les révolutions en 

France, en Russie ou ailleurs furent des protestations massives 

spontanées du « peuple », exaspéré, contre la « tyrannie. » 

Disraeli appliquait l’enseignement du christianisme ; il n’était pas 

seulement « un juif baptisé ». 

Il n’aurait pas associé son nom, ni celui de son pays, à la 

vengeance de Nuremberg venue de l’Ancien Testament, car voici ce 

qu’il dit après la révolte indienne de 1857, alors que l’esprit de 

vengeance était à son comble dans le pays : « Je proclame sans la 

moindre hésitation mon humble désapprobation des personnes de 

haute autorité annonçant que sur la norme élevée de l’Angleterre, 

la “vengeance”, non la “justice”, devrait être gravée… je proteste 

contre les atrocités suivies par des atrocités. J’ai entendu des 

choses et vu des choses écrites dernièrement qui me feraient 

presque supposer que les opinions religieuses du peuple 

d’Angleterre ont soudainement changé et que, au lieu de s’incliner 

devant le nom de Jésus, nous nous préparerions à rétablir le culte de 

Moloch. Je ne peux croire que notre devoir soit de céder à un tel 

esprit. » 

Ces paroles contiennent une allusion qui atteint chaque juif et 

gentil. Le judaïsme talmudique est « l’adoration de Moloch », et Disraeli 

le savait lorsqu’il choisit ces mots. Toute la querelle enragée entre 

l’Israël antique et la Juda des Lévites avait tourné autour de ce faux 

dieu et de ses exigences, et Israël avait tourné le dos à Juda pour cette 

raison même ; c’est là l’origine de la controverse de Sion, il y a trois 

mille ans comme aujourd’hui. 

Elle se retrouve dans les deux passages les plus significatifs de 

l’Ancien Testament : l’accusation de Jérémie comme quoi Dieu n’a 

 211 

jamais ordonné aux enfants d’Israël « de passer leurs fils et filles par le 

feu jusqu’à Moloch… ni ne m’est venu à l’esprit qu’ils devaient 

commettre cette abomination pour pousser Juda au péché » ; et la 

réponse d’Ézéchiel comme quoi Dieu avait donné à Israël ces « lois qui 

ne sont pas bonnes » et le sacrifice du premier-né. Le dieu d’amour et 

de miséricorde, contre le dieu de haine, de vengeance et de 

sacrifice humain : depuis le début, ce fut la question, et ça l’est 

aujourd’hui, et si Disraeli avait vécu cent ans plus tard, la 

chrétienté aurait peu-être pu, par ce greffon de la communauté 

juive, être épargnée du stigmate de la vengeance talmudique à 

Nuremberg. 

De même, on ne peut pas imaginer Disraeli se prêtant lui-même, 

ainsi que son ministère et la force de son pays, au soutien et à 

l’expansion de la révolution mondiale, comme les dirigeants de la 

Grande-Bretagne et de l’Amérique s’y prêtèrent lors de la Première et 

de la Seconde Guerres mondiales ; toute sa vie publique fut passée à 

avertir son pays contre la conspiration destructrice que les leaders 

promouvaient par leurs actes. 

En 1955, un certain Lord Samuel (qui à l’âge d’or du libéralisme 

est passé du simple citoyen M. Herbert Samuel, par le biais de divers 

offices politiques, à l’anoblissement) déclara fièrement être le premier 

juif à avoir jamais occupé un statut de ministre en Angleterre. C’était 

vraisemblablement une moquerie au sujet de la conversion de 

Disraeli ; néanmoins, le monde au XXe siècle aurait pu être meilleur 

s’il y avait eu plus de Disraeli. Ce qui est frappant à propos de Disraeli, 

examiné avec un siècle de recul, c’est son habitude de dire la vérité 

absolue, l’exactitude de ses prédictions, son immense connaissance 

instinctive et acquise, son amour profond – mais dénué de passion –  

pour l’Angleterre, et sa charité chrétienne. Dans les faits, il eut 

toujours raison ; dans les affaires d’opinion, il fut toujours du côté des 

anges. Son mépris pour les « libéraux » était immense, quoique 

exprimé avec délicatesse (« l’infanticide est pratiqué aussi largement et 

légalement en Angleterre qu’il l’est sur les bords du Gange, une 

situation qui n’a apparemment pas encore retenu l’attention de la 

Société pour la propagation de l’Évangile »). Le présent auteur pense 

qu’il s’est trompé sur un point, à savoir son idée que les doctrines de 

Jésus constituaient la réalisation, non pas le désaveu, du judaïsme. 

C’est le contraire qui me paraît exact, à savoir que le judaïsme était 

cette même hérésie (« l’adoration de Moloch ») que Disraeli rejetait et 

que Jésus était venu changer. 

Disraeli était à la fois le produit de la communauté juive séfarade 

et de l’Angleterre à cette période ; il n’aurait pu, sans ces deux 

influences, atteindre cette « caractéristique d’être absolument libre 

de préjugés ». Son père, Isaac D’Israeli, écrivit, « Une religion qui 

 212 

n’admet pas la tolérance ne peut être tolérée sans risque, s’il y la 

moindre chance qu’elle obtienne une ascendance politique », et 

selon l’Encyclopaedia Britannica, la raison pour laquelle Isaac se retira 

de la synagogue était que le judaïsme talmudique, avec ses lois rigides,  

« coupe les juifs de la grande famille de l’humanité ». Le biographe de 

son fils, M. Hesketh Pearson, dit que les anciens condamnèrent Isaac 

D’Israeli à une amende de quarante livres lorsqu’il refusa de devenir 

Gardien de la Congrégation, et déclara qu’il ne pourrait jamais 

participer à leur culte public « car, telle qu’il est mené actuellement, il 

perturbe, au lieu de susciter les sentiments religieux. » Isaac n’aurait 

pu défier ainsi les anciens, s’il avait vécu dans une communauté 

talmudique en Russie ou en Pologne ; il aurait été proscrit, et peut-être 

tué. 

Ainsi, le père et le fils (qui devint membre de l’Église anglicane à 

l’âge de douze ans) furent-ils façonnés par l’atmosphère de liberté de 

l’Angleterre à cette époque. Benjamin Disraeli devait accomplir la 

suppression des derniers handicaps posés pour les Juifs en 

Angleterre,  et proclamer ensuite publiquement – dans la suite 

immédiate de cette émancipation – que les Juifs étaient en passe de 

reprendre partout le contrôle de la révolution mondiale. Pour un 

homme dont la caractéristique était d’être « absolument libre de 

préjugés », la campagne contre les handicaps juifs et le franc exposé 

de ce résultat étaient tous deux des devoirs inévitables, même si le 

second développement confirmait les avertissements des ennemis de 

cette émancipation juive, pour laquelle Disraeli s’était battu. 

Avant de conclure le récit des mises en garde de Disraeli, le cours 

de la révolution mondiale à son époque doit être suivi à la trace, c’est- 

à-dire durant le siècle qui suivit le début des hostilités en France. 

Quand Weishaupt mourut en 1830, laissant derrière lui le plan et 

l’organisation d’abord révélés par la découverte des documents des 

Illuminati en 1786, Disraeli avait 26 ans. Les cinquante ans suivants 

furent consacrés à la lutte pour la succession de Weishaupt ; pendant 

cette période, Disraeli lança nombre de mises en garde. À l’issue de 

cette période, le contrôle juif de la révolution mondiale était néanmoins 

fermement établi et avait reçu l’empreinte des Juifs de l’Est, des 

Khazars mongoloïdes, sous la férule de leurs rabbins talmudiques. 

Le résultat aurait pu être différent, car des hommes de toutes 

sortes luttèrent pour succéder à Weishaupt, et beaucoup d’entre eux 

étaient des gentils. Au début il n’y avait pas d’organisation 

révolutionnaire unique ; il y avait des sociétés secrètes 

révolutionnaires, pas encore unies, dans divers pays. La première 

d’entre elles, et celle qui était le plus clairement dans la droite ligne 

des llluminati de Weishaupt, était Alta Vendita en Italie, dont certains 

documents, saisis et publiés par le gouvernement pontifical, révélèrent 

 213 

une identité de but et de méthode avec les documents Illuminati 

antérieurs d’un demi-siècle (ainsi que Mme Nesta Webster l’a démontré 

à partir des travaux de Crétineau Joly.) 

En France, la franc-maçonnerie continuait à servir de manteau 

pour la révolution, et en Allemagne, la « Ligue de Vertu » (Tugendbund) 

était dirigée par les lieutenants de Weishaupt. 

 Divers hommes travaillèrent à la fusion de ces mouvements 

nationaux, apparemment distincts, en un seul, et en assumèrent la 

direction, en remplacement d’Adam Weishaupt. Parmi eux se 

trouvaient un Français, Louis Blanc (dont le lecteur gardera le nom en 

mémoire, pour une raison qui apparaîtra plus tard ; il parut 

susceptible un moment donné de remplir le rôle de Lénine, avant 

même la naissance de celui-ci) ; un Russe, Michel Bakounine ; et un 

juif né en Allemagne, Karl Marx. 

La lutte fut menée entre ces deux derniers, car Louis Blanc 

s’effaça bientôt de la scène. Michel Bakounine et Karl Marx étaient aux 

antipodes l’un de l’autre. Bakounine, « le père de l’anarchie », était « un 

disciple de Weishaupt », selon le socialiste révolutionnaire français 

Benoît Malon. Il représentait cette jeune race de révolutionnaires 

idéalistes qui pensaient avoir trouvé dans la révolution un instrument 

pour détruire la tyrannie. Il voyait le danger que l’État confiscatoire, 

installé sur les ruines de la propriété privée, reproduise tout 

simplement la propension tyrannique du capitalisme privé sous une 

forme gargantuesque ; il chercha donc des façons de réconcilier la 

propriété conjointe de la terre et du capital avec la diminution la plus 

extrême possible des pouvoirs de l’État, et même en définitive, avec 

l’abolition complète de l’État. Ainsi était-il l’opposé même de Karl Marx, 

dont la proposition similaire, concernant la propriété conjointe de la 

terre et du capital, visait à la simple installation d’une super-tyrannie 

à la place de petits tyrans. 

La passion dominante (et la motivation première) dans tout le 

travail de Bakounine était l’horreur du despotisme ; Marx avait planifié 

la destruction d’une classe dirigeante pour établir un despotisme tel 

que le monde n’en avait jamais connu. C’était-là la différence profonde 

entre les deux hommes, et elle soulève une question à laquelle on n’a 

jamais répondu : si à la place du communisme de Marx, l’anarchisme 

de Bakounine avait pris en main la direction de la révolution mondiale, 

quelles en auraient été les conséquences sur le monde ? Car 

l’anarchisme était opposé à toute forme de gouvernement énergique et 

à l’État en tant qu’incarnation de la force utilisée pour administrer la 

communauté ; le communisme était la déification de la force exercée 

par l’État. 

 214 

Tout à propos de Bakounine est sincère : sa lutte, ses souffrances 

et sa mort. Tout à propos de Marx est faux : ses trente années 

d’incitation depuis la salle de lecture du British Museum, sa vie 

confortable grâce à la générosité de Friedrich Engels, son mariage 

manifestement calculé avec une « von », ses obsèques distinguées avec 

oraisons funèbres ; tout est typique du petit bourgeois qui déclamait 

contre la bourgeoisie. Le plus faux de tout fut son Manifeste 

communiste, qui diagnostiquait un mal (« Le prolétaire est sans 

propriété ») et prescrivait le suicide comme remède (« la théorie des 

communistes peut se résumer à cette seule phrase : Abolition de la 

propriété privée. ») 

C’était une indication claire au prolétariat qu’il n’avait rien à 

gagner du communisme sauf des chaînes, et si des émeutes 

révolutionnaires dans toute l’Europe suivirent la publication du 

Manifeste en janvier 1848, les masses opprimées ne peuvent s’être 

soulevées selon cette simple logique. Après quelques semaines de 

publication, des émeutes se produisirent dans toute l’Allemagne, en 

Autriche, en Hongrie, en Italie, en France et au Danemark. C’était la 

preuve que les  « sociétés secrètes » dans les différents pays étaient en 

plein fusionnement, que des moyens avaient été trouvés pour 

coordonner et synchroniser leurs révoltes, et ainsi, pour la première 

fois, montrer la révolution mondiale en action, via des soulèvements 

simultanés dans de nombreux pays. 

Il est probable qu’une seule organisation, existant déjà à cette 

époque, disposait du réseau international qui pouvait rendre cette 

synchronisation et cette coordination possibles ; c’était le rabbinat 

talmudique d’Europe de l’Est. Théoriquement, la vaste organisation de 

l’Église catholique aurait pu être utilisée dans le même but, mais 

l’Église vit dans la révolution son ennemi le plus mortel et ne fut donc 

pas utilisée ainsi ; sur ce point, l’Histoire est claire. Ce que Disraeli 

avait su et révélé deux ans auparavant devint un fait historique : 

« Cette vaste révolution qui se prépare en ce moment en Allemagne… 

se construit entièrement sous les auspices des juifs ». Karl Marx et son 

Manifeste communiste furent les signes extérieurs et visibles d’un 

événement historique significatif : le judaïsme talmudique avait pris le 

contrôle de la révolution mondiale. 

Des trois hommes qui à cette époque semblaient rivaliser pour 

diriger la révolution, Louis Blanc fut rapidement hors course. Il était 

membre du gouvernement provisoire mis en place à Paris après la 

révolte de 1848, et en qualité de ministre, semblait avoir l’occasion de 

mettre ses théories en pratique. Il maintenait que l’individualisme et la 

compétition étaient les cancers du corps social, et, comme Marx, 

souhaitait mettre en place l’État entièrement despotique (bien que du 

genre « État providence » qui fut privilégié par les socialistes 

 215 

britanniques un siècle plus tard). Il fut le héraut du « droit au travail » 

qui, en Russie au présent siècle, s’avéra être le droit de l’État d’infliger 

le travail obligatoire. Pendant ses brèves fonctions, il entreprit de 

« garantir le gagne-pain des ouvriers par le travail » et fut autorisé à 

convoquer une assemblée de délégués des ouvriers pour préparer un 

plan pour le « plein emploi » Ce rassemblement était dans la forme une 

anticipation des Soviets, et il représente la revendication principale de 

Louis Blanc, dont il faudra se rappeler. Après la répression de la 

révolte, il s’enfuit en Angleterre, dont il ne revint que vingt-trois ans 

plus tard, ayant perdu toute importance. 

Restaient Marx et Bakounine. De façon typique, Karl Marx, 

expulsé de Prusse et de France après 1848, s’installa confortablement 

à Londres jusqu’à sa mort, trente-quatre ans plus tard. Seul 

Bakounine courut pour tenir « les barricades. » Bakounine était de par 

sa naissance un aristocrate russe et avait renoncé à son insigne dans 

un régiment tsariste en 1832, après la répression de l’insurrection 

polonaise de 1830 ; le spectacle d’une Pologne terrorisée inspira dans 

le cœur de ce jeune officier russe l’horreur du despotisme, horreur qui 

domina sa vie par la suite . Il rencontra Marx avant 1848 et laissa une 

description de leurs différences : « Marx m’a qualifié d’idéaliste 

sentimental et il avait raison ; je l’ai qualifié de vaniteux, perfide et 

rusé et j’avais également raison ». 

Bakounine était à Paris lors des combats de 1848, et en mai 1849, 

il était membre du gouvernement temporaire mis en place par les 

révolutionnaires en Saxe, conduisant la défense de Dresde jusqu’à ce 

que les troupes prussiennes l’emportent, lorsqu’il fut capturé en 

essayant de s’échapper (avec Richard Wagner). Il fut condamné à mort 

et gracié, successivement par les gouvernements saxon et autrichien. 

« Il fut enchaîné à un mur pendant une année et livré ensuite au 

gouvernement russe. Après six années d’emprisonnement, il fut 

renvoyé, édenté, atteint du scorbut et vieilli prématurément, « vers la 

liberté tout relative de Sibérie », d’où, en 1861, après douze ans de 

captivité, il s’enfuit vers le Japon, l’Amérique et finalement l’Angleterre. 

Resté indemne après ces épreuves, il recommença aussitôt à prêcher 

l’esprit de révolte anarchiste, et en 1864, il fonda en Suisse son 

Internationale (l’Alliance Internationale Sociale Démocratique). 

Vers la même époque, Karl Marx fonda son Internationale 

(l’Association Internationale des Travailleurs) à Londres, et les années 

qui suivirent furent occupées par la lutte décisive entre Bakounine et 

Marx pour diriger la révolution. Pendant la longue absence de 

Bakounine dans les prisons saxonnes, autrichiennes et russes puis en 

Sibérie, Marx avait établi à Londres son emprise sur l’organisation 

révolutionnaire internationale (dans plusieurs pays, ses gendres 

étaient ses lieutenants, sur le modèle napoléonien), mais la renommée 

 216 

de Bakounine était grande et il ne fut privé de « leadership » que par 

une série de ruses que Marx, grâce au contrôle qu’il exerçait sur le 

Conseil Général, put utiliser contre son rival. En 1872, le Conseil 

Général convoqua un congrès de l’Internationale à La Haye, où 

Bakounine et ses amis ne purent se rendre en raison de l’hostilité 

gouvernementale. Lors ce congrès, des accusations furent portées 

contre Bakounine (rappelant celles qui soixante ans plus tard devaient 

être portées contre tout dirigeant communiste dont Staline voulait se 

débarrasser) et il fut chassé de l’Internationale par un vote du Conseil, 

composé principalement d’hommes triés sur le volet par Marx. 

Brisé par la maladie, Bakounine mourut quelques années plus 

tard, et provoqua semble-t-il sa fin en refusant de se nourrir. Avec lui 

disparut tout espoir (si un tel espoir avait jamais existé) que la 

révolution mondiale organisée puisse servir à vaincre la tyrannie et 

libérer les hommes ; à partir du moment où elle passa « entièrement 

sous les auspices des Juifs » (Disraeli), son but fut d’asservir les 

hommes et d’établir une tyrannie indestructible. L’idée de Bakounine 

était d’organiser la force contre l’oppression, et le pire oppresseur 

d’entre tous, à ses yeux, était l’État. Telles étaient ses paroles :  

« l’État n’est pas la société, ce n’en est qu’une forme historique, aussi 

brutale qu’abstraite. Il est né historiquement, dans tous les pays, du 

mariage de la violence, de la rapine, du pillage, en un mot, de la 

guerre et de la conquête… Il est depuis son origine, et il en est encore 

ainsi, la sanction divine de la force brutale et de l’inégalité 

triomphante. L’État est l’autorité; il est la force ; il représente 

l’ostentation et la fatuité de la force… »  

De fait, un État tel que celui-ci fut conçu et mis en place par Karl 

Marx grâce à son mouvement révolutionnaire international, et il fallait 

que ce fut un État mondial. Bakounine, en 1869, lorsque sa lutte avec 

Karl Marx atteignit son apogée, tout comme Disraeli en 1846 et 1852,  

identifia la direction de la révolution mondiale comme étant juive et il y 

vit, en y réfléchissant, la cause de la perversion de l’idée 

révolutionnaire. Sa Polémique contre les Juifs, écrite en 1869, était 

principalement dirigée contre les Juifs de l’Internationale, et d’après ce 

que nous avons vu depuis concernant ces questions, nous pouvons 

supposer que son renvoi par le Conseil Général Marxiste en 1872 

devint une certitude au moment de cette publication en 1869. 

Lorsque Disraeli mourut en 1881, il avait passé entre trente et 

quarante ans à mettre en garde ses concitoyens et le monde contre 

« les sociétés secrètes » : 

« Ce n’étaient ni les parlements, ni les populations, ni le cours de la 

nature, ni le cours des événements, qui renversèrent le trône de Louis 

Philippe… Le trône a été surpris par les sociétés secrètes, toujours 

 217 

prêtes à ravager l’Europe… Agissant à l’unisson avec un grand 

mouvement populaire, elles peuvent détruire la société… » (1852). 

 

« Il y a en Italie un pouvoir que nous mentionnons rarement dans 

cette Chambre… je veux parler des sociétés secrètes. Il est inutile de 

nier, car ce fait est impossible à cacher, qu’une grande partie de 

l’Europe est couverte d’un réseau de sociétés secrètes, tout comme la 

surface de la terre est maintenant couverte de chemins de fer… Elles ne 

veulent pas d’un gouvernement constitutionnel ; elles ne veulent pas 

d’institutions améliorées… elles veulent changer la propriété de la 

terre, chasser les propriétaires actuels du sol et mettre fin aux 

établissements ecclésiastiques… » (1856). 

Disraeli vit clairement, et il fut peut-être le premier à en 

reconnaître l’essence, la nature frauduleuse du libéralisme : « ce sont 

les manœuvres de ces hommes qui attaquent la propriété et le Christ, 

que les bonnes gens de ce pays, si matérialistes et si religieux, 

reconnaissent et applaudissent comme le progrès de la cause 

libérale. » 

S’il était dans le pouvoir de l’homme, par des avertissements bien 

informés, d’empêcher des événements désastreux, les avertissements 

répétés de cette autorité exceptionnelle auraient évité les troubles que 

la révolution a fait subir à des millions d’êtres humains au siècle 

suivant. Mais, « Par un instinct divin, les esprits des hommes 

pressentent le danger imminent » [William Shakespeare, Richard III – 

NdT] ; la non prise en compte des avertissements de Disraeli prouva ce 

que tous les siècles précédents avaient démontré : aucune mise en 

garde orale ne peut dissuader les êtres humains d’une entreprise 

périlleuse, ou les tirer d’une dangereuse léthargie. Seule l’expérience 

peut les pousser à agir avec le temps, et en cela, le XXe siècle les a 

gâtés. 

Au cours des décennies vers le milieu du siècle dernier, Disraeli 

parla en vain. Il ne pouvait être simplement diffamé comme « chasseur 

de sorcières » et fut donc raillé avec des airs de dédain affectueux : « on 

pensait généralement de lui » (selon M. Hesketh Pearson) « qu’il avait 

une idée fixe au sujet des sociétés secrètes, dont l’existence était niée ; 

mais nous pouvons maintenant les voir comme les graines d’un 

mouvement qui, ayant trouvé la formule, fusionna et couva l’éclosion 

du communisme. » Ce jugement de 1951 est manifestement vrai et en 

accord avec le jugement contemporain du témoin révolutionnaire 

Benoît Malon : « Le communisme fut transmis dans l’ombre au travers 

des sociétés secrètes du XIXe siècle. » 

Ainsi, à la mort de Disraeli, ce qu’il s’était efforcé d’éviter arriva : 

« les sociétés secrètes » étaient unies dans un mouvement 

révolutionnaire mondial sous contrôle juif, et ce mouvement se 

 218 

préparait à faire exploser les fondations du XXe siècle. Il avait trouvé la 

description parfaite de cette organisation : « Un réseau » qui recouvrait 

l’Europe « tout comme la surface de la Terre est maintenant recouverte 

de chemins de fer ». Les hommes informés commencèrent à utiliser de 

plus en plus fréquemment cette expression, « le réseau », et à parler de 

« la main cachée » qui dirigeait les gouvernements. Dans les années 

précédant les révolutions de 1848, l’ancien rabbin Drach, qui comme 

Disraeli avait prévu ce qui était sur le point d’arriver, publia son acte 

d’accusation du Talmud en tant que source de ce processus 

perturbateur ; la persécution qui s’ensuivit à son égard fut décrite par 

un auteur juif nommé Morel, qui entre autres choses déclara : « que 

peuvent faire les mesures les plus sages prises par les autorités de 

tous les pays contre la vaste et permanente conspiration d’un peuple 

qui, comme un réseau aussi étendu que puissant, et qui s’étend sur tout 

le globe, emploie toute son énergie à donner le nom d’Israélite à tout 

événement d’intérêt où qu’il se produise.» 

Cette suite d’événements est significative. En 1772, la Pologne fut 

divisée et, après plus de 2500 ans, le « centre » du gouvernement juif 

«  cessa d’exister » (selon le Dr Kastein) ou devint un gouvernement juif 

secret (comme les autorités russes le pensaient). En 1776, Adam 

Weishaupt fonda ses Illuminati. Vers 1846, Disraeli écrivait que « la 

révolution se développe entièrement sous des auspices juifs. » En 

1869, Michel Bakounine, le disciple de Weishaupt, attaqua les juifs au 

sein du mouvement révolutionnaire. En 1872, Bakounine fut chassé et 

le mouvement communiste uni émergea clairement, sous Karl Marx 

(en 1917, le communisme produisit un gouvernement bolchevique 

presque exclusivement juif). 

Tel fut le résultat, prévu par Disraeli, de la suppression des 

handicaps juifs et de quelques décennies d’émancipation juive. 

L’abaissement des barrières resta sans effet sur l’intégration des Juifs 

au sein du comité des peuples ; ses conséquences furent de donner à 

« la secte la plus redoutable » (selon les paroles de Bakounine) la 

liberté de travailler à la ruine de ces peuples par la révolution. Les 

réponses apportées par le Sanhédrin aux questions de Napoléon au 

début du siècle, se révélèrent dénuées de force au milieu du siècle. À 

dater de ce moment, les Juifs ne seraient pas autorisés à s’engager 

avec les autres hommes, dans les nationalités et les lois des pays où 

ils demeuraient ; au contraire, l’identification avec la révolution 

mondiale les mit encore plus à l’écart des autres qu’ils ne l’avaient 

jamais été auparavant. Le siècle de l’émancipation avait été transformé 

en supercherie avant même qu’il ne se termine. 

C’est au cours du XXe siècle (comme le rapporte à nouveau le Dr 

Kastein), que le terme « antisémitisme » est né. Puisqu’il ne fallait plus 

dire que la « persécution » existait, il fallait trouver un nouveau mot, 

 219 

capable d’intimider les gentils et de terrifier les juifs, le deuxième but 

étant plus important que le premier, et « antisémitisme » fut inventé. 

« Abracadabra » aurait pu aussi bien faire l’affaire, car le terme 

« antisémitisme » est particulièrement absurde par rapport aux gens 

qui ne sont manifestement pas des Sémites et dont la Loi ordonne 

l’éradication des Sémites (les peuples arabes de Palestine ; toute 

manifestation de sympathie envers les Arabes sémitiques, expulsés de 

leur pays natal par les intrus sionistes en 1948, fut à la longue 

qualifiée d’« antisémitisme »). 

On peut supposer que les auteurs de ce terme désiraient préserver 

des mots tels que juif et anti-juif de la controverse publique, et 

comptaient sur l’intimidation des esprits grâce à l’introduction d’un 

mot obscurantiste. Ce que la secte dominante signifiait par 

« antisémitisme » était en fait la combinaison de lèse-majesté (offenses 

à la dignité du pouvoir souverain) et d’hérésie (opposition à la doctrine 

religieuse suprême) ; et au milieu du présent siècle, les esprits 

s’étaient en grande partie soumis à cette idée ; cette famille peuplée de 

nombreuses âmes qui auraient jadis enlevé leur chapeau à l’approche 

du régisseur du châtelain, ou qui se seraient signées à un simple 

regard du prêtre dès que ce dernier tournait le dos, cette famille tenait 

maintenant sa langue et prenait un air respectueux à l’évocation de 

toute affaire juive. 

L’expression « antisémitisme » fut inventée à l’époque où « les 

hommes de race juive », ainsi que le soulignèrent Disraeli et 

Bakounine, reprirent la direction de la révolution mondiale, et l’objectif 

principal de son invention était de dissuader par l’intimidation tout 

débat public concernant ce développement remarquable ; les 

événements du siècle présent l’ont abondamment prouvé, comme ce 

livre le montrera. À une époque récente, une autorité juive, M. Bernard 

Lazare, proposa une définition de « l’antisémitisme » dans un livre 

intitulé ainsi. Cette définition n’avait aucun rapport avec le prophète 

Sem et sa tribu, avec le sang, le discours ou la lignée sémitiques, ou 

avec quoi que ce soit de sémitique ; M. Lazare associait entièrement 

« l’antisémitisme » à une opinion défavorable du rôle joué par les juifs 

dans la Révolution. Il écrivit : 

« Voici ce qui doit distinguer l’historien impartial de l’antisémite. 

L’antisémite dit : ‘ le juif est le préparateur, le conspirateur, 

l’ingénieur en chef des révolutions ; l’historien impartial se confine à 

l’étude du rôle que le juif, étant donné son esprit, son caractère, la 

nature de sa philosophie et sa religion, peut avoir joué dans les 

processus et les mouvements révolutionnaires. » 

Ce que M. Lazare exprime clairement, c’est que seul un simple 

« rôle » dans les processus révolutionnaires pourrait être attribué aux 

juifs, et que celui qui disait que le juif était « le préparateur, le 

 220 

conspirateur, l’ingénieur en chef des révolutions  », commettait un 

crime de lèse-majesté et d’hérésie. 

Pourtant, c’est en substance ce que disait Disraeli (qui avait 

d’ailleurs peut-être une ou deux gouttes de sang sémitique coulant 

dans ses veines, et en cela il était différent des juifs de l’Est auxquels il 

faisait allusion) : « cette vaste révolution… se développe entièrement 

sous les auspices des juifs », « l’influence des juifs peut être retracée 

dans la dernière éruption du principe destructeur », « on retrouve des 

hommes de race juive à la tête de chacune d’elles » (c’est-à-dire, les 

sociétés secrètes). 

Étant lui-même de race juive, Disraeli ne ressentit 

vraisemblablement pas le besoin d’insister sur le fait que beaucoup de 

juifs étaient aussi vaillamment opposés que lui « à la vaste révolution » 

et « au principe destructeur ». À son époque, cela aurait paru évident 

et il n’aurait pas eu à blinder ses paroles contre le propagandiste qui, 

aujourd’hui, l’accuserait d’incriminer tous les Juifs par ses allusions  

aux « auspices des juifs » et à « l’influence des juifs » (ce qui, selon la 

définition de M. Lazare, ferait de lui un « antisémite » !). 

Depuis la période révolutionnaire française (où les juifs vivant 

depuis longtemps en France mirent en garde contre les nouveaux 

venus de l’Est qui causaient des troubles en Alsace), les juifs séfarades 

de l’Ouest résistèrent fortement au vent mauvais qui soufflait vers eux 

depuis l’Est. L’émancipation avait desserré leurs liens ; ils étaient prêts 

à perdre tout ce qu’ils avaient gagné, si jamais « le principe 

destructeur », « manigancé » par la secte talmudique et les ashkénazes 

à l’Est, devait l’emporter sur l’Occident. 

Les mises en garde de Disraeli s’adressaient à cette population 

séfarade, qui était alors la partie dominante de la communauté juive, 

tout autant qu’aux gentils ; peut-être même plus. On peut dire aussi 

que les juifs séfarades y prêtèrent plus d’attention que les foules de 

gentils autour d’eux. Leur punition serait l’excommunication ; par 

l’une des plus formidables opérations jamais réalisées par des 

statisticiens sur un groupe de gens, les séfarades allaient sous cent 

ans être déclarés comme étant pratiquement disparus (tout comme 

« les dix tribus perdues » longtemps auparavant). 

 

 

Chapitre 22 

LES ADMINISTRATEURS 

Quand la direction juive de la révolution mondiale devint 

perceptible au milieu du siècle dernier, c’était une direction par les 

juifs ashkénazes (de l’Est, ou slaves.) Les juifs séfarades (de l’Ouest, ou 

ibériens) y étaient en majorité fortement opposés. Elle était dirigée 

contre eux autant que contre la chrétienté, car l’émancipation en 

Europe avait conduit dans leur cas à une assimilation assez profonde ; 

ils échappaient à l’emprise des dirigeants aînés du judaïsme, étaient 

confrontés à la perte de leur pouvoir du fait de l’intégration juive dans 

l’humanité. La ségrégation était vitale au judaïsme talmudique, et 

l’intégration fatale. 

À ce moment, ils firent entrer les « juifs de l’Est » dans l’arène ; 

leur apparition en tant que groupe distinct de juifs coïncida avec le 

début de la révolution mondiale. Avant cela, l’Occident connaissait 

seulement les « juifs », et ceux-ci étaient les juifs séfarades. Faisant 

allusion à la période où Disraeli commença à parler de leadership juif 

de la révolution, le docteur Kastein dit : « Désormais, il est possible de 

parler des juifs de l’Ouest et de l’Est. » En fait, les lignées distinctes 

existaient depuis environ mille ans ; le docteur Kastein veut dire par là 

que ce sont les juifs de l’Est qui, à ce moment-là, apparurent comme 

un groupe distinct, mobilisé par le gouvernement rabbinique pour une 

action contre les juifs séfarades de l’Occident émancipés, et contre 

l’Occident lui-même. 

Jusqu’à cette époque, les juifs occidentaux ne connaissaient que 

vaguement ces juifs de l’Est, et ils étaient inconnus de l’Occident 

chrétien. Leur cohésion de masse, ainsi que l’énergie qu’on avait 

stockée en eux au cours des nombreux siècles d’absolutisme 

rabbinique dans les ghettos, faisaient d’eux, lorsqu’ils entrèrent en 

Occident, la plus puissante des forces qui modelèrent les événements 

du XXe siècle. Ils correspondaient bien au but auquel ils étaient 

destinés. Racialement d’origines asiatiques barbares, ils avaient reçu 

pendant des siècles une formation talmudique d’une discipline aussi 

stricte que celle de n’importe quel despotisme oriental de l’Antiquité. 

Dans la grande stratégie qui se déploya au XXe siècle, ils furent 

employés dans un double objectif, et utilisés avec compétence pour 

l’atteinte de buts si contradictoires que n’importe quel observateur 

sensé devait considérer leur accomplissement simultané comme 

impossible, avant qu’il n’arrive. En Russie même, ils furent utilisés, 

par leur masse, pour détruire l’émancipation (car il n’y aurait eu 

aucun espoir de reprendre les juifs émancipés d’Europe de l’Ouest si 

 222 

ceux-ci avaient vu que les juifs de l’Est, eux aussi, devenaient 

émancipés)., Alors même qu’ils bloquaient le processus d’émancipation 

en Russie, ils furent décrits au monde extérieur comme les victimes 

d’une persécution cruelle et « antisémite » qui leur refusait 

arbitrairement l’émancipation ! 

Étant donné le contrôle par les médias modernes de la 

propagande et de la suggestion de masse, il est possible d’imprimer 

dans l’esprit de la multitude une image faussée de ce qui arrive 

ailleurs, et, ensorcelé par ces notions erronées, de l’entraîner vers la 

guerre elle-même. Au cours du siècle dernier, les politiciens 

occidentaux commencèrent à prendre l’habitude de s’opposer à la 

persécution des juifs en Russie, tandis que ces mêmes juifs étaient 

poussés sous un leadership rigoureux à abolir l’émancipation par tous 

les moyens imaginables. 

De peur que le lecteur n’entretienne des doutes, je dois ajouter 

que l’image donnée ici est authentique au regard de l’Histoire, et 

confirmée par les autorités judaïstes. Le docteur Kastein, entre autres, 

déclare : « La grande majorité des juifs offrait une résistance passive et 

amère à toute “tentative d’amélioration”. » Cependant, cette résistance 

n’était pas simplement « passive », elle prit aussi des formes 

meurtrières. Le Dr Chaim Weizmann est probablement la meilleure 

autorité concernant cette période, et son travail sera largement cité 

dans ce qui va suivre. Les ashkénazes ghettoïsés (tant dans leurs 

organisations communistes que sionistes) reçurent l’inspiration 

d’entraver l’émancipation par tous les moyens possibles (y compris 

l’assassinat en dernier recours), tandis que l’histoire de leur 

persécution était martelée telle une menace d’intimidation dans la 

conscience des juifs de l’Ouest, et telle une demande légitime 

d’assistance dans celle de l’Occident chrétien. 

Les politiciens gentils d’Occident présentèrent à leurs peuples ces 

fictions comme une vérité, car ils avaient constaté que des juifs 

puissants, dans tous les pays, trouvaient le moyen de prêter 

assistance aux partis qu’ils favorisaient – et ce, par de l’argent et le 

soutien de la presse, et par des voix aux élections ; ils exigeaient en 

retour un soutien à la cause des juifs « persécutés » en Russie, et au 

« retour » en Palestine. Dans les faits, cela signifiait que les politiciens 

qui recherchaient ces faveurs devaient subordonner l’intérêt national à 

deux causes ultimement destructrices de tous les États-nations : la 

révolution, et l’ambition d’acquérir des territoires pour la race 

dominante. Tel fut le processus par lequel, comme Disraeli le dit dans 

Lothair (1870), « la démocratie a rabaissé les hommes d’État au rang de  

politiciens. » De cette même façon, cet état d’esprit de masse 

commença à prendre forme, qui ne tolérait aucune réfutation ––  peu 

importe qu’elle soit entièrement prouvée –– de la légende d’une 

 223 

persécution juive permanente et d’une maladie endémique chez 

l’homme gentil (épidémie appelée, à ce moment-là en Russie,  

« antisémitisme » ). Quand il était dangereux de croire que la terre était 

ronde, la multitude soutenait énergiquement qu’elle était plate ; cette 

situation fut reproduite au XIXe siècle – en ce qui concerne la 

propagande du judaïsme talmudique –– avec les résultats que l’on a pu 

observer au cours de ce siècle-ci. 

Les juifs occidentaux furent beaucoup moins sensibles que les 

politiciens occidentaux à ces deux courants venus de l’Est. Ces juifs 

originels, en qui la tradition et la pression séfarades se perpétuaient, 

avançaient vers l’intégration ou au moins vers une implication au sein 

de l’humanité, avec de moins en moins de frictions. Ils craignaient 

intuitivement la pression grandissante venue de Russie et, se 

rappelant la fin malheureuse des longs siècles prospères en Espagne, 

étaient saisis d’appréhension à la pensée de ses conséquences 

possibles. Je me rappelle, du temps où j’étais en Europe, combien les 

juifs occidentaux se méfiaient et avaient peur de ces juifs de l’Est, en 

qui ils voyaient la menace spectrale d’un retour forcé aux ghettos et à 

l’absolutisme rabbinique. Le juif allemand avait alors coutume de faire 

allusion avec aversion à « diese Ostjuden » (ces juifs de l’Est !) ; le juif 

de l’Est pour sa part, quand, après la Première Guerre mondiale, il 

quitta la Russie et la Pologne et se mit en route pour l’Allemagne, 

parlait avec mépris des juifs installés là-bas, les qualifiant de « diese 

Berliner » (ces Berlinois !). 

La direction rabbinique de la communauté juive entreprit, de 

l’intérieur des places fortes orientales, d’utiliser ces Tartares judaïsés 

venus de Russie, contre les juifs émancipés d’Occident et contre 

l’Occident lui-même. L’existence impénétrable de la communauté juive 

a toujours empêché le dénombrement des juifs, à toutes les périodes. 

Ce manque de tout recensement fiable des populations juives permit à 

la secte dirigeante, il y a un siècle, de commencer, et à présent de 

pratiquement achever, une opération biologique stupéfiante : ils ont 

transformé presque tous les juifs en ashkénazes ! 

À la fin du XVIIIe siècle, les juifs connus de l’Occident étaient les 

séfarades, qui avaient au moins hérité d’une tradition ténue, mince fil 

qui, par l’Espagne, conduisait en Afrique, et se fondait alors en une 

légende d’origine cananéenne. Arrivés au milieu de notre siècle, ces 

juifs ont été déclarés par les sages de la communauté juive comme 

ayant pratiquement disparu ! Un rapport présenté à la Deuxième 

Conférence Séfarade mondiale qui s’est tenue à New York en 1954, a 

déclaré que la population juive mondiale était de 11 763 491 ; que 

seulement 1 744 883 (soit 15 pour cent) de ces juifs étaient séfarades ; 

et que seuls 52 000 de ces séfarades vivaient en Europe (qui autrefois 

 224 

ne connaissait que les juifs séfarades) et dans tout l’hémisphère 

occidental. 

Les processus normaux de naissance et de mort n’ont pu 

accomplir cette magie. Manifestement, les séfarades, comme les dix 

tribus d’Israël il y a presque trois mille ans, ont été déclarés 

« disparus » parce qu’ils « [ont cessé] de croire qu’ils avaient une 

destinée différente de celle de leurs prochains ». On a accordé aux 

ashkénazes la succession de Juda, « un ordre d’existence 

fondamentalement différent de celui des gens alentour… aucun 

processus d’assimilation aux autres… une différentiation absolue » ; et 

presque tous les juifs sont maintenant déclarés ashkénazes ! Ainsi les 

sages du judaïsme ont-ils par deux fois supprimé des populations à 

coup de stylo. Les séfarades ont été excommuniés pour la même raison 

que les Israélites, mais ils continuent manifestement à survivre, en 

vérité, certains intégrés dans l’humanité, certains dans la ségrégation 

du judaïsme originel. 

L’identification des juifs de l’Est avec la révolution mondiale, il y a 

un siècle, n’a pu arriver par hasard ou du fait de penchants 

individuels, parce qu’ils étaient gouvernés de façon despotique. Le 

régime des rabbins à l’Est était presque absolu, et les communautés 

ghettoïsées obéissaient à leurs ordres, en tant que législateurs et 

magistrats de droit divin, dans chaque acte de la vie quotidienne. 

Pendant les années 1930, où je vis beaucoup de ces communautés 

juives de l’Est, en Pologne et en Ruthénie, ils menaient toujours une 

existence de reclus, inimaginable pour l’esprit occidental jusqu’au jour 

où elle fut constatée. Un mouvement massif de ces juifs de l’Est vers le 

camp révolutionnaire (ou un autre camp) n’aurait pu arriver sans 

guidance rabbinique, car les peines pour désobéissance, dans ces 

prisons talmudiques, étaient extrêmes (j’ai déjà cité l’autorité juive qui 

témoigne que les rabbins encourageaient parfois au lynchage si les 

circonstances locales les empêchaient de prononcer ouvertement la 

peine de mort prescrite par la Loi).11 

                                                

11 

 Cette administration rabbinique de la Loi Judaïque dans les communautés juives 

continue aujourd’hui aux États-Unis, en Angleterre et dans d’autres pays occidentaux. En 

1955, un marchand juif de Leeds, en Angleterre, fut soupçonné par les juifs d’avoir permis à 

quelque 223 vieux chars britanniques, dont il s’était débarrassé, d’atteindre l’Égypte, un des 

voisins de l’État sioniste. Aucune plainte ne fut prononcée par rapport à cette vente à 

d’autres pays, et la transaction, indépendamment de sa destination, était légale sous la loi 

britannique. La vente égyptienne présumée, fut seule portée devant une cour juive, dont le 

président déclara, dans la presse anglaise, que si l’homme était disculpé, le verdict de la 

cour « sera[it] accepté sans poser de questions par la communauté juive », mais s’il ne l’était 

pas, « nous avons nos propres moyens, en tant que communauté, de nous occuper d’un 

transgresseur. » 

Le mot « transgresseur » se réfère à la loi rabbinique judaïque, si bien qu’il était de notoriété 

publique qu’un homme déclaré « transgresseur » de cette loi serait puni, sans égard pour 

son innocence ou sa culpabilité sous la loi du pays dont il était citoyen. 

 225 

Par conséquent, le mouvement massif vers le camp 

révolutionnaire doit être considéré comme une manœuvre politique de 

haut niveau, dirigée après maintes considérations par ce 

gouvernement juif qui avait été transféré en Pologne après l’expulsion 

d’Espagne, et avait disparu aux yeux des hommes lors de la partition 

de la Pologne en 1772. Envisagé dans cette perspective historique, le 

triple objectif du grand dessein s’éclaire, et les événements l’ont 

démontré. Primo, par la révolution, le processus d’émancipation (et 

avec lui, d’assimilation des juifs en Occident) pouvait être inversé, et la 

suprématie de la secte dirigeante au sein de la communauté juive 

maintenue. Secundo, par la révolution, une vengeance pouvait être 

exercée sur la chrétienté pour l’expulsion d’Espagne, ou peut-être pour 

l’existence de la chrétienté (car elle est l’affront auquel le Talmud est, 

dans les faits, la réponse.) Tertio, la révolution promouvait 

l’accomplissement de la Loi, qui décrétait la ruine des gentils et le 

triomphe du Peuple élu ou, en tout cas, de la secte qui utilisait ce 

terme séduisant. 

Une ambition, qui peut-être n’était pas si ridicule aux yeux des 

tribus du Proche-Orient et à l’intérieur du petit territoire du monde 

connu en 500 av. J.-C., devint ainsi l’ambition mégalomane de notre 

ère universelle, qui est actuellement témoin d’une tentative d’imposer 

au monde une loi tribale antique, née dans les fiefs insignifiants de 

petits territoires anciens. Le gentil a tendance à imaginer que la Loi qui 

dirige cette entreprise est celle qu’il peut trouver dans la Torah, ou 

Ancien Testament, qu’il partage avec le juif, mais cela n’est le cas. 

L’Ancien Testament contient une loi noble de justice et de 

comportement altruiste, et des notions inspirées de l’universelle 

« maison de prière de tous les peuples ». Cette Loi fut rejetée par Juda, 

et la Torah inclut des interpolations et annulations qui la rendent 

caduque ; mais en tout cas, elle contient les deux ; ce sont deux livres, 

et tout homme peut choisir celui qui lui semble être la parole de Dieu. 

En fait, c’est ce que le christianisme a fait ; Il a pris dans l’Ancien 

Testament, et s’est  appliqué à lui-même ces parties de la Torah qui 

sont d’application universelle, et a ignoré les insertions lévitiques qui 

annulaient les commandements moraux. 

                                                                                                                                                   

Dans ce cas, la mesure prise touche à la politique d’État à ses plus hauts niveaux, ceux de 

la politique étrangère et de la défense nationale : car la politique étrangère et la défense 

nationale ne peuvent être menées dans l’intérêt national si des parties de la communauté 

sont en mesure d’annuler la politique gouvernementale en dictant le choix de pays étrangers 

auxquels des armes peuvent être vendues, et en punissant les « transgresseurs ». Ce cas, 

toutefois, fut exceptionnel du seul fait de la publicité qu’il reçut. Pour autant que je sois 

capable d’en juger, cela ne suscita pas un grand intérêt ou émotion publics, ou si ce fut le 

cas, on le lui offrit pas de tribune dans les journaux. C’était un exemple de l’extrémité à 

laquelle on était arrivé, en 1955, au point de supprimer le débat ou la critique publics 

concernant toute mesure prise par les pouvoirs dirigeants de la communauté juive en 

Occident. 

 

 226 

Mais la Loi judaïque, sous laquelle le rabbinat oriental dirigea les 

juifs de l’Est vers le camp révolutionnaire, est celle du Talmud, dont 

« le juif moderne est le produit » (M. Rodkinson, précédemment cité). Le 

Talmud ne contient aucune loi noble de justice applicable à tous les 

hommes, mais installe le credo de Moloch dépourvu d’application 

universelle ; c’est un livre, pas deux. C’est la réponse intransigeante au 

christianisme : « les préceptes de justice, d’équité ou de charité envers 

son prochain, non seulement ne sont pas applicables en ce qui 

concerne le chrétien, mais constituent un crime pour quiconque 

agirait différemment. Le Talmud interdit expressément de sauver un 

non-juif de la mort… de lui restituer des biens perdus, etc., de le 

prendre en pitié » (l’ex-rabbin Drach, déjà cité.) C’était la Loi des 

ashkénazes slaves dans leurs ghettos ; les ashkénazes, sous une 

direction sévère, devinrent les instigateurs de la révolution mondiale ; 

et selon les autorités judaïques, les ashkénazes sont aujourd’hui « les 

juifs », ou 85 pour cent d’entre eux. 

Ainsi, dans des régions de Russie peu connues du monde 

extérieur, une redoutable secte secrète forma-t-elle une masse 

compacte d’êtres humains en vue d’une attaque envers les États- 

nations de la chrétienté et de l’Occident, et au XIXe siècle, commença à 

libérer la force qu’elle avait générée. Pendant les cent cinquante ans 

suivants (jusqu’à ce jour), la force révolutionnaire travailla, avec un 

effet de propagation, à semer la confusion en Occident, en suivant 

toujours le plan exposé à l’origine dans les documents de Weishaupt, 

et des « hommes de race juive » se trouvèrent constamment à sa tête. 

Les résultats ont démontré que l’Europe, autrefois un bloc continental 

d’États-nations prospères et virils, est aujourd’hui devenue un endroit 

où vivent des peuples déconcertés, qui luttent pour sortir d’un nouvel 

Âge des ténèbres et entrer à nouveau dans la lumière. Les effets s’en 

sont étendus bien au-delà de l’Europe ; le « principe destructeur » de 

Disraeli frappe aujourd’hui aux portes du monde entier. Probablement, 

encore cent ans devront passer avant que la force libérée ne s’épuise et 

que les ashkénazes (comme les séfarades avant eux) ne trouvent 

l’attrait de l’humanité trop fort pour eux, entraînant la disparition du 

rêve de domination mondiale des kabbalistes. 

Sous la Loi, cette destruction n’était pas une fin en soi ; c’était un 

moyen d’arriver à la fin établie dans la Loi. L’extirpation des États- 

nations était le prélude essentiel à l’établissement de l’État-nation 

triomphant, celui du peuple élu sur sa Terre promise. Ainsi, au milieu 

du siècle dernier, une seconde force fut-elle aussi créée dans ces 

mêmes régions régies par le Talmud, à l’Est, où la révolution mondiale 

avait reçu sa forme et son impulsion. 

C’était le sionisme, force qui fut mise en mouvement pour 

accomplir « le retour » et poser les fondations de l’État-nation suprême 

 227 

en Palestine. Cette force de domination, à chaque étape du processus 

de ces cent dernières années, avança au même rythme que la force de 

révolution, et aucune n’aurait pu réaliser sans l’autre ce qu’elles 

réalisèrent ensemble. L’accomplissement en est clair : « le retour » a été 

accompli, et l’État-nation du peuple élu a été fondé ; simultanément,  

les États-nations des autres peuples, ces races à l’extérieur de la Loi, 

ont été réduits ou éteints. La force dominante a corrompu les 

gouvernements de ces États aux niveaux supérieurs ; la force 

révolutionnaire a érodé leurs fondations aux niveaux inférieurs. 

Le docteur Kastein ayant affirmé que le gouvernement juif (« le 

centre », avec son histoire intacte de plus de deux mille ans) « cessa 

d’exister » après la partition de la Pologne en 1772, note que cent ans 

plus tard, « une Internationale juive » existait. Il voulait manifestement 

dire que le gouvernement juif des juifs avait cédé la place à un 

gouvernement juif des gouvernements, et c’est manifestement la vérité 

aujourd’hui. 

Disraeli parlait d’ « un réseau » d’organisations révolutionnaires 

qui couvraient la terre comme un système de chemins de fer ; c’est la 

description parfaite du mécanisme destructeur qui fut construit. Pour 

réaliser le but supérieur, il devait y avoir un autre réseau au sommet, 

et bien que Disraeli n’eût pas utilisé ce mot dans son argumentation, il 

s’y rapportait quand il disait : « Le monde est dirigé par des 

personnages très différents de ce que peuvent imaginer ceux qui ne 

sont pas dans les coulisses ». C’est vraisemblablement 

« l’Internationale juive » dont parle le docteur Kastein, une ligue de 

responsables puissants et riches, sous l’autorité desquels les rois et les 

princes, d’abord, et les présidents républicains et les politiciens, 

ensuite, se retrouvèrent de la même manière. 

Ces deux machines travaillèrent de manière synchrone, chacune 

promouvant le but de l’autre. Dans leurs relations avec les masses, les 

dirigeants gentils furent forcés, sous la menace d’une révolution venue 

« d’en dessous », d’exercer toujours plus d’autorité, jusqu’à leur chute ; 

dans leurs relations avec les pays étrangers et à l’occasion des guerres 

auxquelles celles-ci menèrent, ils furent contraints, par le « pouvoir du 

porte-monnaie », de soutenir le plan du « retour » symbolique en 

Palestine. Le gentil se demande souvent pourquoi des hommes riches 

devraient promouvoir la révolution. Disraeli pose la même question, et 

donne cette réponse : « ils veulent détruire le christianisme ». Il savait 

précisément ce qu’il voulait dire ; la réponse peut être rendue plus 

compréhensible au gentil en disant qu’ils obéissent à la Loi 

talmudique, qui exige la destruction des États-nations païens, comme 

prélude au « retour » triomphant. 

Ainsi, l’histoire de l’apparition du sionisme venu des ghettos de la 

Russie et de l’interaction délicate entre deux forces, l’une s’enroulant 

 228 

autour des dirigeants de l’Occident, l’autre sapant la structure des 

États-nations, forme-t-elle le chapitre suivant de la controverse de 

Sion. 

 

 

Chapitre 23 

« LE PROPHETE » 

Le XIXe siècle s’avançait inexorablement vers le reniement des 

aveux du Sanhédrin à Napoléon, vers la re-ségrégation des juifs, vers 

le rétablissement de cet État théocratique au sein des États, le danger 

que Tibère avait dépeint avant que l’ère chrétienne ne commence. La 

lutte n’était pas entre « les juifs » et « les gentils » ; comme le jour 

ancien où les soldats du roi perse ont permirent à Esdras et Néhémie 

d’imposer « la nouvelle Loi » sur les Judaïtes, c’était encore une fois 

entre quelques juifs et quelques gentils, et les autres juifs et les autres 

gentils. Le mystère fut toujours qu’à de telles jonctions, les dirigeants 

gentils s’allièrent à la secte dirigeante du judaïsme contre les masses 

juives, et ainsi contre leurs propres peuples, parmi lesquels ils 

encourageaient une force perturbatrice. Ce paradoxe s’est répété au 

XIXe siècle et a produit le climatère de notre époque présente, dans 

lequel toutes les nations sont lourdement impliquées. 

Les juifs émancipés d’Occident furent défaits à cette occasion, 

avec la population de l’humanité gentile, par les politiciens 

occidentaux, qui s’enrôlént, comme une Garde suisse, dans le service 

du sionisme. Ce récit doit donc faire une pause pour examiner « les 

libéraux » du XIX siècle qui lui permirent, en soutenant le sionisme, de 

perturber les affaires et de faire dévier les politiques nationales des 

peuples. 

Ils peuvent être étudiés le mieux en regardant le fondateur de leur 

lignée. « Le Prophète » (il revendiqua le titre qu’Amos avait rejeté avec 

colère) était Henry Wentworth Monk, dont peu se souviennent 

aujourd’hui. Il fut le prototype du président américain ou du Premier 

ministre britannique du XXe siècle, le vrai modèle d’un politicien 

occidental moderne. 

Pour représenter cet homme, on devrait réanimer toutes les 

pensées et impulsions du siècle dernier. C’est suffisamment récent 

pour faire une tentative plausible. Un effet de l’émancipation fut de 

faire croire à chaque penseur indiscipliné qu’il était un leader de 

causes. La diffusion de la parole écrite permit aux démagogues de 

répandre des pensées considérées comme malades : la vitesse et la 

distance croissantes des transports les amenèrent à rechercher des 

causes bien au-delà de leur horizon natal. L’irresponsabilité pouvait 

passer pour de la charité chrétienne quand elle accusait ses voisins 

d’indifférence envers la situation critique des orphelins éthiopiens, et 

qui pouvait vérifier les faits ? Dickens dépeignit ce type de personnage 

par Stiggins, avec sa société de fourniture de mouchoirs de poche 

 230 

moraux à des bébés noirs ; Disraeli fit remarquer que l’existence 

affreuse des mineurs du Nord de l’Angleterre avaient « échappé à 

l’attention de la Société pour l’abolition de l’esclavage noir. » 

La nouvelle façon d’acquérir une réputation publique était trop 

facile pour que de telles réprimandes dissuadent ceux qui étaient 

tentés par le séduisant terme « libéral », et bientôt la passion de la 

réforme remplit l’espace libéral, qui ne tolérait pas le vide. « Les droits 

de l’homme » devaient être affirmés ; et les injustices survivantes se 

découvraient plus facilement chez les peuples lointains (et, pour la 

ferveur, plus c’est loin, meilleur c’est). Ce fut l’âge d’or des vertueux, de 

ceux qui voulaient seulement le bien des autres et qui ne se souciaient 

pas du mal qu’ils pouvaient faire sous cette bannière. Les bonnes 

âmes fondèrent une génération et aussi une industrie (car cette 

vocation n’était pas exempte de récompense matérielle, tout comme 

d’applaudissements). Au nom de la liberté, ces gens allaient à notre 

époque applaudir, et aider à provoquer, le ré-asservissement de la 

moitié de l’Europe. 

C’est à une telle époque qu’Henry Wentworth Monk est né (en 

1827) dans une ferme agricole sur la rivière Ottawa, au Canada, en ce 

temps-là loin de tout. À sept ans, on fut violemment arraché à ses 

parents et amis et transféré à la Bluecoat School de Londres, à cette 

époque un endroit strict pour un enfant solitaire. Les garçons 

portaient la tenue de l’époque de leur fondateur (Édouard VI), le long 

manteau bleu, le foulard de prêtre, les collants jaunes et les 

chaussures à boucle. Ils vivaient comme une secte à part, mangeaient 

une nourriture monastique, en petite quantité, la baguette n’était pas 

épargnée, et ils étaient sévèrement exercés aux Saintes Écritures. 

Ainsi, le jeune Monk avait-il beaucoup de besoins émotionnels, 

pleurant pour être apaisé, et son esprit d’enfant commença à trouver 

des applications modernes dans l’Ancien Testament, vers lesquel son 

esprit d’enfant était si diligemment dirigé. Par « bêtes rapides », 

déduisait-il, Isaïe voulait dire chemins de fer et par « messagers 

rapides »,  navires à vapeur. Il décida ensuite, à cet âge précoce, qu’il 

avait trouvé les clés de la « prophétie » et pouvait interpréter l’esprit de 

Dieu en termes de son époque. Il ignora les avertissements des 

prophètes israélites et du Nouveau Testament contre cette tentation 

même ; ce qu’il trouva était simplement l’enseignement du sacerdoce 

lévitique, qu’un jour le gentil serait détruit, et le peuple élu rassemblé 

à nouveau dans son royaume suprême sur la Terre promise. 

Les hommes de rang et d’influence jouaient aussi avec cette idée 

que le temps était venu pour eux de représenter l’esprit de Dieu. 

Quand Monk avait onze ans, un certain Lord Shaftesbury proposa que 

les grandes puissances achètent la Palestine au sultan de Turquie et 

« la restituent aux juifs ». L’Angleterre avait alors un homme d’État, 

 231 

Lord Palmerston, qui ne laissait pas de telles notions perturber son 

devoir, et rien ne fut fait. Mais dans l’esprit du jeune Monk, une idée 

s’enflamma, et le Prophète était né ; à dater de ce moment, sa vie ne 

comporta aucun autre intérêt jusqu’à sa mort soixante ans plus tard ! 

À quatorze ans, il obtenut un congé spécial pour assister à un 

sermon prêché par « le premier évêque anglais à Jérusalem » (dont le 

nom, l’histoire le rapporte, était Solomon Alexander). Le petit garçon 

retourna à l’école les yeux brillants, consacrant sa vie à procurer la 

Palestine, sans égard pour le peuple qui s’y trouvait déjà, à un 

quelconque groupe d’autres gens tout à fait inconnus de lui. L’idée ne 

le voulut pas le laisser en paix, à la ferme canadienne de son père, 

quand il y retourna ; elle se tenait entre lui et le ministère chrétien, 

quand il devint candidat à ce dernier. Il étudia de près l’Ancien 

Testament, et a constata que ce n’était qu’un code, qui s’éclairait 

devant ses yeux. 

Ainsi, il tomba dans l’irrévérence que l’étude des Écritures 

lévitiques produit parfois chez les hommes qui se décrivent comme des 

chrétiens et ignorent pourtant le Nouveau Testament. Une fois qu’ils 

acceptent le concept de prévisions qui doivent être littéralement 

accomplies, ils cèdent, en fait, à la Loi judaïque d’un contrat politique 

qui ne laisse aucune latitude à Dieu, sauf sur le point du moment 

d’accomplissement. De cela ils passent, d’un seul bond, à la 

conclusion qu’ils connaissent le moment (que Dieu, 

vraisemblablement, a oublié). À cette étape, de tels hommes croient 

qu’ils sont Dieu. C’est la fin à laquelle le processus doit les mener : le 

déni du christianisme et de toute divinité. C’est le blasphème auquel 

tous les politiciens principaux de l’Occident, à notre siècle, se sont 

prêtés ; Monk fut l’original d’une multitude. 

Même dans son habitat canadien retiré, il trouva d’autres 

prophètes. Un juif américain, un certain Major Mordecai Noah, 

essayait de construire une « ville de refuge » juive sur une île de la 

rivière Niagara, préparatoire « au retour » ; de quoi les juifs d’Amérique 

du Nord avaient-ils besoin de se réfugier, jusqu’à ce qu’ils «  

retournent », lui seul le savait. Également, un certain M. Warder 

Cresson, le premier consul des États-Unis à Jérusalem, devint si 

passionné pour le « rétablissement» qu’il embrassa le judaïsme et 

publia un livre, Jerusalem The Centre And Joy Of The Whole World 

[Jérusalem le centre et la joie du monde entier – NdT]. En retournant 

en Amérique, il répudia son épouse gentile, se renomma Michel Boas 

Israel, est alla en Palestine et s’y arrangea pour épouser une juive avec 

qui il ne pouvait communiquer que par signes. 

Tout cela excita d’autant plus l’ardeur de Monk. Il décida, dans la 

tradition de l’Ancien Testament, de ne plus se couper les cheveux ni de 

se parer le corps jusqu’à ce que « Sion soit rétablie. » Tandis que ses 

 232 

cheveux poussaient abondamment, il devint complètement hirsute ; 

comme il vendit sa petite propriété et ensuite ne travailla jamais, il 

dépendit des autres pour le restant de ses jours. À vingt-six ans, il 

partit pour Jérusalem et l’atteignit après beaucoup d’épreuves. N’ayant 

que la pilosité et l’aspect miteux pour témoigner de la vérité de son 

message, il trouva peu d’auditeurs. 

Monk aurait pu disparaître des annales à ce moment-là, mais une 

rencontre fortuite le fit connaître publiquement. À notre siècle de 

guerres mondiales, de projectiles transcontinentaux et 

transocéaniques et d’explosifs de destruction massive, le XIXe siècle est 

estimé être une période stable, paisible, non assombrie par la crainte 

du lendemain. Le chercheur, particulièrement de cette controverse de 

Sion, est stupéfié de trouver combien d’hommes instruits vivaient 

apparemment dans la peur de l’annihilation et décidèrent qu’ils 

pourraient seulement être sauvés si un groupe d’habitants de la 

planète était transporté en Arabie. Le chemin du Prophète croisa celui 

d’un autre de ces êtres craintifs. 

Un jeune peintre anglais, Holman Hunt, apparut à Jérusalem. Lui 

était aussi prêt pour « une cause », car il menait la querelle 

caractéristique du jeune artiste contre les académiciens, et cela 

produisait un état d’esprit inflammable. Il jouissait une mauvaise 

santé et pensait souvent que sa fin était proche (il vécut jusqu’à 

quatre-vingt-trois ans). Il venait de peindre The Light of the World [La 

Lumière du Monde – NdT], qui dépeignait Jésus, la lanterne à la main, 

à la porte du pécheur, et l’apparition soudaine de Monk barbu frappa 

son imagination. Il s’empara avidement de l’idée du Prophète de 

menacer l’humanité (incluant les académiciens) d’extermination si elle 

ne faisait pas ce que la Prophétie ordonnait. 

Ainsi, ces deux-là, le Prophète et le préraphaélite, arrangèrent-ils 

un plan pour faire sursauter le monde indifférent. Monk dépeignit « le 

bouc émissaire » à Holman Hunt comme le symbole de la persécution 

juive par l’humanité. Ils étaient d’accord pour que Holman peigne un 

tableau « du bouc émissaire », et que Monk écrive simultanément un 

livre expliquant que le temps était venu pour que le persécuté soit 

rétabli, en accomplissement de la prophétie. 

(En fait, le bouc émissaire était une technique lévitique 

ingénieuse, par laquelle le prêtre était autorisé à absoudre la 

congrégation de ses péchés en prenant deux chevreaux à la chèvre, 

tuant l’un pour un sacrifice expiatoire et emmenant l’autre dans le 

désert pour qu’il expie par sa souffrance « toutes leurs transgressions 

et tous leurs péchés… en les mettant sur le dos de la chèvre. » Le 

Prophète et Holman Hunt transformèrent la signification en son 

opposé. Le bouc émissaire pour les péchés des juifs devait devenir le 

symbole des juifs eux-mêmes ; ses tourmenteurs, les prêtres 

 233 

lévitiques, devaient implicitement être changés en oppresseurs 

gentils !) 

Holman Hunt se mit au travail ; c’était une voie délicieuse, à la 

fois pour donner une gifle à l’Académie Royale (« tableaux à problème ») 

et pour s’identifier à une cause. Son tableau en dirait plus que 

n’importe quelle parole, et elle serait suivie par la parole écrite de 

Monk. L’Image et le Livre, le Symbole et l’Interprétation, le Héraut et le 

Prophète : une fois que le monde aurait contemplé « The Scapegoat » 

[Le Bouc émissaire – NdT], le travail de révélation de Monk trouverait 

un auditoire, éveillé à ses transgressions et désireux de s’amender. 

Les Bédouins virent alors Hunt, vêtu de robes arabes et portant 

chevalet et fusil, en train de mener une chèvre blanche vers la mer 

Morte. Il peignit un tableau excellent d’une chèvre (en réalité, de deux 

chèvres, comme la première chèvre, de zèle excessif, mourut, et une 

remplaçante dut être trouvée). Pour un plus grand effet, le squelette 

d’un chameau fut apporté de Sodome et le crâne d’une chèvre 

emprunté, et ceux-ci furent disposés à l’arrière-plan. La peinture 

produit certainement l’impression que les Lévites devaient être cruels 

(l’agonie de l’animal fut graphiquement représentée) et méchants, pour 

prétendre que par sa souffrance ils pourraient laver toutes les iniquités 

de leur peuple : Holman Hunt l’emporta en Angleterre, s’engageant 

d’abord avec Monk « à la restauration du Temple, l’abolition de la 

guerre parmi les hommes et l’arrivée du Royaume de Dieu sur la 

Terre » ; probablement aucun peintre n’eut jamais d’aussi grands buts 

à l’esprit quand il conçut un tableau. 

Monk produisit alors son Simple Interpretation of the Revelation 

[Interprétation simple de la révélation – NdT] et l’entreprise conjointe 

fut achevée ; le monde n’avait qu’à répondre. Dans ce premier livre, 

Monk essayait toujours de marier la politique lévitique avec la doctrine 

chrétienne. Historiquement il se trouvait sur un terrain sûr ; il fit 

remarquer, avec justesse, que « les dix tribus » ne pouvaient pas s’être 

éteintes, mais survivaient dans la masse de l’humanité : Cela le mena 

à son « interprétation », qui était dans le sens où « les vrais Israélites », 

juifs et chrétiens, devaient émigrer en Palestine et y établir un État 

modèle (à ce moment-là, il était loin du sionisme littéral et courait le 

risque d’être jugé comme « antisémite »). Sa représentation des 

conséquences était clairement démagogique ; si cela était fait, dit-il, la 

guerre serait terminée. Mais alors, vint l’idée primordiale (et qui sait 

d’où Monk l’obtint-il ?) : un gouvernement international devait être 

installé à Jérusalem. Ici, Monk touche à la véritable intention du 

sionisme. Monk fut seulement capable de faire publier son travail par 

le biais d’une relation qu’il devait à Holman Hunt : John Ruskin, le 

critique d’art célèbre, l’emporta sur l’éditeur Constable pour 

l’imprimer. Le Livre (comme L’Image) manqua son effet, mais Ruskin 

 234 

aida le Prophète avec de l’argent et d’autres moyens et le sauva ainsi 

de l’oubli. 

Ruskin aussi était le produit des premières pressions et des 

déceptions intérieures. Comme Wilkie Collins (un artisan excellent qui 

ne put se satisfaire de l’écriture de bons romans et essaya en vain 

d’imiter le don de Dickens à réveiller l’indignation morale), il ne fut pas 

satisfait de rester dans le domaine où il était éminent, mais était 

toujours prêt à prendre la défense (et moins prêt à examiner) tout ce 

qui ressemblait à une cause morale. Comme Monk, il avait été éduqué 

dans l’Ancien Testament étant enfant (quoique par une mère puritaine 

possessive), et il était malheureux en amour de manière récurrente, 

parfois de manière humiliante. Il était donc à tout moment à la 

recherche d’un exutoire pour des impulsions émotionnelles non 

assouvies. Il craignait la vie et l’avenir, au point que les avertissements 

incessants de la colère à venir, de la part du Prophète, le 

déconcertèrent et lui firent mettre la main à la poche. Il avait un grand 

auditoire, et céda à la même impiété que Monk et Holman ; comme le 

dit son biographe (M. Besketh Pearson), « il succomba à l’illusion, 

commune à tous les Messies, que sa parole était celle de Dieu » et à la 

fin sa raison déclina, mais pour l’instant, il avait permis au Prophète 

de prêcher et d’errer. 

Après l’échec du livre de Monk, Holman Hunt essaya à nouveau. Il 

commença une peinture de Jésus, à la synagogue, lisant les prophéties 

messianiques et annonçant leur accomplissement en lui-même. Pour 

rendre claire sa signification, il utilisa Monk comme modèle pour le 

personnage de Jésus, et l’indignation des sages devait symboliser le 

rejet du monde par le Prophète. L’étude préliminaire de Holman Hunt 

pour ce tableau est à la National Gallery à Ottawa, et montre Monk 

tenant dans une main la Bible (ouverte au Livre de la Révélation) et 

dans l’autre, une copie du Times de Londres. (Je travaillais dans une 

solitude monastique à Montréal, quelque peu courbé par la nature et 

le poids de la tâche, quand je découvris le tableau, et mes voisins 

furent alors étonnés par le fort bruit d’hilarité qui éclata dans la pièce 

d’habitude silencieuse, où un ancien correspondant du Times était 

penché sur ses travaux). 

Ensuite, la nature humaine suivit lentement son cours. Holman 

Hunt vendit un tableau de Finding of Christ in the Temple [Découverte 

du Christ au Temple – NdT] pour 5 500 (livres) et son ressentiment 

contre la vie (et les académiciens) s’adoucit. Il se trouva incapable de 

demander au Prophète en lambeaux de l’accompagner aux excellentes 

maisons telles que celles de Val Prinsep et Tennyson. Ruskin était pris 

par des amours nées sous une mauvaise étoile, et devenait aussi 

sceptique. Néanmoins, ces deux hommes sédentaires ne pouvaient pas 

tout à fait oublier les avertissements du Prophète qu’ils seraient 

 235 

détruits à moins qu’ils n’aient bientôt effectué le rétablissement des 

juifs en Palestine. Il leur disait toujours que « le jour » était à portée de 

la main et désignait quelque épisode guerrier, en Afrique, Asie 

Mineure, dans les Balkans ou en Europe, comme étant le début prévu 

de la fin ; les escarmouches et les campagnes mineures ne manquaient 

jamais. Finalement, Holman Hunt et Ruskin trouvèrent un plan qui 

était susceptible d’ apaiser leurs craintes, d’apaiser leur conscience et 

de les débarrasser du Prophète ; ils lui recommandèrent vivement 

d’aller à Jérusalem et (comme Sabbataï Tsevi) de proclamer l’approche 

du Millénium ! 

Il était sur le point d’y aller quand une autre guerre éclata, le 

confondant complètement parce que elle n’était en aucun des lieux où, 

en interprétant la prophétie, il avait prévu le commencement de la fin 

des jours. Elle était dans la région même d’où, selon son interprétation 

proclamée, le salut devait venir : l’Amérique. 

Après un regard aux autorités, le Prophète annonçé qu’il avait 

localisé l’erreur dans ses calculs : la Guerre de Sécession était en fait 

le grand événement prémonitoire. Maintenant quelque chose devait 

être fait à propos de la Palestine sans retard ! John Ruskin l’attendait 

de pied ferme. Si le Prophète était vraiment un prophète, dit-il, qu’il 

aille en Amérique avant d’aller à Jérusalem, et qu’il demande quelque 

signe du ciel qui arrêterait la guerre civile. Lui, Ruskin, financerait le 

voyage. Et le Prophète partit arrêter la guerre civile. 

La tradition prévalait alors en Amérique qu’un président 

républicain devait être accessible à tous, et M. Abraham Lincoln était 

ainsi assiégé trois jours par semaine. Un jour, alors que les portes 

présidentielles étaient ouvertes, le Prophète fut poussé à l’intérieur 

avec une foule de chercheurs de soutien, de pétitionnaires et de 

touristes. 

Son aspect lui valut quelques paroles de conversation avec le 

président. L’œil harcelé de M. Lincoln fut arrêté par la vue de quelque 

chose le regardant fixement à travers les broussailles. Il demanda qui 

était le visiteur, apprenant ensuite que c’était un Canadien venu pour 

mettre fin à la guerre. Questionné au sujet de sa proposition, le 

Prophète recommanda vivement que le Sud libère ses esclaves contre 

une compensation, et que le Nord soit d’accord avec la sécession du 

Sud, une suggestion qui (rapporta Monk) « sembla amuser le 

président. M. Lincoln demanda, « Vous les Canadiens ne considérez- 

vous pas ma Proclamation d’Émancipation comme une grande étape 

dans le progrès social et moral du monde ? »  

Monk dit que ce n’était pas assez : « Pourquoi ne pas faire suivre 

l’émancipation du Noir par une étape encore plus urgente : 

l’émancipation du juif ? » M. Lincoln fut déconcerté (les juifs avaient 

 236 

toujours été émancipés en Amérique) et demanda avec étonnement, 

« Le juif, pourquoi le juif ? Ne sont-ils pas déjà libres ? » 

Monk dit, « Certainement, M. le président, le juif américain est 

libre et de même le juif britannique, mais pas l’européen. En 

Amérique, nous vivons tellement en retrait que nous sommes aveugles 

à ce qui se passe en Russie, en Prusse et en Turquie. Il ne peut y avoir 

une paix permanente dans le monde avant que les nations civilisées, 

menées, je l’espère, par la Grande-Bretagne et les États-Unis, n’expient 

ce qu’elles ont fait aux juifs, pendant leurs deux mille ans de 

persécution, en les rétablissant dans leur patrie nationale en Palestine,  

et en faisant de Jérusalem la capitale d’une chrétienté réunifiée. » 

Typiquement, Monk n’avait jamais été en « Russie, Prusse ou 

Turquie » ; il était cette genre de « libéral ». En Russie, le rabbinat 

talmudique s’opposait à l’émancipation par tous les moyens, et deux 

ans avant que Monk ne voit M. Lincoln, le tsar Alexandre II avait été 

assassiné quand il avait annoncé une constitution parlementaire ; en 

Prusse, les juifs étaient émancipés et pour cette raison même étaient 

l’objet d’attaques de la part des juifs en Russie ; les juifs sous l’autorité 

turque (qui opprimait impartialement toutes les nationalités soumises) 

étaient déjà en Palestine et ainsi ne pouvaient y être rétablis. 

Du temps de M. Lincoln, la notion que toutes les guerres, partout 

où elles étaient menées et pour n’importe quelle raison, devaient être 

détournées dans le but d’établir un État juif en Palestine était nouvelle 

(aujourd’hui, c’est généralement admis et mis en pratique, comme les 

deux guerres mondiales l’ont montré) et le président fut de nouveau 

déconcerté. 

Il avait en main la guerre la plus cruelle de l’histoire occidentale, 

jusque là. Étant un homme de ressource et versé dans le traitement 

des gens importuns, il se débarrassa du Prophète avec une 

plaisanterie de bon aloi. « Mon pédicure est un juif », dit-il, « et il m’a 

remis si souvent sur pieds que je n’aurais aucune objection à donner 

un coup de pouce à ses concitoyens. » Puis, rappelant à Monk la 

guerre en cours, il pria le Prophète d’en attendre la fin : « alors nous 

pourrons recommencer à voir des visions et à rêver des rêves. » (Un 

autre sujet pour une société de débats : l’utilisation de cette phrase 

fut-elle faite par hasard ou par intention ? M. Lincoln savait 

certainement quel destin l’Ancien Testament prescrit pour « les faux 

prophètes et les rêveurs de rêves. ») 

Monk retourna à Londres et Ruskin paya ses dépenses à la  

Palestine, d’où, à l’arrivée, il fut expulsé comme un fléau en 1864. 

Destitué, il s’engagea comme marin à bord d’un clipper de Boston et, 

ayant fait naufrage, nagea la dernière partie de l’Atlantique. Il s’échoua 

en sang et presque nu, au point que, ressemblant à un ours, il se fit 

 237 

tirer dessus comme tel, dans la pénombre, par un fermier. Il perdit la 

mémoire et l’esprit et rentra finalement chez lui dans cet état. Il se 

remit après quelques années, et retourna immédiatement à son 

obsession. « Le jour de la détresse », prévu depuis si longtemps, ne 

venait toujours pas ; la planète gardait sa place habituelle. Il examina 

de nouveau la prophétie et décida qu’il s’était trompé dans la 

recommandation de l’union des juifs et des chrétiens dans l’État- 

mondial devant être installé à Jérusalem. Il vit alors que la prophétie 

que Dieu requérait de faire était d’abord de mettre les juifs en 

possession de la Palestine, et d’ensuite fonder une organisation 

mondiale avec le pouvoir de mettre en application la soumission des 

nations à sa loi. 

Après toute une vie, Monk tomba ainsi par hasard sur l’ampleur 

du plan politique de domination du monde qui est contenu dans 

l’Ancien Testament, et pensa toujours qu’il interprétait la prophétie 

divine. Aucune preuve n’existe qu’il soit jamais entré en contact avec 

les initiés et les illuminés du grand dessein. Le seul argent juif 

rapporté qu’on lui ait jamais offert fut un don charitable de cinq livres 

« si vous êtes personnellement dans le besoin. » Il se déplaçait toujours 

en compagnie et aux dépens des « libéraux » gentils déconcertés. 

Il était oublié dans la vallée d’Ottawa quand, en 1870, son espoir 

(il faut utiliser le mot) que « le jour de la détresse » était enfin à portée 

de main fut ranimé par un énorme feu de forêt, qu’il prit comme un 

signe du ciel que les temps étaient venus. D’une façon ou d’une autre, 

il alla à Londres (1872) et vers Hunt et Ruskin, qui le pensaient mort. 

Ruskin courtisait Rose La Touche, de sorte que pour le moment, il fut 

insensible aux avertissements de destruction et écrivit au Prophète, 

« Je reconnais les merveilles dans beaucoup de ce que vous me dites, 

mais je ne crois pas que vous puissiez comprendre autant de Dieu, 

quand vous comprenez si peu de l’homme… vous me semblez fou, 

mais autant que je sache, je peux être fou moi-même » (ces derniers 

mots, malheureusement, étaient prescients). 

De telles remontrances n’étaient pas nouvelles pour le Prophète. 

Ses parents et amis l’avaient toujours imploré, s’il se sentait appelé à 

améliorer l’humanité, de regarder autour de lui, chez lui : le lot des 

Indiens canadiens ou même des Canadiens, pouvait être amélioré. 

Pour un homme qui tenait la clé de la révélation divine, un conseil de 

cette sorte était sacrilège, et Monk, au moyen de divers pamphlets, en 

vent en détail à l’idée d’un « Fonds de Restauration de la Palestine. » 

Pour cela il emprunt une notion à Ruskin, à l’origine inventée pour 

aider le propre pays de Ruskin ; à savoir que les gens riches devraient 

renoncer à une dîme de leurs revenus afin de viabiliser des terres 

anglaises désolées. Monk décida que la dîme devait servir un meilleur 

objetif : « le retour » ! 

 238 

À ce moment-là (1875), Ruskin était encore une fois déconcerté, 

d’abord par la mort de Rose La Touche, et ensuite par l’imminence 

apparente d’une nouvelle guerre éloignée (cette fois, russo- 

britannique). Il était clair que le Prophète avait raison après tout ; « le 

jour de la détresse » était arrivé. Ruskin signa le manifeste de Monk et 

dédia un dixième de son revenu au fonds du Prophète pour l’achat de 

la Palestine au sultan, tandis que les terres désolées anglaises 

restèrent non viabilisées. Quand cela fut réalisé, un congrès de toutes 

les nations devait établir une fédération mondiale à Jérusalem. 

Le Prophète, ainsi remis sur pieds, fut aidé en plus par Laurence 

Oliphant, un lion des salons victoriens qu’il avait rencontré par hasard 

quand il avait fait son parcours de l’Amérique en vagabond. Oliphant 

était un homme d’un genre différent, un aventurier hardi et cynique. 

L’idée d’acheter la Palestine lui plaisait, mais il n’avait aucune illusion 

à ce propos. Il écrivit à Monk, « N’importe quelle somme d’argent peut 

être collectée pour ça, dû à la croyance que les gens ont qu’ils 

accompliraient la prophétie et amèneraient la fin du monde. Je ne sais 

pas pourquoi ils tiennent autant à ce dernier événement, mais cela 

facilite la spéculation commerciale. » Oliphant, comme on le verra, ne se 

préoccupa pas de cacher son dédain pour le message du Prophète.12 

En 1880, Holman Hunt, jouissant de nouveau d’une santé 

détériorée, était si alarmé par de petits épisodes guerriers en Égypte et 

en Afrique du Sud, qu’il pensa l’extinction à portée de main, et 

rejoignit Monk dans la publication d’un manifeste qui anticipait les 

plans du gouvernement mondial dirigé par les sionistes de ce siècle. Il 

était intitulé « L’abolition de la guerre nationale », invitait tous les 

hommes de bonne volonté à souscrire un dixième de leur revenu à la 

réalisation du « Royaume de Dieu » sous forme d’un gouvernement 

mondial à installer en Palestine devant s’appeler « les Nations unies »,  

et proposait que l’on donne l’argent à M. Monk dans le but d’acquérir 

la Palestine. 

C’était fini. Ruskin, approchant de sa fin, refusa grossièrement 

toute nouveau rôle dans cette fantaisie. Oliphant abandonna. « La 

Banque d’Israël » ne bougea pas. Samuel Butler montra la porte au 

Prophète. Même Holman Hunt l’appela finalement à prêcher « qu’ il y a 

un Dieu dans le Ciel, qui jugera chaque homme sur la terre » et à 

                                                

12 

 Oliphant mit le doigt sur un point intéressant. Une interprétation des nombreuses 

prophéties est que la fin du monde suivra le « retour » des Juifs en Palestine, de sorte que 

les gens qui promeuvent cette migration présument même déterminer le moment où 

Jéhovah mettre fin à la planète. La mystification exprimée par Oliphant fut ressentie par un 

politicien français rendu perplexe à la Conférence de la Paix de 1919, qui demanda à M. 

Balfour pourquoi il désirait tant provoquer le « retour » des Juifs en Palestine ; si c’était 

vraiment l’accomplissement de la prophétie, alors la prophétie décrétait aussi que la fin du 

monde s’ensuivrait. M. Balfour répondit indolemment. « Précisément, c’est ce qui rend tout 

cela tellement intéressant. » 

 

 239 

renoncer à prétendre dans les faits que lui, Monk, était Dieu. Les juifs 

parlèrent de la même façon : un lui dit, « La terre de nos ancêtres est 

morte et la Palestine est sa tombe… essayer de former une nation du 

peuple polyglotte du judaïsme aujourd’hui n’aboutirait qu’à un échec 

total. » 

Monk était irrécupérable. En 1884, le garçon au costume bleu 

retourna à Ottawa pour la dernière fois et passa ses dernières années 

à démarcher, faire des pamphlets et haranguer les membres de la 

Chambre des communes canadienne quand ils étaient assis, entre les 

sessions, dans leur jardin près de la rivière Ottawa. Ils l’écoutèrent 

avec une indulgence amusée ; soixante ans plus tard, des ministres 

canadiens, à Ottawa et à New York, devaient répéter toutes les choses 

que Monk avait dites, en tant que principes inattaquables de haute 

politique, et aucun membre n’y ferait objection. 

La vie de Monk fut misérable et ne fut rachetée par aucune vraie 

foi ou mission véritable. On en donne ce récit pour montrer combien 

on vit que le grand projet était faux et stupide, et combien étaient 

trompés les hommes qui le reprirent, dans le contexte du siècle 

dernier. Le sophisme de toute la notion, du sionisme menant au 

gouvernement mondial despotique, est immédiatement affiché quand 

on le considère dans ce cadre, avec Monk et ses amis déclamant sur 

scène. On voit alors tout cela comme une comédie picaresque ; une 

farce, pas simplement parce qu’elle échoua, mais parce qu’elle ne fut 

jamais sérieuse. Ce que l’on recommandait ne pouvait pas être 

considéré sérieusement parce que manifestement, on n’avait pas 

considéré ses conséquences et, si elles avaient été calculées, elles 

auraient été prévues immédiatement comme désastreuses. Dans le 

contexte d’un temps où le débat était libre et où l’opinion, étant 

informée, pouvait être présentée pour faire pression sur la question, 

ces hommes se pavanèrent sottement, ne laissant que l’écho faible de 

bruits clownesques dans les couloirs du temps. 

Néanmoins, au présent siècle, tout le plan vaniteux, inchangé, a 

été importé dans la vie des peuples comme une entreprise sérieuse et 

urgente, dépassant les besoins des nations. En effet, on en a fait un 

plan sacro-saint, car une loi tacite d’hérésie a été installée autour de 

lui, qui a dans les faits vérifié la force antiseptique de la discussion 

publique et à l’intérieur de cette palissade, les politiciens d’Occident 

ont fait du boniment du Prophète une pièce de moralité. John Ruskin 

et Holman Hunt, de quelqu’au-delà où les amis victoriens de l’opprimé 

puissent habiter maintenant, peuvent regarder en bas et voir les 

tombes de beaucoup de morts et les tombes vivantes de presque un 

million de fugitifs, comme premiers résultats de leur grand plan, 

maintenant en train de s’accomplir. 

 240 

S’il avait vécu à ce siècle, Monk aurait fait des études pour avoir 

un statut politique important, car le soutien à cette cause est devenu 

la première condition pour l’admission aux hauts postes temporels. Sa 

vie fut passée à la poursuite de l’appât d’une vanité excessive et 

l’année même de sa mort, 1896, la fantaisie qui le menait devint une 

réalité politique et pratique, dominant notre temps. Tandis qu’il suivait 

son chemin, errant entre Ottawa, Washington, Londres et Jérusalem,  

des hommes très différents, en Russie, créaient la réelle force du 

sionisme. En 1896, elle fut lancée dans la vie des peuples, et ses 

détonations explosives sont devenues de plus en plus fortes et 

destructrices jusqu’à aujourd’hui, même les scribes de presse s’y 

rapportent généralement comme la question qui peut mettre l’étincelle 

à la troisième guerre mondiale.  

 

 

Chapitre 24 

L’ARRIVEE DU SIONISME  

Dans la seconde moitié du siècle dernier, où le communisme et le 

sionisme commencèrent leur assaut simultané sur l’Occident, l’Europe 

était un endroit d’États forts et confiants, fort capables de résister aux 

effets de troubles intérieurs et de guerres à l’étranger. Les émeutes 

révolutionnaires de 1848 avaient été surmontées sans grand effort. 

L’Autriche-Hongrie et la France n’étaient pas très affaiblies par leurs 

défaites prussiennes en 1866 et en 1871 ; elles reprirent leurs 

existences nationales, comme les pays vaincus l’avaient fait pendant 

des siècles, côte à côte avec le vainqueur d’hier, et furent bientôt 

tranquilles à nouveau. Les peuples balkaniques, émergeant de cinq 

siècles d’autorité turque, avançaient aussi vers la prospérité, dans l’air 

plus bienveillant de la liberté nationale. Aux frontières orientales de 

l’Europe, la Russie, sous le drapeau de la chrétienté, semblait 

rejoindre ce processus d’amélioration nationale et individuelle. 

L’apparence était trompeuse, car les deux vers étaient dans la 

pomme et la scène actuelle montre le résultat. Les dix-huit siècles 

chrétiens qui, malgré des hauts et des bas, montraient une somme 

totale d’amélioration humaine plus grande que celle de n’importe 

quelle époque précédente connue de l’homme, arrivaient à une fin ou à 

un interrègne ; lequel, que nous ne le savons toujours pas, quoique les 

croyants n’aient aucun doute sur la bonne reprise, à un certain 

moment. Cependant, un homme éminent de cette période, dont aurait 

pu attendre qu’il fût confiant du résultat, prévit ce qui devait arriver à 

notre siècle et pensa que ce serait la fin, non un Âge des Ténèbres 

passager. 

C’était Henry Edward Manning, le pasteur anglais qui se convertit 

à Rome, devint cardinal archevêque de Westminster et, s’il avait 

accepté la nomination par ses pairs cardinaux, aurait pu devenir Pape. 

Edmond Burke, John Adams et Alexander Hamilton avaient tous 

perçu les buts mondiaux de la révolution et avaient prévu ses 

éruptions extensives. Disraeli, Bakounine et d’autres, un demi-siècle 

plus tard, avaient témoigné de, et avaient averti contre l’usurpation 

juive du leadership révolutionnaire. Manning se joignit à ces 

avertissements mais prévit aussi l’arrivée du sionisme et le rôle qu’il 

jouerait dans le processus duel. 

À propos de la révolution, il dit, « Les sociétés secrètes du monde, 

dont les hommes moquent l’existence et la nient dans la plénitude de 

leur assurance ; les sociétés secrètes sont en train d’imposer leur 

existence et leur réalité à la conscience de ceux qui, jusqu’à hier, ne 

 242 

croyaient pas qu’elles existassent » (1861). Il s’attendait au succès total 

du plan original de Weishaupt et pensait que l’époque à lequelle il 

vivait était « le prélude à la période anti-chrétienne de la destitution 

finale de la chrétienté, et de la restauration de la société sans Dieu 

dans le monde. » Aujourd’hui la révolution anti-chrétienne possède le 

pouvoir temporel dans la moitié de l’Europe, la croix chrétienne a été 

enlevée des drapeaux de toutes les grandes nations européennes sauf 

la nation anglaise, et de beaucoup de ceux des petites nations, et « une 

société sans Dieu » a été installée comme gouvernement mondial 

potentiel, de sorte qu’on voit ces mots vieux de quatre-vingt-dix ans 

comme une prévision impressionnante partiellement réalisée. 

Puis (et en cela il dépassa les autres voyants) il dépeignit le rôle 

que le sionisme jouerait dans ce processus : « Ceux qui ont perdu la foi 

en l’Incarnation, comme les humanitaristes, rationalistes et 

panthéistes, pourraient bien être trompés par n’importe quelle 

personne de grand pouvoir et succès politique, qui devrait rétablir les 

juifs sur leur propre terre… et il n’y a rien dans l’aspect politique du 

monde qui ne rende une telle combinaison impossible. » 

Finalement, il dit qu’il s’attendait à la venue personnelle de 

l’Antéchrist sous l’apparence d’un juif. (Dans ces mots, il dévia du 

terrain du calcul politique, où il était expert, comme les événements 

l’ont montré, vers celui de la prophétie d’interprétation ; il relia le 

message de saint Paul aux Thessaloniciens, 2.1.iii-xi, aux temps à 

venir, en disant, « C’est une loi de l’Écriture Sainte que quand on 

prophétise sur les personnes, les personnes apparaissent. ») 

Ainsi, tandis que l’Europe semblait être apparemment en train de 

s’avancer lentement vers un avenir en amélioration sur le chemin qui 

l’avait bien servie pendant dix-huit siècles, dans les régions 

talmudiques de la Russie, le sionisme rejoignit le communisme comme 

la deuxième des deux forces qui devaient intercepter ce processus. Le 

communisme était destiné à corrompre les foules ; c’était le « grand 

mouvement populaire » prévu par Disraeli, au moyen duquel « les 

sociétés secrètes » devaient oeuvrer à l’unisson pour la rupture de 

l’Europe. Le sionisme entreprit de renverser les dirigeants au sommet. 

Aucune force n’aurait pu avancer sans l’autre, car les dirigeants à 

l’autorité intacte auraient freiné la révolution comme elle avait été 

freinée en 1848. 

Le sionisme fut essentiellement la réplique du centre talmudique 

de Russie à l’émancipation des juifs d’Occident. C’était l’allusion qu’ils 

ne devaient pas s’impliquer dans l’humanité, mais devaient rester à 

part. 

Jamais depuis Babylone, la secte dirigeante ne s’était risquée à 

jouer cette carte. Elle ne peut jamais être rejouée, si la tentative 

 243 

présente se termine finalement par un fiasco. C’est pourquoi les 

talmudistes se sont toujours abstenus de la jouer, et le firent 

seulement quand ils furent confrontés à l’émancipation dans un cas 

d’urgence vitale : la perte de leur pouvoir sur la communauté juive. En 

effet, ils avaient toujours dénoncé comme « de faux Messies » ceux qui 

clamaient à cor et à cri que le jour de l’accomplissement était venu. ‘Si 

Sabbataï Tsevi, ou à cet égard Cromwell ou Napoléon, avait été 

capables de leur livrer la Palestine, ils auraient pu proclamer l’un 

d’entre comme étant le Messie. À cette occasion, ils se proclamèrent 

eux-mêmes Messie, et cette entreprise hardie ne peut guère être 

répétée. Historiquement donc, nous sommes probablement en train 

d’avancer vers la fin du plan destructeur, parce que de manière 

évidente, il ne peut être accompli, mais la génération présente, et peut- 

être quelques générations à venir, d’après tous les signes a encore un 

lourd prix à payer pour avoir encouragé la tentative. 

Le livre du Dr Chaim Weizmann est la meilleure source 

d’information unique sur les racines jumelles du communisme et du 

sionisme et leurs buts convergents. Il était présent à la naissance du 

sionisme, il devint son plénipotentiaire vagabond, il fut pendant 

quarante ans le chéri des cours occidentales, des bureaux 

présidentiels et des cabinets, Il devint le premier président de l’État 

sioniste et raconta toute l’histoire avec une sincérité stupéfiante. Il 

montre comment, dans ces communautés talmudiques distantes il y a 

presque cent ans, la stratégie prit forme, qui dans ses conséquences 

devait prendre, comme dans un tourbillon, tous les peuples de 

l’Occident. Les Américains et les Britanniques, les Allemands et les 

Français, les Italiens, les Polonais, les Scandinaves, les Baltes, les 

peuples balkaniques et tous les autres devaient être impliqués. La 

force de vie et le trésor de l’Occident devaient être employés à la 

promotion de ces deux buts complémentaires, comme de l’eau coulant 

d’un robinet ouvert. 

Des millions de personnes, vivantes et mortes, furent impliquées 

durant deux guerres dans la poursuite de ces buts. Les hommes nés 

actuellement héritent d’une part dans les bouleversements finaux 

auxquels ils doivent inexorablement mener. Les juifs partagèrent 

toutes ces tribulations, en petite proportion par rapport aux 

populations affectées. Le récit du Dr Weizmann permet au chercheur 

d’aujourd’hui de voir les débuts de tout cela ; et maintenant, ce récit 

atteint notre propre époque, qui reçoit la forme quotidienne de ce qui 

arriva alors. 

Il explique que les juifs en Russie étaient divisés en trois groupes. 

Le premier groupe était celui des juifs qui, cherchant « la paix de la 

ville », voulaient simplement devenir des citoyens russes paisibles, tout 

comme les juifs de l’Occident, en majorité, étaient à ce moment-là 

 244 

Allemands, Français ou autres citoyens loyaux. L’émancipation était 

pour ce groupe le but final, et il comprenait principalement ces juifs 

qui, par talent, diligence et crainte de l’autorité talmudique, s’étaient 

échappés des ghettos. 

Le Dr Weizmann l’écarte comme un petit groupe, non représentatif 

et « renégat », et comme il fut balayé, il doit aussi disparaître de ce 

récit, qui appartient aux deux autres groupes. Par le décret des 

talmudistes il a « disparu de la surface de la terre », ou a été 

excommunié. 

La masse restante des juifs en Russie, (c’est-à-dire ceux qui 

vivaient dans les ghettos conformément à la règle talmudique) était 

divisée en deux groupes par une ligne verticale qui divisait les ménages 

et les familles, y compris la propre maison du Dr Weizmann et sa 

famille. Les deux groupes étaient révolutionnaires ; c’est-à-dire qu’ils 

étaient d’accord pour travailler à la destruction de la Russie. La 

dissension portait uniquement sur la question du sionisme. Le groupe 

« révolutionnaire-communiste » tenait à ce que la pleine 

« émancipation » soit réalisée quand la révolution mondiale aurait 

supplanté partout les États-nations. Le groupe « révolutionnaire- 

sioniste », tout en étant d’accord que la révolution mondiale était 

indispensable au processus, tenait à ce que la pleine « émancipation » 

soit seulement réalisée quand une nation juive serait établie dans un 

État juif. 

De ces deux groupes, le sioniste était clairement le groupe 

supérieur dans l’orthodoxie talmudique, comme la destruction, 

conformément à la Loi, n’est qu’un moyen pour une fin, celle de la 

domination, et la nation dominante est celle à qui il est ordonné de s’ 

établir à Jérusalem. Dans les ménages, la discussion était féroce. Les 

communistes maintenaient que le sionisme affaiblirait la révolution, 

qui professait de nier « la race et la doctrine » ; les sionistes affirmaient 

que la révolution devait mener à la restauration du peuple élu, dont la 

race était la doctrine. Les membres individuels de ces ménages 

croyaient probablement que le point en question était valide, mais en 

fait il ne l’était pas. 

Aucun de ces groupes n’aurait pu prendre forme, dans ces 

communautés gouvernées sévèrement, contre la volonté du rabbinat. 

Si les rabbins avaient passé le mot que le communisme était la 

« transgression » et le sionisme « l’observance » « des lois et des 

jugements », il n’y aurait eu aucun communiste dans les ghettos, 

seulement des sionistes. 

La secte dirigeante, examinant l’avenir par-dessus les têtes des 

masses enrégimentées, vit manifestement que les deux groupes étaient 

essentiels pour le but en vue ; et Disraeli, dans un des passages cités 

 245 

précédemment, nomma la motivation. Depuis le milieu du siècle 

dernier, l’histoire de la révolution est celle du communisme et du 

sionisme, dirigés à partir d’une seule source et travaillant à un but 

convergent. 

Le Dr Weizmann donne un aperçu éclairé de cette dissension 

apparente parmi les membres d’un ménage juif conspirateur, mais 

divisé, où l’on ne voyait pas la forme ultime de la stratégie supérieure 

et où l’on débattait avec acharnement de la question entre 

« communisme-révolutionnaire » et « sionisme-révolutionnaire. » Il cite 

sa mère, la matrone juive, disant avec contentement que si le fils 

révolutionnaire-communiste avait raison, elle serait heureuse en 

Russie, et que si le fils révolutionnaire-sioniste avait raison, alors elle 

serait heureuse en Palestine. Au final, il s’avéra que tous deux avaient 

raison selon leurs critères ; après avoir passé quelques années à  

Moscou bolchevisée, elle alla finir ses jours en Palestine sionisée. 

C’était après que les deux conspirations, ayant grandi en secret côte à 

côte, eurent triomphé dans la même semaine, en 1917. 

Le communisme était déjà un parti organisé, quoique toujours 

secret et conspirateur dans les ghettos, quand le sionisme prit une 

forme organisée (quoique également secrète) dans le mouvement 

Chibath Zion (l’Amour de Sion). Il fut fondé à Pinsk, où le Dr Weizmann 

allait à l’école, si bien qu’étant enfant, son chemin le mena dans l’aile 

révolutionnaire-sioniste de la conspiration anti-russe. Dans son 

enfance (1881), quelque chose arriva qui menaça de détruire toute la 

légende « de la persécution en Russie » sur laquelle la propagande 

talmudique dans le monde extérieur était basée. 

En 1861, le tsar Alexandre II, le célèbre Libérateur, avait libéré 

23 000 000 serfs russes. Dès ce moment, la perspective de liberté et 

d’amélioration sur le modèle occidental s’ouvrit pour les citoyens 

russes de toutes les nationalités (la Russie comprenait environ 160 

nationalités et les juifs formaient environ 4 pour cent de la population 

totale). Puis, durant les vingt années suivant la libération des serfs, les 

juifs commencèrent, sous la direction talmudique, à offrir « la 

résistance passive violente à toute “tentative d’amélioration” » (le Dr 

Kastein). En mars 1881, Alexandre II entreprit de terminer l’œuvre de 

sa vie en proclamant une constitution parlementaire. Le commentaire 

du Dr Kastein parle de lui-même : « Il n’est pas surprenant de 

découvrir qu’une juive participa à la conspiration qui mena à 

l’assassinat d’Alexandre II. » 

Cet événement, le premier d’une série similaire, fut le premier 

succès majeur des révolutionnaires dans la prévention de 

l’émancipation. Il rétablit la condition idéale dépeinte par Moses Hess 

(un des tout premiers propagandistes sionistes) l’année suivant la 

libération des serfs : « Nous les juifs, resterons toujours des étrangers 

 246 

parmi les nations ; celles-ci, il est vrai, nous accorderont des droits par 

sentiment d’humanité et de justice, mais ils ne nous respecteront 

jamais tant que nous ne placerons pas nos grands souvenirs au 

deuxième rang et que n’accepterons pas comme principe premier, “Où 

je fleuris, là est mon pays”. » 

Pendant cette période, Léon Pinsker, un autre héraut du sionisme, 

publia son livre Auto-émancipation. Le titre était une menace (pour 

l’initié) ; cela signifiait : « Nous n’accepterons aucune sorte 

d’émancipation qui nous serait accordée par d’autres ; nous nous 

émanciperons et donnerons à “l’émancipation” notre propre 

interprétation. » Il dit : « Il y a un conflit inexorable et inéluctable entre 

les humains connus en tant que juifs et les autres humains » et il 

décrivit la méthode maîtresse à utiliser pour provoquer cette « auto- 

émancipation » et « rétablir la nation juive » : la lutte pour réaliser « ces 

but, dit-il, doit être prise en main dans un esprit adapté pour manifester 

une pression irrésistible sur la politique internationale du moment. » 

Ces mots de 1882 sont quelques-uns des plus significatifs de 

toute cette histoire. Ils montrent une préconnaissance supérieure, 

comme le lecteur pourrait le soupçonner s’il essaye d’imaginer, disons, 

un patriote-en-exil polonais ou ukrainien, alors ou maintenant, 

parlant « d’exercer une pression irrésistible sur la politique 

internationale. » L’émetteur politique est un homme triste à l’espoir 

différé, un habitué du Café des Exilés qui est d’habitude reconnaissant 

si le deuxième secrétaire d’un sous-secrétaire d’État daigne lui 

accorder une demi-heure. Pinsker était un obscur émigré juif à Berlin, 

peu connu hors des cercles révolutionnaires, quand il écrivait ces 

mots, qui sembleraient être d’une prétention des plus ridicules si les 

événements des soixante-dix années suivantes n’avaient pas prouvé 

qu’il savait exactement de quoi il parlait. Il savait comment le sionisme 

prévaudrait. Clairement, la conspiration, longtemps avant que sa 

nature ne soit même soupçonnée dans le monde extérieur, bénéficiait 

d’un soutien puissant bien au-delà de la Russie, et ce Pinsker inconnu 

était conscient des méthodes par lesquelles les affaires du monde 

devaient être réarrangées. 

Tel était l’état de la conspiration à deux têtes en Russie quand le 

Dr Weizmann devint adulte et commença à jouer son rôle. Le mot 

« conspiration », fréquemment utilisé ici, ne vient pas de l’auteur ; le Dr 

Weizmann l’emploie franchement. Détestant la Russie, il alla (sans 

entraves) en Allemagne. La vue des juifs « émancipés » là-bas le rebuta 

tellement qu’il se languit des ghettos de la Russie, et y retourna 

pendant ses vacances, reprenant ensuite son rôle dans « la 

conspiration », comme il dit. Puis, dans les diverses universités de 

l’Occident émancipé, il continua son « combat déclaré» pour 

 247 

désémanciper les juifs d’Europe. Ils avaient reconnu le danger, et 

présentaient un visage craintif et hostile à ces Ostjuden. 

Ainsi, en Allemagne, Gabriel Rieser dit-il aux révolutionnaires- 

sionistes de Russie : « Nous n’avons pas immigré ici, nous sommes nés 

ici, et parce que nous sommes nés ici, nous n’émettons aucune 

revendication à un foyer quelque part ailleurs ; soit nous sommes des 

Allemands, soit nous sommes sans foyer. » De même, les rabbins du 

judaïsme réformé [non-orthodoxe – NdT] décidèrent que « l’idée du 

Messie mérite la plus grande considération dans nos prières, mais il 

doivent abandonner toutes les requêtes disant que nous pouvons être 

ramenés sur la terre de nos pères et que l’État juif peut être rétabli. » 

Ces juifs luttaient pour garder foi en les promesses du Sanhédrin. 

Ils avaient fait la paix avec l’humanité, et il paraissait impossible que 

les talmudistes puissent jamais les ramener dans une nouvelle 

captivité néhémienne. Le Dr Kastein rapporte avec horreur que vers la 

fin du XIXe siècle « un juif sur cinq épousait un gentil », et, avec une 

horreur plus grande, qu’à la guerre, « sur tous les fronts, le juif se 

retrouvait face au juif ; c’était une tragédie… qui sera répétée… tant 

que les juifs seront contraints d’accomplir leurs devoirs comme 

citoyens de leurs pays d’adoption. » 

L’ombre de la nouvelle captivité talmudique était beaucoup plus 

proche des juifs d’Occident que même eux ne pouvaient le soupçonner. 

Les sages de Russie s’étaient organisés pendant toutes ces décennies,  

et alors que la fin du siècle approchait, ils étaient prêts « à exercer une 

pression irrésistible sur la politique internationale du moment. » Le 

spécialiste qui eut le plus de succès dans cet effort de pression, un 

Premier ministre sioniste nomade, fut le jeune Chaim Weizmann, qui 

pendant les dernières années de la vie de Monk, parcourut les villes et 

les universités européennes, de Darmstadt à Berlin, et plus tard de 

Berlin à Genève, y plantant les bombes à retardement de l’avenir et se 

préparant à sa tâche du XXe siècle. 

Alors que le siècle touchait à sa fin, il y eut une accélération 

soudaine de ce processus, comme si une machine en construction 

depuis longtemps était achevée et commençait à fonctionner à pleine 

puissance, et ses pulsations palpitantes furent immédiatement 

ressenties dans toute la communauté juive, quoique les populations 

gentiles, moins sensibles à de telles vibrations, ne remarquassent rien 

du tout. À la suite de Moses Hess, un autre juif de Russie, Asher 

Ginsberg (Ahad Ha’am), proclama que les juifs, non seulement 

formaient une nation, mais devaient avoir un État juif en Palestine. 

Cependant, ce n’était qu’une voix de plus venue de la lointaine Russie, 

et la faiblesse des juifs en Occident fut qu’ils ne comprenaient pas le 

pouvoir et la force de la masse compacte et organisée dans les ghettos 

 248 

de l’Est ou, en tout cas, ils ne pouvaient pas voir comment elle 

pourrait se faire ressentir en Europe. 

L’avertissement leur parvint en 1896, l’année de la mort du 

Prophète Monk, où Theodor Herzl publia l’État juif. Du coup, le chat 

était dans leur pigeonnier, et peu de temps après, les pigeons étaient à 

l’intérieur du chat. Leurs rangs étaient divisés, car ce Theodor Herzl ne 

faisait pas partie des juifs de l’Est, il n’était pas un juif de Russie. Il 

était l’un d’entre eux ou, en tout cas, ils le considéraient comme tel. Il 

semblait être le modèle même du juif occidental émancipé, et pourtant, 

il était du côté des sionistes. Un tremblement prémonitoire parcourut 

la communauté juive. La chrétienté, qui avait tout autant de raisons 

d’être perturbée, resta dans une inconscience béate pendant encore 

soixante ans. 

 

 

Chapitre 25 

L’ORGANISATION SIONISTE MONDIALE 

Si le simple hasard, à tout moment, produit des hommes tels que 

Karl Marx et le Dr Theodor Herzl aux moments où leurs actes peuvent 

mener à des conséquences destructrices hors de proportion avec leur 

propre importance, alors le hasard, au siècle passé, a été enrôlé dans 

la conspiration contre l’Occident. L’explication la plus probable est 

qu’un contrôle supérieur était déjà en charge de ces événements, et 

qu’il choisit, ou en tout cas utilisa Herzl pour le rôle qu’il joua. La 

brièveté de sa course à travers le firmament (comme celui d’une étoile 

filante), la manière dédaigneuse avec laquelle il fut rejeté une fois sa 

tâche terminée, et sa fin malheureuse appuieraient tous cette 

explication. 

Ceux qui ont connu Vienne et son atmosphère à notre siècle 

comprendront Herzl et l’effet qu’il eut. Une monarchie déclinante et 

une noblesse chancelante ; une classe de juifs s’élevant soudainement 

et rapidement dans les sphères les plus hautes ; ces choses faisaient 

grande impression parmi les populations juives. Le Dr Herzl, plutôt 

que la Neue Freie Presse (Nouvelle Presse Libre – NdT), leur disait 

maintenant comment allait le monde et informait les politiciens sur ce 

qu’il fallait faire. Des Obers (garçons de café – NdT) obséquieux, dans 

les cafés où l’on bavardait, s’empressaient de servir « Herr Doktor ! » 

C’était entièrement nouveau, et excitant. Les Herzl et les de Blowitz de 

cette époque étaient remplis de suffisance, et quand le Dr Herzl 

émergea comme le faux héraut auto-proclamé de Sion, les juifs de 

l’Ouest en restèrent frappés d’une crainte révérentielle et incertains. Si 

le Dr Herzl pouvait parler de cette manière aux Grandes Puissances, 

peut-être avait-il raison et le Sanhédrin napoléonien avait-il eu tort ! 

Était-il vrai que la politique se faisait dans le bureau du Dr Herzl, 

et non sur la Ballhausplatz ? Si un juif de Russie avait écrit l’État juif, 

ou avait essayé de fonder une Organisation sioniste mondiale, les juifs 

de l’Ouest l’auraient ignoré, car ils craignaient la conspiration de l’Est 

et suspectaient au moins ses implications. Mais si le Dr Herzl, un juif 

occidental entièrement émancipé, pensait que les juifs devaient s’isoler 

de nouveau, l’affaire devenait sérieuse. 

Herzl affirmait que l’affaire Dreyfus l’avait convaincu de la réalité 

de « l’antisémitisme ». L’invention du terme était alors assez récente, 

bien que le Dr Kastein cherche à montrer que l’état d’âme dénoté par 

ce terme est immémorial, disant : « il existe depuis l’époque où le 

judaïsme entra en contact avec d’autres peuples d’une façon un peu 

plus forte que l’hostilité de bon voisinage. » (Selon cette définition, 

 250 

dans la guerre, la résistance est de « l’antisémitisme », et « les voisins »,  

dans les guerres tribales des époques antiques, auxquels il se réfère, 

étaient des Sémites. Cependant, les mots « un contact dépassant une 

hostilité de bon voisinage » offrent un bon exemple de pilpoulisme 

sioniste.) 

Quoi qu’il en soit, le Dr Herzl déclara que « le procès de Dreyfus a 

fait de moi un sioniste », et ces mots sont aussi vides que les mots 

ultérieurs de M. Lloyd George : « L’acétone m’a converti au sionisme » 

(ce qui était évidemment faux). L’affaire Dreyfus donna aux juifs la 

preuve complète de la validité de l’émancipation et de l’impartialité de 

la justice sous cette dernière. Jamais un homme ne fut défendu aussi 

publiquement par autant de personnes, ou aussi pleinement 

réhabilité. Aujourd’hui, des nations entières, à l’Est de Berlin, n’ont 

aucun droit à un procès légal et l’Occident, qui a signé l’acte de leur 

bannissement, est indifférent à leur situation critique ; ils peuvent être 

emprisonnés ou tués sans charges ni procès. Pourtant, en Occident 

aujourd’hui, le cas Dreyfus, l’exemple classique de justice, continue à 

être cité par les propagandistes comme un exemple terrible d’injustice. 

Si les arguments pour ou contre le sionisme reposaient sur l’affaire 

Dreyfus, le mot aurait dû disparaître de l’histoire à ce moment-là. 

Néanmoins, le Dr Herzl exigeait que « la souveraineté nous soit 

accordée sur une partie du globe assez grande pour satisfaire les pré- 

requis légitimes d’une nation » (il ne spécifiait aucun territoire 

particulier et ne pencha pas particulièrement pour la Palestine). Pour 

la première fois, l’idée de ressusciter un État juif fit l’objet de 

discussions vives parmi les juifs.13Le Jewish Chronicle de Londres 

décrivit son livre comme étant « l’une des déclarations les plus 

étonnantes qui aient jamais été avancées. » Herzl, ainsi encouragé, vint 

à Londres, qui était alors le centre du pouvoir, pour faire campagne 

pour son idée. Après des conférences réussies dans le East End de 

Londres, il décida d’appeler à un Congrès des juifs pour soutenir cette 

dernière. 

En conséquence, en mars 1897, les juifs « du monde entier » 

furent invités à envoyer des délégués à un « congrès sioniste », un 

contre-Sanhédrin, à Munich, en août. Les juifs occidentaux s’y 

opposèrent catégoriquement. Les rabbins d’Allemagne et ensuite les 

juifs de Munich, protestèrent, et le lieu du rassemblement fut déplacé 

à Bâle, en Suisse. Les Reform Jews of America [les juifs non- 

orthodoxes d’Amérique – NdT] avaient annoncé deux ans plus tôt qu’ils 

                                                

13 

 À ce moment-là, cela n’atteignit guère l’esprit de la multitude des gentils. En 1841, un 

certain colonel Churchill, consul anglais à Smyrne – à la conférence des États d’Europe 

Centrale, destinée à déterminer l’avenir de la Syrie – avait avancé une proposition pour 

fonder un État juif en Palestine, mais apparemment elle avait été écartée sans grande 

considération. 

 

 251 

ne s’attendaient « ni au retour en Palestine, ni au rétablissement 

d’aucune des lois concernant l’État juif. » (Une chose des plus 

curieuses à relater aujourd’hui : quand le rabbin Stephen Wise, en 

1899, suggéra un livre sur le sionisme à la Jewish Publication Society 

of America, le secrétaire répondit, « la Société ne peut se risquer à 

publier un livre sur le sionisme. »). 

Quand le congrès d’Herzl eut lieu, la plupart des 197 délégués 

venaient d’Europe de l’Est. Ce groupe d’hommes fonda alors « une 

Organisation sioniste mondiale », qui a proclama comme objectifs la 

nationalité juive et « un foyer obtenu officiellement, garanti légalement 

» et Herzl déclara : « l’État juif existe. » En fait, quelques juifs, 

prétendant parler pour tous les juifs, mais désavoués de manière 

véhémente par de nombreux corps représentatifs de la communauté 

juive occidentale, avaient tenu une réunion à Bâle, et c’était tout. 

Néanmoins, la proposition, pour ce qu’elle valait dans ces 

circonstances, avait enfin été mise sur la table des affaires 

internationales. Le congrès fut en fait un Sanhédrin convoqué pour 

annuler les aveux faits par le Sanhédrin napoléonien quatre-vingts ans 

auparavant. Ce Sanhédrin-là avait rejeté la nationalité séparée et toute 

ambition de former un État juif ; celui-ci proclama une nationalité 

séparée et l’ambition d’un d’État. Revenant là-dessus cinquante ans 

plus tard, le rabbin Elmer Berger fit observer : « C’était cela, le fossé du 

nationalisme juif, qu’on devait creuser entre les juifs et les autres êtres 

humains. C’était cela, était le moule permanent du ghettoïsme, à 

l’intérieur duquel l’existence juive au sein des nations non émancipées 

devait rester comprimée pour que les processus auto-générés 

d’émancipation et d’intégration ne puissent pas entrer en jeu. » 

Le Sanhédrin napoléonien avait un défaut de base, maintenant 

révélé, dont Napoléon put bien ne pas être conscient. Le Sanhédrin 

représentait les juifs de l’Ouest, et on ne peut raisonnablement 

s’attendre à ce que Napoléon connût la force de cette masse compacte 

de juifs de Russie gouvernés par le Talmud, car le Dr Herzl, qui aurait 

dû savoir cela, l’ignorait ! Il en fit la découverte à ce premier Congrès 

sioniste mondial, convoqué par lui dans une telle attente confiante de 

soutien massif : « et alors… une communauté juive russe s’éleva sous 

nos yeux, dont nous n’avions pas même soupçonné la force. Soixante- 

dix de nos délégués venaient de Russie, et il était évident à chacun 

d’entre nous qu’ils représentaient les opinions et les sentiments des 

cinq millions de juifs de ce pays. Quelle humiliation pour nous, qui 

prenions notre supériorité pour acquise ! » 

Le Dr Herzl se retrouva face à face avec ses maîtres et avec la 

conspiration, qui par lui était sur le point d’entrer en Occident. Il avait 

déclaré la guerre à l’émancipation et, comme de nombreux 

successeurs, était inconscient de la nature de la force qu’il avait 

 252 

libérée. On le laissa bientôt sur le bord de la route, joueur de clairon 

dont la tâche avait été accomplie, tandis que les véritables 

« administrateurs » prenaient la main. 

Il avait forgé l’instrument qu’ils devaient utiliser dans leur attaque 

contre l’Occident. Le Dr Weizmann, qui devint le véritable leader, voit 

clairement que : « Ce fut la contribution durable du Dr Herzl au 

sionisme que d’avoir créé une autorité parlementaire centrale pour le 

sionisme… C’était la première fois dans l’histoire de l’exil de la 

communauté juive qu’un grand gouvernement avait officiellement 

négocié avec les représentants élus des juifs. L’identité, la personnalité 

légale des juifs, avaient été rétablies. » 

Le Dr Weizmann sourit probablement intérieurement quand il 

inclut les mots « parlementaire » et « élus ». La phrase du milieu 

contient le fait important. On ne pouvait prêter autorité aux juifs 

réunis à Bâle – et qui étaient évités par la majorité des juifs de l’Ouest 

– ainsi qu’à leurs déclarations, que par le biais d’un événement, qui à 

ce moment-là semblait inimaginable ; à savoir, qu’ils soient reconnus 

par une grande puissance. Cette chose inconcevable arriva quelques 

années plus tard, quand le gouvernement britannique offrit l’Ouganda 

au Dr Herzl, et ceci est l’événement auquel le Dr Weizmann se réfère. À 

partir de ce moment, toutes les grandes puissances de l’Occident 

acceptèrent de fait les talmudistes de Russie comme représentants de  

tous les juifs et, dès ce moment, la révolution sioniste entra aussi en 

Occident. 

Ainsi finit le siècle de l’émancipation, qui avait commencé par une 

si brillante perspective de participation commune, et les mots 

prescients de M. Houston Stewart Chamberlain (écrits juste avant le 

congrès du Dr Herzl à Bâle) devinrent immédiatement vrais, et une 

réalité vivante. Revenant sur les mots de Gottfried von Herder cent ans 

auparavant : « Les nations plus primitives d’Europe sont des esclaves 

volontaires de l’usure juive », Chamberlain écrivit qu’au cours du XIXe 

siècle, « un grand changement a eu lieu… aujourd’hui, Herder pourrait 

dire la même chose de ce qui est, de loin, la plus grande partie de 

notre monde civilisé… L’influence directe du judaïsme sur le XIXe siècle 

devient ainsi l’un des sujets brûlants du jour. Nous devons traiter ici 

d’une question affectant non seulement le présent, mais aussi l’avenir 

du monde. » 

Avec la formation de l’Organisation sioniste mondiale, avec 

laquelle les grands gouvernements de l’Occident devaient traiter, dans 

les faits, comme une autorité supérieure à eux, le sujet brûlant 

commença à modeler la forme entière des événements. On peut 

clairement remarquer, en 1956 – à l’heure où ce livre est achevé – 

qu’elle a affecté « l’avenir du monde » ; depuis le début de cette année, 

les leaders politiques des grands pouvoirs qui restent en Occident, la 

 253 

Grande-Bretagne et l’Amérique ont fait observé avec des airs de 

surprise affligée que la prochaine guerre mondiale pourrait à tout 

moment éclater à l’endroit où ils avaient installé « l’État juif », et ils se 

sont hâtés de traverser et retraverser l’océan dans l’effort de se mettre 

d’accord sur quelque moyen d’empêcher cette réalisation. 

 

 

Chapitre 26 

L’HERESIE DU DR HERZL 

Pendant les six années de 1897 à 1903, le Dr Theodor Herzl de la  

Neue Freie Presse de Vienne fut une figure mondiale d’un genre 

entièrement nouveau. Il avait créé le sionisme comme une force 

politique organisée (et cela allait provoquer sa fin, et celle de quelques 

autres qui le suivirent suivi sur ce chemin). Il l’avait lancé au milieu 

des affaires de l’Occident comme un pétard chinois. Pourtant, il n’était 

qu’une ombre sans substance, le produit des cafés, des Sachertorte 

[gâteau au chocolat, spécialité viennoise – NdT] et des Kaffee mit 

Schlagsahne [café avec de la crème fouettée – NdT]. Il était comme 

homme utilisé pour ses « relations » par l’astucieux fondateur d’une 

société, et abandonné quand la création était lancée. Il ne fut jamais 

réellement le leader, et commença à s’en rendre compte, avec un choc 

d’alarme, à son premier congrès de 1897, quand « une communauté 

juive russe s’éleva sous nos yeux, dont nous n’avions pas même 

soupçonné la force. » ; en 1904, la pleine réalisation de sa captivité 

l’avait tué. 

Il écrivit un jour qu’à Bâle, en 1897 : « J’ai fondé l’État juif… j’ai 

traqué les gens dans le sentiment d’État et leur ai transmis l’émotion 

qu’ils étaient l’assemblée nationale. » Les six années suivantes 

montrèrent, par des événements factuels, ce que Léon Pinsker avait 

voulu dire en 1882 par « exercer une pression irrésistible sur la 

politique internationale du moment. » 

Herzl, le journaliste viennois né à Budapest, entreprit un tour 

triomphal des grandes capitales ; il se lança dans un vol scintillant, 

comme s’il allait de trapèze à trapèze, à travers le haut monde [en 

français dans le texte – NdT]. Les empereurs, potentats et hommes 

d’État le reçurent comme le porte-parole de tous les juifs, et le 

contraste entre ce qu’ils pensaient et ce qu’il aurait dû savoir est 

impressionnant, comme son premier lieutenant, Max Nordau, le dit 

après sa mort : « Notre peuple avait Herzl, mais Herzl n’eut jamais de 

peuple » ; le rabbinat talmudique à l’Est, qui dédaignait ce faux Messie, 

se tenait entre lui et toutes les foules qui le suivaient. 

Le monde dans lequel il évoluait semblait ferme et bien fondé. La 

Veuve de Windsor [la reine Victoria, allusion au poème de Rudyard 

Kipling, The Widow at Windsor – NdT], et le Vieux Monsieur [l’empereur 

François-Joseph Ier] de Schönbrunn, étaient aimés de leurs peuples ; 

le Jeune Homme de Berlin [l’empereur Guillaume II – NdT] grandissait 

et mûrissait ; le tsar était toujours le père de son peuple ; le droit des 

hommes à la procédure judiciaire était partout affirmé ; le servage 

 255 

industriel cédait graduellement la place à de meilleures conditions. 

Mais partout, les dirigeants et les politiciens connaissaient et 

craignaient le danger que ce processus, estimé comme bénéfique si on 

lui donnait du temps, soit arrêté et détruit par la révolution mondiale, 

car à ce moment-là, la société secrète de Weishaupt s’était 

transformée, par « le réseau des sociétés secrètes » de Disraeli, en Parti 

communiste organisé dans tous les pays. 

La méthode d’Herzl fut d’exploiter cette crainte générale pour son 

but particulier, l’État juif. Herzl offrait la paix intérieure si l’État était 

soutenu, et la révolution s’il ne l’était pas, et il prétendait parler au 

nom de tous les juifs. En cela, il est bien sûr implicite qu’il savait que 

la direction révolutionnaire était juive et il confirmait ainsi, plusieurs 

décennies plus tard, ce que Disraeli et Bakounine avaient dit. Sa 

croyance en la méthode qu’il utilisait s’exprime dans son expression 

célèbre : « Quand nous coulons, nous devenons un prolétariat 

révolutionnaire ; quand nous nous élevons, s’élève le pouvoir terrible 

de notre porte-monnaie ». 

Il dit ainsi à un grand duc de Baden qu’il diminuerait la 

propagande révolutionnaire en Europe proportionnellement au soutien 

que son ambition territoriale recevrait de la haute autorité. Puis, il fut 

reçu par le Kaiser casqué, monté sur un destrier, aux portes mêmes de 

Jérusalem, et l’empereur consentit à présenter au sultan l’offre de 

Herzl d’une société sioniste agréée en Palestine sous protection 

allemande. Quand rien n’en sortit, Herzl menaça le Kaiser, lui aussi, 

de révolution : « Si notre travail n’aboutit pas, des centaines de milliers 

de nos partisans rejoindront d’un seul coup les partis révolutionnaires. » 

Puis, en Russie, il fut reçu par le tsar lui-même, à qui il parla en 

termes semblables. Vers cette période, le troisième Congrès sioniste 

mondial eut lieu, et la décision fut prise que chaque juif qui en 

devenait membre reconnaissait la souveraineté de l’État juif encore 

mythique. Le rabbin Elmer Berger dit d’un air découragé qu’en 

conséquence, cette « existence juive collective et ghettoïsée, redevenait 

une réalité, et existait maintenant à une échelle plus grande qu’elle 

n’avait jamais atteinte auparavant. » 

Puis Herzl vit un autre potentat, le sultan de Turquie. Rien de 

tangible ne sortit de tous ces voyages, mais le coup de maître était à 

portée de main, car Herzl transféra alors ses activités en Angleterre. 

Là, aussi, il avait apparemment accès aux plus hautes sphères, car 

l’une des actions décisives de l’histoire mondiale se préparait ; les 

Britanniques qui étaient alors dans leurs berceaux, et leurs enfants et 

petits-enfants allaient être pris au piège des conséquences de ces 

entrevues non archivées. 

 256 

Qui permit au Dr Herzl de Vienne d’ordonner d’être reçu par les 

grands de tous les pays et qui s’assura qu’ils écoutent des demandes 

qui étaient impérieuses, et également intimidatrices ? Évidemment, les 

« portails royaux » (sa propre expression) ne se seraient pas ouverts à 

lui simplement parce qu’il avait appelé à un congrès de 197 hommes à 

Bâle, et que ce dernier avait passé une résolution. D’autres, plus 

puissants que lui, durent intercéder pour mettre de côté porteurs, 

portiers, laquais, secrétaires, chambellans et ceux dont la tâche est de 

maintenir les importuns loin de leurs maîtres. 

À ce point, le présent récit entre le domaine le plus secret et 

jalousement gardé d’entre tous. On peut maintenant montrer les 

origines de la révolution mondiale, ses buts et la supposition juive de 

son leadership, d’après la masse de preuves écrites qui s’est 

accumulée ; l’existence du « réseau » de Disraeli, s’étendant sur la 

superficie de la Terre, est connue de tous ; la nature du « prolétarien 

révolutionnaire » est claire. Mais il y a aussi ce second réseau, 

d’hommes influents au niveau supérieur, où « le pouvoir du porte- 

monnaie » peut être utilisé pour exercer « une pression irrésistible sur 

la politique internationale du moment » via les dirigeants et politiciens. 

Ce réseau d’hommes, oeuvrant dans tous les pays à une fin commune, 

est celui qui doit avoir permis à Herzl de pénétrer, avec ses demandes, 

dans les plus hautes sphères. 

Tous les observateurs expérimentés connaissent l’existence de 

cette force au niveau le plus haut des affaires internationales. Les 

propagandistes sionistes prétendent que l’opposition juive au sionisme 

est seulement venue de « notables juifs », de « magnats juifs » et de 

« riches  juifs » (ces expressions se retrouvent à plusieurs reprises, par 

exemple dans le livre du Dr Weizmann). En fait, la division au sein du  

judaïsme était verticale, chez les riches comme chez les pauvres, et 

quoique la majorité des juifs occidentaux fût à cette époque 

violemment opposée au sionisme, la minorité comprenait des juifs 

riches et célèbres. Seuls ces derniers ont pu permettre au spectre du 

sionisme, en la personne du Dr Herzl, de s’introduire soudainement, 

par un saut à la Nijinski, dans les cours et les cabinets, d’où il se mit à 

entrer et sortir comme s’il était né privilégié. Ceux qui l’aidèrent étaient 

clairement alliés avec le corps compact et organisé des sionistes : les 

communautés talmudiques de Russie. 

Le Dr Kastein dit que l’« exécutif » mis en place par les 197 

hommes à Bâle « était la première incarnation d’une véritable 

Internationale juive. » Autrement dit, quelque chose qui existait déjà 

reçut une expression visible. Une « Internationale juive » était existait 

déjà et était assez puissante pour ordonner partout des audiences 

royales, princières et ministérielles pour le Dr Herzl. 

 257 

le chercheur ne pourra se faire une idée de ce « réseau » 

international d’hommes à la même vision, au plus haut niveau, à 

l’époque du Dr Herzl, qu’en rassemblant soigneusement des aperçus et 

des fragments significatifs (à notre époque, son existence et ses actions 

concertées sont clairement démontrables à partir de la masse 

croissante de littérature, comme ce livre le montrera dans ses 

chapitres suivants). Par exemple, le Dr Weizmann raconte qu’il dit au 

Dr Herzl que Sir Francis Montefiore (un juif de premier plan en 

Angleterre) était « un imbécile », ce à quoi Herzl répondit : « Il m’ouvre 

les portails royaux. » À nouveau, un certain baron de Hirsch était le 

protecteur financier en chef d’Herzl, et un partisan. De ce baron de 

Hirsch, le comte Carl Lonyay (en citant des documents des archives 

secrètes de la cour impériale à Vienne) dit que le prince héritier 

Rodolphe d’Autriche, souhaitant faire un don à une amie avant son 

suicide à Mayerling, obtint 100 000 guldens « du banquier, le baron 

Hirsch, en échange d’un acte de gentillesse qu’il avait fait en 

décembre, quand il invita le banquier à rencontrer le prince de Galles » 

(le futur roi Edouard VII). 

Le baron de Hirsch, suite à cette introduction, devint un proche 

du prince de Galles, et le banquier privé et conseiller financier du futur 

roi d’Angleterre. Il était aussi le beau-frère d’un certain M. 

Bischoffsheim, de la maison financière juive de Bischoffsheim et 

Goldschmidt à Londres, dont un juif allemand très riche, Sir Ernest 

Cassel, était membre. Sir Ernest, comme le dit M. Brian Connell dans 

une étude biographique, hérita de l’amitié du baron de Hirsch avec le 

futur roi : « là où Hirsch avait été un intime, Cassel devait devenir 

l’ami personnel le plus proche d’Edouard VII». Il fut en effet le dernier 

proche du roi à l’avoir vu vivant, le roi, le jour de sa mort, insistant 

pour maintenir un rendez-vous avec Sir Ernest, et se levant pour 

s’habiller pour l’occasion. 

Dans la suite de ce récit, M. Connell dit : « La petite fraternité 

internationale dont il » (Sir Ernest Cassel) « est devenu peut-être le 

membre principal se composait de tous les hommes avec des passés 

semblables au sien, des gens qu’il approchait au cours de ses voyages 

prolongés. Il y avait Max Warburg, le chef de la grande banque privée à 

Hambourg ; Edouard Nœtzlin, le président honoraire de la Banque de 

Paris et des Pays-Bas, à Paris ; Franz Philippson à Bruxelles ; 

Wertheim et Gompertz à Amsterdam et, par-dessus tout, Jacob Schiff 

de la société de Kuhn, Lœb & Company à New York. Les liens de race 

et d’intérêt liait ces hommes. La toile de leurs communications tremblait 

au contact le plus léger. Ils entretenaient entre eux un réseau 

incroyablement précis d’intelligence économique, politique et financière 

au niveau le plus haut. Ils pouvaient retirer leur soutien ici, fournir des 

fonds complémentaires là, déplacer des sommes d’argent immenses avec 

la rapidité de la foudre et la dissimulation, d’un bout à l’autre de leurs 

 258 

empires financiers, et influencer les décisions politiques de nombre de 

pays. » 

« Les liens de race et d’intérêt… la toile… le réseau… l’intelligence 

au niveau le plus haut… déplacer des sommes d’argent immenses… 

influencer les décisions politiques… » : Il ne peut raisonnablement y 

avoir aucun doute que c’était « l’Internationale juive » sur laquelle le Dr 

Kastein écrivit, et le mécanisme qui fonctionnait, par-delà toutes les 

frontières nationales, pour soutenir le Dr Herzl. Rien de moins ne 

pourrait expliquer l’action que prit le gouvernement britannique, et s’il 

y avait un doute antérieurement, à propos de l’action concertée de 

cette force, supérieure et distincte des nations, les événements de 

notre milieu de siècle l’ont supprimé. Avec un tel pouvoir derrière lui, 

le Dr Herzl était dans une position pour faire des demandes et des 

menaces totales. Les hommes puissants qui formaient ce directoire 

international (le terme n’est pas trop fort) pouvaient bien, à ce 

moment-là, en tant qu’individus, ne pas croire au sionisme et y étaient 

peut-être même opposés, en privé. De l’avis de l’auteur, ils n’étaient 

même pas assez puissants pour s’opposer ou nier le soutien d’une 

politique fixée par les sages de la communauté juive. 

Pendant que les conséquences des voyages du Dr Herzl prenaient 

secrètement forme, il continuait ses périples. Il était pris d’une fierté 

innocente envers son élévation soudaine, et aimait l’élégance de la 

société, l’habit et les gants blancs, les lustres et les réceptions. Les 

sages talmudiques de Russie, qui avaient grandi avec le caftan et les 

peyotes [papillotes – NdT], et se préparaient à le renverser, 

dédaignaient, mais utilisèrent ce personnage typique de 

« l’émancipation occidentale. » 

En 1903, il eut des expériences stupéfiantes, ressemblant à celles 

de Sabbataï Tsevi en 1666. Il alla en Russie, et tout au long de son 

parcours des villes juives, fut l’objet d’ovations messianiques venant 

des masses peu éclairées. À cette occasion, il chercha à persuader la 

Russie de mettre la pression sur le sultan, sur la question de l’offre 

d’une société agréée en Palestine. Il fit quelque impression sur le 

ministre de l’Intérieur russe, von Plehve, à qui il dit qu’il parlait pour 

« tous les juifs de la Russie. » 

S’il croyait cela, il fut bientôt détrompé. Il fit quelque chose qui 

révéla soit qu’il fut imprudemment courageux, soit tout à fait 

inconscient de ce qui se passait vraiment autour de lui (cela arrive 

parfois avec de tels hommes). Vraisemblablement, pour renforcer ses 

arguments auprès de von Plehve, avec qui il dut utiliser l’argument « le 

sionisme ou la révolution », il recommanda vivement aux juifs de 

Russie de s’abstenir d’activités révolutionnaires et discuté de leur 

« émancipation » avec les autorités russes ! 

 259 

Ainsi, écrivit-il son propre arrêt de mort politique, et en effet, il 

mourut bientôt. Pour les sages talmudiques, c’était l’hérésie ; il était 

entré dans la pièce interdite. Ils oeuvraient à empêcher l’émancipation 

juive en Russie, parce qu’ils y voyaient la perte de leur pouvoir sur la 

communauté juive. Si ses négociations avec le gouvernement russe 

avaient réussi, la pacification en Russie aurait suivi, et cela aurait 

signifié la fin de la légende propagandiste de la « persécution juive » en 

Russie. 

Quand il revint pour s’adresser au Sixième congrès de son 

Organisation sioniste mondiale, sa destinéevint à lui sous la forme 

d’une masse compacte de juifs russes qui n’était plus simplement 

« humiliante » envers lui, mais menaçante. À l’instant de son fiasco, il 

pensa qu’il avait l’as d’atout dans sa poche, et il le sortit. Suite à ces 

entrevues à Londres et à « la pression irrésistible » qui le soutenait, le 

gouvernement britannique avait offert au Dr Herzl de la Neue Freie 

Presse de Vienne, un territoire en Afrique, l’Ouganda ! 

Si l’histoire rapporte quelque chose de plus étrange, je ne l’ai pas 

encore découvert. Pourtant, l’atout s’avéra être un deux. 295 délégués 

votèrent pour accepter l’offre, mais 175 la rejetèrent ; clairement, le Dr 

Herzl ne parlait pas au nom de « tous les juifs ». La grande majorité des 

175 « non » vint des juifs de Russie. Les foules juives entassées là 

avaient salué Herzl comme le Messie ; ces 175 émissaires du rabbinat 

de l’Est le maudirent, car l’Ouganda signifiait la ruine de leur plan. Ils 

se jetèrent à terre, dans la posture traditionnelle de la lamentation des 

morts, ou de la destruction du Temple. L’un d’entre eux, une femme, 

appela le Dr Herzl de renommée mondiale « un traître » et, quand il 

partit, déchira la carte de l’Ouganda derrière l’estrade des orateurs. 

Si ce qu’il disait et écrivait était entièrement sincère, le Dr Herzl ne 

comprit jamais pourquoi les émissaires juifs de Russie refusèrent de 

considérer un autre endroit que la Palestine, et, si c’est vrai, il devait 

être des plus naïfs. Il avait créé son mouvement entier sur la 

revendication qu’ « un lieu de refuge » était immédiatement nécessaire 

pour « les juifs persécutés », et ces derniers étaient les juifs de Russie ; 

les juifs étaient entièrement émancipés ailleurs. Si c’était vrai, alors 

n’importe quelle bon endroit ferait l’affaire, et là, il s’en était procuré 

un pour eux ; de plus, si n’importe lequel d’entre eux préférait rester 

en Russie, et que ses négociations avec le gouvernement russe 

réussissaient, ils pourraient avoir tout ce qu’ils voulaient en Russie 

aussi ! 

Du point de vue du rabbinat talmudique de Russie la question 

était entièrement différente. Ils avaient aussi créé la légende de la 

« persécution en Russie », tout en y travaillaient contre l’émancipation, 

mais c’était dans le but d’accomplir la Loi antique, qui signifiait la 

possession de la Palestine et tout ce qui s’ensuivait, tel que la Loi 

 260 

prescrivait. L’acceptation de l’Ouganda aurait signifié le Jour du 

Jugement dernier pour le judaïsme talmudique. 

Le Dr Weizmann décrit l’humiliation finale du Dr Herzl. Après le 

vote, Herzl alla voir les juifs de Russie, qui s’étaient détournés de lui et 

étaient partis, dans la salle de leur comité. « Il entra, semblant défait et 

épuisé. Il fut reçu dans un silence de mort. Personne ne se leva de sa 

place pour le saluer, personne ne l’applaudit quand il termina… C’était 

probablement la première fois que Herzl était ainsi reçu à une réunion 

sioniste : lui, l’idole de tous les sionistes. » 

C’était aussi la dernière fois. Dans l’année, le Dr Herzl était mort, 

à l’âge de quarante-quatre ans. On ne peut offrir aucune conclusion 

quant à sa mort. Des auteurs judaïstes s’y réfèrent en termes 

énigmatiques. L’Encyclopaedia juive dit que c’était le résultat de ce 

qu’il avait enduré, et d’autres autorités font des allusions tout aussi 

façon obscure, quoique significativse. Ceux qui au cours des siècles 

ont été l’objet d’anathème ou d’excommunication par la secte 

dirigeante, sont souvent morts peu après, et misérablement. Le 

chercheur en vient à estimer que dans ces affaires, il approche des 

choses mystérieuses, fermées à toute recherche ordinaire. 

Ce qui est curieux, c’est que le bras droit intime, et orateur 

principal de Herzl, vit ce qui se tramait, à ce moment-là et pour plus 

tard, avec une clarté totale. Il fit montre d’une préconnaissance aussi 

grande que celle de Léon Pinsker quand il décrivit la série 

d’événements auxquels mènerait « la pression irrésistible sur la 

politique internationale » de Pinsker. Au même congrès où Herzl subi 

tson humiliation, Max Nordau (un alias ou pseudonyme ; son nom 

était Suedfeld) donna ce pronostic exact : 

« Laissez-moi vous dire les mots suivants comme si je vous montrais 

les barreaux d’une échelle menant toujours plus vers le haut : Herzl, 

le congrès sioniste, la proposition anglaise de l’Ouganda, la future 

guerre mondiale, la conférence sur la paix où, avec l’aide de 

l’Angleterre, une Palestine libre et juive sera créée » (1903).  

Ici parla l’initié, l’illuminé, l’homme qui connaissait la force et le 

but « de l’Internationale. » (Max Nordau aida le processus, dont il 

prévoyait le cours, en écrivant des best-sellers des années 1890 tels 

que Dégénérescence, dans lequel il dit à l’Occident qu’il était 

irrémédiablement corrompu). Même Max Nordau n’expliqua pas 

clairement sa conclusion jusqu’à sa fin logique. Un autre délégué le fit, 

le Dr Nahum Sokoloff, qui dit : « Jérusalem deviendra un jour la capitale 

de la paix mondiale. » Que l’ambition soit d’en faire la capitale du 

monde apparaît clair en 1956, alors que les gouvernements 

occidentaux sont dans la crainte quotidienne que le monde soit annexé 

à l’État sioniste ; que l’humanité constate que c’est la capitale de la 

paix, cela reste à voir. 

 261 

Après la mort du Dr Herzl, le Dr Chaim Weizmann, le leader 

sioniste suivant, mena l’attaque contre l’offre de l’Ouganda, et au 

Septième congrès de 1905, l’acceptation fut révoquée à son instigation. 

Dès ce moment, le sionisme fut l’instrument du rabbinat talmudique 

de l’Est. 

L’histoire de l’offre de l’Ouganda et son rejet méprisant montre 

l’indifférence de la secte dirigeante au bien-être et aux vœux des foules 

juives, au nom de qui ils prétendaient parler ; en effet, quand on 

considère soigneusement la question, « hostilité » vient à l’esprit 

comme un mot plus vrai qu’ « indifférence. » On le voit en examinant, à 

son tour, le sentiment exprimé, concernant l’offre, par les trois 

principaux groupes de juifs : ceux de  l’Occident, ceux de Russie et 

(une partie de la communauté juive jamais ne serait-ce que 

mentionnée dans tous ces échanges bruyants) les juifs déjà en 

Palestine. 

Les juifs d’Occident étaient à ce moment-là fortement opposés au 

sionisme en tant que tel, qu’il mène à l’Ouganda, la Palestine ou 

n’importe où ailleurs ; ils voulaient juste rester où ils étaient. Les juifs 

de Russie étaient dépeints comme ayant simplement besoin « d’un lieu 

de refuge » contre « la persécution », et si c’était vrai, l’Ouganda aurait 

pu leur plaire ; de toute façon, les ovations frénétiques avec lesquelles 

ils reçurent le Dr Herzl suggèrent qu’ils auraient suivi n’importe quelle 

direction qu’il aurait donnée, si le rabbinat le leur avait permis. 

Restent les juifs qui étaient déjà en Palestine. 

Cette communauté de juifs originels était ardemment en faveur du 

déplacement en Ouganda, comme les recherches permettent de le 

découvrir, et pour cette raison, ils furent dénoncés comme « traîtres » 

par les Khazars judaïsés de la Russie qui avaient pris en main le 

sionisme ! C’est ce que l’Organisation sioniste à Tel-Aviv disait 

toujours d’eux en 1945 : 

« C’était une vision dégradante et affligeante, de voir tous ces gens 

qui… avaient été les premiers à construire la Palestine juive de cette 

époque-là, niant et désavouant publiquement leur propre passé… La 

passion pour l’Ouganda devint associée à une haine mortelle pour la 

Palestine… Dans les foyers communautaires des premières colonies 

juives, de jeunes hommes instruits dans les écoles de l’Alliance 

israélite dénonçaient la Palestine comme “une terre de cadavres et de 

tombes”, une terre de malaria et de maladies des yeux, une terre qui 

détruit ses habitants. Ce n’était pas non plus l’expression de quelques 

individus. En effet, ce n’était que quelques individus ici et là… qui 

restaient loyaux… Toute la Palestine était en état d’effervescence… 

Toute l’opposition à l’Ouganda venait de l’extérieur de la Palestine. 

Dans Sion même, tous étaient contre Sion. » 

 262 

Ce que les masses voulaient, juives ou gentiles, ne comptait pas 

depuis 1903. L’acceptation ou le refus ne faisaient aucune différence ; 

l’offre avait été faite, et par elle l’Occident et son avenir furent 

impliqués dans une entreprise désastreuse, de manière prévisible. 

Comme le dit le Dr Weizmann, un gouvernement britannique s’engagea 

par cet acte à reconnaître les talmudistes de Russie comme le 

gouvernement de tous les juifs ; ainsi, il engagea aussi les générations 

futures de son peuple, et l’engagement semblable des Américains était 

de suivre une décennie plus tard, quand le chemin avait été préparé. 

De cet acte de 1903, vint le début des tourments de ce siècle. 

L’histoire de Sion devint par la suite celle des politiciens occidentaux 

qui, sous « une pression irrésistible », exécutèrent les ordres d’une 

secte puissante. 1903 fut l’année triomphante de la conspiration, et 

pour l’Occident, cela devait s’avérer aussi sinistre que 1914 et 1939, 

années qui prirent toute deux forme à l’ombre de cette conspiration. 

 

 

Chapitre 27 

LES « PROTOCOLES » 

Tandis que le sionisme prenait ainsi forme dans les ghettos de 

l’Est durant le siècle dernier, et apparaissaient au début de celui-ci 

comme une nouvelle force dans les affaires internationales (quand le 

gouvernement britannique lui offrit l’Ouganda), la révolution mondiale, 

dans ces mêmes régions talmudiques, prépara sa troisième 

« éruption ». Les deux forces avançaient ensemble en synchronisation 

(car le sionisme, comme on l’a montré, utilisait la menace du 

communisme en Europe pour avoir l’oreille des dirigeants européens 

concernant sa demande territoriale à l’extérieur de l’Europe). C’était 

comme si des turbines jumelles commençaient à tourner, produisant 

ce qui était dans les faits une force, dont le nouveau siècle allait 

recevoir des chocs galvaniques. 

Selon Disraeli et Bakounine, la révolution mondiale était passée 

sous le leadership juif autour du milieu du siècle, et ses buts 

changèrent alors. Les disciples de Bakounine, qui cherchaient à 

supprimer l’État en tant que tel parce qu’ils prévoyaient que l’État 

révolutionnaire pourrait devenir plus despotique que n’importe quel 

despotisme précédent, furent évincés et oubliés. La révolution 

mondiale prit suite à cela la forme du Manifeste communiste de Karl 

Marx, qui visait au super-État fondé sur le travail d’esclave et « la 

confiscation de la liberté humaine » (comme de Tocqueville l’écrivait en 

1848). 

Ce changement de leadership et d’ojectifs détermina le cours du 

XXe siècle. Cependant, les méthodes par lesquelles l’ordre existant 

devait être détruit ne changèrent pas ; elles continuèrent d’être celles 

révélées par les papiers de Weishaupt publiés en 1787. De nombreuses 

publications du XIXe siècle montrèrent que le plan illuministe original 

avait traversé les générations pour être le manuel des révolutionnaires 

de tous les camps, quant à la méthode. 

Ces travaux propageaient ou exposaient le plan destructif de 

façons diverses, parfois allégoriques, mais toujours reconnaissables en 

comparant avec l’original – les documents de Weishaupt. En 1859, 

Crétineau Joly attaqua le leadership juif des « sociétés secrètes ». Son 

livre reproduisait des documents (communiqués par le Pape Grégoire 

XVI) de la société secrète italienne, la Haute Vente Romaine ; leur 

authenticité est incontestable. La Haute Vente Romaine était dirigée 

par un prince italien qui avait été initié par un des propres intimes de 

Weishaupt (Knigge), et était une réincarnation des Illuminati. Le cercle 

extérieur des initiés, les dupes, était persuadé que « l’objet de 

 264 

l’association était quelque chose de haut et de noble, que c’est l’Ordre 

de ceux qui désirent une moralité plus pure et une piété plus forte, 

l’indépendance et l’unité de leur pays. » Ceux qui gravissaient les 

échelons internes apprenaient progressivement les buts réels et 

juraient de détruire toute religion et gouvernement légitime ; puis, ils 

recevaient les secrets d’assassinat, de poison et de faux serment 

divulgués la première fois par les documents de Weishaupt. 

En 1862, Karl Marx (dont le Manifeste communiste est 

manifestement illuministe) fonda sa première Internationale, et 

Bakounine forma son Alliance sociale démocratique (dont le 

programme, comme Mme Nesta Webster l’a montré par ses citations de 

passages corrélatifs, étaient du pur Illuminisme). La même année, 

Maurice Joly publia une attaque contre Napoléon III, à qui il attribuait 

les méthodes identiques de corruption et de ruine du système social 

(ce livre était écrit sous forme allégorique). En 1868, l’Allemand 

Gœdsche reproduisit les mêmes idées sous la forme d’une attaque 

contre le leadership juif de la révolution, et en 1869, le catholique et 

royaliste français Gougenot Des Mousseaux reprit le même thème. 

Cette année-là, Bakounine publia aussi sa Polémique Contre les Juifs. 

Dans tous ces ouvrages, sous une forme ou une autre, la 

continuité de l’idée de base d’abord révélée par les documents de 

Weishaupt apparaît : à savoir, celle de la destruction de tout 

gouvernement, religion et nationalité légitimes, et de l’installation d’un 

despotisme universel pour gouverner les masses asservies par la 

terreur et la violence. Certains d’entre eux attaquaient l’usurpation – 

ou la succession – juive du leadership de la révolution. 

Après cela, ily eut une pause dans la littérature publiée sur la 

conspiration révélée pour la première fois en 1787, jusqu’en 1905, où 

un certain professeur Sergyei Nilus, fonctionnaire au Département des 

religions étrangères à Moscou, publia un livre, dont le British Museum 

à Londres possède une copie portant un cachet de la poste daté du 10 

août 1906. On attribuerait un grand intérêt à tout ce qui pourrait être 

découvert sur Nilus et son livre, qui n’a jamais été traduit ; le mystère 

qui les entoure lui et son livre bloque la recherche. Un chapitre a été 

traduit en anglais en 1920. Cela mérite d’être mentionné ici, parce que 

la publication originale eut lieu en 1905, même si le tumulte violent ne 

commença que quand elle fut diffusée en anglais, en 1920. 

Cet unique chapitre fut publié en Angleterre et en Amérique sous 

le nom « The Protocols of the Learned Elders of Zion » [Les Protocoles des 

Sages de Sion – NdT] ; je n’ai pas réussi à savoir si c’était le titre du 

chapitre original, ou s’il fut fourni pendant la traduction. Aucune 

preuve n’est donnée que le document est ce qu’il prétend être – un 

compte rendu d’une réunion secrète de « sages » juifs. À cet égard, il 

est donc sans valeur.  

 265 

À tout autre égard, il est d’une importance inestimab1e, car il 

s’avère, par le test conclusif (celui des événements suivants) être un 

document authentique de la conspiration mondiale révélée en premier 

lieu par les papiers de Weishaupt. Beaucoup d’autres documents dans 

la même série avaient suivi cette première révélation, comme je l’ai 

montré, mais celui-ci les dépasse tous. Les autres étaient 

fragmentaires et donnaient des aperçus ; celui-ci donne l’image entière 

de la conspiration, la motivation, la méthode et l’objectif. Il n’ajoute 

rien de nouveau à ce qui avait été révélé par morceaux (sauf 

l’attribution non prouvée aux sages juifs eux-mêmes), mais il met en 

place toutes les pièces et expose le tout. Il dépeint exactement tout ce 

qui est arrivé en cinquante ans depuis sa publication, et ce qui suivra 

clairement dans les cinquante ans suivants, à moins que d’ici là, la 

force que la conspiration a générée ne produise la contre-force. 

Il est informé par une masse de connaissance (particulièrement 

des faiblesses humaines) qui ne pouvait venir que de l’expérience 

accumulée et de l’étude continuelle des siècles, ou des âges. Il est écrit 

dans un style de supériorité élevée, comme par des êtres perchés sur 

quelque pinacle olympien de sagesse sardonique et antique et de 

dédain moqueur pour les masses se tortillant tout en bas (« la foule. ».. 

« animaux alcoolisés. ».. « bétail. ».. « bêtes sanguinaires »), qui luttent 

en vain pour échapper « aux pinces » qui se referment sur elles ; ces 

pinces sont « le pouvoir de l’or » et la force brutale de la foule, incitée à 

détruire ses seuls protecteurs, et par conséquent, elle-même. 

L’idée destructrice est présentée sous la forme d’une théorie 

scientifique, presque d’une science exacte, discutée avec ferveur et 

éloquence. En étudiant les Protocoles, je suis constamment rappelé à 

quelque chose qui attira mon regard dans le dicton de Disraeli, cité 

plus tôt. Disraeli, qui était prudent dans le choix des mots, parla du 

« principe destructeur » (non l’idée, l’arrangement, la notion, le plan, le 

complot ou autre), et les Protocoles élèvent la théorie de la destruction 

à ce statut « d’une vérité fondamentale, une loi primaire ou 

fondamentale, une loi directrice de conduite » (pour citer les diverses 

définitions du dictionnaire du terme « principe »). Dans de nombreux 

passages, les Protocoles paraissent, à première vue, recommander la 

destruction comme une chose vertueuse en soi et justifiant par 

conséquent toutes les méthodes explicitement recommandées pour la 

promouvoir (subornation, chantage, corruption, subversion, sédition, 

incitation des foules, terreur et violence), qui deviennent ainsi 

vertueuses également. 

Mais un examen attentif montre que ce n’est pas le cas. En fait,  

l’argument présenté commence à la fin, la puissance mondiale, et 

revient en arrière sur les moyens, qui sont préconisés simplement 

comme étant les meilleurs pour cette fin. La fin est celle révélée en 

 266 

premier lieu dans les documents de Weishaupt, et il est apparent que 

tous les deux viennent d’une source bien plus ancienne, bien que les 

Protocoles, dans le temps, se situent, par rapport aux papiers de 

Weishaupt, comme le petit-fils par rapport au grand-père. Le but final 

est la destruction de toute religion et nationalité, et l’établissement du 

super-État, gouvernant le monde par une terreur impitoyable. 

Quand les Protocoles parurent en anglais, l’attaque juive enragée 

du document lui-même donna l’impression trompeuse que le point 

mineur – qui était l’auteur de ce document particulier ? – était d’une 

importance majeure. L’affirmation solennelle de leadership juif de la 

conspiration révolutionnaire n’était pas nouvelle du tout ; le lecteur a 

vu que Disraeli, Bakounine et plusieurs autres l’affirmèrent plus tôt. 

Dans ce cas, les allégations concerant une réunion spécifique de 

leaders juifs de la conspiration étaient infondées, et auraient pu être 

ignorée (en 1913, une publication quelque peu semblable accusa les 

Jésuites d’inciter à une conspiration mondiale ressemblant à ce qui est 

dépeint de la même façon dans les Protocoles et dans les papiers de 

Weishaupt ; les Jésuites firent tranquillement remarquer que cela était 

faux, et la question fut oubliée). 

La réponse de la communauté juive officielle en 1920 et par la 

suite fut différente. Elle attaqua, avec rage, la substance entière des 

Protocoles ; elle ne s’arrêta pas à la négation d’un complot juif, mais 

nia l’existence de tout complot, ce qui était manifestement faux. 

L’existence de la conspiration avait été reconnue et affirmée par une 

longue chaîne d’autorités supérieures, d’Edmond Burke, George 

Washington et Alexandre Hamilton à Disraeli, Bakounine et plusieurs 

autres mentionnés dans un chapitre précédent. De plus, quand les 

Protocoles apparurent en anglais, la preuve conclusive avait été donnée 

par l’événement de Russie. Ainsi, la nature de l’attaque juive ne 

pouvait-elle que renforcer les doutes publics ; elle protestait beaucoup 

trop. 

Cette attaque était la répétition de celle qui avait réduit au silence 

ces premiers leaders de la demande publique d’investigation et de 

recours, Robison, Barruel et Morse, mais cette fois, c’était une attaque 

juive. Ces trois hommes n’avaient aucunement imputé le leadership 

juif, et ils furent seulement diffamés parce qu’ils attiraient l’attention 

publique sur la nature ininterrompue de la conspiration, et sur le fait 

que la Révolution française n’était clairement que sa première 

« éruption ». L’attaque des Protocoles dans les années 1920 prouvait 

par-dessus tout la vérité de leur affirmation ; elle montrait que 

l’organisation permanente pour la suppression du débat public sur la 

conspiration avait été perfectionnée au cours des 120 ans écoulés. 

Probablement autant d’argent et d’énergie n’avaient jamais été 

 267 

dépensés auparavant, dans l’Histoire, dans l’effort de supprimer un 

seul document. 

Il fut apporté en Angleterre par l’un des deux correspondants 

britanniques à Moscou, importants à l’époque : Victor Marsden du 

Morning Post (l’histoire significative de l’autre correspondant appartient 

à un chapitre postérieur). Marsden était une autorité en ce qui 

concernait la Russie, et était fortement sous l’effet persistant de la 

Terreur. Il fut dans les faits sa victime, car il mourut peu après avoir 

achevé ce qu’il ressentait comme un devoir, une évidence : la 

traduction des Protocoles au British Museum. 

La publication en anglais éveilla l’intérêt du monde entier. Cette 

période (1920 et après) marque la fin de l’époque où les questions 

juives pouvaient être impartialement discutées en public. Le débat 

initial fut libre et vigoureux, mais dans les années qui suivirent, 

l’attaque réussit à imposer la loi de lèse-majesté sur cette question, et 

aujourd’hui, on ne trouve guère d’homme ou de document public qui 

se risque à mentionner les Protocoles, sauf pour les déclarer 

« contrefaits » ou « infâmes » (un acte de soumission qui fut aussi 

prédit chez eux). 

La première réaction fut naturelle. Les Protocoles furent reçus 

comme la preuve formidable d’une conspiration internationale contre 

la religion, la nationalité, le gouvernement légitime et la propriété. 

Tous reconnurent que l’attribution de la paternité juive était infondée, 

mais que le sujet était si grave et si fortement corroboré par les 

événements postérieurs à la publication originale, qu’une enquête 

complète était nécessaire. Ce recours, « l’investiation», était celui 

préconisé par beaucoup d’hommes importants, 120 ans auparavant. 

Dans ce cas, l’attaque porta dans les faits à nouveau sur la demande 

d’investigation, pas sur la simple allégation contre « les Sages de Sion ». 

Le Times (de Londres) dit le 8 mai 1920, dans un long 

article : « Une enquête impartiale sur ces supposés documents et sur 

leur histoire est des plus souhaitables… Allons-nous écarter la 

question entière sans enquête, et laisser invérifiée l’influence d’un livre 

tel que cet ouvrage ? » Le Morning Post (alors le plus ancien et le plus 

sobre journal britannique) publia vingt-trois articles, appelant aussi à 

une investigation. 

Dans The Spectator, du 27 août 1921, Lord Sydenham, une 

autorité première à l’époque, recommanda aussi une investigation : « La 

question principale est, bien sûr, la source d’où Nilus a obtenu les 

Protocoles. Les Russes qui connaissaient Nilus et ses écrits n’ont pu 

être tous exterminés par les bolcheviques. Son livre… n’a pas été 

traduit, alors qu’il pourrait donner une certaine idée de l’homme… 

Quelle est la caractéristique la plus saisissante des Protocoles ? La 

 268 

réponse est une connaissance d’un ordre rare, embrassant le domaine 

le plus large. La solution à ce “mystère”, si c’en est un, doit être 

trouvée là où cette connaissance étrange, sur laquelle sont basées les 

prophéties maintenant littéralement accomplies, se révèle résider. » En 

Amérique, M. Henry Ford, déclarant que « les Protocoles ont 

correspondu à la situation mondiale jusqu’à maintenant ; ils y 

correspondent aujourd’hui », poussa son Dearborn Independent à 

publier une série d’articles dont un million et demi de réimpressions 

furent vendues. 

En l’espace de deux ans, le propriétaire du Times fut reconnu fou 

(par un docteur anonyme dans un pays étranger ; un chapitre 

postérieur décrira cet épisode) et se vit retirer de force le contrôle de 

ses publications, et The Times publia un article balayant les Protocoles 

comme un plagiat du livre de Maurice Joly. Le propriétaire du Morning 

Post devint l’objet de vitupérations prlongées jusqu’à ce qu’il vende le 

journal, qui cessa alors toute publication. En 1927, M. Henry Ford fit 

publier une excuse adressée à un juif bien connu d’Amérique ; quand 

je me trouvais aux États-Unis des années plus tard, des informateurs 

crédibles me dirent qu’on l’avait persuadé de le faire – à un moment où 

un nouveau modèle d’automobile Ford était sur le point d’être 

commercialisé – par des menaces hostiles de la part de revendeurs, 

dont il dépendait de la fortune. 

La campagne contre les Protocoles n’a jamais cessé depuis lors. En 

Russie communiste, toutes les copies susceptibles d’être découvertes 

avaient été détruites à la révolution, et la possession du livre devint un 

crime capital sous la loi contre « l’antisémitisme ». Dans la suite directe 

de cela, bien que vingt-cinq ans plus tard, les autorités américaines et 

britanniques en Allemagne occupée, après la Seconde Guerre 

mondiale, contraignirent le gouvernement allemand occidental à 

promulguer des lois contre « l’antisémitisme », sur le modèle 

bolchevique ; et en 1955, un imprimeur de Munich qui reproduisit les 

Protocoles se vit confisquer son affaire. En Angleterre, au moment de la 

publication, la vente du livre fut temporairement arrêtée par l’autorité, 

sous la pression décrite, et au cours des années, l’attaque continua si 

violemment que les éditeurs en eurent peur, et seules quelques petites 

sociétés locales se risquèrent jamais à l’imprimer. En Suisse, entre les 

deux guerres, un procès juif fut intenté contre le livre comme 

« littérature incorrecte » ; L’affaire fut gagnée, mais le verdict fut cassé 

par une cour supérieure. 

La situation ainsi provoquée après 1920, et continuant 

aujourd’hui, fut prédite par les Protocoles en 1905 :  

« À travers la presse, nous avons acquis le pouvoir d’influencer tout 

en demeurant dans l’ombre…  

 269 

Le principal facteur de succès dans la politique est le secret de ses 

entreprises : les paroles ne doivent pas être en accord avec les actions 

des diplomates…  

 

Nous devons contraindre les gouvernements… à agir dans le sens 

favorable à notre plan aux larges perspectives, qui approche déjà de 

sa consommation désirée. [Nous le ferons] par [le biais de] ce que 

nous présenterons comme étant l’opinion publique, secrètement 

orientée par nous au moyen de ce qu’on appelle la “grande 

puissance” – la Presse, qui, à quelques exceptions négligeables près, 

est déjà entièrement entre nos mains.  

 

Envers la presse, nous nous conduirons de la manière 

suivante : Nous la mettrons sous le joug et la conduirons avec des 

rênes solides… nous devrons également nous assurer le contrôle de 

toutes les formes de publications. Il ne serait d’aucune utilité pour 

nous de contrôler les journaux, si nous restions exposés aux 

attaques des brochures et des livres…  

 

Nul ne pourra impunément toucher au prestige de notre infaillibilité 

politique. Pour interdire une publication, nous trouverons le prétexte 

suivant : la publication qui vient d’être supprimée excitait, dirons- 

nous, l’opinion publique, sans aucune raison ou aucun fondement.  

 

Les restrictions que nous imposerons – comme je l’ai dit – aux 

publications privées nous permettront de rendre certaine la défaite de 

nos ennemis, parce qu’ils n’auront aucun organe de presse à leur 

disposition au moyen duquel ils pourraient donner libre cours à leurs 

opinions. » 

Telle est l’histoire des Protocoles jusqu’à présent. Leur attribution 

aux « sages » juifs est infondée et devrait être rejetée, sans préjuger de 

toute autre preuve de leadership juif de la révolution mondiale, en tant 

que telle. L’attaque juive contre les Protocoles était résolue, non à 

disculper la communauté juive, mais à stopper la publication sur 

l’allégation qu’elle « excitait l’opinion publique, sans aucune raison ou 

aucun fondement ». Les arguments avancés étaient faux ; ils disaient 

que les Protocoles ressemblaient étroitement à plusieurs publications 

précédentes et étaient ainsi des « plagiats » ou des « contrefaçons », 

alors que, ce que cela montrait était en vérité une chose évidente : ils 

faisaient partie de la littérature ininterrompue de la conspiration. Ils 

pouvaient aussi bien avoir été produits par des non-juifs ou des 

révolutionnaires antisémites, et cela est d’importance secondaire. Ce 

qu’ils prouvèrent, c’est que l’organisation révélée en premier lieu par 

les documents de Weishaupt existait 120 ans plus tard, et utilisait 

toujours les méthodes, et poursuivait le but alors exposés ; et quand 

 270 

ils furent publiés en anglais, la révolution bolchevique avait fourni la 

preuve. 

À mon avis, les Protocoles fournissent le manuel essentiel pour les 

chercheurs de l’époque et du sujet. Si Lord Sydenham, en 1921, fut 

bloqué par la « connaissance étrange » qu’ils affichaient, « sur laquelle 

sont basées les prophéties maintenant littéralement accomplies », 

combien il serait davantage impressionné aujourd’hui, en 1956, où 

beaucoup plus ont été accomplies de manière tout aussi littérale. Par 

ce livre, n’importe quel homme peut voir comment les bouleversements 

des 150 ans passés furent provoqués, et comment ceux des cinquante 

ans suivants le seront ; il saura d’avance comment les « actes » de ses 

représentants élus différereront de leur « parole ». 

Sur un point, je suis en mesure par ma propre expérience de 

tester le dicton de Lord Sydenham sur les prophéties accomplies. Les 

Protocoles, parlant de contrôle de l’information publiée, disent : 

« Aucune information n’atteindra la société sans passer par notre 

contrôle. Ceci est déjà pour nous un point acquis par le fait que toutes 

les nouvelles sont reçues de toutes les parties du monde par un petit 

nombre d’agences qui les centralisent. Lorsque nous serons arrivés au 

pouvoir, ces agences nous appartiendront entièrement et ne publieront 

que les nouvelles qu’il nous plaira de laisser paraître. »  

Ce n’était pas cette situation en 1905, ou à l’époque de Lord 

Sydenham, ou en 1926, quand je devins journaliste, mais elle était en 

train de se développer, et c’est aujourd’hui la situation. Le flot de 

« nouvelles » qui se déverse sur l’opinion publique par les journaux 

vient de quelques agences, comme si sortant d’une demi-douzaine de 

robinets. N’importe quelle main pouvant contrôler ces valves peut 

contrôler les « nouvelles », et le lecteur peut observer par lui-même la 

forme filtrée sous laquelle les nouvelles l’atteignent.  

Quant aux vues éditoriales, basées sur cette livraison de 

nouvelles, on peut comprendre la transformation qui a été provoquée,  

en se référant aux articles impartialement critiques publiés dans le 

Times, le Morning Post, le Spectator, le Dearborn Independent et des 

milliers d’autres journaux, il y a environ vingt-cinq ans. Cela ne 

pourrait pas arriver aujourd’hui. La subjugation de la presse a été 

accomplie comme les Protocoles l’avaient prédit, et par le hasard de ma 

génération et de ma vocation, je l’ai vue arriver. 

L’étude comparative des Protocoles et des papiers de Weishaupt 

mène à la forte déduction que les deux proviennent d’une source 

commune et bien plus ancienne. Ils ne peuvent avoir été le produit 

d’aucun homme seul ou d’un seul groupe d’hommes dans la période 

où ils furent publiés ; la « connaissance étrange » qu’ils exposent eux 

manifestement sur l’expérience cumulative des âges. Cela s’applique 

 271 

particulièrement (dans les papiers de Weishaupt tout comme dans les 

Protocoles) à la connaissance des faiblesses humaines, qui sont 

sélectionnées avec une exactitude analytique, la méthode 

d’exploitation de chacune d’entre elles étant décrite avec une jubilation 

dédaigneuse. 

L’instrument à utiliser pour la destruction des États-nations 

chrétiens et de leur religion est « la foule. » Le mot est utilisé avec un 

mépris virulent pour décrire les masses (qui en public sont flattées en 

se faisant appeler « le peuple »).  

« Il faut remarquer que le nombre des hommes aux instincts 

corrompus est plus grand que celui des gens aux instincts nobles. 

C’est pourquoi les meilleurs résultats s’obtiennent, dans le 

gouvernement du monde, en employant la violence et l’intimidation…  

 

Il faut se rendre compte que la force de la foule est aveugle, 

dépourvue de raison dans le discernement et qu’elle prête l’oreille 

tantôt à droite, tantôt à gauche. » 

À partir de là, il est développé l’argument qu’« un despotisme 

absolu » est nécessaire pour gouverner « la foule », qui est «  sauvage »,  

et que « notre État » emploiera « la terreur [qui tend à] produire une 

soumission aveugle. » « L’accomplissement littéral » de ces préceptes en 

Russie communiste doit être évident à tous aujourd’hui. 

Ce « despotisme absolu » doit être investi dans le super-État 

international au bout du chemin. Entre-temps des despotes- 

marionnettes régionaux sont dépeints comme l’élément essentiel au 

processus de destruction de la structure des États et des défenses des 

peuples :  

« De la part de leurs élus dictateurs actuels, Présidents du Conseil et 

ministres, ils supportent des abus pour le moindre desquels ils 

auraient assassiné vingt rois. Comment expliquer un tel état de 

choses ?… Parce que les despotes persuadent le peuple, par 

l’intermédiaire de leurs agents, que, même s’ils faisaient un mauvais 

usage du pouvoir et portaient préjudice à l’État, ce serait dans un but 

élevé, c’est-à-dire en vue de la prospérité du peuple pour la cause de 

la fraternité, de l’union et de l’égalité internationales. 

Certes, ils ne leur disent pas qu’une telle unification ne peut être 

obtenue que sous notre domination. » 

Ce passage est d’un intérêt particulier. Les termes « dictateurs, 

Présidents du Conseil et ministres » n’aurait pas été généralement 

compris en 1905, où les peuples d’Occident croyaient que leurs 

représentants élus exprimaient et dépendaient de leur approbation. 

Cependant, ils sont devenus applicables pendant les Première et 

Seconde Guerres mondiales, lorsque des présidents américains et des 

 272 

Premiers ministres britanniques se firent, en fait, « élus dictateurs » et 

utilisèrent des pouvoirs extraordinaires au nom « de la prospérité du 

peuple… la fraternité… l’égalité internationales… » De plus, ces élus 

dictateurs, durant les deux guerres, dirent vraiment aux peuples que la 

fin ultime de tout serait « l’unification » sous un gouvernement mondial 

d’un certain type. La question, qui dirigerait ce gouvernement mondial, 

fut une question qui ne ne reçut jamais de réponse directe ; tant 

d’autres points des Protocoles ont été accomplis, que leur affirmation 

que ce serait l’instrument de la conspiration pour gouverner le monde 

« par la violence et l’intimidation » mérite qu’on y réfléchisse à deux 

fois. 

La caractéristique particulière des deux guerres du XXe siècle est 

la déception que chacune apporta aux peuples qui semblaient être 

victorieux. « La connaissance étrange », donc, semble à nouveau avoir 

inspiré la déclaration, faite en 1905 ou avant : 

« Depuis cette époque » (la Révolution française) « nous avons mené 

les peuples de désillusion en désillusion », suivi ensuite de : « Par ce 

procédé, tous les gouvernements sont torturés ; ils hurlent pour 

réclamer le repos ; et, pour l’amour de la paix, ils sont prêts à tous 

les sacrifices. Mais nous ne leur laisserons aucune paix jusqu’à ce 

qu’ils aient reconnu notre Supergouvernement international, et avec 

soumission. » 

Ces mots, écrits avant 1905, semblent exactement décrire le cours 

du XXe siècle. 

De nouveau, le document dit : « Il est indispensable à nos desseins 

que les guerres n’amènent aucun gain territorial. » On fit de cette 

expression, de 1905 ou antérieure, le slogan principal ou le principe 

moral apparent, proclamé par les leaders politiques de l’Amérique et de 

la Grande-Bretagne dans les deux guerres mondiales, et dans ce cas, 

les résultats ont montré la différence entre « la parole » et « l’acte » « du 

diplomate. » Le résultat principal de la Première Guerre fut d’établir le 

sionisme révolutionnaire et le communisme révolutionnaire en tant 

que nouvelles forces dans les affaires internationales, le premier par 

« une patrie » promise, et le second par un État résident. Le résultat 

principal de la Seconde Guerre fut que d’autres « gains territoriaux » se 

sont accumulés pour, et seulement pour, le sionisme et le 

communisme ; le sionisme a reçu son État résident, et le communisme 

la moitié de l’Europe. « L’exactitude mortelle » (des mots de Lord 

Sydenham) des prévisions des Protocoles semble apparente dans ce 

cas, où une expression spécieuse utilisée dans les Protocoles de 1905 

devint le langage quotidien des présidents américains et des Premiers 

ministres britanniques en 1914-1918 et 1939-1945. 

La raison pour laquelle les auteurs des Protocoles considérèrent ce 

slogan comme aussi important, pour tromper les peuples, est aussi 

 273 

expliqué. Si on refuse des « gains territoriaux » aux nations impliquées 

dans les guerres, les seuls vainqueurs seront alors « notre agentur 

internationale… nos droits internationaux balayeront les lois du 

monde entier, et gouverneront les nations comme les gouvernements 

individuels leurs sujets. » Pour provoquer cet état de choses, des 

politiciens dociles sont nécessaires et les Protocoles disent à leur sujet :  

« Nous choisirons parmi le public des administrateurs aux tendances 

serviles. Ils seront inexpérimentés dans l’art de gouverner. Nous les 

transformerons facilement en pions sur notre échiquier où ils seront 

mus par nos savants et sages conseillers, tout spécialement formés 

dès la plus tendre enfance pour diriger les affaires du monde. » 

Le lecteur peut juger par lui-même si cette description correspond 

à certains des « administrateurs » de l’Occident durant les cinq 

dernières décennies ; le test est leur attitude envers le sionisme, la 

révolution mondiale et le gouvernement mondial, et les chapitres 

suivants apporteront l’information sur ces trois aspects. Mais 

« l’exactitude mortelle » semble résider encore plus dans l’allusion aux 

« conseillers. » 

Revoilà « la connaissance étrange », exposée il y a plus de 

cinquante ans. En 1905, « le conseiller » non-élu mais puissant était 

inconnu du public. Des hommes véritablement éclairés, tels que 

Disraeli, savaient que « le monde est dirigé par des personnages très 

différents de ce qui peuvent imaginer ceux qui ne sont pas dans les 

coulisses », mais pour le grand public, ce passage n’aurait rien signifié. 

 Cependant, durant les Première et Seconde Guerres mondiales, le 

« conseiller » non-élu, officieux mais impérieux, devint un personnage 

public familier. Il apparut à visage découvert (sous des « pouvoirs 

d’urgence ») et devint connu et accepté passivement par le public ; le 

mépris affiché des Protocoles pour « la foule » était probablement 

justifié par cette soumission à l’autorité exercée dans les coulisses,  

même quand celle-ci était exercée ouvertement. Aux États-Unis, par 

exemple, « les conseillers sur les affaires juives » devinrent résidents à 

la Maison Blanche et dans les sièges des armées américaines 

d’occupation. Un financier (qui recommanda publiquement des 

mesures drastiques pour « diriger les affaires du monde ») fut le 

conseiller de tant de présidents que la presse le surnomma de manière 

permanente « l’Homme d’État sage », et les Premiers ministres anglais  

en visite se rendaient également chez lui, comme s’il était un siège 

d’autorité suprême. 

Les Protocoles prévirent ce régime des « conseillers » quand nul ne 

comprenait ce que cela signifiait, et peu auraient cru qu’ils 

apparaîtraient ouvertement dans les hautes sphères. 

 274 

Les Protocoles affirment à plusieurs reprises que le premier 

objectif est la destruction de la classe dirigeante existante 

(« l’aristocratie », le terme employé, était toujours applicable en 1905) 

et la saisie de la propriété par l’exhortation de la « foule » inhumaine et  

brutale. De nouveau, les événements suivants donnent à la 

« prévision » son « exactitude mortelle » : 

« En politique, n’hésitons pas à confisquer la propriété, si nous 

pouvons ainsi acquérir soumission et pouvoir… 

 

Notre appel « Liberté, Égalité, Fraternité » amena dans nos rangs, des 

quatre coins du monde, grâce à nos agents inconscients, des légions 

entières qui portèrent nos bannières avec extase. Pendant ce temps, 

ces mots, comme autant de vers rongeurs, dévoraient la prospérité 

des chrétiens, détruisaient leur paix, leur tranquillité et leur 

solidarité, ruinant ainsi les fondations des États.  

 

Ce fut cette action qui amena notre triomphe. Elle nous donna, entre 

autres choses, la possibilité de jouer notre as d’atout : l’abolition des 

privilèges, en d’autres termes, l’existence de l’aristocratie des peuples, 

seule protection qu’avaient contre nous les nations et les pays. Sur 

les ruines de l’aristocratie naturelle et héréditaire, nous élevâmes, en 

lui donnant des bases ploutocratiques, une aristocratie à nous. Nous 

l’établîmes sur la richesse tenue sous notre contrôle et sur la science 

promue par nos savants… Le seul fait que les représentants de la 

nation peuvent être déposés les livra à notre pouvoir et mit 

pratiquement leur choix entre nos mains.  

 

Nous tenons à passer pour les libérateurs du travailleur, venus pour 

le délivrer de cette oppression en lui suggérant d’entrer dans les 

rangs de nos armées de socialistes, d’anarchistes et de 

communistes… Nous gouvernerons les masses en tirant parti des 

sentiments de jalousie et de haine allumés par l’oppression et le 

besoin. Et, au moyen de ces sentiments, nous nous débarrassons de 

ceux qui entravent notre marche.  

 

La populace, dans son ignorance, croit aveuglément tout ce qui est 

imprimé et les fallacieuses illusions dûment inspirées par nous, et 

elle est hostile à toutes les classes qu’elle croit au-dessus d’elle, car 

elle ne comprend pas l’importance de chaque caste.  

 

Ces masses seront alors heureuses de se précipiter sur ceux que, 

dans leur ignorance, elles ont jalousés dès l’enfance : elles 

répandront leur sang et pourront ensuite s’emparer de leurs biens. 

On ne “nous” fera pas de mal, parce que le moment de l’attaque nous 

 275 

sera connu et que nous prendrons des mesures pour protéger nos 

intérêts. 

 

Le mot « liberté » met la société en conflit avec toutes les puissances, 

même avec celle de la Nature et avec celle de Dieu. C’est pourquoi, 

lorsque nous arriverons au pouvoir, ils nous faudra effacer le mot 

« liberté » du dictionnaire humain, comme étant le symbole du 

pouvoir bestial qui transforme les hommes en animaux 

sanguinaires… La liberté pourrait être inoffensive et exister dans les 

gouvernements et les pays sans être préjudiciable à la prospérité du 

peuple, si elle reposait sur la religion et sur la crainte de Dieu… C’est 

pourquoi nous devons arracher de l’esprit des masses jusqu’à la 

conception même de Dieu et la remplacer par des calculs 

arithmétiques et des besoins matériels… » 

 

« Nous avons mis en désaccord les uns avec les autres tous les 

intérêts personnels et nationaux des peuples pendant près de vingt 

siècles, en y mêlant des préjugés de religion et de tribu. De tout cela, 

il résulte que pas un seul gouvernement ne trouvera d’appui chez ses 

voisins lorsqu’il fera contre nous appel à leur aide, parce que chacun 

d’eux pensera qu’une action intentée contre nous pourrait être 

désastreuse pour son existence individuelle. Nous sommes trop 

puissants – le monde doit compter avec nous. Les gouvernements ne 

peuvent même pas faire un traité de peu d’importance sans que nous 

y soyons secrètement impliqués…  

 

Pour s’assurer l’opinion publique, il faut, tout d’abord, l’embrouiller 

complètement en lui faisant entendre de tous côtés et de toutes 

manières des opinions contradictoires, jusqu’à ce que les masses 

soient perdues dans leur labyrinthe. Ils comprendront alors que le 

meilleur parti à prendre est de n’avoir aucune opinion en matière 

politique ; matière qui n’a pas été comprise du public, mais qui doit 

être exclusivement réservée à ceux qui dirigent les affaires. Ceci est le 

premier secret. Le second secret, nécessaire au succès de notre 

gouvernement, consiste à multiplier à un tel degré les fautes, les 

habitudes, les passions et les lois conventionnelles du pays que 

personne ne soit plus capable de penser clairement dans ce chaos ; 

les hommes cesseront ainsi de se comprendre les uns les autres…  

 

Par tous ces moyens nous opprimerons tant les populations qu’elles 

seront contraintes de nous demander de les gouverner 

internationalement. Dès que nous aurons atteint une telle position, 

nous pourrons aussitôt absorber toutes les puissances 

gouvernementales du monde entier et former un Super- 

gouvernement universel. Nous remplacerons les gouvernements 

 276 

existants par un monstre que nous appellerons l’administration du 

Super-gouvernement. Ses mains s’étendront au loin comme de 

longues tenailles et il aura à sa disposition une organisation telle qu’il 

ne pourra manquer de soumettre toutes les nations. » 

Que les Protocoles révèlent la source commune d’inspiration du 

sionisme et du communisme est montré par les parallèles significatifs 

qui peuvent être tracés entre les deux méthodes principales qui y sont 

stipulées, et les méthodes principales suivies par le Dr Herzl et Karl 

Marx : 

Les Protocoles mettent à plusieurs reprises l’accent sur 

l’exhortation de « la foule » contre la classe dirigeante comme le moyen 

le plus efficace de détruire les États et les nations et de réaliser la 

domination mondiale. Le Dr Herzl, comme il a été montré dans le 

chapitre précédent, utilisa précisément cette méthode pour gagner 

l’écoute des dirigeants européens. 

Ensuite, Karl Marx. les Protocoles disent, 

 « L’aristocratie des masses, comme puissance politique, n’est plu… 

mais, comme propriétaires fonciers, les aristocrates sont encore 

dangereux pour nous, parce que leur indépendance est assurée par 

leurs ressources. Il nous est donc indispensable de dépouiller à tout 

prix l’aristocratie de ses terres… Il faut qu’en même temps nous 

protégions le plus possible le commerce et l’industrie… Il est essentiel 

que l’industrie draine toutes les richesses de la terre et que la 

spéculation verse entre nos mains ces mêmes richesses ainsi 

captées… » 

Karl Marx suivit exactement cette formule dans son Manifeste 

communiste. Il est vrai qu’il déclara que le communisme pourrait se 

résumer en une phrase, « l’abolition de la propriété privée », mais par 

la suite, il nuança ce dicton en limitant la réelle confiscation à la terre 

et en impliquant que d’autres types de propriété privée devraient rester 

intacts. (Dans l’événement marxiste postérieur, bien sûr, toute 

propriété privée fut confisquée, mais je parle ici du strict parallèle 

entre la stratégie fixée avant l’événement à la fois par les Protocoles et  

par Marx). 

Un passage d’intérêt particulier pour aujourd’hui, bien qu’il fût 

écrit avant 1905, dit :  

« Actuellement, si quelques gouvernements se rendent répréhensibles 

à notre égard, ce n’est que pure formalité, et tout se passe avec notre 

connaissance et notre plein consentement, car nous avons besoin de 

leurs débordements antisémites pour maintenir dans l’ordre nos 

frères inférieurs. »  

Une caractéristique différente de notre ère est la manière dont 

l’accusation « d’antisémitisme » est continuellement transférée d’un 

pays à un autre, le pays ainsi accusé devenant automatiquement 

 277 

l’ennemi spécifié dans la guerre suivante. Ce passage pourrait susciter 

chez la personne prudente un regard sceptique sur les rapports 

périodiques actuels de soudains retournements « antisémites » en 

Russie communiste ou ailleurs. 

La ressemblance avec les documents de Weishaupt est très forte 

dans les passages qui touchent à l’infiltration des départements 

publics, des professions et des partis, par exemple :  

« Nous sommes la source d’une terreur s’étendant au loin. Nous 

avons à notre service des gens de toute opinion et de tous les partis : 

des hommes désireux de rétablir les monarchies, des socialistes, des 

communistes et des partisans de toutes sortes d’utopies. Nous les 

avons tous mis sous le harnais ; chacun, à sa manière, mine le reste 

du pouvoir et essaye de détruire les lois existantes. Par ce procédé, 

tous les gouvernements sont torturés ; ils hurlent pour réclamer le 

repos ; et, pour l’amour de la paix, ils sont prêts à tous les sacrifices. 

Mais nous ne leur laisserons aucune paix jusqu’à ce qu’ils aient 

reconnu notre Supergouvernement international, et avec 

soumission. » 

Les allusions à la pénétration des universités en particulier et de 

l’éducation en général, proviennent aussi directement de Weishaupt, 

ou de la source antérieure, quelle qu’elle fût, dont il les reçut :  

« … nous transformerons les universités… Les chefs et les professeurs 

des universités seront spécialement préparés au moyen de 

programmes d’action perfectionnés et secrets, dont ils seront 

instruits et ne pourront s’écarter sans châtiment. Ils seront désignés 

avec soin et dépendront entièrement du gouvernement. »  

Cette pénétration secrète des universités (qui fut réussie chez les 

Allemands à l’époque de Weishaupt, comme le montrent ses 

documents) fut en très grande partie efficace durant notre génération. 

Les deux représentants gouvernementaux britanniques qui, après leur 

vol pour Moscou, paradaient devant la presse internationale en 1956, 

pour déclarer qu’ils avaient été capturés par le communisme dans 

leurs universités, étaient des produits typiques de cette méthode, 

décrite par les Protocoles au début de ce siècle et par Weishaupt en 

1787. 

Les documents de Weishaupt parlent de la franc-maçonnerie 

comme de la meilleure « couverture » à utiliser par les agents de la 

conspiration. Les Protocoles attribuent la fonction de « couverture » au 

« libéralisme » : « Lorsque nous eûmes injecté le poison du libéralisme 

dans l’organisation de l’État, sa complexion politique changea ; les 

États furent infectés d’une maladie mortelle : la décomposition du 

sang. Il ne reste plus qu’à attendre la fin de leur agonie. » 

Le terme « rêveurs utopiques », utilisé plus d’une fois, s’appliqué 

aux libéraux, et sa source originale réside probablement dans 

 278 

l’allusion de l’Ancien Testament aux « rêveurs de rêves » et aux « faux 

prophètes » qui doivent être mis à mort. La fin du libéralisme, donc, 

serait apparente au chercheur même si les Protocoles ne le spécifièrent 

pas : « Nous déracinerons toute tendance libérale de chacune des 

institutions de propagande importantes dans notre gouvernement, 

institutions dont peut dépendre la formation de tous ceux qui seront 

nos sujets. » 

Les régimes « Big Brother » de notre siècle sont prédits de manière 

très juste dans le passage : « Notre gouvernement aura l’apparence 

d’une mission patriarcale dévolue à la personne de notre souverain. » 

Le républicanisme, aussi, doit être une « couverture » pour la 

conspiration. Les Protocoles sont particulièrement dédaigneux du 

républicanisme, en lequel (et dans le libéralisme) ils voient l’arme 

d’autodestruction forgée à partir de « la foule » : « … L’institution d’une 

ère républicaine devint alors possible, et nous remplaçâmes le 

souverain par sa caricature en la personne d’un président tiré par 

nous de la foule et choisi parmi nos créatures et nos esclaves. » 

Puis, les scribes inconnus de cette époque précédant 1905, 

décrivent la position à laquelle les présidents américains ont été 

réduits à notre siècle. Le passage commence par : « Dans un avenir 

prochain, nous rendrons les présidents responsables. » Cela, comme la 

suite le montre, signifie responsabilité personnelle, par opposition à 

responsabilité restreinte par des contrôles constitutionnels ; le 

président doit devenir l’un des « élus dictateurs » prévus 

antérieurement, dont la fonction doit être de démolir les défenses 

constitutionnelles des États et se préparer ainsi à l’ « unification… 

sous notre domination » 

Pendant les Première et Seconde Guerres mondiales, les 

présidents américains devinrent vraiment, de fait, des « présidents- 

dictateurs » dans ce sens-là, prétendant que « l’urgence » et le besoin 

de la « victoire » dictaient cette saisie des pouvoirs de responsabilité 

personnelle ; pouvoirs qui seraient restitués « au peuple » quand 

« l’urgence » serait passée. Les lecteurs suffisamment âgés se 

rappelleront à quel point cela paraissait inconcevable avant que cela 

n’arrive, et de quelle manière passive cela fut ainsi accepté. Le passage 

continue ensuite : 

« La Chambre des députés élira, protégera et masquera le président ; 

mais nous retirerons à cette Chambre son pouvoir d’introduire et de 

modifier les loi. Nous donnerons ce pouvoir au président responsable, 

qui sera comme une marionnette entre nos mains…  

 

De plus, nous conférerons au président le pouvoir de proclamer l’état 

de guerre. Nous expliquerons cette prérogative par le fait que le 

 279 

président, étant le chef de l’armée, doit la tenir sous son autorité en 

cas de besoinIl est clair que, dans de telles conditions, la clef de la 

situation intérieure sera entre nos mains, et nul autre que nous ne 

contrôlera la législation…  

 

Sous notre direction, le président interprétera les lois qui pourraient 

être comprises de plusieurs manières. De plus, il annulera les lois au 

cas où cela nous paraîtrait opportun. Il aura également le droit de 

proposer de nouvelles lois temporaires et même des modifications 

dans l’uvre constitutionnelle du gouvernement, invoquant pour cela 

les exigences de la prospérité du pays.  

 

De telles mesures nous permettront de retirer graduellement tous les 

droits et toutes les concessions que nous aurions pu être tout 

d’abord contraints d’accorder en nous arrogeant le pouvoir. Nous 

aurons été obligés de les introduire dans la Constitution des 

gouvernements pour dissimuler l’abolition progressive de tous les 

droits constitutionnels, lorsque l’heure viendra de substituer notre 

autocratie à tous les gouvernements existants. » 

Cette prévision de 1905, ou d’avant, mérite particulièrement le 

titre d’ « exactitude mortelle » de Lord Sydenham ». Les présidents 

américains, dans les deux guerres de ce siècle, agirent comme il est 

montré ici. Ils prirent bien le droit de déclarer et de faire la guerre, et 

cela fut utilisé au moins une fois (en Corée) depuis la fin de la Seconde 

Guerre mondiale ; toute tentative au Congrès ou à l’extérieur de les 

priver de ce pouvoir ou de les restreindre dans leur utilisation se 

heurte à une attaque violemment hostile. 

Les Protocoles continuent ainsi. On n’accordera pas aux peuples, 

dans leur progression « de désillusion en désillusion», « un moment de 

répit. » Tout pays « qui ose s’opposer à nous » trouvera la guerre, et 

toute opposition collective, la « guerre universelle. » On ne permettra 

pas aux peuples « de lutter par la sédition » (voici la clé des attaques 

furieuses des années 1790, 1920 et d’aujourd’hui contre toutes les 

demandes d’ « investigation», la «  chasse aux sorcières », le «  

maccarthysme », et ainsi de suite).  

Dans le super-État à venir, l’obligation incombera aux membres 

d’une famille de dénoncer les dissidents à l’intérieur du cercle familial 

(la dispense de l’Ancien Testament mentionnée antérieurement). « La 

destruction complète de la religion chrétienne » ne sera pas retardée 

longtemps. Les peuples seront maintenus dans la distraction par des 

amusements insignifiants (« des palais populaires ») pour les empêcher 

de devenir gênants et de poser des questions. L’histoire sera réécrite 

pour les besoins de leur illusion (un autre précepte accompli depuis, 

en Russie communiste), car « nous effacerons de la mémoire humaine 

 280 

le passé qui pourrait nous être défavorable, ne laissant subsister que 

les faits où s’affirment indubitablement les erreurs des gouvernements 

nationaux. » « Tous les rouages du mécanisme de l’État sont mus par 

une force qui est entre nos mains, à savoir : l’or. » 

Et à la fin de tout cela : Il faut que nous arrangions les choses de 

façon qu’en dehors de nous, il n’y ait dans tous les pays qu’un 

immense prolétariat, quelques millionnaires dévoués à notre cause, 

des policiers et des soldats… La reconnaissance de notre despote… 

partira du moment où le peuple, déchiré par les discordes et 

souffrant de la faillite de ses dirigeants… vociférera : “Déposez-les, et 

donnez-nous un chef mondial qui puisse nous unir et détruire toutes 

les causes de dissensions, c’est-à-dire les frontières, les nationalités, 

les religions, les dettes d’État, etc., un chef qui puisse nous donner la 

paix et le repos que nous ne pouvons trouver sous le gouvernement 

de nos souverains et de nos représentants”. »  

Dans deux ou trois de ces passages, j’ai substitué « peuple » ou 

« masses » à « Goy », parce que l’utilisation de ce mot touche à 

l’affirmation infondée contenue dans le titre du livre, et je ne veux pas 

embrouiller les questions ; la preuve de l’identité des auteurs de la 

conspiration doit être cherchée ailleurs que dans une allégation non 

prouvée. Les auteurs pouvaient être juifs, non-juifs ou antisémites. 

C’est sans importance. Quand il fut publié, cet ouvrage était le 

manuscrit dactylographié d’un drame qui n’avait pas encore été joué ; 

aujourd’hui, cela fait cinquante ans qu’il se déroule, et son titre est Le 

Vingtième siècle. Les personnages qui y sont dépeints évoluent sur 

notre scène contemporaine, jouent les rôles prédits et génèrent les 

événements prévus.14 

Seul reste le dénouement – fiasco ou accomplissement. C’est un 

plan grandiose, et selon moi, il ne peut réussir. Mais il existe depuis 

au moins 180 ans, et probablement depuis beaucoup plus longtemps, 

et les Protocoles ont fourni une nouvelle preuve dans une suite de 

preuves qui s’est depuis grandement allongée. La conspiration pour la 

domination mondiale via un État esclave mondial existe et ne peut 

être, à cette étape, brusquement stoppée ou interrompue ; avec l’élan 

qu’elle a pris, elle doit maintenant continuer jusqu’à l’accomplissement 

ou l’échec. L’un ou l’autre sera destructeur pendant un temps, et 

difficile pour ceux vivant à l’époque où se produira le dénouement. 

 

                                                

14 

 La traduction française des Protocoles des Sages de Sion peut être trouvée en ligne sur 

Wikipédia : http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Protocoles_des_Sages_de_Sion – NdT 

 

Chapitre 28 

L’ABERRATION DE M. BALFOUR 

Alors que s’achevait la première décennie du XXe siècle, les signes 

des tempêtes à venir se multiplièrent. En 1903, le gouvernement 

britannique avait offert l’Ouganda au sionisme, et Max Nordau avait 

publiquement prévu « la future guerre mondiale », à la suite de laquelle 

l’Angleterre procurerait la Palestine au sionisme. En 1905, les 

Protocoles révélèrent de façon prophétique l’orgie destructrice du 

communisme. Puis en 1906, un certain M. Arthur James Balfour, 

Premier ministre de l’Angleterre, rencontra le Dr Weizmann dans une 

chambre d’hôtel, et fut captivé par la notion d’offrir la Palestine – qui 

ne lui appartenait pas – « aux juifs ». 

La forme que prendrait « la future guerre mondiale » fut alors 

décidée. M. Balfour montait la garde autour du nouveau siècle et 

cédait le passage. Un autre homme, à sa place, aurait pu le protéger ; 

ou un autre aurait pu faire de même, car en 1906, le mécanisme caché 

pour exercé « une pression irrésistible sur les affaires internationales 

du moment » (Léon Pinsker, 1882) avait apparemment été 

perfectionné.  

Le rabbin Elmer Berger dit de cette époque :  

« ce groupe de juifs qui s’était engagé dans le sionisme… entra dans 

une sorte de diplomatie ambulante qui le mena dans de nombreux 

chancelleries et Parlements, explorant les voies labyrinthiques et 

détournées de la politique internationale dans une partie du monde 

où l’intrigue politique et les accords secrets étaient synonymes. Les 

juifs commencèrent à jouer le jeu de la “politique pratique”. » 

L’ère des « administrateurs » malléables et des « élus dictateurs » 

dociles, tous poursuivant le grand plan, commençait. Par conséquent, 

un autre politicien, s’il avait été à la place de M. Balfour à ce moment- 

là, aurait pu agir de la même façon. Cependant, son nom est attaché 

au méfait initial. 

Ses actions sont presque inexplicables pour un homme de cette 

naissance, éducation, et de ce genre. Les recherches ne peuvent 

découvrir la preuve d’une motivation autre que l’engouement, du genre 

« libéral », pour une entreprise qu’il n’examina même pas à la lumière 

du devoir et de la sagesse. Les considérations « dures » de la « politique 

pratique » (c’est-à-dire, le calcul froid que l’on pourrait obtenir de 

l’argent ou des votes en soutenant le sionisme) peuvent difficilement 

être soupçonnées en lui. Ses collègues et lui appartenaient aux 

familles les plus vieilles d’Angleterre, qui perpétuaient une longue 

tradition de service public. La diplomatie était dans leur sang ; la 

 282 

compréhension du gouvernement et la connaissance des affaires 

étrangères leur étaient instinctives ; ils représentaient la classe 

dirigeante la plus couronnée de succès que l’Histoire ait rapportée ; et 

ils étaient riches. 

Pourquoi, alors, l’instinct, la tradition et la sagesse les 

abandonnèrent–ils soudainement sur cette question, au moment où 

leur Parti conservateur, sous son ancienne forme, gouvernait pour la 

dernière fois l’Angleterre, et où leurs familles dirigeaient toujours les 

fortunes du pays venues des grandes maisons de Piccadilly et de 

Mayfair, et des abbayes de campagne ? Furent-ils été alarmés par la 

menace qu’on exciterait « la foule » contre eux s’ils ne se soumettaient 

pas ? Ils se rendirent compte que la naissance et le privilège seuls ne 

pourraient continuer à donner la qualification aux fonctions 

directrices. Le monde avait beaucoup changé au siècle précédent, et ils 

savaient que ce processus continuerait. Dans la tradition britannique, 

ils travaillaient à assurer la continuité, ininterrompue par la violence 

et apaisée par la conciliation. Ils étaient trop sages pour résister au 

changement ; leur objectif était de guider le changement. Peut-être à 

cet égard furent-ils trop avides de serrer la main au Progrès, quand il 

frappa à la porte, sans examiner les lettres de créance des émissaires. 

M. Balfour, leur leader, était un célibataire, grand, distant et 

érudit, impassible et pessimiste ; il était d’ apparence glaciale, mais 

ses intimes affirmaient qu’il avait le cœur tendre. Sa liaison 

amoureuse d’un certain âge avec le sionisme pourrait être le symptôme 

d’un célibat involontaire. Jeune homme, il différa sa demande à sa 

bien-aimée, jusqu’à ce qu’elle se fiance avec un autre ; avant leur 

mariage, son amoureux mourut ; et, alors que M. Balfour était sur le 

point de rattraper son retard précédent, elle mourut. Il se résolut alors 

à rester célibataire. 

Les femmes ne sont peut-être pas bons juges d’un célibataire 

distingué qui porte son coeur brisé comme un livre ouvert, mais 

nombre de commentaires contemporains le concernant viennent de 

femmes, et je cite les avis de deux des femmes les plus belles à cette 

époque. Consuelo Vanderbilt (une Américaine, plus tard duchesse de 

Marlborough) a écrit : « Les avis qu’il exprimait et les doctrines qu’il 

défendait semblaient être les produits de la pure logique… il était doué 

d’une largeur de compréhension que je n’ai jamais vue égalée » ; et 

Lady Cynthia Asquith dit : « Quant au fait d’être exempt d’indignation 

morale, je l’ai souvent vu blanc de colère ; n’importe quelle injustice 

personnelle le mettait en colère. » 

Les mots mis en italique ne pourraient donner une image plus 

entièrement fausse de M. Balfour, si le résultat de ses actions 

constitue un test. S’il est un processus de pensée qui ne peut pas 

l’avoir guidé, en engageant son pays envers le sionisme, c’est bien la 

 283 

logique, car aucun bien logique ne pouvait en sortir, pour aucune des 

parties concernées, son propre pays, les habitants natifs de la 

Palestine, ou (à mon avis) les populations juives, qui n’avaient pas 

l’intention d’aller là-bas. Quant à l’injustice (à moins que Lady Cynthia 

n’ait eu l’intention de faire la distinction entre l’injustice « personnelle » 

et l’injustice de masse), le million d’êtres innocents qui ont aujourd’hui 

été conduits dans le désert d’Arabie (à la façon « du bouc émissaire » 

lévitique) offrent une réponse évidente. 

Quoi qu’il en soit, le voilà donc, Premier ministre de l’Angleterre, 

ayant succédé au « cher Oncle Robert » (Lord Salisbury, de la grande 

maison de Cecil) en 1902. Il est clair qu’à cet instant, il n’a pu 

concevoir, à partir de rien, la notion de donner l’Ouganda aux 

sionistes, de sorte qu’ « une pression irrésistible » devait être à l’œuvre 

avant qu’il n’entre en fonction. Ce qui se passa au cours de cette 

période précédente est un mystère total, ou, en vérité, une 

conspiration (« l’intrigue labyrinthique »). Quand il devint Premier 

ministre, la mine avait déjà été posée, et à la fin de ses jours, M. 

Balfour ne se rendit apparemment jamais compte qu’il était la mine 

dont tous sont aujourd’hui conscients. 

Le Dr Herzl, désespérant du tsar, du Kaiser et du sultan (les trois 

potentats avaient été aimables, mais prudents et évasifs ; ils savaient, 

ce que M. Balfour n’a apprit jamais, que le sionisme était de la 

dynamite) avait déclaré : « l’Angleterre, la grande Angleterre, 

l’Angleterre libre, l’Angleterre commandant les mers, comprendra nos 

buts » (le lecteur percevra dans quel but, selon cette vision15

l’Angleterre était devenue grande, libre et commandait les mers). 

Quand l’offre de l’Ouganda montra à la direction talmudique en Russie 

que le Dr Herzl avait tort de penser que l’Angleterre « comprendrait » 

leurs besoins, le Dr Weizmann fut envoyé à Londres. Il se préparait à 

renverser le Dr Herzl, et il devient maintenant notre témoin principal 

des événements cachés de cette période. 

Un jeune Anglais, porteur de quelque requête modeste, aurait 

grand peine, même aujourd’hui, à pénétrer les défenses du portier et 

du secrétariat du salon privé d’un membre du Conseil des ministres. 

Le jeune Dr Weizmann de Russie, qui voulait la Palestine, fut 

rapidement conduit dans celui de Lord Percy (« responsable des 

Affaires africaines »). 

                                                

15 

 À cet égard, les successeurs des tsars étaient exactement du même avis. Lénine écrivait 

en 1903 : « Cette idée sioniste est entièrement fausse et réactionnaire en essence. L’idée 

d’une nation juive séparée, qui est totalement intenable scientifiquement, est réactionnaire 

dans ses implications politiques… La question juive est : assimilation ou séparation ? Et 

l’idée d’un peuple juif est manifestement réactionnaire. » Et en 1913, Staline réaffirmait ces 

propos. Le destin des Juifs, dit-il, était l’assimilation (dans un monde communiste, 

évidemment, selon son avis). 

 284 

Lord Percy était un autre scion d’une grande famille dirigeante 

avec une tradition antique de service public et de sage administration. 

Selon le Dr Weizmann, il « exprima un étonnement sans bornes face 

au fait que les juifs puissent considérer avec intérêt la proposition de 

l’Ouganda, qu’il considérait comme peu pratique d’une part, et comme 

un déni de la religion juive d’autre part. Lui-même profondément 

religieux, il fut abasourdi à la pensée que les juifs puissent ne serait-ce 

que considérer l’idée d’un autre pays que la Palestine comme centre de 

leur renouveau ; et il fut enchanté d’apprendre par moi qu’il y avait eu 

autant de juifs qui avaient refusé catégoriquement. Il ajouta : “Si j’étais 

juif, je ne donnerais pas un demi-penny pour la proposition.” » 

Vraisemblablement, le Dr Weizmann n’informa pas Lord Percy du 

désir unanime des juifs en Palestine de s’installer en Ouganda. Ce qu’il 

avait entendu, si son récit est correct, était pratiquement une 

invitation à se débarrasser du Dr Herzl, et une promesse de soutenir la 

revendication de la Palestine. Il s’en alla préparer la déconfiture du Dr 

Herzl. Il ne partit pas les mains vides. 

Probablement, durant les cinquante ans qui se sont écoulés, les 

ministres britanniques ont-ils appris que le papier à lettres officiel 

devait être gardé à l’endroit où seules ceux qui y sont autorisés 

pourraient l’utiliser. En quittant le salon de Lord Percy, le Dr 

Weizmann prit du papier à lettres du ministère des Affaires étrangères 

et y écrivit un compte-rendu de la conversation, qu’il envoya en Russie 

(où, sous les Romanov comme sous les tsars communistes, on ne 

laisse pas traîner la papeterie du gouvernement). En Russie, ce 

document, écrit sur le papier officiel du ministère des Affaires 

étrangères, dut réveiller des sentiments apparentés à ceux qu’une 

icône sainte provoquerait chez un moujik. Cela signifiait clairement 

que le gouvernement britannique n’avait plus besoin du Dr Herzl, et 

procurerait la Palestine aux sionistes de Russie. Lord Percy, selon l’ 

idiome actuel, avait activé quelque chose. 

Tout le reste suivit comme si c’était arrangé par des dieux grecs : 

le triomphe des sionistes de Russie sur le Dr Herzl, sa ruine et sa 

mort, le rejet de l’offre de l’Ouganda. Puis, le Dr Weizmann se rendit en 

Angleterre, « le pays qui semblait susceptible de montrer une 

sympathie véritable à un mouvement comme le nôtre », et où il 

pourrait « vivre et travailler en toute liberté, au moins théoriquement » 

(n’importe quelle compilation de litotes classiques pourrait inclure ce 

passage en première lieu). 

Le Dr Weizmann choisit Manchester comme résidence. Il dit « par 

hasard », mais la crédulité rechigne. Manchester détenait l’électorat de 

M. Balfour ; Manchester était le quartier général sioniste en 

Angleterre ; le président du parti de M. Balfour à Manchester était un 

 285 

sioniste (aujourd’hui, le parti conservateur britannique est toujours 

empêtré dans ces rets). 

Le drame grec continua. La fonction de Premier ministre de M. 

Balfour aboutit à un fiasco pour son parti, lorsqu’aux élections de 

1906, il perdit huit sièges sur neuf à Manchester. Il déclina alors 

temporairement dans sa fonction. À ce moment, un autre personnage 

apparut dans le présent récit. Parmi les candidats libéraux 

triomphants, se trouvait un jeune homme plein d’avenir au nez fin 

pour sentir la direction du vent en politique, un certain M. Winston 

Churchill. Il cherchait aussi à être élu à Manchester, et s’imposa au 

quartier général sioniste là-bas, d’abord en attaquant les projets de 

lois étrangères du gouvernement Balfour (qui mettaient un frein à 

l’immigration à grande échelle venant d’endroits tels que la Russie) et 

ensuite en soutenant le sionisme. Là-dessus, « les juifs de Manchester 

se s’alignèrent promptement derrière lui comme s’il était une sorte de 

Moïse moderne ; un de leurs leaders se leva lors d’une réunion 

entièrement juive, et annonça que “tout juif qui vote contre Churchill 

est un traître à la cause commune” » (M. R.C. Taylor). M. Churchill, 

une fois élu, devint sous-secrétaire aux Colonies. Son adhésion 

publique au sionisme fut un simple épisode significatif à ce moment- 

là ; trois décennies plus tard, après la mort de M. Balfour, elle devait 

avoir des conséquences aussi fatidiques que la propre aberration de M. 

Balfour. 

Pour revenir à M. Balfour : ses pensées intimes concernaient 

beaucoup le sionisme. À aucun moment, d’après ce que les annales 

révèlent, il ne pensa aux habitants natifs de la Palestine, dont il allait 

provoquer l’expulsion dans le désert. Par coïncidence, l’élection 

tournait autour de la question du traitement prétendument cruel de 

quelques humbles êtres éloignés (c’est un exemple de la méthode 

propre à exciter les passions de « la foule », recommandée par le Dr 

Herzl et les Protocoles). Les électeurs ne connaissaient rien du 

sionisme et, quand ils y devinrent familiers par la suite, ils ne se 

soucièrent aucunement des Arabes menacés, parce que cet aspect de 

la question n’était pas mis sous leurs yeux par la presse alors 

« docile ». Cependant, en 1906, leurs sentiments s’enflammèrent à 

propos de « l’esclavage chinois » et (Manchester étant ce qu’elle est) ils 

en furent fortement indignés. À cette époque, des coolies chinois 

étaient liés par contrat à un travail de trois années dans les mines d’or 

sud-africaines. Ceux qui étaient choisis s’estimaient heureux, mais 

pour les buts électoraux propres à « inciter à la révolte » à Manchester, 

c’était de « l’esclavage », et la bataille fut menée et gagnée sur ce point. 

Les libéraux victorieux oublièrent « l’esclavage chinois » 

immédiatement après le dépouillement des votes, (et quand leur tour 

d’être au pouvoir arriva, ils surpassèrent les conservateurs dans leur 

enthousiasme pour le sionisme). 

 286 

Ainsi, tandis que les cris sur l’« esclavage chinois » résonnaient à 

ses fenêtres, M. Balfour, enfermé avec un émissaire sioniste de Russie, 

prépara quelque chose de pire que l’esclavage pour les Arabes de 

Palestine. Sa fascination était complète avant que l’entrevue ne 

commence, comme sa nièce et confidente de toute une vie (Mme 

Dugdale) le montre : 

 « Son intérêt sur le sujet fut aiguisé… par le refus des juifs sionistes 

d’accepter l’offre de l’Ouganda… L’opposition réveilla en lui une 

curiosité qu’il ne trouvait aucun moyen de satisfaire… Il avait 

demandé à son président à Manchester de comprendre les raisons de 

l’attitude sioniste… L’intérêt de Balfour pour les juifs et leur 

histoire… trouva son origine dans l’instruction à l’Ancien Testament de 

sa mère, et dans son éducation écossaise. À mesure qu’il grandissait, 

son admiration intellectuelle et sa sympathie pour certains aspects 

des juifs dans le monde moderne lui semblèrent d’une importance 

immense. Je me revois, alors enfant, en train d’absorber de lui l’idée 

que la religion et la civilisation chrétiennes étaient redevables au 

judaïsme d’une dette incommensurable, mal remboursée. » 

Telle était l’état d’esprit de M. Balfour quand il reçut le Dr 

Weizmann dans une pièce du Queen’s Hotel, dans l’humidité et la 

brume de Manchester, en 1906. La proposition qui était devant lui, si 

elle était acceptée, signifiait l’ajout de la Turquie, en 1906, aux 

ennemis de l’Angleterre dans toute « future  guerre mondiale », et, si la 

Turquie y était défaite, l’engagement par la suite dans une guerre 

perpétuelle avec le monde arabe. 

Mais les calculs d’intérêt national, de principe moral et de 

diplomatie, si les citations ci-dessus représentent le test, avaient 

déserté l’esprit de M. Balfour. 

Il était sous l’emprise d’un intérêt « aiguisé » et d’une « curiosité » 

insatisfaite ; on dirait les impressions romantiques qu’une jeune fille 

aurait sur l’amour. Il n’avait pas été élu pour décider de quelle « dette » 

le christianisme devait au judaïsme, ou s’il décidait qu’une dette était 

due, pour effectuer son remboursement, avec les fonds d’une tierce 

partie, à quelque démarcheur électoral prétendant au titre pour 

récolter des fonds. S’il y avait une quelconque dette identifiable et une 

quelconque cause rationnelle qui liait son pays à cette dette, et qu’il 

pouvait l’en convaincre, il aurait pu avoir un bon argument. Au lieu de 

cela, il décida à titre privé qu’il y avait une dette, et qu’il avait le droit 

de choisir, parmi des prétendants, en faveur d’un visiteur de Russie, 

quand la masse des juifs d’Angleterre rejetait toute notion d’une telle 

dette. L’Histoire ne mentionne pas chose plus étrange. 

Le Dr Weizmann, quarante ans plus tard, rapporta que M. 

Balfour, qu’il avait rencontré, « n’avait que la notion la plus naïve et 

rudimentaire du mouvement » ; il ne connaissait même pas le nom du 

 287 

Dr Herzl, le plus proche auquel il pouvait arriver étant « Dr Herz ». M. 

Balfour était déjà emporté par son enthousiasme pour la cause 

inconnue. Il posa des objections formelles, mais apparemment 

uniquement pour le plaisir de les entendre repoussées, comme une 

fille pourrait objecter à la fugue amoureuse qu’elle désire secrètement. 

Il fut très impressionné (comme le dit le Dr Weizmann) quand son 

visiteur dit : « M. Balfour, supposons que je doive vous offrir Paris au 

lieu de Londres, le prendriez-vous ? » « Mais, Dr Weizmann, nous 

avons Londres », répondit-il. Le Dr Weizmann répliqua : « Mais nous, 

nous avions Jérusalem, quand Londres n’était qu’un marécage. » 

M. Balfour estima apparemment que c’était la raison concluante 

pour laquelle les juifs ashkénazes de Russie devaient être déplacés en 

Palestine. Cependant, le seul groupe de juifs dont il avait un droit 

quelconque de considérer l’intérêt, ceux d’Angleterre, avaient travaillé 

dur pour le dissuader de se faire empêtrer dans le sionisme, et il émit 

une dernière et faible  objection: « C’est curieux, Dr Weizmann, les 

juifs que je rencontre sont tout à fait différents ». Le Dr Weizmann 

répondit : « M. Balfour, vous rencontrez le mauvais type de juif. » 

M. Balfour ne remit plus jamais en doute la prétentino des 

sionistes de Russie à être le bon type de juif. « Ce fut par cette 

conversation avec Weizmann que je vis que la forme juive du 

patriotisme était unique. C’était le refus absolu de Weizmann de ne 

serait-ce que l’examiner » (la proposition de l’Ouganda) « qui m’ 

impressionna » ; à ces mots, Mme Dugdale ajoute le commentaire : 

« plus Balfour pensait au sionisme, plus son respect pour lui et sa 

croyance en son importance grandissait. Ses convictions prirent forme 

avant la défaite de la Turquie dans la Grande Guerre, transformant 

l’avenir entier pour les sionistes. » Il transforma aussi l’avenir entier 

pour tout l’Occident et pour deux générations de ses fils. À cette 

réunion dans une chambre d’hôtel en 1906, la prophétie faite par Max 

Nordau en 1903 sur la forme de « la future  guerre mondiale » reçut 

son accomplissement. 

À mesure que cette guerre approchait, le nombre des hommes 

publics de premier plan qui soutenaient en secret le sionisme grandi 

trapidement. Ils se firent en fait co-conspirateurs, car ils n’informèrent 

le public d’aucune intention concernant la Palestine. Personne à 

l’extérieur du cercle intérieur de « l’intrigue labyrinthique » ne savait 

qu’ils avaient une intetion à l’esprit, et qu’elle serait menée dans la 

confusion d’une grande guerre, quand l’examen parlementaire et 

populaire des actes de la politique nationale serait en suspens. Le 

dissimulation observée estampille le processus comme étant un 

processus conspirateur, originaire de Russie, et il porta ses fruits en 

1917. 

 288 

La réunion suivante entre le Dr Weizmann et M. Balfour eut lieu le 

14 décembre 191416. La Première Guerre mondiale venait alors de 

commencer. L’armée de métier britannique avait presque été anéantie 

en France, et la France elle-même risquait la catastrophe, tandis que 

seule la marine britannique se tenait entre l’Angleterre et les dangers 

les plus graves. Une guerre, coûtant à la Grande-Bretagne et à la 

France environ trois millions de vies, se profilait, et la jeunesse de 

Grande-Bretagne se précipitait pour rejoindre la bataille. On supposait 

que la grande cause était celle du renversement du « militarisme 

prussien », la libération des « petites nations » et le rétablissement de 

« la liberté et de la démocratie. » 

M. Balfour devait bientôt être rétabli à son poste. Ses pensées, 

quand il rencontra de nouveau le Dr Weizmann, étaient apparemment 

loin de la grande bataille en France. Son esprit n’était pas avec son 

pays ou son peuple. Il était avec le sionisme et la Palestine. Il débuta 

sa conversation avec le Dr Weizmann en disant : « Je pensais à cette 

conversation que nous avions eue » (en 1906) « et je crois que quand 

les armes se seront tues, vous pourrez obtenir votre Jérusalem. » 

Les gens qui vécurent cette époque-là peuvent se rappeler du 

moment et voir combien ces pensées de M. Balfour étaient éloignées de 

tout ce qu’eux même supposaient être en jeu. En la personne de M. 

Balfour, le prophète Monk réapparut, mais cette fois armé du pouvoir 

de former le destin des nations. Évidemment, la « pression irrésistible » 

dans les coulisses avait acquis un grand pouvoir et était déjà des plus 

efficaces en 1914. 

À ce moment-là, les Américains étaient également empêtrés dans 

cette toile de « l’intrigue labyrinthique », cachée à la vue générale, bien 

qu’ils ne la soupçonnassent pas. Ils craignaient les « enchevêtrements 

avec l’étranger » ; ils voulaient rester hors de la guerre et avaient un 

président qui promettait de les y maintenir éloignés. En fait, ils étaient 

quasimment dedans, car à ce moment-là, une « pression irrésistible » 

travaillait aussi efficacement à Washington qu’à Londres. 

 

                                                

16 

 Un exemple de la difficulté de tirer les faits au clair dans cette affaire : Mme Dugdale cite 

le Dr Weizmann comme ayant dit : « ne le revit pas avant 1916 », mais contredit cette 

déclaration par une autre déclaration faite par elle : « Le 14 décembre 1914, le Dr Weizmann 

avait un rendez-vous avec Balfour. » Cette mention implicite d’une seconde rencontre à cette 

date semble être confirmée par la propre déclaration du Dr Weizmann, qu’après avoir vu M. 

Lloyd George le 3 décembre 1914, il « donna immédiatement suite à la proposition de Lloyd 

George de voir M. Balfour. » 

 

Chapitre 29 

L’AMBITION DE M. HOUSE 

Tandis que dans cette entreprise toujours secrète, M. Balfour et 

ses associés s’avançaient vers le pouvoir en Angleterre pendant la 

Première Guerre mondiale, un groupe semblable d’hommes prenait 

secrètement forme dans la République américaine. La machine 

politique qu’ils construisirent produisit son plein effet presque 

cinquante ans plus tard, quand le président Truman fondit réellement 

l’État sioniste en Palestine. 

En 1900, les Américains s’accrochaient toujours à leur « rêve 

américain », et l’essence de cela était d’éviter les « enchevêtrements 

avec l’étranger. » En fait, l’attaque contre l’Espagne à Cuba en 1898 les 

avait déjà séparés de cet ancrage sécurisé, et les origines mystérieuses 

de cette petite guerre sont donc d’un intérêt continu. On provoqua le 

public américain pour qu’il explose en une frénésie guerrière, de la 

façon familière, quand on raconta que le Maine avait explosé dans le 

port de la Havane à cause d’une mine espagnole. Quand il fut renfloué, 

de nombreuses années plus tard, on découvrit que ses plaques avaient 

été soufflées vers l’extérieur par une explosion intérieure (mais à ce 

moment-là, « la foule» avait depuis longtemps perdu son intérêt pour la 

question). 

L’effet de la guerre hispano-américaine (« l’enchevêtrement» 

ininterrompu des américains dans les affaires des autres) prêta une 

importance majeure à la question : qui devait exercer le pouvoir 

exécutif en Amérique, car la nature de n’importe quel 

« enchevêtrement » en dépendait clairement. La réponse à cette 

question, de nouveau, fut gouvernée par l’effet d’une guerre 

précédente, la Guerre de Sécession américaine de 1861-1865. Ses 

conséquences principales (peu comprises par les Nordistes et les 

Sudistes en lutte) furent de changer sensiblement la nature, d’abord 

de la population, ensuite du gouvernement de la République. 

Avant la Guerre de Sécession, la population américaine était 

principalement irlandaise, irlando-écossaise, écossaise, britannique, 

allemande et scandinave, et à partir de cet amalgame, un individu 

distinctement « américain » se développa. Dans la suite directe de cette 

guerre, l’ère de l’immigration sans restriction commença, qui en 

quelques décennies amena en Amérique des millions et des millions de 

nouveaux citoyens d’Europe de l’Est et du Sud. Ceux-ci comprenaient 

une grande masse de juifs des régions talmudiques de Russie et de la 

Pologne russe. En Russie le rabbinat s’était tenu entre eux et 

« l’assimilation », et cela continua quand ils atteignirent l’Amérique. 

 290 

Ainsi, le XXe siècle, à son début, lança-t-il la question : quel rôle leurs 

leaders acquérraient-ils dans le contrôle politique de la République et 

de ses entreprises étrangères ? Les événements postérieurs montrèrent 

que la conspiration de l’Est, sous ses deux formes, entra en Amérique 

par cette immigration massive. Le processus d’acquisition d’une 

mesure sans cesse croissante de pouvoir politique démarra dans les 

coulisses, vers 1900, et devait devenir le sujet principal de la vie 

nationale américaine durant les cinquante années suivantes. 

L’homme qui le premier impliqua l’Amérique dans ce processus fut 

un certain M. Edouard Mandell House (populairement connu comme le 

colonel House, mais il n’avait fait aucun service militaire), un 

gentleman du Sud, principalement de descendance hollandaise et 

anglaise, qui grandit au Texas durant la période amère de la 

Reconstruction, qui suivit la Guerre de Sécession. Il constitue un 

personnage remarquable dans cette histoire. Comme d’autres 

connaisseurs exulteraient au goût d’un cognac rare, il adorait 

l’exercice secret du pouvoir par le biais des autres, et le confia avec 

franchise à son journal. Il fuyait la publicité (dit son éditeur, M. 

Charles Seymour) « par un sens de l’humour sardonique qui était 

chatouillé par la pensée qu’invisible et souvent insoupçonné, sans 

grande richesse ni poste élevé, par le simple pouvoir de la personnalité 

et du bon sens, il détournait en réalité les courants de l’Histoire. » Peu 

d’hommes ont exercé un si grand pouvoir en si totale 

irresponsabilité : « Il est assez facile pour quelqu’un sans responsabilité 

de s’asseoir autour d’un cigare et d’un verre de vin, et de décider de ce 

qu’il y a de mieux à faire », écrivit M. House. 

Le choix des mots de son éditeur est exact ; M. House ne guida 

pas la politique nationale américaine, mais la détourna vers le 

sionisme, le soutien de la révolution mondiale et la promotion de 

l’ambition du gouvernement mondial. Le fait qu’il exerca le pouvoir 

secrètement est prouvé. Ses motivations pour l’avoir exercé dans cette 

direction-là sont difficiles à découvrir, car ses pensées (telles que 

révélées par son journal et son roman) semblaient être si confuses et 

contradictoires qu’aucune image claire n’émerge d’elles. 

L’immense rapport quotidien de son règne secret (les Papiers 

Intimes) exposa entièrement comment il travaillait. Il laisse sans 

réponse la question de ce qu’il voulait, en fin de compte, ou s’il savait 

même ce qu’il voulait ; quant à cela, son roman montre seulement un 

esprit rempli de notions démagogiques insensées, jamais clairement 

étudiées dans le détail. L’apostrophe ampoulée sur la page de garde est 

typique : « Ce livre est dédié aux nombreux malheureux qui ont vécu et 

sont morts en ayant manqué les opportunités, parce que dès le départ, 

la structure sociale mondiale était injuste » ; cela signifie apparemment 

que M. House, qui se prenait pour un homme religieux, avait une 

 291 

piètre opinion du travail d’une autorité précédente, décrite en ces 

mots : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». 

Dans la recherche des origines des idées politiques de M. House 

(qui furent d’abord apparentées au communisme ; plus tard dans sa 

vie, quand les dégâts étaient faits, il devint plus modéré), le chercheur 

est lancé sur des pistes significatives. Son éditeur trouve dans sa 

première pensée une note « réminiscente de Louis Blanc et des 

révolutionnaires de 1848. » Gardant cela en mémoire, j’ai dirigé 

antérieurement l’attention des lecteurs vers Louis Blanc, le 

révolutionnaire français qui, pendant un moment, en 1848, sembla 

susceptible de jouer le rôle de Lénine, et convoqua l’Assemblée des 

délégués des travailleurs, qui était une anticipation des Soviétiques de 

1917. 

De telles notions, chez un Texan de la fin du XIXe siècle, sont 

aussi inattendues que le bouddhisme chez un Esquimau. Néanmoins, 

M. House acquit ces idées dans sa jeunesse ; quelqu’un les avait 

implantées en lui. Son deuxième prénom, Mandell, était celui « d’un 

marchand juif de Houston, qui était l’un des amis les plus intimes de 

son père ; le fait que le père ait donné un nom juif à son fils indique 

l’attitude de la famille envers cette race. » (M. Arthur D. Howden, son 

biographe) Dans le roman de M. House, le héros refuse tout 

avancement pour aller vivre dans une chambre modeste de l’East Side 

avec un juif polonais, arrivé en Amérique après des émeutes 

antisémites à Varsovie, causées par le meurtre du fils d’un haut 

représentant gouvernemental, commis par « un jeune juif, harcelé au- 

delà de l’endurance. » Plus tard, le beau-frère et conseiller de M. House 

fut un juif, le Dr Sidney Mezes, qui fut l’un des initiateurs du plan du 

gouvernement mondial de ce siècle dans sa toute première forme (The 

League to Enforce Peace (La Ligue d’Imposition de la Paix – NdT)). 

C’est tout ce qui peut être mis à jour sur l’atmosphère 

intellectuelle de la période formatrice de l’esprit de M. House. Dans un 

de ses passages les plus révélateurs, M. House lui-même commente la 

suggestion d’idées faite à d’autres, et montre, apparemment sans le 

comprendre, à quel point il était impuissant en fin de compte, lui qui 

pensait être tout-puissant : « Avec le président, comme avec tous les 

autres hommes que j’ai cherché à influencer, c’était invariablement 

mon intention de lui faire penser que les idées qu’il tirait de moi 

étaient les siennes propres… Normalement, pour dire la vérité, l’idée 

ne m’était pas originale… La chose la plus difficile au monde est de 

suivre à la trace n’importe quelle idée jusqu’à sa source… Nous pensons 

souvent qu’une idée nous est originale quand, à la simple vérité, elle a 

été inconsciemment absorbée de quelqu’un d’autre. » 

 292 

Il commença à apprendre la politique au Texas, quand il n’avait 

que dix-huit ans, percevant alors, pendant une élection présidentielle 

(1876), que : 

« …deux ou trois hommes au Sénat et deux ou trois à la Chambre, et 

le président lui-même, dirigeaient le gouvernement. Les autres 

n’étaient que des hommes de paille…  

 

Par conséquent, je n’avais aucune ambition d’avoir une fonction, ni 

n’avais aucune ambition de parler. » (Il met la même idée dans la 

bouche d’un politicien, dans son roman de 1912) 

 

« À Washington… j’ai constaté que le gouvernement était dirigé par 

quelques hommes ; qu’à l’extérieur de ce petit cercle, personne 

n’avait beaucoup d’importance. C’était mon ambition d’y faire 

irruption si cela était possible, et mon ambition a maintenant fait un 

bond, au point de vouloir, non seulement en faire partie, mais plus 

tard, être CELA…  

 

Le président m’a demandé d’entreprendre la direction de sa 

campagne… Il a été nommé et réélu à une écrasante majorité… et 

j’étais maintenant bien à l’intérieur du cercle enchanté, et à portée de 

mon désir suivant de n’avoir aucun rival… J’enroulai un fil presque 

invisible autour du peuple, qui le maintenait fermement… ) 

Dans cet esprit, M. House entra en politique au Texas :  

« Je commençai en haut plutôt qu’en bas… cela est mon habitude de 

mettre quelqu’un d’autre à la tête théoriquement, de sorte que je puisse 

faire le véritable travail sans être dérangé par les demandes qui sont 

faites à un président… Chaque responsable des campagnes que je 

dirigeai recevait publicité et applaudissements tant de la presse que 

du peuple, pendant la campagne… ils quittaient l’attention du public 

en quelques mois… et pourtant, quand la campagne suivante 

arrivait, le public et la presse acceptaient avec autant d’impatience 

un autre homme de paille. » 

M. House utilisa le Texas plus ou moins comme un jeune acteur 

prometteur pourrait utiliser la province. Il réussit si bien comme 

organisateur de parti qu’au changement de siècle, il était le vrai 

dirigeant de l’État, et était assis quotidiennement dans le bureau de 

son gouverneur (nommé par M. House et oublié depuis longtemps) au 

Capitole, où il choisissait des sénateurs d’État et des membres du 

Congrès, et traitait les requêtes des nombreux officiels qui assiègent 

habituellement un gouverneur d’État. La tournée provinciale 

accomplie, il se prépara à conquérir la capitale. En 1900, il était « lassé 

du poste que j’occupais au Texas » et était « prêt à participer aux 

 293 

affaires nationales. » Après une préparation supplémentaire, il 

commença en 1910, alors que la Première Guerre mondiale 

approchait, « à rechercher un candidat approprié à la nomination 

démocrate pour l’élection présidentielle. » 

Ainsi M. House, âgé de cinquante ans, était-il un faiseur de 

présidents. Avant de lire ses Papiers Intimes, j’étais très impressionné 

par « la connaissance étrange » affichée par un sioniste américain 

majeur, le rabbin Stephen Wise, qui en 1910, dit devant un auditoire 

du New Jersey : « Mardi, M. Woodrow Wilson sera élu gouverneur de 

votre État ; il n’achèvera pas son mandat comme gouverneur ; en 

novembre 1912, il sera élu président des États-Unis ; il sera investi 

président pour la deuxième fois. » C’était de la préconnaissance, à la 

manière de celle révélée par les Protocoles, Léon Pinsker et Max 

Nordau, mais une recherche approfondie révéla que le rabbin Wise la 

tenait du colonel House ! 

Apparemment, M. Wilson avait été étudié de près par le groupe 

d’hommes secrets qui était en passe de fusionner, car ni M. House, ni 

le rabbin Wise à ce moment-là ne l’avaient rencontré ! Mais M. House 

«  devint convaincu qu’il avait trouvé son homme, bien qu’il ne l’eût 

jamais rencontré… “Je me suis tourné vers Woodrow Wilson… comme 

étant le seul homme… qui en tous points se montrait à la hauteur de 

la tâche” » (M. Howden). La mesure standard utilisée est indiquée dans 

un passage postérieur : « L’ennui avec l’obtention d’un candidat à la 

présidence, c’est que l’homme qui est le mieux adapté pour cette place 

ne peut être désigné, et, s’il était désigné, il ne pourrait être élu. Le 

Peuple prend rarement le meilleur homme adapté au poste ; il est donc 

nécessaire de travailler pour le meilleur homme qui puisse être désigné 

et élu, et en ce moment, Wilson semble être cet homme. » (Cette 

description, de nouveau, est qualifiée par l’allusion, dans le roman de 

M. House, aux méthodes utilisées par un groupe puissant pour élire 

« sa créature » à la présidence). 

L’idée sioniste s’associa à l’idée révolutionnaire – parmi le groupe 

d’hommes qui était en train de secrètement choisir M. Woodrow Wilson 

pour la présidence – en la personne de ce rabbin Stephen Wise (né à 

Budapest, comme Herzl et Nordau). Il était l’organisateur sioniste en 

chef en Amérique, et en tant que tel, représentait encore une sorte de 

curiosité parmi les juifs d’Amérique, qui à cette époque rejetaient le 

sionisme et se méfiaient « des juifs de l’Est. »  

Jusqu’en 1900, comme le dit le rabbin Wise, le sionisme en 

Amérique se limitait aux juifs immigrants de Russie, qui l’avaient 

amené avec eux des ghettos talmudiques de là-bas ; la masse des juifs 

américains était d’origine allemande, et rejetaient catégoriquement le 

sionisme.  

 294 

Entre 1900 et 1910, un million de nouveaux immigrants juifs 

arrivèrent de Russie, et, sous organisation sioniste, commencèrent à 

former un corps important d’électeurs ; là était le lien entre M. House 

(dont la stratégie électorale sera décrite) et le rabbin Wise. Le rabbin 

Wise, qui était principalement connu comme orateur militant, pour ne 

pas dire agitateur, concernant les questions relatives au travail, n’était 

alors pas un personnage juif représentatif, et néanmoins (comme le Dr 

Weizmann en Angleterre), il était l’homme à qui les potentats politiques 

donnaient secrètement les entrées et prêtaient l’oreille. 

La force de ce groupe secret est montrée par le fait qu’en 1910, 

quand M. House eut confidentiellement décidé que M. Wilson devait 

être le prochain président, le rabbin Wise proclama publiquement qu’il 

le serait, et pour deux mandats. Cela nécessitait un remaniement la 

politique du rabbin, car il soutenait toujours le Parti républicain ; 

après la sélection secrète de M. Wilson par M. House, le rabbin Wise  

passa au Parti démocrate. Ainsi, les idées « révolutionnaires » confuses 

de M. House et celles parfaitement claires du sionisme arrivèrent-elle 

ensemble sur le seuil de la Maison Blanche. L’entente au sein du 

groupe était cordial : M. Wise déclare (après l’élection) que « nous 

avons reçu une aide chaleureuse et encourageante de la part du 

colonel House, ami intime du président… House a non seulement fait 

de notre cause l’objet de son attention particulière, mais a servi d’officier 

de liaison entre l’administration de Wilson et le mouvement sioniste. » Le 

parallèle étroit entre le cours de ces procédés secrets en Amérique et 

ceux en Angleterre est montré ici. 

Le secret de la mainmise de M. House sur le Parti démocrate 

repose sur la stratégie qu’il avait inventée pour gagner les élections. Le 

Parti démocrate n’avait pas été au pouvoir depuis presque cinquante 

ans sans interruption, et House avait inventé une méthode qui faisait 

de la victoire une quasi-certitude mathématique. Le Parti démocrate 

devait, en fait, devoir ses victoires en 1912 et 1916, aussi bien que les 

victoires du président Roosevelt et du président Truman en 1932, 

1936, 1940, 1944 et 1948, à l’application du plan de M. House. Dans 

ce plan électoral, qui dans son domaine mérite peut-être le nom de 

génie, se trouve l’effet persistant de M. House sur la vie de l’Amérique ; 

ses idées politiques n’étaient jamais formées de façon claire, et il les 

changeait fréquemment, si bien qu’il forgea un instrument par lequel 

les idées des autres furent mises en application ; l’instrument lui-même 

fut brillamment conçu. 

En essence, c’était un plan pour obtenir le votes massif des 

« natifs de l’étranger » – les nouveaux immigrés – an faveur du Parti 

démocrate, en faisant appel à leurs sentiments raciaux et leur réflexes 

émotionnels particuliers. Il fut mis au point de façon très détaillée, et 

 295 

réalisé d’une main de maître, dans cette branche particulière que sont 

les sciences politiques. 

Ce qui est unique et prodigieux dans ce plan, c’est que M. House 

le publia anonymement, la même année 1912, où M. Wilson, 

secrètement « choisi », fut officiellement désigné et élu. Au cours de 

cette année chargée, M. House trouva le temps d’écrire en trente jours 

un roman intitulé Philip Dru : Administrator (ce terme inhabituel 

rappelle l’allusion des Protocoles aux « administrateurs [que] nous 

choisirons… »). Le chapitre intitulé « La fabrication d’un président », 

qui n’est manifestement pas une fiction, transforme ce roman presque 

illisible en un document historique de première importance. 

Dans ce chapitre de son roman (que M. House fut poussé à 

publier par son mentor assidu, le Dr Sidney Mezes), un sénateur 

américain du nom de Selwyn est décrit comme se préparant à « diriger 

la Nation d’une main absolue, et pourtant, on ne saurait pas que c’est 

lui, le pouvoir dirigeant. » Selwyn est M. House. Apparemment, il ne 

put résister à la tentation de donner un indice de son identité, et fit en 

sorte que « Selwyn » invite l’homme qu’il avait choisi comme président- 

marionnette (« Selwyn recherche un Candidat ») à « dîner chez moi, 

dans mes salons à Mandell House. » 

Auparavant, Selwyn invente « un plan infâme », de concert avec un 

certain John Thor – « le grand prêtre de la finance » – plan par lequel 

« une organisation complète et compacte », utilisant « une tromperie des 

plus ignobles eu égard à ses opinions et intentions réelles « , pourrait 

« élire sa créature à la présidence ». Le financement de cette ligue 

secrète était « simple. » « L’influence de Thor dans toute l’Amérique 

commerciale était absolue… Thor et Selwyn choisirent les mille » 

(millionnaires) « qui devaient donner chacun dix mille dollars… Thor 

devait dire à chacun d’eux qu’il y avait une question, touchant au bien 

commun de la fraternité des affaires, qui nécessitait vingt mille dollars, 

et que lui, Thor, en fournirait dix, et voulait que chacun en fournisse 

autant… Il n’y avait que quelques hommes d’affaire… qui ne 

s’estimaient pas heureux de se voir convoqués à New York par Thor, et 

qu’on leur demande de le rejoindre aveuglément dans un financement 

dont le but était la sauvegarde des richesses ». L’argent de ce « grand 

fonds de corruption » est placé par Thor dans différentes banques, 

versé sur demande, par Selwyn, sur les comptes d’autres banques, et 

depuis ces dernières, transféré à la banque personnelle du gendre de 

Selwyn ; « le résultat fut que le public n’aurait aucune chance d’être au 

courant du fonds, ni de la manière dont il était dépensé. » 

Sur cette base de financement, Selwyn choisit sa « créature », un 

certain Rockland, (M. Wilson), qui, en dînant avec Selwyn à 

« Mandell House », s’entend dire que sa responsabilité en tant que 

président sera « diffuse » : « bien qu’un président posède le droit 

 296 

constitutionnel d’agir seul, il n’a aucun droit moral d’agir en 

contradiction des principes et traditions de son parti, ou des conseils 

des leaders du parti, car le pays accepte le candidat, le parti et les 

conseillers du parti comme un tout, et non séparément » (ce passage 

ressemble fortement aux allusions des Protocoles à « la responsabilité 

des présidents » et à l’autorité suprême de leurs « conseillers. ») 

Rockland acquiesce humblement à cela. (Après l’élection, « ennivré 

par le pouvoir et l’adulation des flagorneurs, à une ou deux reprises, 

Rockland s’affirme et agit sur des questions importantes sans s’être 

d’abord entretenu avec Selwyn. Mais, après avoir été violemment 

attaqué dans les journaux de Selwyn… il ne fit aucune nouvelle 

tentative d’indépendance. Il se sentait tout à fait impuissant entre les 

mains de cet homme fort, et en effet, il l’était. »  

Ce passage du roman de M. House de 1912, écrit avant 

l’investiture de M. Wilson, pourrait être comparé à un passage des 

Papiers Intimes de M. House, de 1926, rapportant sa véritable relation 

avec le candidat pendant la campagne électorale. Ce passage affirme 

que M. House rédigea les discours du candidat à la présidentielle, et le 

chargea de ne tenir compte d’aucun autre conseil, sur quoi M. Wilson 

admit des imprudences, et promit « de ne pas agir en indépendant à 

l’avenir. » Dans le roman, on voit Selwyn en train de raconter à Thor la 

tentative de Rockland d’échapper à la sujéton : « Quand il raconta les 

efforts de Rockland pour se libérer, et la manière dont il l’avait ramené, 

se tordant sous son échec, ils rirent joyeusement » ; ce chapitre est 

intitulé « Les conspirateurs jubilants »). 

Un autre chapitre montre comment l’élection de la « créature » fut 

accomplie. Le plan qui est décrit transforme pratiquement la 

campagne électorale en une science exacte, et gouverne toujours la 

campagne électorale en Amérique. Il est basé sur le calcul fondamental 

de M. House selon lequel environ 80 pour cent des électeurs 

voteraient, quelles que soient les circonstance, pour un des deux 

partis rivaux dans des proportions à peu près égales, et cette dépense 

d’argent et d’effort doit donc se concentrer sur les « 20 pour cent 

fluctuants. » Puis, il analyse ces 20 pour cent en détail, jusqu’à ce que 

le petit résidu soit isolé, sur lequel l’effort extrême doit être appliqué. 

Chaque once ou centime de dépenses inutiles est éliminé, et une 

masse d’énergie est libérée, qui doit être dirigée contre le petit corps 

d’électeurs qui peut faire pencher le résultat. Ce plan a tant fait pour 

« détourner » le cours des événements en Amérique et dans le monde 

qu’il faut ici le résumer en détail. 

Selwyn commence la campagne d’investiture en éliminant tous les 

États dans lesquels l’un ou l’autre parti est sûr de gagner. De cette 

façon, il est libre de consacrer toute ses pensées aux douze États 

indécis, sur les votes desquels l’élection se déciderait. Il divise ceux-ci 

 297 

en groupes de cinq mille électeurs, nommant pour chaque groupe un 

homme sur place, et un autre au siège national. Il calcule que sur les 

cinq mille, quatre mille, en parts égales, ne pourraient probablement 

pas être détournés de son propre parti ou de l’autre, et cela fait tomber 

son analyse à mille électeurs indécis – dans chaque groupe de cinq 

mille dans les douze États – sur lesquels se concentrer. L’homme local 

est chargé d’obtenir toute les informations possibles sur leur « race, 

religion, profession et anciens liens de parti », et de les expédier à 

l’homme national responsable du groupe en question, qui est alors 

chargé d’atteindre chaque individu au moyen de « la littérature, de la 

persuasion ou peut-être par quelque argument plus subtil. » Le devoir 

des deux agents pour chaque groupe, un sur le terrain et l’autre au 

siège, est à eux deux de « ramener une majorité, sur les mille votes qui 

étaient à leur charge. » 

Entre-temps, les directeurs de l’autre parti envoyaient « des 

tonnes d’imprimés à leur siège de l’État, qui, à son tour, les distribuait 

aux organismes de province, où ils étaient déposés dans un coin et 

donnés aux visiteurs quand il le demandaient. Le comité de Selwyn en 

utilisait le quart, mais chaque imprimé arrivait dans une enveloppe 

scellée, avec une lettre cordiale, adressée à un électeur qui n’avait pas 

encore décidé pour qui voter. L’opposition envoyait à grands frais des 

orateurs d’un bout à l’autre du pays… Selwyn envoyait des hommes 

au sein de ses groupes pour persuader personnellement chacun des 

mille électeurs hésitants de soutenir la liste Rockland. » 

Par cette méthode des plus habiles d’analyse, d’élimination et de 

concentration, Rockland, dans le roman, (et M. Wilson, dans la réalité) 

fut élu en 1912. L’appel concentré aux «  mille électeurs hésitants » de 

chaque groupe fut particulièrement axé sur l’émotion de la « race, du 

credo et de la couleur », et les objets d’attention furent évidemment 

choisis en ayant cela à l’esprit. « Ainsi, Selwyn gagna-t-il et Rockland 

devint la pierre angulaire de la voûte qu’il avait entrepris de 

construire. » 

Le reste du roman est sans importance, mais contient quelques 

autres points significatifs. Son sous-titre est « Une Histoire de Demain, 

1920-1935 ». Le héros, Philip Dru, est un jeune sorti de West Point  et 

influencé par Karl Marx, qui est élu leader d’un mouvement de masse 

par acclamation lors d’un rassemblement d’indignation après que la 

conspiration de Selwyn et Thor fut devenue connue. La façon dont cela 

est révélé est également intéressante ; Thor fait poser un microphone 

dans sa pièce (chose peu connue en 1912, mais aujourd’hui presque 

aussi familière en politique que le Stateman’s Yearbook17) et, oubliant 

                                                

17 

 Ouvrage qui paraît depuis le milieu du 19e siècle environ, utilisé dans les milieux 

politiques et diplomatiques anglo-saxons de l’époque. On y trouve pour chaque pays, les 

 298 

de le débrancher, sa « jubilante » conversation avec Selwyn après 

l’élection de Rockland est découverte par sa secrétaire, qui la donne à 

la presse ; un épisode des plus invraisemblables est que la presse la 

publie ! Alors, Dru rassemble une armée (armée, apparemment par 

magie, de fusils et d’artillerie), défait les forces du gouvernement en 

une seule bataille, marche sur Washington et se proclame 

« Administrateur de la République ». Sa première action majeure (et 

celle du président Wilson) est d’introduire « un impôt progressif sur le 

revenu, n’exemptant aucun revenu quelqu’il soit » (le Manifeste 

communiste de Karl Marx exigeait « un lourd impôt sur le revenu, 

progressif ou graduel » ; les Protocoles, « un impôt progressif sur la 

propriété »). 

Dru attaque ensuite le Mexique et les républiques de l’Amérique 

Centrale, les vainquant aussi lors d’une seule bataille et les unissant 

ensuite sous le drapeau américain, qui dans le chapitre suivant 

devient également « l’emblème incontesté de l’autorité » sur le Canada 

et les Anglais, les Français et d’autres possessions des Antilles. Selwyn 

et Philip Dru sont manifestement tous deux M. House. Selwyn est 

l’organisateur de parti superbement efficace et le secret détenteur du 

pouvoir ; Dru est « le rêveur utopique » (les Protocoles) embrouillé qui 

ne sait pas quoi faire du pouvoir quand il l’obtient. Inévitablement, à la 

fin, M. House ne savait pas quoi faire avec deux personnages qui 

étaient en vérité un seul homme, et fut contraint de les fusionner, pour 

ainsi dire, en faisant de Selwyn, à l’origine le scélérat de l’histoire, le 

confident et compagnon intime de Dru. Après cela, il semble également 

clair qu’il ne savait pas quoi faire avec Dru, hormis le faire poursuivre 

par des ours. Il le mit donc sur un bateau se dirigeant vers une 

destination inconnue, avec Gloria (une fille en mal d’amour qui 

pendant cinquante chapitres doit écouter les plans incohérents de Dru 

pour refaire le monde), et conclut : « Heureuse Gloria ! Heureux 

Philip !… Où partaient-ils ? Reviendraient-ils ? C’étaient les questions 

que tous se posèrent, mais auxquelles personne ne put donner de 

réponse ». 

En fait, rares sont ceux qui ont pu réussir à terminer ce roman, et 

personne ne se serait soucié de savoir où allaient Philip et Gloria, à 

une exception près. Il y avait au monde un être solitaire pour qui 

l’histoire dut comporter une signification aussi terrible et vraie que le 

Portrait de Dorian Gray pour Dorian : M. Woodrow Wilson. À cet égard,  

Philip Dru : Administrator est un ouvrage unique. Deux questions 

hantent le chercheur. M. Wilson le lit-il ? Qui souffla à M. House (ou à  

son souffleur) de publier cette illustration exacte de ce qui se passait,  

au moment même où « la créature » était désignée et élue ? Considéré 

                                                                                                                                                   

événements historiques marquants, le type de constitution et de gouvernement, les 

institutions sociales y compris l’organisation judiciaire et les religions – NdT 

 299 

sous cette lumière, le livre devient un ouvrage de moquerie sadique, et 

le lecteur prend conscience que le groupe d’hommes qui entourait M. 

House devait être aussi malveillant que ceux qui sont décrits dans le 

chapitre « Les conspirateurs jubilants ». 

Peut-on envisager que M. Wilson ne l’ait pas lu ? Parmi ses 

ennemis et ses amis, au cours d’une campagne électorale, quelqu’un a 

dû le mettre dans ses mains. Le chercheur en Histoire doit 

nécessairement demander si la lecture de ce livre, à cette période-là ou 

par la suite, put causer l’état mental et physique dans lequel il tomba 

peu après. On peut en donner quelques descriptions contemporaines 

en guise d’illustration (bien qu’elles anticipent un peu la chronologie 

du récit). M. House écrivit plus tard à propos de l’homme qu’il avait 

« choisi » et avait fait élire (« le seul qui en tout point se montrait à la 

hauteur du poste ») : « Je pensai à ce moment-là » (1914) « et à 

plusieurs occasions par la suite, que le président voulait mourir ; 

certainement, son attitude et son état mental indiquaient qu’il n’avait 

aucun appétit de vivre. » Alors que M. Wilson était président depuis 

peu, M. Horace Plunkett, l’ambassadeur britannique, écrivit à M. 

House : « J’ai présenté mes respects au président, et j’ai été choqué de 

lui voir l’air si épuisé ; le changement depuis janvier dernier est 

terriblement marqué. » Six ans plus tard, William Wiseman, un 

émissaire gouvernemental britannique, dit à M., House : « J’ai été 

choqué par son aspect… Son visage était tiré et d’une couleur grise, et 

se convulsait fréquemment dans un effort pitoyable pour contrôler ses 

nerfs qui avaient lâché. » (1919)18 

Apparemment, la clé du chagrin est de recevoir une haute fonction 

en tant qu’instrument d’autres personnes qui restent dans l’ombre. M. 

Wilson prend inévitablement un air spectral quand on l’examine à la 

lumière de ce récit en cours de déroulement. M. House, le rabbin Wise 

et d’autres autour de lui semblèrent le contempler de la même façon 

que les collectionneurs contempleraient un spécimen épinglé. Vu l’état 

des choses, il dût être guidé par la conjecture, plutôt que par la 

révélation, lorsqu’à l’âge de vingt ans il décida qu’il serait un jour 

président. On le savait, et le rabbin Wise lui demanda un jour : 

                                                

18 

 * De fortes ressemblances se retrouvent dans les descriptions contemporaines de M. 

Roosevelt, dont M. House croyait aussi qu’il l’avait choisi comme « homme de paille ». M. 

Robert E. Sherwood dit avec insistance que M. Roosevelt était toujours hanté « par le 

fantôme de Wilson ». Alors que M. Roosevelt était président depuis deux ans, le directeur de 

son parti, M. James Farley, écrivit : « le Président semblait aller mal… visage tiré et 

réactions lentes »  (1935) et deux ans plus tard, il fut « choqué par l’aspect du président » 

(1937). En 1943, Madame Tchang Kai-chek fut « choquée par l’apparence du président » ; en 

1944, dit M. Merriman Smith, « Il semblait plus vieux que je l’ai jamais vu et il fit un 

discours hors de propos », et M. John T. Flynn dit que les photos du président «  choquèrent 

la nation ». En 1945, Mlle Françoise Perkins, un membre de son cabinet, sortit de son 

bureau en disant : “Je ne peux pas supporter ça, le président a une apparence affreuse. » 

 

 300 

« Quand avez-vous pensé ou rêvé pour la première fois  à la 

présidence ? » Comme le rabbin en savait tellement plus que le 

président sur la manière dont le rêve avait été réalisé, il était peut- 

petre ironique, et fut manifestement surpris dans sa déférence 

habituelle quand M. Wilson répondit : « Il n’y eut jamais un moment 

après mon diplôme obtenu à l’université Davidson en Caroline du Sud 

où je ne m’attendais pas à devenir président », si bien que le rabbin 

demanda sardoniquement : « Même quand vous étiez enseignant dans 

une université de filles ! » M. Wilson, apparemment toujours 

inconscient, répéta : « Il n’y eut jamais un moment où je ne m’attendai 

pas et ne me préparai pas à devenir président. » 

Entre « le choix » secret de M. Wilson par M. House en 1910 et sa 

nomination publique pour la présidentielle en 1912, il fut poussé à 

rendre un hommage public au sionisme ; à ce moment, les Américains 

commencèrent à simpliquer, de même que le peuple britannique s’était 

effectivement engagé à partir de l’offre de l’Ouganda en 1903. M. 

Wilson, dans sa préparation à la campagne, fit un discours sur « Les 

droits des juifs », dans lequel il dit : « Je ne suis pas ici pour exprimer 

notre sympathie envers nos concitoyens juifs, mais pour rendre évident 

notre sentiment d’identité avec eux. Ceci n’est pas leur cause ; c’est celle 

de l’Amérique. » 

Cela ne pouvait signifier qu’une chose ; c’était une déclaration de 

politique étrangère, si M. Wilson était élu. Il n’y avait aucune nécessité 

de « rendre évident le sentiment d’identité » entre les Américains et les 

Américains, et les juifs en Amérique étaient en tous points libres et 

égaux ; seul un refus de s’identifier à l’Amérique pouvait altérer cela, et 

M. Wilson proclama dans les faits ce refus. Il déclarait spécifiquement 

que « l’identité » juive était différente et séparée, et que l’Amérique, 

sous lui, soutiendrait cette auto-ségrégation comme une cause. 

Pour les initiés, c’était un engagement envers le sionisme. C’était 

aussi une allusion et une menace indirectes à la Russie, car 

l’implication des mots de M. Wilson était qu’il reconnaissait les juifs en 

Russie (qui étaient alors les seuls sionistes organisés) en tant que 

représentants de tous les juifs. Ainsi, il reprit le rôle de Balfour dans la 

production américaine de ce drame. 

À cette époque, toute la propagande sioniste était dirigée contre la 

Russie. Environ trente ans avaient passé depuis l’assassinat du tsar 

Alexandre II, qui s’était attiré l’hostilité des révolutionnaires par sa 

tentative de présenter une constitution parlementaire (le Dr Kastein fit 

remarquer que la participation juive à l’assassinat était « naturelle. ») 

Son successeur, Alexandre III, fut forcé de se consacrer au combat 

contre la révolution. À l’époque de M. Wilson, le tsar Nicolas II 

reprenait la tentative d’Alexandre le Libérateur de pacifier et d’unifier 

son pays en accordant le droit de vote au peuple, et rencontrait une 

 301 

fois encore une opposition acharnée de la part des sionistes 

talmudiques. 

Puis, au moment même où M. Wilson fit son attaque implicite 

envers « l’intolérance » russe, l’assassinat fut à nouveau utilisé en 

Russie afin de détruire l’œuvre de Nicolas II. Pendant la révolution de 

1906, il avait publié un décret impérial faisant de la Russie une 

monarchie constitutionnelle, et en 1907, il introduisit le suffrage 

universel. Les révolutionnaires craignaient cette mesure de libération 

plus qu’ils ne craignaient n’importe quel Cosaque, et utilisèrent 

l’Assemblée populaire, quand elle se réunit pour la première fois, pour 

déclencher un tumulte déchaîné, si bien qu’on dut la dissoudre. Le 

tsar choisit alors pour Premier ministre un diplomate éclairé, le comte 

Stolypine, qui par décret ordonna une réforme agraire suivie par de 

nouvelles élections. Le résultat fut qu’au second parlement, il reçut une 

grande ovation, et les révolutionnaires furent mis en déroute (environ 

3 000 000 de paysans sans terre devinrent propriétaires de leur terre). 

L’avenir de la Russie à ce moment-là semblait plus brillant que 

jamais auparavant. Stolypine était un héros national et écrivait : 

« Notre but principal est de fortifier la population agricole. Toute la 

force du pays repose dessus… Donnez à ce pays dix ans de tranquillité 

intérieure, et vous ne reconnaîtrez pas la Russie ».  

Ces dix années tranquilles auraient changé le cours de l’histoire 

pour le mieux ; au lieu de cela, la conspiration intervint et provoqua 

les dix jours qui bouleversèrent le monde. En 1911, le comte Stolypine 

se rendit à Kiev, où le tsar devait inaugurer un monument au 

libérateur assassiné, Alexandre II, et il fut abattu lors d’une 

représentation de gala au théâtre, par un révolutionnaire juif, Bagroff 

(en 1917 un commissaire juif, découvrant qu’une jeune fille, parmi 

certains fugitifs, était la fille du comte Stolypine, se hâta de l’abattre). 

C’est arrivé en septembre 1911 ; en décembre 1911, M. Wilson, le 

candidat, faisait son discours exprimant « un sentiment d’identité » 

avec « la cause » juive. En novembre 1911, M. Wilson avait pour la 

première fois rencontré l’homme, M. House, qui l’avait « choisi » en 

1910 (et qui avait alors déjà « aligné tous mes amis politiques et 

partisans » sur le soutien de M. Wilson). M. House annonça à son 

beau-frère : « Jamais auparavant n’ai-je trouvé à la fois l’homme et 

l’opportunité. » 

Avant l’élection, M. House dressa une liste de membre du Conseil 

des ministres (voir Philip Dru), en concertation avec un certain M. 

Bernard Baruch, qui entre maintenant dans ce récit. Il se pourrait 

bien qu’il soit le plus important de tous les personnage qui y 

apparaîtront au cours des cinquante années suivantes, car il devait se 

faire connaître comme « conseiller » de plusieurs présidents, et dans 

 302 

les années 1950, il conseillait toujours le président Eisenhower et M. 

Winston Churchill. En 1912, il n’était publiquement connu qu’en tant 

que financier qui avait hautement réussi. Son biographe déclare qu’il 

contribua pour $ 50 000 à la campagne de M. Wilson. 

Puis, pendant la campagne électorale, on fit sentir le mors à M. 

Wilson. Après des imprudences initiales, il promit à M. House (tel que 

cité plus tôt, et comparé à Philip Dru) « de ne pas agir en indépendant à 

l’avenir. » Immédiatement après l’élection, il reçut le rabbin Stephen 

Wise « pour une longue session » au cours de laquelle ils discutèrent 

« des affaires russes, en se référant spécialement au traitement des 

juifs » (M. Wise). Au même moment, M. House déjeunait avec un 

certain M. Louis D. Brandeis – juriste éminent, et juif – et rapporta que 

« son esprit et le mien sont en accord concernant la plupart des questions 

qui se posent maintenant à nous. » 

Ainsi, trois des quatre hommes dans l’entourage de M. Wilson 

étaient des juifs et tous les trois, à une étape ou une autre, jouèrent 

des rôles majeurs en promouvant la re-ségrégation des juifs par le 

biais du sionisme et de son ambition palestinienne. À ce moment-là, 

M. Brandeis et le rabbin Wise étaient les sionistes principaux en 

Amérique et M. Brandeis, alors qu’il fait son entrée dans l’histoire, 

mérite un paragraphe. 

Il était distingué en apparence et en intellect, mais ni lui ni un 

autre avocat n’auraient pu définir ce qui, en lui, constituait « un juif ». 

Il ne pratiquait pas la religion judaïste, que ce soit dans sa version 

orthodoxe ou réformée, et écrivit une fois : « Durant la plus grande 

partie de ma vie, mon contact avec les juifs et le judaïsme fut léger, et 

je pensai peu à leurs problèmes. » Sa conversion était du genre 

irrationnel et romantique (rappellant M. Balfour) : un jour, en 1897, il 

lut au petit déjeuner un compte-rendu du discours du docteur Herzl 

au Premier Congrès sioniste, et dit à sa femme : « Voilà une cause à 

laquelle je pourrais donner ma vie. » 

Ainsi, le juif américain totalement assimilé fut-il transformé en un 

clin d’œil. Il afficha l’ardeur du converti dans ses attaques ultérieures 

contre « l’assimilation » : « L’assimilation ne peut être évitée à moins 

que, dans la Patrie, un centre soit rétabli, à partir duquel l’esprit juif 

puisse rayonner. » Les sionistes de la Russie ne firent jamais confiance 

à ce produit de l’assimilation qui voulait maintenant se désassimiler. 

Ils détestaient ses discours fréquents sur « l’américanisme. » Il disait : 

« Mon approche du sionisme se fit par l’américanisme », et pour les 

talmudistes cela revenait à dire que le sionisme pouvait être approché 

par le « russianisme », qu’ils étaient résolus à détruire. En fait, il était 

illogique de préconiser la forme la plus féroce de ségrégation raciale 

tout en prétendant admirer l’assimilationisme américain, et M. 

Brandeis, avec toute ses compétences d’avocat, semble ne jamais avoir 

 303 

vraiment compris la nature du sionisme. Il devint le Herzl des sionistes 

américains (le rabbin Stephen Wise était leur Weizmann), et fut 

brutalement abandonné après avoir rempli son rôle. Cependant, au 

moment décisif, en 1917, il joua un rôle décisif. 

Tel était le regroupement autour d’un président captif tandis que 

la République américaine s’avançait vers l’engagement dans la 

Première Guerre mondiale, et telle était la cause qui allait être 

poursuivie à travers lui, et à travers l’engagement de son pays. Après 

son élection, M. House prit en main sa correspondance, décida qui il 

devait voir ou ne pas recevoir, dit aux membres du cabinet ce qu’ils 

devaient dire ou ne pas dire, etc… Entre temps, il avait aussi trouvé le 

temps d’écrire et de publier ce roman étonnant. Il voulait le pouvoir et 

l’obtint, mais ce qu’il voulait d’autre, suite à cela, il ne le décida 

jamais. Ainsi, son ambition était-elle sans but, et rétrospectivement, il 

ressemble maintenant à Savrola, le héros du roman d’un autre 

politicien, dont l’auteur, M. Winston Churchill, dit : « L’ambition était 

la force motrice, et Savrola était impuissant à y résister ». À la fin de sa 

vie, M. House, seul et oublié, détestait Philip Dru. 

Mais entre 1911 et 1919, la vie fut délicieuse pour M. House. Il 

adorait le sentiment de pouvoir pour le pouvoir, et de plus était trop 

gentil pour vouloir= nuire à Rockland à la Maison Blanche : 

« C’était invariablement mon intention, avec le président comme 

avec tous les autres hommes que j’ai cherché à influencer, qu’il pense 

que les idées qu’il tirait de moi étaient les siennes. Dans la nature des 

choses, j’ai plus réfléchi à de nombreuses choses que le président, et 

j’avais eu l’occasion d’en discuter plus en profondeur que lui. Mais 

aucun homme n’aime honnêtement voir un autre homme diriger ses 

conclusions. Nous sommes tous un peu vaniteux sur ce point. La 

plupart des gens sont bien trop guidés par la vanité personnelle, dans 

leurs actes. Il se trouve que ce n’est pas mon cas. Ca m’est égal qui 

obtient le mérite pour une idée que j’ai transmise. Le principal est que 

l’idée fonctionne. Habituellement, à dire vrai, l’idée n’était pas de 

moi… » (M. Howden, déjà cité). 

Ainsi, quelqu’un « dirigea » M. House, qui dirigea M. Wilson, vers 

la conclusion qu’un groupe d’hommes dans les régions talmudiques de 

Russie devaient être mis en possession de la Palestine, avec la 

conséquence évidente qu’une source permanente de guerre mondiale 

serait établie là-bas, et que les juifs du monde seraient à nouveau 

isolés de l’humanité. Dans ce plan, la destruction de la Russie et la 

diffusion de la révolution mondiale étaient aussi impliquées de 

manière prévisible. 

À cette période (1913), un événement se produisit, qui sembla peu 

important alors, mais qu’il faudrait rapporter ici, à cause de sa 

 304 

conséquence importante par la suite. En Amérique, il y avait une 

organisation appelée B’nai B’rith (« les Enfants de l’Alliance », en 

hébreu). Fondée en 1843 comme loge fraternelle exclusivement 

réservée aux juifs, on la qualifia d’ « institution purement américaine », 

mais elle créa des branches dans de nombreux pays, et prétend 

aujourd’hui « représenter tous les juifs du monde entier », au point 

qu’elle semble faire partie de l’arrangement que le Dr Kastein décrit 

comme « l’Internationale juive. » En 1913 B’nai B’rith créa une 

minuscule ramification, l’ « Anti-Defamation League » [Ligue Anti- 

Diffamation – NdT].  Elle devait prendre une taille et un 

pouvoir immense ; avec elle,  l’État-dans-les-États se dota d’une sorte 

de police secrète, et elle réapparaîtra dans cette histoire. 

Avec l’accession de M. Wilson et du groupe derrière son siège de 

président, la décor fut installé pour la guerre qui était sur le point de 

commencer. La fonction de l’Amérique, dans sa promotion du grand 

« dessein » supranational par le biais de cette guerre, devait être celle 

d’auxiliaire. Dans cette première étape, l’Angleterre fut choisie pour le 

premier rôle, et l’objectif principal – le contrôle du gouvernement 

britannique – n’avait pas été entièrement acquis quand la guerre 

commença. 

Ainsi, l’histoire retraverse maintenant l’Atlantique jusqu’en 

Angleterre, où M. Balfour était en passe de reprendre à nouveau ses 

fonctions. Les personnages marquants d’Angleterre étaient toujours 

résistants au but et plan secrets, et avaient l’intention de faire la 

guerre, et de la gagner aussi rapidement que possible, à l’endroit où 

elle avait commencé – l’Europe. Ils fallait les ramener dans le rang si 

on voulait que le processus prédit par Max Nordau en 1903 soit 

accompli. Donc, les hommes récalcitrants devaient être disciplinés, ou 

bien éliminés. 

De 1914 à 1916, ainsi, l’histoire devient celle de la lutte pour 

destituer ces hommes en Angleterre, et les supplanter par d’autres qui, 

comme M. Wilson, s’aligneraient. 

 

 

Chapitre 30 

LA BATAILLE DECISIVE 

La guerre de 1914-1918 fut la première guerre entre nations, par 

opposition aux armées ; les mains qui la dirigèrent atteignirent chaque 

foyer de la plupart des pays européens, et ceux de nombreux autres 

non-européens. C’était une chose nouvelle dans le monde, mais elle 

avait été prédite par les conspirateurs du communisme et du sionisme. 

Les Protocoles de 1905 disaient que la résistance au plan qui y était 

exposé rencontrerait une « guerre universelle » ; Max Nordau dit en 

1903 que l’ambition sioniste en Palestine serait réalisée par « la 

prochaine guerre mondiale. » 

Pour que de telles paroles s’accomplissent et acquièrent ainsi le 

statut de « connaissance étrange » révélée en avance sur l’événement, il 

fallait que la conspiration prenne le contrôle des gouvernements 

impliqués afin que leurs mesures de politique nationale, et par 

conséquent leurs opérations militaires, puissent être détournées pour 

servir aux fins de la conspiration, et non celle des intérêts nationaux. 

Le président américain était déjà (c’est-à-dire, depuis 1912) prisonnier 

de « conseillers » secrets, comme on l’a montré ; et la description qu’en 

fit M. House (comme dans le roman anonyme et les Papiers Intimes  

reconnus) est correcte, il correspond à l’image donnée antérieurement 

dans les Protocoles : « … nous remplaçâmes le souverain par sa 

caricature en la personne d’un président tiré par nous de la foule et 

choisi parmi nos créatures et nos esclaves ». 

Cependant, on n’exigea pas de M. Wilson qu’il joue un rôle actif 

dans la poursuite du grand « dessein », au début de la Première Guerre 

mondiale ; il accomplit sa fonction par la suite. À son début, l’objectif 

principal était d’obtenir le contrôle du gouvernement britannique. La 

lutte pour accomplir cela dura deux ans et aboutit à la victoire pour 

les intrigants, dont les activités étaient inconnues du public.  

Cette bataille, menée dans le « labyrinthe » de la « politique 

internationale », fut la bataille décisive de la Première Guerre 

mondiale. C’est-à-dire – comme aucune décision n’est jamais finale et 

peut toujours être modifiée par une décision ultérieure – qu’elle 

produisit les effets les plus importants et les plus durables par la 

suite, au cours du XXe siècle ; ces effets continuèrent à dominer les 

événements entre les deux guerres et pendant la Seconde Guerre 

mondiale, et en 1956, on peut les voir comme constituant la cause la 

plus probable de n’importe quelle troisième « guerre universelle ». 

Aucun fracas d’armes pendant la guerre de 1914-1918 ne produisit un 

effet sur l’avenir comparable à celui provoqué par la capture du 

 306 

gouvernement britannique en 1916. Ce processus fut dissimulé aux 

foules impliquées. Du début à la fin, les Britanniques crurent 

simplement qu’ils avaient à faire à un impétueux chef militaire teuton 

– et les Américains, que le penchant des peuples européens pour la 

querelle était la cause première de cette crise. 

En Angleterre en 1914, la situation provoquée en Amérique par la 

captivité secrète du président Wilson n’avait pas cours. Les postes 

politiques et militaires importants étaient détenus par des hommes qui 

soumettaient au test chaque proposition de conduite politique et 

militaire de la guerre : pourrait-elle les aider à gagner la guerre et 

était-ce dans l’intérêt de leur pays ? Par ce test, le sionisme échoua. 

L’histoire des deux premières années de la guerre de quatre ans est 

celle de la lutte en coulisse pour déloger ces hommes obstructionnistes 

et les supplanter par d’autres hommes dociles. 

Avant 1914, la conspiration n’avait pénétré que les antichambres 

(excepté pour la démarche fatale du gouvernement Balfour en 1903). 

Après 1914, un cercle croissant d’hommes importants s’associa à 

l’entreprise de diversion, le sionisme. Aujourd’hui, « les considérations 

pratiques » (la popularité ou l’hostilité publique, les votes, le soutien 

financier et le pouvoir) qui influencent les politiciens à cet égard sont 

bien connues, parce qu’elles ont été révélées par de nombreuses 

publications authentiques. À cette époque-là, il aurait fallu qu’un 

politicien anglais soit exceptionnellement intelligent ou prévoyant pour 

voir dans les sionistes les détenteurs des clés de l’avancement 

politique. Par conséquent, le motif balfouréen d’engouement 

romantique a pu les inciter ; les annales sur cette période sont peu 

claires, et n’expliquent pas l’inexplicable. De plus, les Anglais ont 

toujours eu tendance à donner à leurs actions l’apparence d’un but 

moral élevé, et à se persuader de croire en ce dernier ; Cela amena 

Macaulay à faire remarquer : « On ne connaît pas spectacle plus 

ridicule que celui du public britannique dans un de ses accès 

périodiques de moralité ». Il est alors probable que certains des 

hommes qui se joignirent à cette intrigue (c’en était une, 

indubitablement) pensèrent qu’ils agissaient bien. Ce processus 

d’aveuglement est montré par la déclaration (découverte par moi) qui 

identifie clairement un groupe de pro-sionistes dans les hautes 

sphères anglaises de l’époque, et qui suggère une motivation du même 

genre que celui dont Lord Macaulay fit la satire. 

Cette déclaration vient d’un certain M. Olivier Locker-Lampson, 

un député conservateur du début de ce siècle. Il ne joua aucun grand 

rôle et ne se distingua, si tant est, que par son soutien postérieur 

fanatique au sionisme au sein et en dehors du Parlement, mais c’était 

un ami proche des dirigeants qui mirent le sionisme sur le dos du 

 307 

peuple britannique. En 1952, il écrivait dans un hebdomadaire 

londonien : 

« Winston, Lloyd George, Balfour et moi avons été élevés comme de 

vigoureux protestants, qui croient en l’arrivée d’un nouveau Sauveur 

quand la Palestine sera restituée aux juifs. »  

C’est l’idée messianique des millénaristes de Cromwell, imposée 

au XXe siècle. Seuls les hommes cités pourraient dire si cette 

déclaration est vraie, et seul l’un d’entre eux est encore en vie. Si c’est 

cela la véritable base du protestantisme, qu’il soit vigoureux ou autre, 

les lecteurs peuvent en juger par eux-mêmes. Nul n’oserait prétendre 

que c’est une base saine pour la conduite de la politique nationale ou 

des opérations militaires en temps de guerre. De même, bien sûr, elle 

exprime la même idée impie qui mena le Prophète Monk et tous les 

hommes dans son genre : celle que Dieu a oublié son devoir et, ayant 

manqué à ses engagements, il doit le faire faire par d’autres à sa place. 

Quoi qu’il en soit, un groupe s’était formé, et nous pourrions tout 

aussi bien le désigner par le nom que cet homme lui donna : les 

Protestants Vigoureux. 

La Première Guerre mondiale commença, avec ces Protestants 

Vigoureux ambitionnant d’accéder au pouvoir, afin qu’ils puissent 

détourner les opérations militaires en Europe en faveur de la cause qui 

avait pour but de procurer la Palestine aux sionistes. Le Dr Weizmann, 

qui n’avait pas chômé depuis la dernière fois que nous l’avions vu,  

enfermé avec M. Balfour à Manchester, en 1906, passa immédiatement 

à l’action : « Il est temps maintenant… les considérations politiques 

seront favorables », écrivait-il en octobre 1914. Il alla voir M. C.P. 

Scott, éditeur du Manchester Guardian – journal qui se passionnait 

beaucoup (à l’époque comme aujourd’hui) pour toute cause non- 

nationale. M. Scott fut enchanté d’apprendre que son visiteur était 

« un juif qui détestait la Russie » (la Russie, alliée de l’Angleterre, était 

à ce moment-là en train de sauver les armées anglaises et françaises à 

l’Ouest, en attaquant par l’Est), et l’emmena immédiatement prendre le 

petit déjeuner avec M. Lloyd George, alors ministre des Finances.  

M. Lloyd George (que le Dr Weizmann trouva « extraordinairement 

désinvolte » concernant la guerre en Europe) fut « chaleureux et 

encourageant » à propos du sionisme, et proposa une autre réunion 

avec M. Balfour. Elle eut lieu le 14 décembre 1914. M. Balfour, se 

rappelant la conversation de 1906, demanda « tout à fait 

nonchalamment » s’il pouvait aider le Dr Weizmann de façon pratique, 

recevant la réponse : « Pas tant que les armes grondent ; quand la 

situation militaire deviendra plus claire, je reviendrai » (Mme Dugdale, 

dont le Dr Weizmann corrobore le récit : « Je n’ai pas donné suite à 

cette ouverture, le temps et le lieu n’étaient pas propices. » Ce fut au 

cours de cette rencontre que M. Balfour dit d’une façon gratuite que 

 308 

« quand les armes se seront tues, vous pourrez obtenir votre 

Jérusalem »). 

Le Dr Weizmann ne se saisit pas avidement de l’offre « tout à fait 

nonchalante » de M. Balfour pour une bonne raison. Le quartier 

général sioniste, à ce moment-là, était à Berlin, et les collègues du Dr 

Weizmann y étaient convaincus que l’Allemagne gagnerait la guerre. 

Avant de jouer cartes sur table, ils voulaient en être sûrs. Quand, plus 

tard, ils se résolurent à miser sur la carte alliée, « les armes » 

« grondaient » toujours. La pensée du carnage en Europe ne dissuada 

pas le Dr Weizmann de « donner une suite à l’ouverture ». Comme il le 

dit franchement à M. Balfour (et M. Balfour ne compris certainement 

pas ce que son visiteur avait exactement à l’esprit), « le moment… 

n’était pas propice », et le Dr Weizmann avait l’intention d’attendre que 

« la situation militaire devienne plus claire. » 

De façon significative, il semble que certains des hommes 

concernés par ces entrevues inconnues du public cherchèrent à 

dissimuler leurs rendez-vous ; à l’époque, le destin de l’Angleterre était 

censé être leur seule préoccupation. J’en ai déjà donné un exemple 

apparent : la confusion à propos de la date de la seconde rencontre de 

M. Balfour avec le Dr Weizmann, celle qui vient d’être décrite. M. Lloyd 

George, écrivit de même que sa première rencontre avec le Dr 

Weizmann eut lieu en 1917, quand il était Premier ministre, et la 

qualifia de « fortuite. » Le Dr Weizmann corriga cela dédaigneusement : 

« en réalité, le plaidoyer de M. Lloyd George en faveur de la patrie juive 

précéda de loin son accession à la fonction de Premier ministre, et nous 

nous nous rencontrâmes plusieurs fois entre-temps. » 

Une troisième rencontre avec M. Balfour suivit, « une grande 

conversation qui dura plusieurs heures » et se passa 

« extraordinairement bien. » Le Dr Weizmann, encore une fois, exprima 

sa « haine de la Russie », l’alliée en difficulté de l’Angleterre. M. Balfour 

se demandait modérément « comment un ami de l’Angleterre pouvait 

être aussi anti-russe quand la Russie faisait tant pour aider 

l’Angleterre à gagner la guerre ». Comme à l’occasion précédente, 

quand il fit allusion aux convictions anti-sionistes des juifs 

britanniques, il semble qu’il n’eut aucune véritable intention de 

protester, et conclus, « C’est une grande cause, celle à laquelle vous 

œuvrer ; vous devez revenir à maintes reprises. » 

M. Lloyd George avertit aussi le Dr Weizmann qu’ « il y aurait sans 

aucun doute une forte opposition venant de certains milieux juifs », et 

le Dr Weizmann fit sa réponse de réserve, comme quoi en fait, « les 

juifs riches et puissants étaient pour la plupart contre nous. » 

Étrangement, cette insinuation sembla impressionner énormément les 

Protestants Vigoureux, qui étaient surtout des hommes riches et 

puissants, et ils sont devinrent bientôt aussi hostiles envers leurs 

 309 

compatriotes, les juifs d’Angleterre, que celui qui les importunait, le Dr 

Weizmann de Russie. 

L’opposition au sionisme se développa à partir d’une autre source. 

Aux postes les plus hauts placés, se tenaient encore des hommes qui 

ne pensaient qu’au devoir national et à la victoire. Ils ne 

pardonneraient pas la « haine » d’un allié militaire ni ne soutiendraient 

des « points de détails » dispendieux en Palestine. Ces hommes étaient 

M. Herbert Asquith (Premier ministre), Lord Kitchener (Secrétaire à la 

guerre), Sir Douglas Haig (qui devint le Commandant en Chef en 

France) et Sir William Robertson (chef d’état-major en France, plus 

tard Chef de l’état-major impérial). 

M. Asquith était le dernier leader libéral en Angleterre qui 

cherchait à donner au « libéralisme » une signification concordante 

avec l’intérêt national et la croyance religieuse, par opposition à la 

signification que l’on avait donnée à ce terme dans les quatre dernières 

décennies (celle que lui avait attribuée les Protocoles : « Lorsque nous 

eûmes injecté le poison du libéralisme dans l’organisation de l’État, sa 

complexion politique changea ; les États furent infectés d’une maladie 

mortelle : la décomposition du sang. »).  

Avec son renversement postérieur, le libéralisme, au sens premier, 

mourut en Angleterre ; et en fait, le parti lui-même tomba dans le 

déclin et s’effondra, laissant ne laissant qu’un nom utilisé 

principalement comme « couverture » par le communisme et sa légion 

de « rêveurs utopiques ». 

M. Asquith découvrit l’intrigue qui se tramait quand il reçut une 

proposition pour un État juif en Palestine, de la part d’un ministre juif, 

M. Herbert Samuel, qui avait été présent au petit déjeuner de 

Weizmann et Lloyd George en décembre 1914 ; ces deux-là en furent 

informés à l’avance. M. Asquith écrivit : « … La proposition de Samuel 

en faveur de l’annexion britannique de la Palestine, un pays de la taille 

du Pays de Galles, essentiellement de montagnes stériles, et 

partiellement aride ; il pense que nous pourrions planter dans ce 

territoire pas très prometteur environ trois ou quatre millions de juifs… 

Je ne suis guère attiré par cette proposition de supplément à nos 

responsabilités… Le seul autre partisan de cette proposition est Lloyd 

George, et je n’ai pas besoin de dire qu’il se contrefiche des juifs ou de 

leur rôle dans l’avenir… » 

M. Asquith (qui a correctement résumé M. Lloyd George) resta du 

même avis jusqu’à la fin. Dix ans plus tard, alors qu’il n’était plus en 

fonction depuis longtemps, il visita la Palestine et écrivit : « Parler de 

transformer la Palestine en un Foyer national juif me semble aussi 

fantastique que cela l’a toujours été. » En 1915, par sa réponse 

défavorable – et son retrait du gouvernement – il devint l’objet de 

 310 

l’intrigue. Tant qu’il le pouvait, il maintint son pays hors de l’aventure 

palestinienne ; il accepta l’opinion des leaders militaires que la guerre 

ne pouvait être gagnée (si elle pouvait l’être) que sur le principal champ 

de bataille, en Europe. 

Lord Kitchener, qui était de cet avis, avait une autorité immense et 

une popularité publique. L’objectif militaire primordial, qu’il visait à 

cette étape, était de garder la Russie dans la guerre (les sionistes 

voulaient la destruction de la Russie, et en informèrent les Protestants 

Vigoureux). Lord Kitchener fut envoyé en Russie par M. Asquith en 

juin 1916. Le croiseur Hampshire, et Lord Kitchener à son bord, 

disparurent. Les bonnes autorités s’entendent que c’était un homme 

qui aurait pu soutenir la Russie. Un obstacle formidable, tant à la 

révolution mondiale là-bas qu’à l’entreprise sioniste, disparut. Le 

sionisme ne pourrait probablement pas avoir été imposé à l’Occident, 

s’il avait vécu. Je me rappelle que les soldats sur le front occidental, 

quand ils entendirent la nouvelle, sentirent qu’ils avaient perdu une 

bataille majeure. Leur intuition était plus vraie qu’ils ne le savaient. 

Après cela, seuls Asquith, Robertson, Haig et les juifs d’Angleterre 

se tenaient entre le sionisme et son but. Le cercle d’intrigue s’élargit. 

Le Times et le Sunday Times rejoignirent le Manchester Guardian dans 

son enthousiasme pour le sionisme, et à l’intérieur ou autour du 

Cabinet, de nouveaux hommes s’ajoutèrent à Balfour et Lloyd George. 

Lord Milner (sur le point de les rejoindre) annonça que « si les Arabes 

pensent que la Palestine deviendra un pays arabe, ils se trompent 

lourdement » ; à ce moment-là, le colonel Lawrence incitait les Arabes 

à se révolter contre un ennemi des Alliés, les Turcs. M. Philip Kerr (qui 

devint Lord Lothian par la suite, à cette époque secrétaire de M. Lloyd 

George) décida qu’ « une Palestine juive » devait résulter du châtiment 

« du chien enragé de Berlin » (tel que le Kaiser était dépeint « à la 

foule »). Sir Mark Sykes, secrétaire en chef du Cabinet de guerre, était 

« une de nos plus grandes trouvailles » (Dr Weizmann), et élargit l’idée 

à « la libération des juifs, des Arabes et des Arméniens ». 

Au moyen de telles fausses suggestions, « la multitude » est à tout 

moment « persuadée ». Les Arabes et les Arméniens étaient là où ils 

avaient toujours été, et n’aspiraient pas à être déplacés ailleurs. Les 

juifs en Europe étaient aussi libres ou non libres que les autres 

hommes ; les juifs de Palestine avaient montré leur impatience d’aller 

en Ouganda, les juifs d’Europe et d’Amérique voulaient rester là où ils 

étaient, et seuls les Khazars judaïsés de Russie, sous leurs directeurs 

talmudiques, voulaient posséder la Palestine. L’invention de cette 

formule de Sir Mark était une infortune de plus pour la postérité, car 

cela impliquait que l’aventure palestinienne n’était qu’une aventure 

parmi d’autres, toutes apparentées. À la différence des autres 

 311 

Protestants Vigoureux, c’était un expert dans les affaires du Moyen- 

Orient, et il aurait pu réfléchir un peu plus. 

Une autre recrue, Lord Robert Cecil, utilisa aussi cette formule 

trompeuse : « l’Arabie pour les Arabes, la Judée pour les juifs, 

l’Arménie pour les Arméniens » (la libération arménienne fut tout à fait 

perdue de vue dans les événements postérieurs), et argument aussi est 

curieux, car la diplomatie est innée chez les Cecil. Le sionisme avait le 

pouvoir étrange de produire des aberrations chez les hommes sages. 

M. Balfour (un demi Cecil) eut une sagesse cecilienne sur d’autres 

questions ; il présenta un document sur la réorganisation de l’Europe 

après la guerre qui est considéré aujourd’hui comme un modèle de 

diplomatie prudente, tandis que sur la question du sionisme, il était 

comme un drogué. 

Le cas de Lord Cecil est tout aussi inexplicable. Je me rappelle 

une conférence qu’il donna à Berlin (dans les années 1930), sur la 

Société des Nations. Grand, voûté, au visage de faucon, 

héréditairement doué, il émit des avertissements sur l’avenir, comme 

du haut d’une montagne de révélation, et invoqua de manière 

sépulcrale « les prophètes hébreux. » En tant que jeune journaliste, je 

fus très impressionné sans comprendre ce qu’il voulait dire. 

Aujourd’hui, alors que j’en sais un peu plus, c’est toujours mystérieux 

pour moi ; si Jérémie, par exemple, était quoi que ce soit, c’était bien 

anti-sioniste. 

Pourtant, le Dr Weizmann dit spécifiquement de Lord Robert : 

« Pour lui, le rétablissement d’une patrie juive en Palestine et 

l’organisation du monde en une grande fédération étaient les 

caractéristiques complémentaires de l’étape suivante dans la gestion des 

affaires humaines… En tant que l’un des fondateurs de la Société des 

Nations, il considérait la patrie juive comme étant d’importance égale à la 

Société elle-même. » 

Ici, le grand secret est révélé ; mais Lord Robert le discernait-il ? 

La conquête de la Palestine pour les sionistes de Russie n’était pas que 

« l’étape suivante » dans « la gestion des affaires humaines » (le dicton 

de Lord Acton à propos du « dessein » et des « administrateurs » revient 

à l’esprit). « La fédération mondiale » est dépeinte comme une partie 

concomittante du même plan. La théorie de base de cette ligue, sous 

ses diverses formes, s’est avérée être que les nations devaient 

abandonner leur souveraineté, pour que la nationalité séparée 

disparaisse (cela, bien sûr, est aussi le principe de base des 

Protocoles). Mais si les nations doivent disparaître, pourquoi le 

processus de leur destruction commence-t-il par la création d’une 

nouvelle nation, si ce n’est pour qu’elle soit l’autorité suprême dans 

« la gestion des affaires humaines » (cette conception d’une nation 

 312 

suprême s’étend de la même façon sur tout l’Ancien Testament, le 

Talmud, les Protocoles et le sionisme littéral). 

Ainsi l’adhésion de Lord Robert au sionisme devient-il 

incompréhensible, car sa sagesse héritée le rendait totalement 

conscient des périls du despotisme mondial, et à cette même période, il 

écrivit à M. House en Amérique : 

« Que nous devrions faire un effort réel pour établir un dispositif de 

paix quand cette guerre sera finie, je n’en ai aucun doute… Un 

danger me semble être de viser à trop de choses….. Rien n’a fait plus 

de mal à la cause de la paix que l’échec des efforts dans ce sens après 

Waterloo. De nos jours, on oublie généralement que la Sainte Alliance 

commença à l’origine en tant que Ligue pour Imposer la Paix. 

Malheureusement, elle a permis que ses énergies soient détournées 

d’une façon telle qu’elle est vraiment devenue une ligue pour soutenir 

la tyrannie, avec la conséquence qu’elle fut généralement discréditée, 

en plus de faire un mal infini par d’autres façons… L’exemple montre à 

quel point les plans les mieux intentionnnés peuvent facilement mal 

tourner. » 

La citation montre que Lord Cecil devait être conscient du danger 

de « détournement des énergies » ; elle montre aussi qu’il avait mal 

compris la nature du sionisme, si l’opinion que lui attribua le Dr 

Weizmann est correcte. Quand il écrivait ces mots, une nouvelle 

« Ligue pour Imposer la Paix » était en train d’être organisée en 

Amérique par le propre beau-frère de M. House, le Dr Mezes ; elle fut le 

précurseur des diverses actions de lancement d’un gouvernement 

mondial qui ont suivi, dans lesquelles l’intention de groupes puissants 

de fonder « une ligue pour soutenir la tyrannie » dans le monde a été 

clairement révélée. 

Ainsi, alors que la seconde année de la Première Guerre mondiale 

finissait, les Protestants Vigoureux, qui regardaient vers la Palestine, 

et non vers l’Europe, étaient une bande importante de compagnons 

décortiquant le noyau russo-sioniste. Messieurs Leopold Amery, 

Ormsby-Gore et Ronald Graham rejoignirent les « amis » nommés plus 

haut. Le sionisme avait son pied dans chaque département du 

gouvernement, sauf le ministère de la Guerre. Quelle que soit la nature 

originale de leur enthousiasme pour le sionisme, les récompenses 

matérielles, à ce stade, séduisaient indéniablement ; l’intrigue était 

destinée à déloger des hommes de leurs fonctions et à prendre leur 

place. 

Le Premier ministre qui faisait obstruction, M. Asquith, fut écarté 

à la fin de 1916. Les pages d’hier révèlent maintenant la manière dont 

cela fut réalisé et le passage du temps permet de juger des résultats. 

Le motif donné au public fut que M. Asquith était inefficace à 

poursuivre la guerre. La sincérité de l’affirmation peut être testée par 

 313 

ce qui suivit ; le premier acte de ses successeurs fut de détourner des 

forces vers la Palestine, et suite à cela, M. Lloyd George perdit presque 

entièrement la guerre. 

Le 25 novembre 1916, M. Lloyd George recommanda que son chef 

se retire de la présidence du Conseil de guerre, en faveur de M. Lloyd 

George. Normalement, une telle demande aurait été suicidaire, mais 

c’était un gouvernement de coalition, et le libéral M. Lloyd George fut 

soutenu dans sa demande par les leaders conservateurs, M. Bonar 

Law et Sir Edward Carson, si bien que cela était un ultimatum. (Ces 

deux-là avaient problablement une foi honnête dans les aptitudes 

supérieures de M. Lloyd George ; ils ne peuvent être soupçonnés d’une 

duplicité tory [diminutif de « conservateur » – NdT] suffisamment 

profonde pour prévoir qu’il finirait par détruire le Parti libéral !) 

M. Lloyd George exigea aussi que l’incompétent (et conservateur) 

M. Balfour soit évincé du titre de Premier Lord de l’Amirauté. Le 

Premier ministre libéral refusa avec indignation d’abandonner le 

Conseil de guerre ou de licencier M. Balfour (le 4 décembre). Il reçut 

alors la démission de M. Balfour, sur quoi il envoya immédiatement à 

M. Balfour une copie de sa propre lettre refusant de licencier M. 

Balfour. Là-dessus, M. Balfour, bien que bloqué chez lui par un gros 

rhume, trouva la force d’envoyer une autre lettre dans laquelle il 

insistait pour démissionner, comme M. Lloyd George l’avait exigé, et M. 

Lloyd George démissionna également. 

M. Asquith restait seul. Le 6 décembre, M. Balfour (qui avait 

démissionné sur l’ordre de M. Lloyd George) se sentit suffisamment 

bien pour recevoir M. Lloyd George. Cet après-midi-là, les leaders de 

parti se rencontrèrent et annoncèrent qu’ils serviraient volontiers sous 

M. Balfour. M. Balfour déclina, mais offrit volontiers de servir sous M. 

Lloyd George. M. Lloyd George devint alors Premier ministre et nomma 

l’incompétent M. Balfour secrétaire des Affaires étrangères. Ainsi, les 

deux hommes qui s’étaient engagés en secret à soutenir le sionisme 

accédèrent-elles aux fonctions politiques les plus hautes, et à partir de 

ce moment-là, les énergies du gouvernement britannique furent 

dirigées sur l’obtention de la Palestine pour les sionistes, au-dessus de 

tous les autres buts. (En 1952, je lis une lettre dans le journal juif 

Commentary, de New York, annonçant que les juifs du Nord du Pays de 

Galles avaient joué par leurs votes un rôle décisif dans 

l’accomplissement de l’élection de M. Lloyd George. J’ai aussi été 

informé de façon crédible que dans sa pratique de procureur, il reçut 

de nombreuses affaires sionistes, mais je ne peux le garantir. Dans 

son cas, l’explication de motivations vénales ne peut être écartée, selon 

moi ; l’inexactitude de ses déclarations concernant ses relations avec le 

sionisme, que le Dr Weizmann corrige par deux fois, suggère cela. 

 314 

Ainsi, les personnages centraux se regroupèrent-ils sur la scène. 

M. Lloyd George, petit avocat élégant en jaquette au milieu de ses 

collègues plus grands, dont beaucoup portaient encore la vieille 

redingote, ressemblait à un moineau au milieu de corbeaux. À côté de 

lui, se trouvait M. Balfour, grand, mou, toujours prêt à répondre de 

façon cynique, d’un air las, à une question honnête, donnée au cours 

d’un petit tennis léger ; je l’imagine là, flânant rêveusement le long de 

Saint James’s Park jusqu’à la Chambre. Entourant ces deux hommes, 

le chœur grec des membres du Conseil des ministres, des sous- 

secrétaires d’État et de hauts fonctionnaires qui avaient découvert leur 

Protestantisme Vigoureux. Il se peut que certains de ces compagnons 

de voyage de Sion aient été vraiment trompés et n’aient pas compris 

dans quelle galère ils s’engageaient. M. Lloyd George était le premier 

personnage majeur d’une longue série d’autres personnages qui 

savaient prendre le train en marche quand ils en voyaient un ; par 

eux, ces innocents mots, « politicien du vingtième siècle » – acquirent 

une signification sinistre, et le siècle leur doit beaucoup ses épreuves. 

Quant à la diversion de la force militaire britannique vers un but 

étranger, un vaillant résistant restait seul après la mort de Lord 

Kitchener et la destitution de M. Asquith. La silhouette robuste de Sir 

William Robertson faisait face au groupe entourant M. Lloyd George. 

S’il l’avait rejoint, il aurait pu avoir des titres, des réceptions, des 

libertés, des ordres, des loges dorées, et des rubans descendant 

jusqu’à la ceinture ; il aurait pu avoir des fortunes pour « les droits » 

de tout ce qu’il (ou n’importe quel nègre à sa place) écrivait; il aurait 

pu avoir des boulevards à son nom et défiler dans des villes qui 

l’auraient acclamé en Europe et en Amérique ; il aurait pu faire se 

lever pour lui le Congrès et la Chambre des Communes, et entrer dans 

Jérusalem sur un cheval blanc. Il ne reçut même pas de pairie, ce qui 

est rare parmi les maréchaux britanniques. 

Il était le seul homme à avoir jamais accédé à ce rang supérieur 

depuis le rang de soldat. Dans l’Angleterre de la petite armée 

professionnelle, c’était un grand accomplissement. Il était simple, 

honnête, lourd, taillé à coups de serpe ; il était du peuple et 

ressemblait à un beau sergent-major. Son seul soutien, dans sa lutte, 

se trouvait chez le commandant des armées en France, Sir Douglas 

Haig, qui était de la caste des officiers de cavalerie, beau et à l’allure 

militaire – l’idéal, pour le soldat, de ce qu’un officier devrait être. 

Robertson, le vieux soldat bourru, dut (à contrecœur) assister à  

plusieurs fêtes caritatives dont s’occupent les dames de la société en 

temps de guerre, et à l’une d’elle, vit Lady Constance Stewart 

Richardson, qui se sentie poussée à interprêter des danses dans les 

étoffes et à la manière d’Isadora Duncan. Un général, remarquant 

l’impatience de Robertson, dit : « Il faut reconnaître qu’elle a de très 

 315 

belles jambes. » « Bof, comme n’importe quelles autres foutues 

jambes », grogna Robertson. 

C’est à ce dernier qu’incomba la tâche de contrecarrer la diversion 

des armées britanniques vers la Palestine, s’il le pouvait. Il considéra 

toutes les propositions exclusivement du point de vue de leur influence 

militaire sur la guerre et la victoire ; si elles aidaient à gagner la 

guerre, la motivation lui était indifférente ; sinon, il s’y opposait, sans 

égard pour aucune autre considération. Sur cette base, il décida que la 

proposition sioniste concernait un « point de détail » dangereux qui ne 

pouvait que retarder et compromettre la victoire. Il ne discuta jamais, 

et ne soupçonna même peut-être jamais, une quelconque implication 

politique ; cela était pour lui hors de propos. 

Il avait dit à M. Asquith, en 1915 : « Manifestement, la méthode la 

plus efficace » (pour vaincre les puissances centrales) « est de vaincre 

de façon décisive les principales armées allemandes, qui sont toujours 

sur le front occidental. » Il mit donc instamment en garde contre « les 

campagnes auxiliaires sur des théâtres mineurs et l’affaiblissement des 

forces en France… La pierre de touche par laquelle tous les plans et 

propositions doivent être testés est leur rapport avec l’objet de la guerre. » 

Les peuples engagés dans la guerre sont chanceux si leurs leaders 

raisonnent de cette façon, et malheureux s’ils dévient de ce 

raisonnement. Par cette logique concluante, l’entreprise palestinienne 

(une entreprise politique) était hors sujet. Quand M. Lloyd George 

devint Premier ministre, il concentra immédiatement tous ses efforts 

sur le détournement des forces militaires vers une campagne majeure 

en Palestine :  

« Quand j’ai formé mon gouvernement, j’ai immédiatement soulevé au 

ministère de la Guerre la question d’une nouvelle campagne en 

Palestine. Sir William Robertson, qui tenait beaucoup à prévenir le 

danger d’envoyer des troupes depuis la France jusqu’en Palestine… 

s’y est fortement opposé et a pour l’instant marqué le point. » 

Sir William Robertson corrobore :  

« Jusqu’en décembre 1916 » (quand M. Lloyd George devint Premier 

ministre) « les opérations au-delà du canal de Suez avaient été pour 

l’essentiel défensives en principe, le gouvernement, de même que l’état- 

major… reconnaissant l’importance primordiale de la lutte en Europe et 

le besoin d’apporter le plus grand soutien aux armées là-bas. Cette 

unanimité entre ministres et soldats n’eut plus cours après le 

changement de gouvernement…  

 

La différence fondamentale d’opinion était particulièrement 

importune dans le cas de la Palestine…  

 316 

Le nouveau cabinet de guerre existait depuis seulement quelques 

jours quand il ordonna à l’état-major d’examiner la possibilité 

d’étendre les opérations en Palestine… L’état-major porta les 

exigences à trois divisions additionnelles, et celles-ci ne pouvaient 

être obtenues que des armées sur le front occidental… L’état-major 

dit que le projet s’avérerait être une grande source d’embarras et 

compromettrait nos perspectives de succès en France…  

 

Ces conclusions furent décevantes pour les ministres… qui voulaient 

voir la Palestine occupée immédiatement, mais elles ne pouvaient pas 

être réfutés… En février, le cabinet de guerre s’adressa de nouveau au 

chef d’état-major, demandant quels progrès étaient faits dans la 

préparation d’une campagne d’automne en Palestine. » 

Ces passages montrent comment le cours de la politique nationale 

et des opérations militaires en cas de guerre peut être « dévié » par la 

pression politique dans les coulisses. Dans ce cas, la question de la 

bataille entre politiciens et militaires affecte les vies des nations à 

l’heure actuelle – les années 1950. 

M. Lloyd George se renforça alors par une manœuvre qui, une fois 

encore, montre la longue réflexion qui dut être consacrée à la 

préparation de cette entreprise et au préalable, à la sélection prudente 

« d’administrateurs » pour la soutenir. Il proposa que le cabinet de 

guerre « faire entrer les dominions au sein du conseil, dans une 

mesure beaucoup plus large que jusqu’alors, dans la poursuite de la 

guerre. » Présentée de cette façon, l’idée séduisait beaucoup les 

populations en Angleterre. Des combattants du Canada, d’Australie, 

de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud faisaient campagne coude à 

coude avec leurs propres fils. La réponse immédiate des pays d’outre- 

mer au danger du « vieux pays » avait touché le cœur des Britanniques 

de souche, et ils étaient très heureux que leurs leaders [de ces pays] se 

joignent plus étroitement à leur propre leader dans la « poursuite de la 

guerre. » 

Cependant, « la parole du diplomate » (et son intention) différait 

grandement de ses actes ; la proposition de M. Lloyd George n’était 

qu’une « couverture » pour faire venir le général Smuts à Londres 

depuis l’Afrique du Sud, vu qu’il était considéré par les sionistes 

comme leur « ami » le plus précieux à l’extérieur de l’Europe et de 

l’Amérique, et on fit venir le général pour qu’il propose la conquête de 

la Palestine ! 

La population des électeurs en Afrique du Sud est divisée de 

manière tellement égale entre les Afrikaners et les Sud-Africains 

anglophones que les « 20 pour cent fluctuants » y étaient plus décisifs, 

si tant est, qu’en Amérique. Les sionistes se sentaient capables – et il 

est possible que le général Smuts les en crut capables – d’ « apporter » 

 317 

un vote permettant de remportant l’élection. Un de ses collègues, un  

certain M. B.K. Long (un député de Smuts, et anciennement du Times 

de Londres) écrivit que « le vote juif substantiel, qui était fermement 

loyal à Smuts et son parti », l’aida énormément dans de telles victoires 

électorales. Sa biographie mentionne un legs important venant « d’un 

juif riche et puissant » (un exemple de la fausseté de l’accusation du 

Dr Weizmann concernant les juifs riches et puissants ; à propos, le 

même Sir Henry Strakosch légua un cadeau similaire à M. Winston 

Churchill), et des cadeaux anonymes consistant en une maison et une 

voiture. Ainsi, les considérations politiques de parti qui pesaient dans 

sa balance étaient-elles semblables à celles de M. Lloyd George, M. 

House et d’autres par la suite, et les facteurs matériels sont 

raisonnablement évidents dans son cas. 

Cependant, le motif religieux (ou pseudo-religieux) est 

fréquemment invoqué dans ses biographies (de même qu’il fut parfois 

revendiqué par M. Lloyd George). Elles affirment qu’il préférait l’Ancien 

Testament au Nouveau, et le citent comme ayant dit : « Plus je vieillis, 

plus je deviens hébraïste. » Je le rencontrai bien des années plus tard, 

alors que je savais quel rôle important il avait joué dans cette ancienne  

histoire. Il était alors (en 1948) très troublé par la situation déclinante 

du monde et le rôle explosif de la Palestine dans celle-ci. Il était de 

belle apparence, en bonne forme et droit à presque quatre-vingts ans, 

avec des yeux perçants et une petite barbe. Il était impitoyable, et à 

l’occasion, aurait pu être dépeint sous une lumière cruelle (si les 

grands journaux s’étaient rangés contre lui au lieu d’être derrière lui) , 

et sa finesse politique égalait celle de M. Lloyd George. La propagande 

le décrivit comme le grand architecte de la réconciliation anglo-bœr ; 

quand il mourut dans sa ferme solitaire du Transvaal, les deux races 

étaient plus que jamais en désaccord, si bien que la réalisation de la 

véritable réconciliation incomba aux générations suivantes. En Afrique 

du Sud, il fut une force séparatrice, et tous savaient que la véritable 

puissance derrière son parti était celle de l’or et du groupe 

d’exploitation des mines de diamants, et non la puissance de 

l’Angleterre ; Johannesburg était la base de sa force politique. En 

1948, quand le test eut lieu, il fut le premier à soutenir le sionisme 

contre un gouvernement britannique en difficulté. 

Le 17 mars 1917, le général Smuts atteignit Londres, au milieu 

d’ovations sans précédent, et le renversement de Sir William Robertson 

parut enfin proche. L’accueil triomphal du général Smuts était un 

premier exemple du « battage» maintenant familier autour de 

personnages publics choisis par une presse bouton-poussoir. La 

méthode est connue, sous une autre forme, chez les peuples primitifs 

de son Afrique natale, où « M’Bongo », le Faiseur de Louanges, s’avance 

devant le chef, le proclamant « Grand Éléphant, Celui qui fait trembler 

la Terre, qui poignarde le Ciel », et autres choses de ce genre. 

 318 

Le général Smuts fut présenté au cabinet de guerre impérial 

comme « un des généraux les plus brillants de la guerre » (M. Lloyd 

George). Le général Smuts avait en fait conduit une petite campagne 

coloniale en Afrique du Sud-Ouest et, quand il fut appelé à Londres, 

menait une campagne inachevée en Afrique orientale, contre « une 

armée petite, mais efficacement formée à la brousse, de 2 000 officiers 

allemands et 20 000 ascaris indigènes » (son fils, M. J.C. Smuts). 

L’hommage était ainsi généreux (M. Lloyd George avait une piètre 

opinion des soldats professionnels : « Il n’y a aucune profession où 

l’expérience et l’entraînement comptent moins, comparé au jugement 

et au flair. ») 

À cette période, afin de mieux s’isoler « des généraux » (autres que 

le général Smuts), M. Lloyd George et son petit comité en guerre 

avaient pris une maison particulière « où ils siégeaient deux fois par 

jour et occupaient tout leur temps à la politique militaire, ce qui est 

mon travail ; un petit corps de politiciens, tout à fait ignorants de la 

guerre et de toutes ses nécessités, essaye de mener la guerre eux- 

mêmes » (Sir William Robertson). À ce corps cloîtré, en avril 1917, le 

général Smuts, sur invitation, présenta ses recommandations pour 

gagner la guerre. Cela fut formulé en ces termes :  

« La campagne de Palestine présente des possibilités militaires et 

même politiques très intéressantes… Il reste à considérer la question 

beaucoup plus importante et compliquée du front occidental. J’ai 

toujours vu cela comme un malheur… que les forces britanniques 

soient devenues si entièrement absorbées par ce front. » 

(Quand ce conseil fut donné, la Russie était en train de 

s’effondrer, le transfert des armées allemandes vers le front occidental 

était un événement évident et imminent, et la menace posée à ce front 

avait soudainement pris l’ampleur d’un péril mortel). 

Cette recommandation donna à M. Lloyd George le fort soutien 

militaire (venant d’Afrique orientale) dont il avait besoin, et il fit 

immédiatement ordonner au cabinet de guerre que le commandant 

militaire en Égypte attaque en direction de Jérusalem. Le général 

Murray objecta que ses forces étaient insuffisantes et fut limogé. Là- 

dessus, on offrit le commandement au général Smuts, que M. Lloyd 

George considérait comme « susceptible de poursuivre une campagne 

dans cette région avec une grande détermination ». 

Sir William Robertson gagna alors sa plus grande victoire dans 

cette guerre. Il eut une conversation avec le général Smuts. On ne 

pourra jamais évaluer les qualités de général de son visiteur, parce 

qu’il n’eut jamais l’occasion de les tester, au cours des petites 

campagnes dans lesquelles il servit. Ses qualités en tant que politicien, 

cependant, sont au-delà de tout soupçon ; il était le plus circonspect 

des hommes,  et peu disposé à échanger les triomphes de Londres 

 319 

pour le risque d’un fiasco sur le champ de bataille, qui pourrait 

détruire son avenir politique en Afrique du Sud. Donc, après sa 

conversation avec Sir William Robertson, il déclina l’offre de M. Lloyd 

George. (Vu la tournure que prirent les événements, le fiasco lui aurait 

été épargné, mais cela était impossible à prévoir, et ainsi, un 

conquérant de plus manqua la chance d’entrer dans Jérusalem sur un 

destrier. Comme, habituellement, les politiciens adorent de tels 

moments, malgré l’aspect comique que le temps leur donne souvent, il 

regretta cela par la suite : « Être entré dans Jérusalem ! Quel 

souvenir ! »). À l’époque, il dit à M. Lloyd George : « Ma forte conviction 

est que notre présente situation militaire ne justifie pas vraiment de 

campagne offensive pour la prise de Jérusalem et l’occupation de la 

Palestine. » 

M. Lloyd George ne se laissa pas décourager par cette volte-face, 

ni même par l’effondrement de la Russie et le nouveau danger à 

l’Ouest. En septembre 1917, il décida que « les troupes requises pour 

une grande campagne en Palestine pourraient être prises sur le front 

occidental pendant l’hiver 1917-1918, et pourraient accomplir la tâche en 

Palestine à temps pour être de retour en France pour le déclenchement 

du travail actif au printemps. » 

Seul Dieu aurait pu préserver les compatriotes de M. Lloyd George 

des pleines conséquences de cette décision. La guerre ne pouvait pas 

être gagnée en Palestine ; elle pouvait encore être perdue en France et 

le danger était grave. Mais M. Lloyd George, abandonné même par le 

général Smuts, avait enfin trouvé un soutien militaire, car à ce 

moment-là, un autre personnage, criant « mois boueux »19, était sorti 

des coulisses et s’était avancé sur la scène centrale. 

C’était un certain Sir Henry Wilson, qui se décrit lui-même ainsi, 

pendant une mission de guerre en Russie, en janvier 1917 :  

« Le dîner de gala au Foreign Office20… je portais le Grand officier de 

la Légion d’honneur et l’Étoile et Collier du Bain, et aussi des pattes 

d’épaule russes et un calot d’astrakan gris, et somme toute, j’avais 

toute l’apparence d’un homme superbe. J’ai créé une véritable 

sensation au dîner du Foreign Office et ensuite à la réception. J’étais 

beaucoup plus grand que le grand duc Serge, et en tout point 

“remarquable”, comme on m’a dit. Superbe ! » 

C’est à cet homme, prenant la pose sur un arrière-plan russe 

tragique, que M. Lloyd George et le sionisme doivent leur occasion en 

or enfin arrivée, et l’Angleterre, une quasi-catastrophe. Sir Henry 

Wilson était très grand, mince, lisse et souriant ; un de ces élégants de 

                                                

19 

 Traduction littérale de l’expression anglaise «mud month», elle-même traduite du vieil 

anglais «solmonath», qui désigne le mois de février – NdT 

 

20 

 Ministère des Affaires étrangères – NdT 

 320 

l’état-major, pimpants, tout en cuir poli, aux ferrets rouges, enrubanné 

et bardé de cuivre, qui décourageaient les soldats de tranchée épuisés 

et couverts de boue, en France. Il parlait couramment le français 

(grâce à une gouvernante française), et à cet égard, « Henri » était le 

chéri des généraux français, qui le trouvaient agréablement exempt de 

la rigidité anglaise (en effet, c’était un Irlandais, et sur les questions 

irlandaises, il n’était pas d’accord avec les autres Irlandais, dont deux 

d’entre eux le tuèrent sur le pas de sa porte à Londres, en 1922 ; et 

furent pendus). 

Sir Henry avait précédemment été d’accord avec tous les autres 

leaders militaires concernant la souveraineté du front principal et la 

folie des « points de détails » inutilement excessifs, et surpassa les 

autres par sa vigueur dans l’affirmation de ce principe :  

« Le moyen de finir cette guerre est de tuer des Allemands, non des 

Turcs… L’endroit où nous pouvons tuer le plus d’Allemands est ici, » 

(en France) « et donc, chaque livre de munitions que nous possédons 

dans le monde doit venir ici. Toute l’histoire montre que les 

opérations sur un théâtre secondaire et inefficace n’ont aucune 

influence sur les opérations principales, sauf celle d’affaiblir les 

forces engagées là. » (1915) 

Aucun diplômé de l’état-major, ni aucun soldat au champ de 

bataille, ne le contesteraient. Sir Henry n’a pu, en 1917, découvrir de 

raison militaire d’abandonner ce principe de base de la guerre, pour 

son opposé. L’explication de sa volte-face ne peut être qu’évidente. Il 

avait observé la montée de Sion et la nature de la dispute entre M. 

Lloyd George et son propre chef, Sir William Robertson. Sir Henry vit le 

moyen de prendre la place de Sir William. D’où le fait que le récit du 

Dr Weizmann sur ses « découvertes d’amis » à cette période, comporte 

une allusion à la « sympathie » du général Wilson, « un grand ami de 

Lloyd George. » Le 23 août 1917, Sir Henry annonça à M. Lloyd George 

« la forte croyance que si un plan vraiment bon était mis au point dans 

les détails, nous pourrions chasser les Turcs de la Palestine et 

probablement les écraser complètement pendant les mois boueux, sans 

interférer en aucune façon avec les opérations de Haig au printemps et à 

l’hiver prochains » (en France). 

Dans ce rapport, M. Lloyd George trouva enfin le soutien dont il 

avait besoin pour son ordre de septembre 1917, cité six paragraphes 

plus haut. Il saisit l’expression charmante de « mois boueux » ; il lui 

donna un argument militaire ! Le général Wilson lui expliqua que ces 

« mois boueux » en France, qui, en embourbant les armées, 

écarteraient une offensive allemande majeure tandis qu’elles 

avançaient, comprenaient « cinq mois de boue et de neige, de la mi- 

novembre à la mi-avril » (1918). Sur ce conseil, M. Lloyd George fonda 

sa décision de prendre en France « les troupes requises pour une 

 321 

grande campagne en Palestine », et de les renvoyer en France à temps 

en cas d’urgence là-bas. Sur ce point, le général Wilson, seul parmi les 

leaders militaires, avisa M. Lloyd George que la grande attaque 

allemande n’arriverait probablement jamais (elle arriva à la mi-mars). 

Sir William Robertson fit remarquer en vain que le planning était 

illusoire ; le mouvement des armées entraînait des problèmes majeurs 

de transport et de navigation, et au moment où les dernières divisions 

débarqueraient en Palestine, les premières ré-embarqueraient ! En 

octobre, il avertit de nouveau que les troupes prises en France ne 

pourraient pas être de retour à temps pour la bataille en été : « la juste 

décision militaire à prendre est d’agir sur la défensive en Palestine… et 

de continuer à chercher une décision à l’Ouest… toutes les réserves 

devraient être envoyées sur le front occidental. » 

À cet instant fatidique, le hasard, le grand conspirateur de 

toujours dans cette histoire, frappa en faveur des sionistes. Les 

membre du Conseil des ministres à Londres (qui avaient apparemment 

presque oublié le front occidental) harcelaient Sir William Robertson 

pour « nous donner Jérusalem comme étrennes » (l’expression semble 

révéler à nouveau « la désinvolture extraordinaire » à propos de la 

guerre, que le Dr Weizmann avait attribué antérieurement à M. Lloyd 

George). En Palestine, le général Allenby, sous une pression semblable, 

fit une tentative de pénétration, découvrit à sa surprise que les Turcs 

offraient peu d’opposition, et marcha sans trop de difficulté sur 

Jérusalem. 

La récompense n’avait aucune valeur militaire, dans la totalité de 

la guerre, mais dès lors, M. Lloyd George n’allait plus se contenir. Les 

troupes furent détournées de la France sans égard pour ce qui était 

imminent là-bas. Le 6 janvier 1918, Sir Douglas Haig se plaignit de 

l’affaiblissement de ses armées en France à la veille de la plus 

importante bataille ; il lui manquait « 114 000 fantassins ». Le 10 

janvier 1918, le ministère de la Guerre fut forcé d’émettre des ordres 

pour réduire toutes les divisions de 12 à 9 bataillons d’infanterie. 

Une presse libre aurait pu à cette période donner à Sir William 

Robertson le soutien dont il avait besoin, dans l’opinion publique, pour 

empêcher tout cela. On lui refusa cela aussi, car à ce stade, la 

situation prédite par les Protocoles de 1905 était en train d’être 

provoquée :  

« Nous devons contraindre les gouvernements… à agir dans le sens 

favorable à notre plan aux larges perspectives, … par [le biais de] ce 

que nous présenterons comme étant l’opinion publique, secrètement 

orientée par nous au moyen de ce qu’on appelle la “grande 

puissance” – la Presse, qui, à quelques exceptions négligeables près, 

est déjà entièrement entre nos mains. » 

 322 

Des auteurs de grande réputation étaient prêts à informer le 

public du danger imminent ; on ne leur permit pas de parler. 

Le colonel Repington, du Times, était l’auteur militaire le mieux 

connu à cette époque ; sa réputation dans ce domaine était la plus 

haute au monde. Il nota dans son journal :  

« C’est épouvantable, et cela signifiera la réduction d’un quart de 

notre infanterie en France et une confusion dans toute notre 

infanterie au moment de la prochaine crise. Je ne me suis jamais senti 

si malheureux depuis que la guerre a commencé… Je ne peux pas 

dire grand chose, parce que l’éditeur du Times manipule souvent mes 

critiques ou ne les publie pas.. Si le Times ne retourne pas à sa ligne 

indépendante et n’agit pas comme le chien de garde du public, je 

m’en laverai mes mains. » 

Alors que l’accomplissement de ses avertissements était à portée 

de main, Sir William Robertson fut limogé. M. Lloyd George, résolu à 

obtenir l’autorité pour son aventure palestinienne, imposa son plan au 

Comité interallié de Versailles, que les conseillers techniques 

approuvèrent en janvier 1918, « sous réserve de la sécurisation du front 

occidental ». Sir William Robertson, à la requête de M. Clemenceau, 

réitéra son avertissement que cela mettrait en danger mortel le front 

occidental. Quand la réunion se termina, M. Lloyd George le 

réprimanda violemment, et il fut immédiatement supplanté par Sir 

Henry Wilson. 

Avant qu’il ne quitte son poste, il y utilisa ses derniers moments à 

faire une dernière tentative pour empêcher le désastre prochain. Il se 

rendit à Paris (également en janvier) pour demander l’aide du général 

Pershing, le commandant américain, pour réapprovisonner le front 

épuisé (seules quatre divisions américaines et demi avaient alors 

atteint la France). Le général Pershing, un soldat fidèle à son devoir, 

donna la réponse que Sir William attendait et qu’il aurait lui-même 

donnée à la place du général Pershing : « Il fit astucieusement observer 

qu’il était difficile de réconcilier ma demande d’aide à la défense du 

front occidental avec le désir de M. George d’agir offensivement en 

Palestine. Il n’y avait, malheureusement, aucune réponse à cet 

argument, sauf que, en ce qui me concernait personnellement, aucun 

homme ou fusil ne seraient envoyés en Palestine de quelque endroit 

que ce soit. » 

Après cela, Sir William Robertson ne fut plus « concerné ». Son 

récit diffère des mémoires de M. Lloyd George et d’autres politiciens, en 

ce qu’il ne montre aucune rancœur ; son unique thème est le devoir. 

De la façon dont il fut traité, il dit simplement : « Cela avait 

fréquemment été mon devoir désagréable, au cours de l’année 1917,  

que de protester contre les entreprises militaires que le Premier 

ministre voulait que l’armée mène à bien, et cette opposition l’avait 

 323 

sans aucun doute décidé à essayer un autre chef de l’état-major 

impérial… Sur le point du remplacement, donc, il n’y avait rien à dire et 

je n’ai rien dit. » Ainsi, un homme admirable disparaît de cette histoire 

d’hommes nombreux de moindre mérite, mais son travail est resté, 

parce que, jusqu’au moment de son renvoi, il sauva peut-être juste 

assez d’hommes et de fusils pour que la ligne qui s’effondrait tienne 

jusqu’à la dernière extrémité, en mars, comme une haussière qui se 

déchire pourrait tenir par un seul fil. 

Quand il partit, deux hommes hors du gouvernement et de l’armée 

continuèrent la lutte, et leurs efforts méritent d’être rapportés, parce 

que ces derniers firent partie des dernières tentatives pour préserver le 

principe du reportage libre, indépendant et vigilant. Le colonel 

Repington était un ancien officier de cavalerie, admirateur de jolies 

femmes, amateur de discussions de qualité, un beau sabreur (en 

français dans le texte – NdT). Ses carnets donnent une image durable 

de la vie superficielle des salons qui se tenaient tandis que les armées 

se battaient en France, et qu’à Londres les intrigants conspiraient 

dans les antichambres politiques. Cela lui plaisait, et bien qu’il en 

sentît l’incongruité, il réalisait que la morosité seule n’était pas un 

remède. Il était aussi honnête et patriotique que Robertson, et 

incorruptible ; les généreuses offres (qui aurait pu l’inciter à se taire, et 

étaient probablement faites dans cette intention) n’avaient aucun effet 

sur lui. Il écrivit :  

« Nous nourrissons plus d’un million d’hommes sur les théâtres de 

guerre mineurs, et faisons faux bond à nos forces en France, à un 

moment où toutes les forces boches de Russie peuvent arriver contre 

nous… Je n’arrive pas à obtenir le soutien de l’éditeur du Times pour 

réveiller le pays, et je ne pense pas que je serai capable de continuer 

avec lui bien plus longtemps. »  

(J’ai découvert les journaux du colonel Repington en travaillant 

sur ce livre, et je me suis ensuite rendu compte que son expérience fut 

identique à la mienne, avec le même éditeur, exactement vingt ans 

plus tard).  

Un mois plus tard, il écrivait : 

« Au cours d’une entrevue orageuse, j’ai dit à M. Geoffrey Dawson que 

son obséquiosité envers le cabinet de guerre au cours de cette année 

était en grande partie la cause de la posture dangereuse de notre 

armée… Je ne veux plus avoir quoi que ce soit à faire avec le Times. » 

Il restait un homme en Angleterre qui était capable et désireux de 

publier la vérité. M. H.A. Gwynne du Morning Post publia l’article du 

colonel Repington, qui exposait l’affaiblissement du front français à la 

veille de son attaque, sans le soumettre au censeur. Lui et le colonel 

Repington furent alors poursuivis, jugés et condamnés à une amende 

(l’opinion publique était apparemment trop de leur côté pour un 

 324 

châtiment plus dur). Sir William Robertson écrivit au colonel 

Repington : 

 « Comme vous, j’ai fait ce qui était le mieux dans les intérêts 

généraux du pays et le résultat a été exactement ce à quoi je 

m’attendais… Mais l’important est de garder le cap, et ainsi, on pourra 

être sûr que la bonne volonté sortira finalement de ce qui peut 

actuellement paraître néfaste. »21 

Ainsi, les deux ans de guerre sous la direction de M. Lloyd George 

en Angleterre furent-ils importants dans leurs effets sur le présent, et 

je crois avoir montré comment il obtint son poste et quel but 

primordial il poursuivit par ce biais. Au bout de dix-huit mois, il avait 

surmonté toute opposition, avait détourné une multitude d’hommes de 

la France vers la Palestine, et était enfin prêt pour la grande 

entreprise. 

Le 7 mars 1918, il donna des ordres pour « une campagne 

décisive » afin de conquérir toute la Palestine, et y envoya le général 

Smuts pour donner des instructions en conséquence au général 

Allenby. 

Le 21 mars 1918, l’attaque allemande tant attendue en France 

commença, incorporant tous les hommes, armes et avions libérés du 

front russe. 

La « campagne décisive » en Palestine fut immédiatement 

suspendue, et chaque homme qui pouvait être extirpé de Palestine fut 

envoyé d’urgence en France. Le nombre total d’hommes employés en 

Palestine était de 1 192 511 jusqu’en octobre 1918 (le général 

Robertson). 

Le 27 mars 1918, le colonel Repington écrivit : « C’est la pire 

défaite dans l’histoire de l’armée. » Le 6 juin, les Allemands déclarèrent 

175 000 prisonniers et plus de 2 000 fusils. 

À ce point, la vérité apparut par les derniers mots ci-dessus, 

extraits de la lettre de Sir William Robertson au colonel Repington, et 

ils sont un présage d’espoir continu pour les hommes de bonne volonté 

aujourd’hui. En gardant le cap, il avait sauvé suffisamment pour que 

la ligne tienne, au point de rupture, jusqu’à l’arrivée en force des 

                                                

21 

 À la suite à tout cela, Sir Edward Carson, qui avait involontairement aidé M. Lloyd George 

à devenir Premier ministre, avait démissionné du gouvernement et avait dit à l’éditeur du 

Times qu’il n’était que le porte-parole de M. George Lloyd, le Morning Post étant le journal 

véritablement indépendant. M. Gwynne dit au Colonel Repington que le gouvernement 

voulait détruire le Morning Post, « comme c’est l’un des quelques journaux indépendants qui 

restent ». Avant que la Seconde Guerre n’arrive, il fut « détruit », comme on l’a déjà relaté. 

Après cela, seule une publication hebdomadaire survécut en Angleterre, qui, à mon avis, 

chercha à soutenir durant de nombreuses d’années le principe du reportage impartial et 

indépendant, mais en 1953, Truth aussi fut ramené dans le rang,  par un changement de 

propriétaire. 

 325 

Américains. Avec cela, la guerre était pratiquement termi